Nos étoiles imparfaites (toute l'histoire)
📖 Prologue
Il y a des histoires qui commencent doucement.
Avec un sourire timide.
Un regard échangé par hasard.
La nôtre n'a jamais été douce.
Elle a commencé avec un silence trop lourd, une place imposée et un défi que je n'avais jamais voulu relever.
Je ne savais pas encore que ce garçon allait bouleverser mes habitudes, fissurer mes murs, déranger mes certitudes. Je ne savais pas que son regard deviendrait un refuge et que son absence deviendrait un manque.
Si on m'avait dit que quelques mois plus tard je compterais les secondes avant de le revoir, j'aurais ri. Si on m'avait dit que son prénom suffirait à accélérer mon cœur, j'aurais nié.
Alex n'était pas le genre de garçon qu'on oublie.
Et moi, je n'étais pas le genre de fille qu'on remarque.
Pourtant, quelque part entre une dispute et un sourire, nos chemins se sont liés. Pas parfaitement. Pas facilement. Mais intensément.
Certaines personnes entrent dans votre vie comme une tempête.
D'autres comme une lumière.
Lui était les deux.
Et je crois que tout a commencé ce lundi de septembre, avec ce premier regard qui vous arrête un instant, comme si le temps lui-même voulait observer.
📖 Chapitre 1 - Lina
Les lundis ont toujours eu quelque chose de lourd. Et ce lundi de septembre n'échappait pas à la règle. L'air était encore chaud, mais l'ombre de l'été s'effaçait doucement, et quelque chose dans le lycée semblait plus dense, plus réel. L'odeur des cahiers neufs, des stylos encore parfumés, des feuilles froissées par l'excitation du premier jour... tout se mélangeait à une promesse invisible : cette année serait différente, même si je ne savais pas encore comment.
Je m'installai au fond de la classe, comme toujours. La dernière rangée, juste à côté de la fenêtre. L'endroit parfait pour regarder sans être vue, pour écouter sans parler, pour exister sans que personne ne le remarque vraiment. Je sortis mes affaires avec précision, les rangeant exactement comme je le faisais depuis le début de l'année, comme si ce rituel pouvait me protéger du chaos ambiant.
Puis la porte s'ouvrit. Une vague de chuchotements parcourut la classe. Le professeur fit signe à quelqu'un d'entrer. Il avançait avec assurance, pas une once de nervosité, et il y avait quelque chose dans sa démarche, dans sa manière de balayer la pièce du regard, qui me fit relever légèrement la tête.
- Je vous présente Alex. Il rejoint la classe aujourd'hui, annonça le professeur.
Mon cœur fit un léger bond, et je me surpris à retenir ma respiration. Il resta un instant sur le seuil, nous observant tous, mais quand nos regards se croisèrent, ce fut comme si un éclair avait traversé la pièce. Il sourit, un petit sourire en coin, sûr de lui, presque provocateur.
- Il reste une place au fond, à côté de Lina, ajouta le professeur.
Je me raidis, incapable de détourner les yeux. Il s'avança et s'assit calmement, posant son sac à côté du mien.
- Salut, dit-il, sa voix calme mais ferme, presque confiante.
Je le fixai, sans savoir quoi répondre.
- Je ne mords pas, ajouta-t-il avec un léger sourire.
- Tant mieux, répliquai-je sèchement, tentant de masquer mon trouble.
Il rit doucement, comme s'il savait exactement ce qu'il faisait.
- On va passer pas mal de temps à côté l'un de l'autre, non ?
Je restai silencieuse, les yeux rivés sur mon cahier.
- On verra combien de temps tu tiens avant de me détester vraiment, murmura-t-il ensuite.
Je levai les yeux, et avec un mélange de défi et de nervosité, je répliquai :
- Oh ça ? C'est déjà fait.
Il sourit, et quelque part, j'ai su que ce ne serait pas si simple de l'ignorer.
📖 Chapitre 2 - Alex
Le lycée... un nouveau lieu, des visages que je ne connaissais pas, des couloirs bruyants, et moi, avançant avec mon sac trop lourd et mon cœur curieux. Je savais que ce ne serait pas facile de passer inaperçu, mais je ne cherchais pas vraiment à l'être.
Puis je l'ai vue. Au fond de la classe, seule, concentrée sur son cahier. Ses mouvements étaient précis, mesurés, et chaque geste semblait réfléchi. Il y avait une force silencieuse dans sa manière d'être, quelque chose qui commandait mon attention sans effort.
Je l'observai du coin de l'œil. Ses cheveux légèrement ébouriffés, le froncement discret de ses sourcils quand elle se concentrait, le souffle léger qui passait à peine par ses lèvres. Elle ne cherchait pas à être remarquée, et pourtant... impossible de détourner mon regard.
Pendant les cours, j'ai noté ses petites réactions : le haussement de sourcil, le léger déplacement de sa main sur son cahier, ce regard qui croisait le mien sans vraiment me fixer. Elle était intriguante, énigmatique. Et je savais déjà que je voulais comprendre ce qu'elle pensait, ce qu'elle ressentait.
Elle devait penser que j'étais arrogant. Peut-être que je l'étais un peu. Mais ce n'était pas méchant ; je voulais juste briser cette glace silencieuse, découvrir qui elle était vraiment.
Quand les cours se terminèrent, elle rangeait ses affaires calmement, presque cérémonialement. Et moi, je la suivais du regard, fascinée par chaque mouvement. Cette journée n'était qu'un début, et je savais que je n'allais pas l'oublier.
📖 Chapitre 3 - Lina
La journée avait commencé comme toutes les autres, mais elle s'annonçait déjà différente. Les couloirs du lycée étaient remplis de rires, de bruits de pas et de chuchotements, mais moi, je me sentais presque seule dans cette agitation. Je marchais lentement, les mains serrées sur mes livres, essayant de ne pas croiser trop de regards. Pourtant, mon attention se posait toujours sur lui. Alex.
Même à distance, il semblait tout remarquer. Chaque mouvement, chaque geste, chaque expression des autres élèves. Et bien sûr... chaque mouvement, chaque geste de moi. Il y avait cette confiance tranquille dans sa manière de marcher, de s'asseoir, de parler.
Et il y avait ce sourire, petit mais calculé, qui me faisait douter de moi-même.
En classe, je n'arrivais pas à me concentrer sur les cours. Mes yeux glissaient parfois vers lui, et je surprenais ses regards. Il ne m'observait pas d'une façon agressive ou moqueuse ; c'était plus subtil, presque... intriguant. Et je sentais qu'il voulait comprendre qui j'étais, sans le dire, sans un mot.
- Lina, tu es là ? lança Mme Dulcis, sortant mes pensées de leur labyrinthe.
Je sursautai légèrement et hochai la tête, rougissant un peu. Je me demandais pourquoi mon cœur battait si fort pour un simple regard échangé.
Les heures passaient, lentes et longues. Chaque son dans la classe semblait amplifié : le grincement de la craie sur le tableau, le froissement des feuilles, le cliquetis des stylos.
Mais ce qui me frappait le plus, c'était le silence dans mon esprit chaque fois que ses yeux croisaient les miens.
Pendant la récréation, je sortis dans la cour. L'air était doux, presque parfumé par les fleurs que la mairie avait plantées le long des allées. Je m'assis sur un banc, observant les autres élèves rire et courir, mais je ne voyais que lui. Je revoyais chaque moment de la matinée, chaque sourire qu'il avait esquissé, chaque geste subtil qu'il avait fait pour attirer mon attention, même sans le vouloir.
Une amie s'approcha.
- Ça va ? me demanda-t-elle, remarquant mon silence inhabituel.
Je haussai les épaules, essayant de sourire.
- Oui... je réfléchissais juste.
Elle me regarda un moment, intriguée, puis partit rejoindre d'autres élèves. Et moi, je restai là, seule avec mes pensées, repensant à Alex et à la façon dont il avait réussi à m'atteindre, même sans prononcer un mot vraiment important.
Le reste de la journée se déroula dans un mélange d'attention partielle et de distraction totale. Chaque moment où il s'éloignait me semblait trop long, et chaque sourire qu'il esquissait vers moi me rendait incapable de rester concentrée sur le cours.
Quand la sonnerie finale retentit, je rassemblai mes affaires lentement, essayant de contrôler mes émotions. Je savais que demain, tout recommencerait. Mais pour la première fois, je sentais une curiosité douce, presque irrésistible, qui m'attirait vers lui.
📖 Chapitre 4 - Alex
Le bus roulait doucement, mais chaque vibration me semblait plus intense que d'habitude. J'observais la ville défiler, les toits, les lampadaires, les arbres qui filaient à côté de la vitre, mais je ne voyais rien vraiment. Tout ce que je pouvais penser, c'était à Lina.
Chaque geste qu'elle avait fait aujourd'hui me revenait par fragments : le mouvement de ses mains, la façon dont elle rangeait ses affaires, son regard lorsqu'il croisait le mien. Et ce petit sourire subtil, presque invisible, qui m'avait fait hésiter à répondre avec un sourire pareil.
- Pourquoi je pense autant à elle ? murmurai-je pour moi-même, mes yeux fixant le paysage flou.
Je savais que je n'étais pas habitué à laisser quelqu'un me perturber ainsi. Je n'étais pas du genre à m'attacher rapidement, mais elle... elle avait quelque chose qui me capturait sans effort. Et ça me plaisait.
Le bus ralentit, les passagers descendirent peu à peu. Je restai assis, réfléchissant à ce que je dirais à mes parents, à ce que je pourrais raconter sans révéler combien elle me fascinait déjà. Mais en arrivant chez moi, tous mes plans s'effacèrent.
- Alors ? demanda mon père, remarquant mon expression rêveuse.
Je soupirai, incapable de cacher un petit sourire.
- Une journée étrange... dis-je enfin.
Je leur racontai les détails, les cours, les petits échanges silencieux avec Lina, sa façon de rester calme et concentrée. Mes parents m'écoutaient avec amusement et curiosité, intrigués par l'importance que je donnais à ces détails apparemment insignifiants.
- Elle est spéciale, dis-je finalement. Et je crois que je n'ai pas fini de penser à elle.
Ils échangèrent un regard complice, comme s'ils savaient que cette fascination n'était que le début d'un long jeu silencieux entre nous. Et moi, je savais déjà que demain, rien ne serait différent.
📖 Chapitre 5 - Lina
Je marchais lentement, laissant mes pas résonner sur les pavés du quartier. L'air était frais, doux, mais chaque brise me ramenait à lui : Alex. Chaque petit geste, chaque expression, chaque regard qu'il avait échangé avec moi me revenait par vagues.
Je n'avais pas pris mon carnet aujourd'hui. Je n'avais pas envie d'écrire ; je voulais juste marcher et laisser mes pensées vagabonder. Les arbres longeant le trottoir semblaient danser avec le vent, les lampadaires diffusaient une lumière douce et dorée, et tout autour de moi semblait étrangement calme.
Chaque pas me rapprochait de la maison, mais je ne voulais pas que cette promenade se termine. Je voulais rester dans ce monde entre deux réalités : celui où je marchais seule, et celui où il existait, où il me regardait et me fascinait.
À la maison, mes parents m'attendaient, leur curiosité lisible sur leurs visages. Je leur racontai la journée, détaillant chaque geste, chaque sourire, chaque moment où j'avais senti son attention sur moi.
- Tu es déjà intriguée, hein ? demanda ma mère avec un sourire complice.
Je haussai les épaules, rougissant légèrement.
- Je ne sais pas... murmurai-je. Mais je sens qu'il ne va pas me laisser tranquille. Et je crois que... je ne veux pas qu'il le fasse.
Ils échangèrent un regard, comprenant à moitié, amusés. Je savais que ce "jeu" allait durer, mais une part de moi voulait le relever. Même si c'était compliqué, même si ça me perturbait, je voulais le découvrir, comprendre ce qu'il cachait derrière ses regards, derrière ses gestes.
Je m'installai enfin sur mon lit, regardant par la fenêtre le ciel s'assombrir doucement. Les premières étoiles apparaissaient timidement, et je me surpris à sourire en pensant à demain, à ce qu'il se passerait, à ce qu'il penserait... et à ce que je ressentirais.
📖 Chapitre 6 - Alex
Le parc était presque vide. Quelques joggeurs passaient au loin, le bruit régulier de leurs baskets sur le gravier se mêlant au souffle léger du vent. Les arbres se balançaient doucement, leurs feuilles vertes encore intactes de l'été frôlant les branches voisines, produisant un chuchotement qui semblait parler juste pour moi.
Je marchais lentement, les mains dans les poches, mon sac ballottant à chaque pas. Chaque détail autour de moi semblait plus vif, plus vivant, comme si mon esprit cherchait à tout retenir pour mieux s'y perdre. Et pourtant, mes pensées revenaient toujours à elle : Lina.
Ses gestes, ses expressions, tout ce qu'elle avait fait aujourd'hui me revenait par flashes. Le froncement de ses sourcils quand elle se concentrait, la façon dont elle rangeait ses affaires avec soin, le léger sourire qu'elle m'avait lancé quand je m'étais assis à côté d'elle... Même ce petit rire qu'elle avait étouffé en coin de table tournait dans ma tête comme une mélodie douce et agaçante à la fois.
Je m'arrêtai près d'un banc, le gravier crissant sous mes chaussures, et laissai tomber mon sac. Je m'assis, observant l'eau du lac qui reflétait les nuages roses du soir. Le soleil s'effaçait lentement derrière les arbres, et une lumière dorée baignait l'endroit, comme si le monde voulait me parler doucement, sans précipitation.
- Pourquoi elle me perturbe autant... ? murmurai-je pour moi-même.
Je laissai ma main traîner dans l'herbe, observant les petites herbes danser avec le vent. Elle n'était pas simplement intrigante. Ce n'était pas qu'une attirance passagère, un simple intérêt de lycée. Non, c'était quelque chose de plus... profond. Elle avait cette façon de regarder le monde, d'analyser sans juger, de sourire sans chercher à séduire. Tout en elle criait une indépendance et une force que je n'avais jamais vues ailleurs. Et malgré moi, j'étais fasciné.
Je me levai et continuai à marcher le long du chemin. Chaque pas résonnait dans le silence du parc, mais à l'intérieur, tout était en tumulte. Je revoyais nos échanges dans la classe, le petit défi silencieux qu'elle m'avait lancé, et ce sourire en coin qui me faisait douter de ma propre assurance.
- Elle me regarde vraiment... ou je me fais des films ? me demandai-je en riant doucement.
Mais je savais que non. Je voyais dans ses yeux cette étincelle de curiosité et de défi. Elle ne me laissait pas indifférent. Elle n'était pas impressionnée, mais elle observait. Et moi... je voulais comprendre. Comprendre ce qui la faisait réagir ainsi, ce qui la rendait si différente de toutes les autres filles que j'avais croisées.
Je m'arrêtai à nouveau, regardant les canards sur le lac glisser silencieusement sur l'eau, et j'inspirai profondément. L'air sentait légèrement la terre humide, et le parfum des fleurs autour du chemin me rappelait la douceur de la fin de l'été. Tout semblait paisible, mais à l'intérieur, mon cœur ne voulait pas rester calme.
Je me laissai tomber sur un autre banc, cette fois face à l'eau. Je me mis à parler à voix basse, presque comme un murmure pour moi-même.
- Bon, Alex... tu vas te calmer, ou tu vas finir par tourner en rond toute la nuit en pensant à elle ?
Je souris malgré moi. Non, je ne voulais pas me calmer. Pas encore. Je voulais me perdre dans cette fascination, dans ce mystère qu'elle représentait. Chaque détail, chaque regard, chaque mot non-dit me donnait envie d'en savoir plus.
Je pris une profonde inspiration, laissant mon regard glisser sur le lac et le ciel qui s'assombrissait doucement. Et je me surpris à penser à demain. À ce moment où je reviendrais en classe, où je reverrais Lina, où nos regards se croiseraient à nouveau, et où ce petit jeu silencieux recommencerait.
Parce qu'avec elle, rien n'était simple.
Et c'était exactement ce qui me plaisait.
Je restai encore un long moment sur ce banc, laissant la lumière du soir glisser sur mon visage, sentant le vent caresser mes cheveux et écoutant le monde autour de moi. Mais au fond, je savais une chose : Lina n'était pas comme les autres.
Et moi... je ne voulais pas l'oublier.
📖 Chapitre 7 - Lina
Je savais que quelque chose allait arriver.
Je ne sais pas comment l'expliquer, mais depuis le matin, l'air était différent. Plus lourd. Plus électrique. Comme si un orage silencieux s'installait lentement au-dessus de nos têtes.
Je m'étais installée à ma place, près de la fenêtre, essayant de me concentrer sur mes notes. Le ciel était gris aujourd'hui. Pas triste, mais instable. Comme moi.
Et comme lui.
Alex est arrivé en retard.
Encore.
La porte a claqué légèrement contre le mur et tous les regards se sont tournés vers lui. Il avait ce même sourire insolent, celui qui dit "oui je sais, mais je m'en fiche un peu".
- En retard, Monsieur ? lança le professeur d'un ton sec.
- Juste un peu, répondit-il calmement.
Juste un peu.
Il avait toujours réponse à tout.
Il s'est assis à côté de moi sans un mot. Son bras a frôlé le mien en posant son sac. Un contact bref. Accidentel.
Mon cœur a fait un mouvement ridicule.
- Tu pourrais au moins faire semblant d'être discret, murmurais-je sans le regarder.
Il a tourné légèrement la tête vers moi.
- Je suis discret.
- Pas du tout.
- Tu me regardes trop pour que je sois discret.
Je me suis figée.
- Pardon ?
Il a haussé les épaules, faussement innocent.
- Tu me fixes. Souvent.
La chaleur m'est montée aux joues.
- N'importe quoi.
- Si ça peut te rassurer, moi aussi.
Silence.
Je l'ai regardé cette fois. Vraiment regardé. Son expression n'était pas moqueuse. Elle était... provocante. Mais douce. Et ça m'a énervée encore plus.
- Tu te crois intéressant, c'est ça ?
Il a penché la tête.
- Tu me trouves intéressant ?
Je me suis redressée, agacée.
- Tout n'est pas un jeu, Alex.
Son sourire s'est légèrement effacé.
- Je ne joue pas.
- Si. Tout le temps. Les regards. Les phrases à double sens. Les retards. Tu veux qu'on te remarque.
Il m'a fixée plus sérieusement cette fois.
- Et toi, tu fais tout pour qu'on ne te remarque pas.
Ça m'a coupé le souffle.
Le professeur écrivait au tableau, la classe était plongée dans un silence studieux, mais entre nous deux, c'était une tempête.
- Tu ne me connais pas, ai-je murmuré.
- Alors laisse-moi te connaître.
Sa voix n'était plus provocante. Elle était basse. Presque sincère.
Je me suis levée brusquement.
- Arrête.
Plusieurs élèves se sont retournés.
- Arrête quoi ? demanda-t-il.
- De faire comme si tout était simple.
Il s'est levé à son tour, surpris.
- Je n'ai jamais dit que c'était simple.
Le professeur s'est retourné.
- Lina ? Alex ? Un problème ?
On s'est figés.
- Non, répondis-je trop vite.
- Aucun, ajouta-t-il.
Mais c'était faux.
Le reste du cours s'est déroulé dans un silence glacial. Je sentais son regard sur moi, mais je refusais de le croiser. Je fixais mon cahier comme si ma vie en dépendait.
Pourquoi ça m'avait autant touchée ?
Pourquoi ses mots me faisaient réagir comme ça ?
À la fin du cours, je rangeais mes affaires rapidement. Il a posé sa main sur mon cahier pour m'arrêter.
- Lina.
Sa voix était différente.
Plus calme.
Plus fragile.
Je me suis arrêtée.
- Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.
Je l'ai enfin regardé.
Ses yeux n'étaient plus joueurs. Ils étaient honnêtes.
- Alors arrête de me provoquer.
Il a soupiré doucement.
- J'essaie juste d'exister dans ton monde.
Mon cœur a raté un battement.
- Tu existes déjà.
Le silence est tombé entre nous. Mais cette fois, il n'était pas violent.
Il était chargé.
Je suis partie sans ajouter un mot.
Mais toute la journée, ses mots ont résonné dans ma tête.
"J'essaie juste d'exister dans ton monde."
Et pour la première fois, je me suis demandé si ce n'était pas moi qui avais peur.
Pas de lui.
Mais de ce que je commençais à ressentir.
📖 Chapitre 8 - Alex
De retour en classe, je pensais qu'elle allait m'ignorer toute la journée.
Après notre dispute, elle ne m'avait pas regardé une seule fois. Pas un mot. Pas un soupir. Rien.
Juste ce silence poli et glacial qui faisait plus mal qu'une vraie colère.
Elle était déjà installée quand je suis entré. Droite. Concentrée. Intouchable.
Comme si je n'existais pas.
Et je détestais ça.
Le cours de français a commencé dans un brouhaha habituel. Les chaises raclaient le sol, les feuilles se froissaient, des rires éclataient au fond. Mais autour d'elle, c'était différent. Elle s'était enfermée dans une bulle invisible.
Je me suis assis à côté d'elle, sans parler.
Aucune réaction.
Même pas un regard.
- Aujourd'hui, annonça le professeur en refermant son livre, vous allez travailler en binôme sur l'analyse du texte.
Quelques soupirs ont traversé la classe.
Je me suis affalé légèrement sur ma chaise.
- Je fais les groupes.
Je n'aimais pas trop quand les profs faisaient ça. On ne choisissait rien.
Et avec la journée qu'on venait d'avoir...
- Lina et Alex.
Silence.
Un silence court. Mais lourd.
Elle s'est figée. Son stylo s'est arrêté en plein mot. J'ai vu sa mâchoire se crisper légèrement.
- Parfait, vous avez une heure.
Je me suis tourné vers elle.
- On dirait qu'on n'a pas fini notre discussion, ai-je murmuré.
- On travaille, répondit-elle froidement.
On a rapproché nos tables. Trop près. Beaucoup trop près.
Je sentais son parfum léger. Elle sentait le savon et quelque chose de sucré, presque imperceptible.
Elle ouvrit le livre brusquement.
- Je prends la première partie. Tu fais les procédés stylistiques.
Professionnelle. Fermée.
Elle ne me laissait aucune ouverture.
Je me suis penché sur le texte, mais je lisais les mêmes lignes sans les comprendre. Je sentais sa présence à chaque seconde. Le mouvement rapide de sa main. Sa respiration légèrement plus courte.
- Lina.
- Quoi.
Toujours sans me regarder.
- Tu vas vraiment faire comme si je n'existais pas ?
Elle posa son stylo.
Lentement.
Puis elle tourna la tête vers moi.
- Peut-être que ce serait plus simple.
Cette phrase m'a frappé plus fort que prévu.
- Plus simple pour qui ?
- Pour moi.
Son regard était dur. Mais ses yeux... ses yeux n'étaient pas en colère. Ils étaient troublés.
- Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise, dis-je plus sérieusement.
- Tu me déstabilises.
Ça m'a coupé le souffle.
- Ce n'est pas volontaire.
- Tout chez toi semble calculé. Tes phrases. Tes silences. Tes regards.
Je me suis redressé.
- Tu crois vraiment que je calcule quand je te regarde ?
Elle n'a pas répondu.
Parce qu'elle savait.
Je me suis rapproché légèrement pour lui montrer une phrase du texte.
Nos épaules se sont touchées.
Aucun de nous ne s'est écarté.
- Regarde, ici... la métaphore montre que le personnage cache ce qu'il ressent vraiment.
Elle fixa la ligne quelques secondes.
- Comme s'il faisait semblant d'être fort.
- Oui.
Nos voix étaient plus basses maintenant.
Plus sincères.
Le professeur passa près de nous.
- Très bon travail, continua-t-il distraitement.
Elle baissa les yeux, reprit son stylo.
Mais cette fois, sa main tremblait légèrement.
Quand la sonnerie retentit, personne ne bougea immédiatement.
Elle rangea ses affaires doucement.
Puis, sans me regarder :
- Je ne veux pas que ce soit simple.
Je fronçai les sourcils.
- Quoi ?
Elle releva les yeux vers moi.
- Je ne veux pas que ce soit simple... si ça veut dire ne rien ressentir.
Et elle partit.
Je suis resté là quelques secondes, incapable de bouger.
Parce que ce n'était plus une dispute.
C'était un aveu.
Petit.
Fragile.
Mais réel.
📖 Chapitre 9 - Lina
Le self était toujours trop bruyant.
Des plateaux qui claquent.
Des rires trop forts.
L'odeur mélangée des frites et du pain chaud.
D'habitude, ça me permettait de me fondre dans la masse.
Pas aujourd'hui.
Je faisais la queue quand j'ai senti sa présence derrière moi.
- Tu prends quoi ? murmura Alex près de mon oreille.
Je me suis crispée.
- Ce que je prends d'habitude.
- Mystérieux.
Je me suis retournée.
- Ce n'est pas mystérieux. C'est normal.
Il sourit légèrement.
- Tu n'es pas normale.
- Et toi tu es insupportable.
- Pourtant tu me parles.
Je levai les yeux au ciel.
On a pris nos plateaux presque en même temps. Sans se concerter, on s'est dirigés vers la même table.
Et là...
Aïna leva immédiatement les yeux vers nous.
Son regard était beaucoup trop attentif.
- Ahhhh, lança-t-elle en souriant. Voilà le duo.
Je me suis raidie.
- Quel duo ?
- Vous deux.
Alex posa calmement son plateau.
- On est en binôme.
Aïna croisa les bras.
- Oui, en cours peut-être. Mais même au self ?
Je sentais les regards autour de nous.
- Il n'y a rien, dis-je un peu trop vite.
- Lina... souffla Aïna. Toute la classe a vu la tension hier.
Mon cœur accéléra.
- Quelle tension ?
Elle pencha la tête.
- Celle où vous vous regardez comme si vous étiez en guerre... ou amoureux.
Silence.
Alex resta calme, mais je sentis qu'il se redressait légèrement à côté de moi.
- Amoureux ? répéta-t-il doucement.
- Vous êtes incapables de rester loin l'un de l'autre, continua Aïna.
Et c'est là qu'Owen arriva.
Il posa son plateau en face de moi.
- C'est vrai, dit-il tranquillement. Ça se voit.
Alex tourna la tête vers lui.
- Qu'est-ce qui se voit ?
Owen haussa les épaules.
- Que tu la provoques tout le temps.
L'atmosphère changea.
Plus lourde.
- Et ça te pose un problème ? répondit Alex calmement.
Owen me regarda.
- Peut-être que ça lui en pose un.
Je détestais ça.
Être au milieu.
- Je peux parler toute seule, dis-je sèchement.
Aïna observa la scène comme si c'était une série.
Owen continua, plus bas :
- Si ça te met mal à l'aise, tu peux venir t'asseoir ailleurs.
Alex se tendit.
Je le sentis sans même le regarder.
- Elle ne va nulle part, dit-il.
- Tu décides pour elle maintenant ? répliqua Owen.
- Stop.
Ma voix claqua plus fort que prévu.
Ils se turent.
- Je ne suis pas un débat. Ni un territoire.
Silence.
Je me levai avec mon plateau.
- Je vais finir ailleurs.
Je fis deux pas.
- Lina.
Sa voix.
Je me suis arrêtée.
- Je ne voulais pas que ça tourne comme ça.
Je me retournai enfin.
Ses yeux n'étaient pas arrogants.
Ils étaient jaloux.
Et ça me déstabilisa encore plus.
- Moi non plus.
Je me suis installée plus loin.
Quelques secondes plus tard, quelqu'un posa un plateau en face de moi.
Alex.
Il s'assit sans sourire.
- Je n'aime pas quand il parle comme ça, dit-il doucement.
- Comme ça comment ?
- Comme si tu étais une option.
Mon cœur se serra.
- Tu es jaloux ?
Il me regarda.
Longuement.
Puis :
- Oui.
Pas de détour.
Pas de blague.
Juste oui.
Et pour la première fois, ce n'était pas la tension qui me faisait trembler.
C'était la vérité.
📖 Chapitre 10 - Alex
Je le vois.
Même quand il fait semblant de ne pas me regarder, je le vois.
Owen.
Il est assis deux rangs devant moi, la nuque tendue, le stylo qui tourne entre ses doigts. Il rit à une blague d'un pote, mais son rire sonne faux. Parce qu'il sait. Parce que moi aussi je sais.
Il aime Lina.
Et moi... moi je l'aime aussi.
Je baisse les yeux vers ma feuille, incapable de me concentrer. Depuis le self, depuis ce moment où Aïna nous a observés en plissant les yeux comme si elle avait compris quelque chose que nous-mêmes on refusait d'admettre... l'air est devenu lourd.
Aïna a remarqué la tension.
Et quand Aïna remarque un truc, ça ne disparaît jamais vraiment.
La sonnerie retentit. Le prof annonce un travail en groupe.
- Vous restez avec votre binôme habituel.
Mon cœur rate un battement.
Owen se tourne lentement vers moi.
- On fait ça vite, dit-il d'un ton neutre.
Neutre. Comme si on était juste deux élèves quelconques. Comme si rien ne brûlait sous la surface.
Nos mains se frôlent quand il attrape la feuille. Un contact minuscule. Mais suffisant pour me faire perdre le fil.
- T'es bizarre aujourd'hui,
lâche-t-il sans me regarder.
Je relève la tête.
- Moi ? C'est toi qui m'évites.
Il soupire. Ses mâchoires se crispent.
- Parce que ça devient compliqué.
Le mot tombe entre nous.
Compliqué.
Il pense à Lina. Je le sais. Je le vois dans ses yeux. Cette façon qu'il a de se tendre quand elle entre dans la pièce. Cette façon qu'il a de détourner le regard quand elle parle de moi.
Je déglutis.
- Tu l'aimes toujours ? je demande malgré moi.
Il se fige.
Un silence.
Puis, presque inaudible :
- Ouais.
Le monde ralentit. Pourtant je savais déjà. Tout le monde le sait. Même Aïna.
Mais l'entendre... c'est différent.
Je force un sourire.
- Alors pourquoi ça te dérange autant que je sois là ?
Cette fois, il me regarde vraiment.
Et dans ses yeux, ce n'est pas juste de la confusion.
C'est de la peur.
- Parce que quand je suis avec toi... j'oublie.
Mon souffle se bloque.
- Tu oublies quoi ?
Il hésite. Juste une seconde.
- Que je suis censé aimer quelqu'un d'autre.
Le silence devient assourdissant.
Je ne sais plus quoi dire. Je ne sais plus quoi ressentir.
Parce que si Owen aime Lina...
Pourquoi est-ce que c'est moi qu'il regarde comme ça ?
📖 Chapitre 11 - Lina
Je n'arrivais pas à me concentrer en cours.
Chaque phrase du prof me traversait comme un brouillard, et tout ce que je voyais, c'étaient eux.
Alex, assis à l'autre bout de la salle, le regard parfois posé sur moi.
Owen, juste à côté, avec ses yeux qui trahissaient des pensées qu'il ne disait jamais à voix haute.
Je serrai mon stylo dans ma main, comme si ça pouvait m'aider à garder un peu de contrôle. Mais rien n'y faisait.
Le souvenir du self revenait.
Alex silencieux à côté de moi.
Son regard intense.
Ce petit mot... « Parce que quand je suis avec toi... j'oublie. »
Je ne savais pas quoi penser. Je savais seulement que mon cœur avait raté plusieurs battements ce jour-là.
Puis Owen a posé son bras sur la table. Juste à côté du mien. Pas trop près, pas trop loin.
Mais assez pour que je sente sa chaleur.
Il me sourit légèrement.
- Ça va ? demanda-t-il doucement.
Je détournais le regard, incapable de répondre immédiatement.
Parce que... ça ne me dérangeait pas qu'il soit là.
Parce que ça ne m'empêchait pas de penser à Alex.
- Oui, murmurai-je enfin.
Mais il y avait ce petit silence. Ce silence qui en disait trop.
Je savais qu'il voulait parler. Je savais qu'il voulait me dire quelque chose. Mais il ne le fit pas. Pas encore.
La sonnerie retentit. J'attrapai mes affaires et me levai.
Alex était déjà debout, son sac sur l'épaule, me regardant partir.
Je sentais ses yeux sur moi, et ça me fit rougir.
- Lina, attends ! lança Owen.
Je me retournai.
- Oui ?
Il hésita un instant.
- Je... je voulais juste dire que... euh... fais attention.
- Merci, dis-je, un peu confuse.
Il hocha la tête, le sourire doux mais triste aux lèvres.
Je savais ce qu'il voulait dire.
Je savais qu'il voulait dire bien plus que ces quelques mots.
Mais je ne pouvais pas... pas encore.
En sortant du lycée, je marchais dans la cour, respirant profondément.
Le vent frais me caressa le visage.
Et je me surpris à penser : pourquoi est-ce que tout devient si compliqué quand ils sont là ?
Alex. Owen.
Deux garçons. Deux mondes différents.
Et moi, perdue quelque part entre leurs regards.
Je savais une chose : rien ne serait simple.
Mais étrangement... ça me plaisait.
📖 Chapitre 12 - Alex
Je l'ai vue quitter la salle.
Pas en courant, pas en fuyant... juste marcher tranquillement, comme si le monde autour d'elle n'existait pas.
Et pourtant, je savais. Je savais exactement ce qu'il venait de se passer.
Owen. À ses côtés. Ses mains qui bougeaient avec ses mots, son sourire doux, la façon dont il inclinait légèrement la tête quand il parlait... tout cela brûlait sous ma peau comme un feu invisible.
Je serrai mon sac contre moi, essayant de respirer calmement. Mais c'était impossible. Mon cœur battait trop vite, ma poitrine me serrait. Chaque pas qu'ils faisaient ensemble me semblait trop proche. Trop intime. Trop... précieux.
- Pourquoi tu la regardes comme ça ? murmurai-je à moi-même.
Je savais que je ne pouvais pas nier mes sentiments.
Je l'aimais. Et c'était devenu évident à chaque fois que je posais les yeux sur elle.
Je l'avais vue dans la classe ce matin, concentrée, absorbée par ses notes, et pourtant... chaque fois qu'elle levait les yeux, il y avait cette lueur. Cette étincelle de curiosité et de défi.
Et moi, je voulais être la raison de cette étincelle. Pas Owen.
Ils s'arrêtèrent près d'un banc. Owen parlait doucement, comme s'il pesait chacun de ses mots.
Lina hochait la tête, attentive, parfois souriante, parfois pensive.
Je pouvais lire dans ses yeux qu'elle était concentrée sur ce qu'Owen disait... mais je vis aussi quelque chose d'autre. Une petite hésitation, un regard fugace vers moi, rapide, presque imperceptible.
Je m'approchai, essayant de ne pas paraître menaçant, mais assez pour que ma présence se fasse sentir.
- Salut.
Ils sursautèrent légèrement.
Owen me lança un regard surprenant, un mélange de défi et de nervosité.
Lina... elle rougit immédiatement, ses joues prenant cette couleur douce et fragile que je connaissais si bien.
- Salut... murmura-t-elle.
Je sentais la tension entre nous trois.
Pas juste une simple gêne. Pas juste des sentiments adolescents désordonnés.
C'était un champ de bataille silencieux. Un triangle que personne n'avait encore osé nommer à voix haute.
Owen inspira profondément, jouant avec son stylo.
- Je... euh... je voulais juste te parler... enfin... de Lina.
Je le regardai calmement, mais mes yeux brillaient d'un mélange de colère et de défi.
- De quoi exactement ? demandai-je, mes mains serrant légèrement le sac contre moi.
- Rien... enfin, juste de... Lina.
Je sentis un frisson parcourir mon échine.
Je savais déjà tout. Je voyais tout.
Owen l'aime. Il est sérieux. Pas juste un crush passager, mais quelque chose de sincère.
Mon cœur se serra, mais au lieu de m'énerver, de fuir, je fis quelque chose que je ne faisais presque jamais : je respirai profondément, je me posai.
- Écoute... dit-je enfin, calmement mais avec fermeté. Je sais.
Lina me regarda, surprise. Ses yeux grands ouverts, bouche entrouverte. Elle ne savait pas quoi dire.
Owen se raidit, ses mâchoires se crispant. Je sentis sa frustration, sa peur de perdre un territoire invisible.
- Je... je... balbutia Lina.
- Rien. Je voulais juste que vous sachiez une chose, poursuivis-je. Je suis là. Et je ne compte pas rester en arrière.
Le silence était lourd. Les arbres autour de nous murmuraient au vent, comme si le monde retenait son souffle.
Owen détourna les yeux, mais je voyais sa colère contenue, son envie de protester.
Lina baissa la tête, comme si elle essayait de cacher ses émotions, mais je savais. Je voyais les battements rapides de son cœur à travers sa poitrine, la façon dont elle respirait plus vite.
- Et toi, Alex... ? finit-elle par demander doucement.
Je la regardai, intensément.
- Moi ? Je ne reculerai pas. Pas maintenant. Pas elle.
Je posai mes mains sur le dossier du banc, plus pour me stabiliser que pour autre chose.
- Parce que... si tu comptes sur moi pour être simple et tranquille, oublie ça.
Tout est compliqué avec moi. Et ça le restera, jusqu'au bout.
Elle ne dit rien. Elle n'avait pas besoin. Elle savait déjà.
Je sentis ses yeux sur moi, curieux, hésitant, intrigué.
Et je sentais la même chose chez Owen, qui se leva finalement.
- On verra demain, murmurai-je avant de tourner les talons.
Je partis, laissant Lina là, entre nous deux.
Le vent caressait mes cheveux, mais ne calmait rien. Rien dans mon esprit, rien dans mon cœur.
Je savais une chose : demain, la tension serait encore plus forte.
Et je n'étais pas prêt à abandonner.
Parce qu'elle n'était pas comme les autres.
Parce qu'elle était Lina.
Et je ne voulais pas la laisser partir.
📖 Chapitre 13 - Lina
Je n'ai presque pas dormi.
Chaque fois que je fermais les yeux, je revoyais la scène.
Le banc.
Le vent.
Le regard d'Alex.
La mâchoire crispée d'Owen.
Et cette phrase.
"Je ne reculerai pas."
Pourquoi il a dit ça comme ça ?
Pourquoi mon cœur a réagi comme si c'était... important ?
Je me retourne dans mon lit, les draps emmêlés autour de mes jambes.
Je devrais être heureuse. Non ?
Owen m'aime. Je le sais. Tout le monde le sait. Même Aïna m'a lancé ce regard hier, celui qui dit "tu joues avec le feu."
Mais alors pourquoi est-ce que je pense à Alex ?
Pourquoi son regard me trouble autant ?
Le lendemain, au lycée, je sens les choses avant même de les voir.
L'air est différent. Chargé.
Aïna me rejoint près de mon casier.
- Bon. Vous avez fait quoi hier ? dit-elle directement.
Je la fixe.
- Quoi ?
- Lina. Je ne suis pas aveugle.
Je ferme mon casier un peu trop fort.
- Il ne s'est rien passé.
Elle lève un sourcil.
- Justement.
Je déteste quand elle a raison.
En entrant en classe, je le vois.
Alex.
Appuyé contre sa chaise, le regard déjà posé sur moi. Pas surpris. Pas hésitant.
Comme s'il m'attendait.
Mon cœur accélère.
Puis je vois Owen.
Deux rangs plus loin.
Il me sourit doucement. Un sourire sincère. Gentil.
Et la culpabilité me frappe en pleine poitrine.
Pourquoi je me sens coupable ?
Je n'ai rien fait.
... Pas vrai ?
Je m'assois. Le silence est lourd.
Le prof commence à parler mais je n'entends rien.
Je sens le regard d'Alex sur ma nuque.
C'est presque physique. Presque électrique.
Je me retourne légèrement.
Nos yeux se croisent.
Et là.
Ce n'est pas doux.
Ce n'est pas innocent.
C'est intense.
Comme s'il me défiait de détourner le regard.
Je suis la première à céder.
À la pause, je me retrouve seule près des escaliers. J'ai besoin d'air.
Besoin de comprendre ce que je ressens.
- Tu m'évites.
Sa voix.
Je me retourne. Alex est là. Trop proche. Toujours trop proche.
- Non.
- Si.
Il descend une marche. Maintenant il est presque à ma hauteur.
Mon souffle se bloque.
- Pourquoi tu fais comme si rien ne se passait ? demande-t-il.
- Parce que rien ne se passe, je réponds trop vite.
Il incline légèrement la tête.
- Alors pourquoi tu trembles ?
Je baisse les yeux.
Mes mains, elles tremblent vraiment.
Il s'approche encore.
- Lina.
Il dit mon prénom comme si c'était fragile. Comme si c'était précieux.
- Owen t'aime, dit Alex.
Le silence tombe.
- Je sais.
- Et toi... tu sais ce que tu fais ?
Mes yeux s'assombrissent légèrement.
- Oui.
- Tu compliques tout.
Il esquisse un demi-sourire.
- Peut-être que j'aime quand c'est compliqué.
Je relève brusquement les yeux vers lui.
- Ce n'est pas un jeu.
- Je ne joue pas.
Il est sérieux. Trop sérieux.
Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il peut l'entendre.
- Alors pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Il hésite. Une seconde. Juste une.
Puis :
- Parce que quand je te regarde...
J'ai pas envie de perdre.
Le monde ralentit.
- Perdre quoi ?
Il ne répond pas tout de suite.
Son regard descend sur mes lèvres, puis remonte dans mes yeux.
- Toi.
Un frisson me traverse.
Je recule d'un pas.
- Tu ne m'as jamais eue.
Il s'approche d'un demi-pas.
- Peut-être. Mais je pourrais.
Mon souffle se coupe.
Et au même moment
- Lina ?
La voix d'Owen.
Je me retourne brusquement.
Il est là. Il a tout vu ? Pas tout. Mais assez.
Son regard passe d'Alex à moi.
Il comprend. Pas tout. Mais assez.
La tension est insupportable.
Alex ne bouge pas.
Owen non plus.
Et moi, je suis au milieu.
Encore.
Toujours.
Et cette fois, je sais que bientôt... quelqu'un va se blesser.
📖 Chapitre 14 - Owen
Je savais.
Avant même qu'Alex parle.
Avant même qu'il s'approche trop près d'elle.
Je savais.
La façon dont elle respirait plus vite.
La façon dont elle ne reculait pas tout de suite.
La façon dont son regard restait accroché au sien une seconde de trop.
Je l'ai vue.
Et ça m'a coupé le souffle.
- Lina ?
Ma voix est sortie plus calme que je ne l'aurais cru.
À l'intérieur pourtant, tout était en train de se fissurer
Elle s'est retournée brusquement. Ses joues rouges. Ses yeux troublés.
Elle avait l'air... vulnérable. Et pourtant, elle ne perdait rien de sa force.
Je sentais cette colère, cette envie de protéger, mais aussi cette peur sourde que je n'avais jamais ressentie auparavant.
Il me regardait comme si c'était un duel silencieux.
Comme si on savait tous les deux que ce moment arriverait.
- Qu'est-ce que... ? Je balbutiai, incapable de finir ma phrase.
Alex ne bougeait pas, immobile, sûr de lui comme toujours. Il la regardait avec cette intensité qui me donnait envie de crier. Et pourtant, je devais garder le contrôle.
Je me suis approché.
Mon cœur cognait, mais je ne devais pas céder. Pas maintenant.
- Je te cherchais, Lina, dis-je doucement.
Elle hoche la tête. Trop vite.
- Oui... j'étais juste... je prenais l'air.
Prendre l'air.
Avec lui.
Je sens quelque chose se serrer dans ma poitrine.
- Je vois ça, répond Alex d'un ton calme.
Calme.
Toujours ce calme insupportable.
Comme s'il contrôlait la situation.
Je le fixe.
- On peut te laisser deux minutes ? je demande.
Il incline légèrement la tête.
- Ça dépend. Elle veut ?
Il met la décision sur elle.
Toujours stratégique.
Je regarde Lina.
Ses yeux passent de moi à lui.
Hésitation. Confusion. Peur peut-être.
Et là, je comprends quelque chose que je n'avais pas voulu voir.
Elle ne me choisit pas immédiatement.
Et ça me fait plus mal que tout le reste.
- Lina ? je répète.
Elle avale sa salive.
- Owen... c'est pas ce que tu crois.
La phrase classique.
Je laisse échapper un petit rire nerveux.
- Ah bon ? Parce que moi je crois juste que je suis en train de te perdre.
Le silence tombe.
Alex ne dit rien.
Il me regarde. Attentif. Presque respectueux.
- Tu ne me perds pas, murmure-t-elle.
Je la regarde droit dans les yeux.
- Alors regarde-moi comme tu le regardes lui.
Elle se fige.
Et c'est là que je sais.
Pas besoin de réponse.
Pas besoin de déclaration.
Je vois la différence.
Avec moi, c'est doux.
Avec lui... c'est intense.
Je passe une main dans mes cheveux, essayant de garder le contrôle.
- Je t'aime, Lina.
Ça sort comme ça. Brut. Vrai.
Pas calculé. Pas stratégique.
Ses yeux s'agrandissent.
Alex tressaille légèrement, mais il reste silencieux.
- Je t'aime depuis bien plus longtemps que tu le crois, je continue. Et je ne suis pas parfait. Je ne suis pas mystérieux. Je ne suis pas compliqué.
Je lance un regard à Alex.
- Mais je suis là. Pour de vrai.
Lina tremble presque.
- Owen...
- Non. Laisse-moi finir.
Je prends une inspiration.
- Si tu veux lui... je ne te retiendrai pas.
Dire ça me détruit.
- Mais ne me garde pas comme option.
Silence.
Même les couloirs semblent s'être arrêtés.
Alex finit par parler.
- Elle n'est pas une option.
Je tourne les yeux vers lui.
- Alors fais attention à elle.
Nos regards se croisent.
Pas de haine.
Juste deux gars qui tiennent à la même fille.
Je regarde Lina une dernière fois.
- Choisis pas maintenant. Mais ne me fais pas attendre éternellement.
Puis je m'éloigne.
Chaque pas me coûte.
Parce que pour la première fois...
Je ne suis plus sûr de gagner.
📖 Chapitre 15 - Alex
Je l'ai regardée partir après les cours.
Owen marchait quelques mètres derrière elle. Pas trop près. Pas trop loin.
Comme quelqu'un qui a peur d'être rejeté mais qui refuse d'abandonner.
Et moi, j'étais là. Figé.
Je pouvais encore faire marche arrière.
Laisser les choses se calmer.
Laisser Owen gagner.
Ce serait plus simple.
Mais chaque fois que je pensais à cette option... je sentais quelque chose se tordre en moi.
Non.
Pas cette fois.
Je l'ai rattrapée à l'angle du bâtiment, là où les murs coupent le vent.
- Lina.
Elle s'est retournée immédiatement.
Comme si elle m'attendait.
Ses yeux étaient fatigués. Trop de pensées. Trop de pression.
- Alex... souffle-t-elle.
Je m'approche, mais doucement. Je ne veux pas qu'elle se sente
coincée.
- On ne peut pas continuer comme ça.
- Comme quoi ?
- À faire semblant.
Elle baisse les yeux.
Je vois ses doigts jouer nerveusement avec la fermeture de son sac.
- Owen souffre, dit-elle.
Je serre la mâchoire.
- Et toi ?
Elle relève les yeux vers moi.
Silence.
Je m'approche encore. Cette fois je suis assez près pour sentir son parfum.
- Dis-moi que tu ne ressens rien quand je te regarde.
Elle ne répond pas.
- Dis-moi que quand je suis près de toi, ton cœur ne s'emballe pas.
Son souffle change. Plus rapide.
Je vois la vérité dans son regard.
- Alex...
- Non. Pas de fuite. Pas aujourd'hui.
Je prends une inspiration.
Je n'ai jamais été aussi honnête.
- Je t'aime.
Les mots sortent sans trembler.
Ils tombent entre nous comme une pierre dans l'eau calme.
Je vois ses yeux s'agrandir.
Je vois la panique.
Mais aussi... quelque chose de plus fort.
- Tu ne peux pas dire ça comme ça, murmure-t-elle.
- Pourquoi ?
- Parce que ça rend tout réel.
- Ça l'est déjà.
Silence.
Le monde autour de nous semble disparaître.
Il n'y a plus que le bruit de nos respirations.
- Owen m'aime aussi, dit-elle doucement.
Le prénom me traverse comme une lame.
- Je sais.
- Et il est gentil. Il est stable. Il ne complique pas tout.
Je hoche légèrement la tête.
- Et moi ?
Elle hésite.
- Toi... c'est différent.
- Différent comment ?
Elle me regarde droit dans les yeux.
- Avec toi, c'est... intense.
Le mot me frappe en plein cœur.
Je m'approche encore.
- Et ça te fait peur ?
- Oui.
- Moi aussi.
Elle avale sa salive.
- Tu me mets face à ce que je ressens vraiment.
Je tends la main, doucement.
Pas pour la tirer.
Juste pour être là.
- Alors dis-le.
Elle tremble légèrement.
- Oui.
Mon cœur explose.
- Oui ? Dis-je
- Oui, je ressens quelque chose pour toi.
L'air devient plus lourd.
- Mais je ne veux pas faire de mal à Owen.
Je la regarde longtemps.
Puis je prends une décision.
Pas stratégique.
Pas réfléchie.
Je me penche et je l'embrasse.
Pas violemment.
Pas brusquement.
Un baiser court. Mais clair.
Quand je recule, je sais que j'ai franchi une ligne.
Ses yeux sont grands ouverts.
- Alex...
- Je ne voulais plus attendre.
Elle touche ses lèvres, encore sous le choc.
📖 Chapitre 16 - Alex
Je ne pensais pas que ça arriverait comme ça.
Pas aussi vite.
Pas aussi brutalement.
Je pensais que ça durerait encore des semaines. Des regards. Des silences. Des tensions.
Je pensais que Lina hésiterait plus longtemps.
Mais là, devant moi, dans ce parc presque vide, avec le vent froid qui passait entre nous... je savais que c'était le moment.
Si je ne parlais pas maintenant, je la perdais.
Et pas doucement.
Pas lentement.
Définitivement.
Mon cœur battait tellement fort que j'avais l'impression qu'il frappait contre mes côtes.
Elle était là. Juste devant moi.
Ses yeux brillants, perdus entre la peur et quelque chose de plus fort.
- Lina... je t'aime.
Je ne l'ai pas murmuré.
Je ne l'ai pas lancé comme un défi.
Je l'ai dit comme on lâche une vérité qu'on ne peut plus contenir.
Le silence qui a suivi m'a semblé durer une éternité.
Je voyais son cerveau travailler.
Je voyais Owen traverser ses pensées.
Je voyais la culpabilité se mélanger à l'émotion.
Et puis
- Oui.
Mon souffle s'est coupé.
Le monde s'est arrêté.
- Oui ? répété-je, presque incapable d'y croire.
Elle hoche légèrement la tête.
- Oui... mais...
Évidemment qu'il y avait un "mais".
Je me rapproche d'un pas. Juste un.
- Mais quoi ?
Sa voix est plus fragile.
- Je ne veux pas blesser Owen.
Son prénom entre nous me serre la poitrine.
Je détourne les yeux une seconde. Juste une.
Parce que je sais qu'il l'aime.
Parce que je sais que je viens de lui arracher quelque chose.
Mais je relève le regard.
- Tu ne peux pas aimer quelqu'un pour protéger quelqu'un d'autre.
Elle tremble légèrement.
- Mes choix vont lui faire mal.
- Et mentir te ferait mal à toi.
Elle me regarde comme si je venais de mettre des mots sur ce qu'elle refusait de dire.
Le vent passe entre nous.
Il fait froid. Mais je ne sens rien.
- Alex... j'ai peur.
Je m'approche encore. Maintenant on est proches. Vraiment proches.
- Moi aussi.
Silence.
Je pourrais l'embrasser.
Je pourrais prendre la décision à sa place.
Je pourrais gagner.
Mais je ne bouge pas.
Je la laisse respirer. Je la laisse choisir.
Et là
Elle avance.
C'est elle.
Ses doigts frôlent ma veste.
Ses lèvres touchent les miennes.
Doucement.
Hésitante au début.
Puis plus sûre.
Je ferme les yeux.
Ce n'est pas un baiser volé.
Ce n'est pas une erreur de seconde.
C'est un choix.
Quand elle se recule, son souffle est court.
Le mien aussi.
- Ça change tout, murmure-t-elle.
Je la regarde.
Je vois la décision dans ses yeux.
- Oui, dis-je calmement.
Je devrais penser à Owen.
Je devrais ressentir de la culpabilité.
Et j'en ressens. Un peu.
Mais ce que je ressens surtout... c'est qu'elle m'a choisi.
Pas par accident.
Pas parce que j'ai insisté.
Parce qu'elle le voulait.
Et puis je la vois.
Un mouvement près des grilles du lycée.
Je tourne légèrement la tête.
Aïna.
Elle est là.
Elle ne fait aucun geste.
Mais son regard est clair.
Elle a tout vu.
Le "je t'aime".e
Le "oui".
Le baiser.
Je sens Lina se raidir à côté de moi.
- Elle va lui dire, souffle-t-elle.
Bien sûr qu'elle va lui dire.
Je serre légèrement la mâchoire.
Le moment parfait vient de devenir fragile.
Je repose les yeux sur Lina.
- Je ne regrette pas.
Elle me fixe.
Il y a encore de la peur.
Mais il y a surtout une détermination nouvelle.
- Moi non plus.
Et à cet instant précis, je comprends quelque chose que je n'avais jamais compris avant :
Ce n'est plus un jeu.
Ce n'est plus une tension adolescente.
C'est réel.
Et quand Owen l'apprendra...
Il ne me regardera plus jamais de la même façon.
Je prends doucement la main de Lina.
Pas pour la cacher.
Pas pour provoquer.
Juste parce que je veux qu'elle sache que je suis là.
Et même si la tempête arrive...
Je ne reculerai pas.
📖 Chapitre 17 - Owen
Je savais qu'il se passait quelque chose.
Depuis des jours.
La façon dont elle évitait mon regard parfois.
La façon dont Alex se redressait quand elle entrait dans la pièce.
Cette tension invisible que tout le monde pouvait presque toucher.
Mais je ne voulais pas y croire.
Pas vraiment.
Mon téléphone vibre dans ma poche.
Aïna.
Je fronce les sourcils.
"Il faut que je te parle."
Mon cœur accélère.
Je sors du lycée et je la vois près des grilles.
Elle n'a pas l'air en colère.
Elle n'a pas l'air dramatique.
Elle a l'air... sérieuse.
- Quoi ? je demande directement.
Elle hésite.
Et là, je sais que je ne vais pas aimer la suite.
- Owen... je préfère que tu l'apprennes maintenant.
Mon estomac se noue.
- Apprendre quoi ?
Elle tourne légèrement la tête vers le parc.
Je suis son regard.
Et je les vois.
Alex.
Lina.
Trop proches.
Beaucoup trop proches.
Il lui parle. Elle le regarde comme si le monde autour n'existait plus.
Je sens quelque chose se fissurer en moi.
- Ils se sont embrassés, dit doucement Aïna.
Le monde devient silencieux.
Je n'entends plus rien.
Ni les voitures.
Ni les voix autour.
Juste cette phrase.
Ils se sont embrassés.
Je déglutis.
- T'es sûre ?
Ma voix est plus calme que je ne le ressens.
- Oui.
Je regarde encore.
Et au moment exact où je veux détourner les yeux...
Je le vois.
Il se penche vers elle.
Et elle ne recule pas.
Je ne sais pas ce qui fait le plus mal.
Le baiser.
Ou le fait qu'elle l'ait choisi.
Je passe une main dans mes cheveux.
Respire.
Ne pas exploser.
Ne pas courir vers eux.
Ne pas faire une scène.
- Depuis quand ? je demande.
- Je ne sais pas exactement... mais ce n'est pas juste aujourd'hui.
Bien sûr que non.
Ce genre de regard ne naît pas en une seconde.
Je ris nerveusement.
- D'accord.
Je m'attendais à être en colère.
À vouloir frapper quelqu'un.
Mais ce que je ressens est pire.
C'est vide.
Je pensais avoir une chance.
Je pensais qu'elle hésitait.
Mais là... ce n'est plus une hésitation.
C'est une décision.
Je relève les yeux vers eux.
Alex tient sa main.
Pas comme pour provoquer.
Comme si elle lui appartenait déjà.
Je serre mes poings.
Pas contre elle.
Pas vraiment contre lui.
Contre moi.
Parce que je l'ai vue glisser entre mes doigts.
- Tu vas faire quoi ? demande Aïna doucement.
Je la regarde.
Long silence.
Puis je souffle :
- Rien.
Elle fronce les sourcils.
- Rien ?
Je hoche la tête.
- Je ne vais pas courir après quelqu'un qui m'a déjà choisi en second.
Les mots me brûlent en sortant.
Mais ils sont vrais.
Je les regarde une dernière fois.
Et cette fois...
Je ne ressens plus seulement de la tristesse.
Je ressens quelque chose de nouveau.
Plus froid.
Plus contrôlé.
Si Alex pense que c'est terminé...
Il se trompe.
📖 Chapitre 18 - Lina
La porte de ma chambre se referma doucement derrière moi, mais je sentais que rien dans le monde extérieur n'existait plus. Mes mains tremblaient encore un peu, et mon cœur battait à tout rompre. Chaque pensée revenait à ce moment incroyable : Alex... le baiser. Je pouvais encore sentir la douceur de ses lèvres, le frisson qui m'avait parcourue, et ce sourire maladroit qu'il avait esquissé après.
Je laissai tomber mon sac sur le lit et m'effondrai dessus, le visage enfoui dans l'oreiller, fermant les yeux pour revivre chaque détail. Mes joues étaient brûlantes, et un sourire idiot s'était collé sur mon visage sans que je puisse le contrôler. Je me laissai aller quelques minutes, respirant lentement, essayant de calmer mon cœur qui semblait vouloir s'échapper de ma poitrine.
Puis, je me relevai et attrapai mon journal intime, cette petite boîte à secrets où je pouvais tout dire, sans filtre, sans peur du jugement. Le stylo était frais entre mes doigts, et je sentis une urgence folle à tout écrire avant que les souvenirs ne deviennent flous.
« Cher journal, » commençai-je, la main un peu tremblante.
« Aujourd'hui... c'est fou. Il s'est passé quelque chose d'incroyable. J'ai embrassé Alex. Oui, moi, Lina. Et je crois... je sais... je l'adore. »
Je laissai les mots couler, décrivant le moment exact : la façon dont il avait incliné la tête, le frisson qui m'avait traversée, et le goût légèrement sucré de ses lèvres. Je racontai comment ses mains avaient effleuré les miennes, la douceur de son regard, et la timidité qui l'avait rendu encore plus adorable. Chaque détail semblait graver dans ma mémoire une sensation qui me ferait sourire pour toujours.
Je pris une profonde inspiration et continuai à écrire, comme si le stylo pouvait absorber toutes mes émotions. Je notai mes pensées confuses et exaltantes : la peur d'être trop exposée, l'excitation qui me rendait presque folle, et ce bonheur immense qui m'avait envahie dès qu'il avait souri après le baiser.
Après un long moment, je refermai le journal et le serrai contre moi. C'était comme si j'avais mis mon cœur entre ses pages. Je restai un moment, allongée sur le lit, imaginant Alex, me demandant s'il pensait aussi à moi, s'il avait ressenti la même intensité que moi.
Puis, je descendis dans le salon. Mes parents étaient là, occupés à préparer le dîner, mais une impulsion me poussa à leur parler. Pas tout, mais au moins une partie de la vérité. Je voulais partager un peu de ce bonheur intense.
- Maman... Papa... commençai-je, la voix tremblante mais décidée.
Ils se tournèrent vers moi, surpris par mon sérieux.
- Aujourd'hui... j'ai embrassé un garçon, avouai-je, les joues en feu. Et je crois que je l'adore.
Un silence s'installa, lourd mais doux. Je me sentis vulnérable, exposée, mais une étrange sensation de soulagement m'envahit. Puis maman sourit doucement, et papa hocha la tête avec un petit sourire amusé.
- C'est normal, Lina, dit maman. Les premiers sentiments amoureux sont toujours très forts. Et ça fait du bien de pouvoir en parler, non ?
Je hochai la tête, les yeux brillants. Oui, ça faisait tellement de bien. Une chaleur douce et rassurante envahit ma poitrine. Pour la première fois, je me sentais comprise, soutenue, et capable de rêver sans peur.
Je remontai dans ma chambre et repris mon journal. Cette fois, j'écrivis plus profondément, presque comme si je me parlais à moi-même : mes doutes, mes peurs, mes espoirs, et cette irrésistible envie d'être près d'Alex à chaque instant. Je notai tout : la manière dont son regard m'avait fait sourire, la façon dont il avait murmuré mon prénom, le contact léger de ses doigts sur les miens.
Je me surpris à imaginer des centaines de scénarios : des promenades main dans la main, des éclats de rire partagés, des conversations tard le soir, et d'autres baisers, plus longs, plus doux, plus tendres. Chaque pensée me faisait frissonner, et je notais tout, chaque émotion, chaque frisson, chaque sourire intérieur.
Puis je me laissai aller à écrire mes questions secrètes : « Est-ce qu'il pense à moi comme je pense à lui ? Est-ce que ce baiser est le début de quelque chose de vrai ? Et si tout changeait maintenant... mais dans le bon sens ? »
Les mots coulaient comme une rivière, inarrêtable, et je sentais que le journal devenait un véritable refuge, où chaque émotion pouvait exister sans limite. Je notai même mes peurs : la peur d'aimer trop vite, de me tromper, de perdre ce moment magique... mais chaque peur était contrebalancée par la certitude d'une chose : je l'adorais, et rien ne pourrait effacer ça.
Finalement, je posai le stylo et regardai mon journal. Il contenait maintenant une partie de moi, un témoignage de ce jour incroyable, de ce sentiment puissant et fragile à la fois. Je souris, le cœur léger, et me sentis prête pour demain, prête à rêver encore plus grand, prête à vivre pleinement chaque instant avec lui.
Car ce jour-là, je compris une chose : aimer, c'est se laisser emporter par un moment, l'écrire, le revivre, et surtout, le garder dans son cœur pour toujours.
📖 Chapitre 19 - Alex
Je poussai la porte de la maison et laissai tomber mon sac dans l'entrée, le bruit du cuir contre le carrelage résonnant dans le silence du couloir. L'odeur du dîner flottait dans l'air : un mélange de tomates mijotées, d'ail rôti et de pain chaud qui venait tout juste de sortir du four. Cette odeur me réchauffa immédiatement, contrastant avec le vent frais qui avait collé mes cheveux sur mon front à l'extérieur.
- Alors, comment s'est passée ta journée ? demanda ma mère, en me regardant avec ses yeux pétillants derrière ses lunettes. Sa voix était douce, mais pleine de curiosité.
- Plutôt... normale, dis-je en haussant les épaules, essayant de cacher l'agitation qui bouillonnait dans ma poitrine.
Elle sourit, mais je vis qu'elle savait que quelque chose me tracassait. Mon père leva les yeux de son journal, fronçant légèrement les sourcils.
- Tu as l'air pensif, dit-il. Quelque chose te préoccupe, mon grand ?
Je déposai mon sac à côté de la table et m'assis sur la chaise, les mains posées sur mes genoux. Les images de Lina envahirent mon esprit : son sourire, le son clair de son rire, le frisson étrange qui m'avait parcouru quand elle avait parlé près de moi. Mon cœur s'emballa à nouveau rien qu'en y pensant.
- Je... je crois que je veux lui dire certaines choses, mais... je ne sais pas comment, murmurai-je presque pour moi-même.
Ma mère s'approcha et posa sa main chaude sur mon épaule.
- Alex, parfois, il suffit d'être honnête. Tu ne peux pas contrôler ce qu'elle ressent, mais tu peux contrôler ce que tu dis. L'important, c'est que tu sois sincère.
- Oui... murmurai-je, un peu plus bas. C'est juste que... c'est nouveau pour moi. Je n'ai jamais ressenti ça avant.
Mon père referma son journal et le posa doucement sur la table.
- Alors c'est que c'est important, mon garçon. Et si c'est important, ça vaut la peine d'être exprimé.
Je hochai la tête, mais un poids restait dans ma poitrine.
- Et si... elle ne ressent pas la même chose ? murmurai-je presque à voix basse.
- Alors, répondit ma mère, tu auras été honnête. Tu sauras au moins que tu as essayé. Et tu ne regretteras jamais ce que tu as osé dire.
Je regardai la table du salon, le bois lisse et brillant, mes yeux se perdant dans les petites imperfections et les souvenirs gravés dessus. La chaleur des lampes, le tic-tac de l'horloge au mur et le parfum de la cuisine formaient un cocon qui me calmait un peu.
- Vous croyez que je devrais... attendre un peu, ou... lui parler demain ? demandai-je, hésitant.
- Alex, dit mon père en souriant doucement, parfois il faut juste suivre ton instinct. Si tu sens que c'est le bon moment, fais-le.
- Oui... murmurai-je. J'espère juste que je ne gâcherai rien.
Ma mère me tendit un verre d'eau et s'assit sur le canapé, son regard attentif et bienveillant.
- Peu importe ce qu'il arrive, Alex, tu ne perds rien à être sincère. Et qui sait ? Peut-être que tes sentiments seront partagés.
Je pris une profonde inspiration, sentant mon cœur battre de plus en plus fort. Tout à l'extérieur semblait calme, mais à l'intérieur, une tempête d'émotions faisait rage. Joie, peur, excitation, incertitude... tout se mélangeait dans mon esprit.
- Merci... dis-je enfin, un petit sourire timide apparaissant sur mes lèvres. Vos conseils me donnent un peu de courage.
- Courage, répondit ma mère en lui caressant les cheveux du bout des doigts. Et rappelle-toi, quoi qu'il arrive, nous sommes là pour toi.
Je me levai pour monter à ma chambre, le cœur lourd mais un peu plus léger grâce à leurs paroles. Dans ma chambre, je posai mon sac sur le lit et m'assis à mon bureau. La lumière douce du lampadaire éclairait mes cahiers et mes affaires, mais je ne voyais que Lina dans ma tête.
Je regardai par la fenêtre. Le ciel était un mélange de rose et d'orange, et les derniers rayons du soleil glissaient sur les toits des maisons voisines. Tout semblait si calme et paisible, mais en moi, les émotions tourbillonnaient.
- Demain... murmurai-je pour moi-même, demain je le ferai.
Je passai mes mains sur mon visage pour calmer le rythme effréné de mon cœur. Mon esprit était rempli de questions : Et si elle ne ressentait rien ? Et si tout changeait ? Et si rien ne changeait ? Mais malgré toutes ces peurs, je sentais une lueur d'espoir, une petite flamme qui me poussait à agir.
- Oui... demain, je le ferai, répété-je avec plus de détermination.
Je me levai et marchai jusqu'au lit, m'allongeant, mais mon esprit ne voulait pas se reposer. Les mots de mes parents, leur soutien, tout cela tournait en boucle dans ma tête. Et pour la première fois depuis longtemps, je sentis quelque chose de neuf : l'espoir. L'espoir et le courage de ne plus reculer.
📖 Chapitre 20 - Owen
Je peux pas y croire, Lina et Alex se sont embrassés, pourquoi ? Qu'est ce que j'ai fais de mal ?
Je veux trop que Alex disparaît, comme sa je vais pouvoir avoir Lina comme petite amie !
Ce samedi je préparait mon plan de le kidnapper Alex, avec trois autres adultes.
Mon plan : de se donner rendez-vous au parc, je détourne l'intention et Léo, Martin et Liam prennent la voiture. Il y'aura Liam va prendre un mouchoir pour qu'il perd connaissance, Liam et Léo le porte et le met dans le coffre. Martin conduit.
J'envoie un message à Alex
" Coucou, ça va ? On pourra aller au parc à 22h30, je sais c'est tard mais je voulais un moment tranquille, aucun enfant, etc...? "
Hihi mon plan diabolique va peut-être marcher (je l'espère)
Il répond :
" Coucou, oui ça va. Je veux bien te rejoindre au parc à 22h30. "
Mon téléphone vibre je regarde le message, je suis trop content il sera la !
21h05, je suis au parc avec Léo, Martin et Liam, je dis ce qu'il faut faire ils ont tous compris.
- Mais c'est pas fini dans l'endroit où on va le mettre on va le menacer avec des armes !
- Oui Owen ! Disent-ils
21h30, on met tous en place. Je cris :
- Martin ! Au volant et va te cacher quand je te tais signe tu viens !
Léo et Martin cachés vous quand je ferais signe vous venez. Le premier signe c'est Martin qui vient et le deuxième signe c'est vous deux compris !?
22h28, il est déjà là. Je viens vers lui avec des biscuits dans Un panier
- Je suis là ! Dis-je
- Coucou ! Heureux de te revoir Owen ! Dit-il.
- J'aimerais te dire un truc, je veux bien que tu reste avec Lina.
- T'es sur ! Sa t'embête pas.
- Non, ne t'en fais pas. Un biscuit ?
- Volontier.
Je fais le premier signe à Martin, il vient. Mon plan marche comme sur des roulettes. Je détourne son attention.
- C'est magnifique c'est étoiles n'est-ce pas Alex ?
- Oui c'est clair !
Je fais le deuxième signe à Liam et Léo ils s'approchent de Alex. Liam prend le mouchoir imbibé de produit pour qu'il sévanouisse.
D'un coup Liam met sur Alex, il est conscient, ils le mettent dans le coffre et moi je les rejoins je vais sur le siège avant. J'indique le trajet pour aller à l'endroit parfait où le menacer. J'ai pris son téléphone.
30 minutes plus tard enfin arrivé, je le met sur le siège et j'enroule son corps de corde. 10 minutes plus tard il est réveillé.
- T'as fait une bonne sieste dis-je en souriant et en rigolant avec mes copains.
Je montre son téléphone et je le casse avec un couteau bien pointu comme j'aime
- Où suis-je ! Pourquoi tu fais sa ! Qu'est ce que j'ai fais !
Il a l'air d'avoir peur mais bien fais pour lui. Je dis aucun mot mais juste un sourire diabolique.
- Alors tu es dans une cabane abandonnée depuis des années, si il a fait sa c'est parce que il veut Lina c'est pour sa. Dit Martin
- Très bien Martin. Voilà pourquoi je fais sa enfin nous faisons sa !
Bref je te laisse bisous et ne t'inquiète pas je vais bien protéger Lina
Nous sommes partis de la cabane abandonnée et abandonnant Alex.
30 minutes plus tard je suis arrivé chez moi
- Au revoir mes amis !
- Au revoir ! Patron
Sa fait du bien qu'il soit plus là Alex. J'ai mis pleins de caméras dans la cabane, je le vois entrain de pleurer.
Dimanche matin je le vois endormi. Je vais lui donner sans eau et nourriture.
📖 Chapitre 21 - Lina
Sa fait plusieurs jours que Alex ne répond plus à mes appels, messages je suis inquiète, très très inquiète.
Au collège je suis triste, sans Alex je ne suis plus rien.
- Owen tu sais où est Alex !
- Non princesse je ne sais pas où il est, mais ne t'en fais pas je suis là et il va revenir très bientôt je te le promets.
Il essuie mes larmes, m'ait mes cheveux en arrière s'approche son visage près de moi, son souffle s'est un goût de chamallow.
Il s'arrêtait de mettre sa bouche contre la mienne et je le frappe violemment, il saigne, son nez en sang.
- Alors tu te défants princesse tu veux pas m'embrasser ?
J'ai peur, je pleure plus. Mais qu'est-ce qui m'a pris de faire sa !?
Aucun son de ma bouche sort.
De retour en classe le professeur a quelque chose à dire au sujet de Alex
- Comme vous savez Alex est porté disparu ! Donc la police veut vous interroger.
La police toque à la porte.
- Bonjour, je suis la police municipale.
- Bonjour.
Touts les élèves de la classe disent-ils
- Je suis venus pour vous informer que votre ami Alex n'est plus la et j'aimerais savoir un peu plus.
Je vois Owen tremblé. Je me méfie comme même, j'arrêtai pas d'y penser ou je le frappe de toute mes forces, son nez en sang.
Mais c'est bizarre que Owen tremble et si c'est lui le responsable de la disparition de Alex ?
- Du coup je vais vérifier chacun vos téléphones comme sa je vais vérifier les messages. Sortez vos téléphones. Dit la police
Tous le monde sort leur téléphone.
Owen se fige prend son téléphone, le déverrouille et j'ai l'impression qu'il efface des messages.
Le policier a fait le tour des tables et a trouvé aucun soupçon et il est partit.
A la fin de la journée j'entends
- Princesse attend !
Owen.
Est la.
- Tu t'en souviens ou tu ma frappé et j'ai eu le nez en sang.
- Oui, je me rappelle très bien Owen.
Il s'avance sur moi me tiens les mains et commence à mettre ses lèvres contre les miennes et moi sans réfléchir je me défend, je le frappe, donne des coup de pieds.
Et je courus chez moi.
Arrivé chez moi ma mère dit
- A table !
- Il est où papa ? Dis-je
- Papa dort chez un ami
- Ok
- T'es pas triste à cause de Alex ?
- Si je suis ÉNORMÉMENT triste ! cria
Après manger je racontai à mon journal intime
" Cher journal sa fait 3 jours que Alex est disparu (mon p'tit ami) je suis très inquiète. J'ai un doute sur Owen, il est devenu bizarre après la disparition de Alex. "
Je suis dévastée j'arrive même plus à dormir, il me manque... mais où est-il... ? Pourquoi lui ? Ses parents devraient être très inquiets, demain je vais les rendre visite après les cours.
Dès le matin cour de mathématiques. J'ai même plus la force d'écrire.
Bizarre Owen n'est pas là. Sa m'intrigue un peu plus. Oui je suis une fille curieuse.
Après les cours je me dirige chez les parents de Alex.
J'essaie de les réconforter mais je pense que sa ne fonctionne pas très bien... j'essaie de les réconforter même pas moi.
- Ne vous inquiétez pas il va revenir très vite je vous le promet. Dis-je.
- Je l'espère de tout mon coeur. Disent les parents.
Je vais dans ma maison, entrain de faire mes devoirs. J'ai fais le français (pas besoin de réviser) et l'évaluation de anglais, il faut se présenter à l'oral en vrai c'est facile on doit juste se présenter je récite :
- Hello, my name is Lina. I am fourteen. I love animals, food, travel, and Alex.
Voilà je pense que j'aurais une bonne note.
Le français (une rédaction ) donc pas besoin de réviser.
📖 Chapitre 22 - Alex
J'étais terrorisé d'être kidnapper sans eau ni nourriture sans portable, sans Lina, j'espère qu'elle va bien et sans ma famille, j'espère qu'ils vont bien.
Ce fameux Owen aussi méchant il fait tout pour avoir Lina.
Je vois la poignée de la cabane s'ouvrir c'était Owen.
- Alors ça va Alex ? Tiens du pain. Léon, Liam et Martin détacher le et prenez ses bras.
Il balance le pain dans ma figure et me donne à mangé comme un bébé sérieusement, il a quel âge ?
- Owen tu veux joué le papa et moi je suis ton fils c'est sa ?
Il me donne un gros coup de poing au ventre, en plein milieu.
- Rattaché le ! Ordonne Owen.
Il ferme la porte à clé et éteint la lumière. Je me retrouve dans le noir total.
Lina...
Ma famille...
Ils me manquent tous...
Le premier baiser avec Lina, la première rencontre avec Lina au collège.
Le premier visage ou j'ai vu à la famille.
Je vois une lumière blanche illumineuse.
- EHHHHH JE SUIS LÀ VENEZ EHHHH !! Je cris de toute mes forces.
Ils ouvrent la porte c'était Lina, sa famille et ma famille.
Ils sautent sur moi. Lina me fait un baiser.
Mon père et ma mère me détache des cordes.
On pleure de joies on fait tous des gros câlins comme j'aime
- Qui t'a fais sa Alex ? Dit Lina
- C'est Owen, c'est lui.
Je vois ses yeux, elle hallucine que c'est Owen, mais c'est la vérité.
- J'y crois pas, c'est vraiment lui !?
- Oui mais il était pas tout seul.
- Il était avec qui ?
- Il était avec Liam, Martin et Léon.
Lina appelle la police.
10 minutes plus tard, ils sont là.
- On a fait des recherches Léon, Martin et Liam. Ils étaient des criminels, des frères et Owen les a payés.
- C'est horrible ! Répondit Lina.
- C'est clair ! Je rajoute.
- Tu sais où ils sont ? Demanda la police.
- Je connais la maison de Owen mais pas pour les autres.
- Ok. Tout le monde rentrez chez vous et Owen et Lina venez avec moi.
- Ok. Nous rajoutons.
Nous prenons la voiture de police en mettant les sirènes de police.
Je mettais le GPS.
30 minutes plus tard enfin arrivé.
La police frappe la porte. Il y avait que son père mais il a l'air un peu bourré.
Owen est surpris de me voir avec Lina.
Owen il a des cicatrices sur le nez et auparavant il avait pas sa.
- Je suis la police ! Votre fils a kidnapper ce jeunehomme ! Et c'est inadmissible de faire sa surtout à son âge !
- C'est vrai Owen ? Dit son père
- Euh non c'est faux !
- Menteur ! Même tu as cassé mon téléphone avec un couteau ! Dis-je
- Mais, euh, non enfin si mais non !
Il regarde Lina sa se voit à son regard.
- Tu sais Owen sait que sa ce passe pas en regardant Lina.
- Oui je sais c'est bon !
- Bon alors on fait quoi ? Dit Lina.
- Il faut qu'il paye une très grosse amande. Dit la police.
- Combient ? Dit le père.
Je me sens triste envers le père, je trouve sa injuste il faut que sa soit Owen qu'il paye un peut et le père aussi.
- 100 000 euros.
- Je vais vous donner demain l'argent.
- C'est pas fini. Owen où sont les autres ?
- Ils sont à l'aéroport, ils attendent leur avion pour aller à New York.
- Ok. Les autres rentrez chez vous.
Il parti de la maison.
Owen dit alors :
- Tu va me le payer à cause de ton coup de poing !
- Laisse la tranquille ! Dis-je.
- Non la prochaine fois sa sera elle.
- Pff c'est sa. Dit Lina
Nous sommes partis de chez eux.
- Alex, je peux dormir avec toi s'il te plaît. J'envoie un message à mes parents pour ne pas s'inquiéter.
- Oui.
5 minutes plus tard. Nous rentrons à la maison.
On se met en pyjama, on déjeune du gratin de courgettes et salade de tomates, super bon !
- On va aller se coucher ! Dis-je
Lina a peur maintenant de Owen sa se voit à son regard.
Mais je ferais tous pour la protéger quoi qu'il arrive.
Mercredi matin c'est les cours. Nous prenons notre petit déjeuner des œufs pochés avec de l'avocat et du pain grillé croustillant.
- Tu crois qu'il va nous faire encore du mal ? Dit-elle
- Je ne sais pas.
Nous prenons le bus ensemble. Pendant tout le trajet aucun son ne sort de sa bouche, ni la mienne.
Son épaule frôle la mienne et, sans un mot, je me sens exactement à ma place.
Au collège, elle reste près de moi, comme si me lâcher devenait impossible.
L'oral en anglais, moi je l'ai pas fais.
- Good morning. I will draw a name to decide who goes first to the board.
J'ai rien compris mais au dernier cours elle a dit qu'elle va faire un tirage au sort.
- Lina !
Allez Lina j'ai confiance en toi allez !
- Hello, my name is Lina. I am fourteen years old. I love animals, food, travel, and Alex.
- Very good !
- Thanks
Yes bravo Lina !
- Owen, come here !
- Euh madame, j'ai pas fais mon orale et Alex non plus.
- Pour Alex je sais qu'il a pas fais son orale mais toi tu pouvais très bien le faire !
- Je sais mais voilà quoi.
- Je te mets un zéro sur vingt Owen !
- Ok.
- Aïna, come here !
- Hello, my name is Aïna. I am fourteen. I love mysteries, animals, and adventures.
- Very good !
📖 Chapitre 23 - Owen
Je peux pas y croire ils ont retrouvé Alex, maintenant Lina elle veut plus me parler, j'aurais un zéro sur vingt...
Je ne peux plus supporter Lina... Avec Aïna, on va monter un plan pour lui faire payer. Personne ne pourra nous arrêter.
À la fin du cours, j'ai donné Aïna rendez-vous chez moi pour en discuter.
- On va faire quoi comme plan ? Dit Aïna.
- On va la kidnapper ! Et la jetée dans l'océan attachée
- Oh oui !
- Alors le plan, sa sera demain ce que sa va déroulé, tous les jeudis ils ne rentrent pas ensemble donc on va la kidnapper !
- Super !
Le lendemain on prépare le plan et aujourd'hui français la rédaction.
La professeur nous dictes la rédaction :
Titre : Le poids des choix
Chaque décision que nous prenons influence notre vie, parfois de manière invisible. Certaines semblent insignifiantes, comme choisir un livre ou un vêtement, tandis que d'autres peuvent changer notre avenir. Hier, j'ai dû décider de parler à un camarade que je connaissais à peine. Ce choix m'a semblé anodin, mais il a transformé ma journée et m'a fait réfléchir sur l'importance de nos actes. Même les petites décisions peuvent avoir de grandes conséquences, et comprendre cela rend la vie à la fois plus complexe et fascinante.
Ce que j'ai écrit :
Titre : Le poid des choix
Chaque décision que nous prenons influence notre vie, parfois de maniere invisible. Certaines semble insignifiantes, comme choisir un livre ou un vetement, tandis que d'autres peuvent changer notre avenir. Hier, j'ai du décider de parler à un camarade que je connaissait à peine. Ce choix m'a semblé anodin, mais il a transformer ma journée et m'a fait réfléchir sur l'importance de nos actes. Même les petites décisions peuvent avoir de grande consequences, et comprendre cela rend la vie à la fois plus complexe et fascinante.
J'espère avoir une bonne note déjà mon cours d'anglais d'hier il était catastrophique alors j'espère faire remonté ma moyenne.
Lina elle à l'air contente de sa rédaction.
Je me lève de ma chaise me dirige vers Lina, prends sa feuille et la déchire en mille morceaux.
- OWEN, DANS LE BUREAU DE LA DIRECTRICE ET TOUT DE SUITE !
hurle la prof, sa voix déchirante résonnant dans toute la classe.
Lina me fixe, les yeux grands ouverts, choquée et tremblante. Moi, je sens la colère bouillonner en moi, mais une peur glaciale commence à me saisir. Chaque regard de mes camarades me transperce comme des flèches.
Je pousse la porte du bureau, le cœur battant à tout rompre. La directrice me fixe, les sourcils froncés, son regard aussi tranchant qu'un couteau.
- Owen... qu'est-ce que tu as fait cette fois ? dit-elle, la voix froide, glaciale.
Je sens la sueur couler dans mon dos. Mes mains tremblent légèrement, mais je serre les poings, incapable de dire un mot. Les papiers froissés de Lina brûlent presque dans ma mémoire.
- Je... je... murmurai-je, mais aucun son ne sort.
Elle soupire, visiblement exaspérée.
- Assieds-toi ! Et explique-moi TOUT, maintenant.
Je m'assieds lourdement, les yeux baissés. Chaque seconde qui passe est un supplice. Je sais que je vais le payer cher... mais au fond de moi, une partie de moi refuse de regretter.
Je lui ai expliquer tous.
- Ok retourne en classe.
Je rentre en classe, le regard de tous mes camarades est braqué sur moi. Chuchotements, rires étouffés, certains secouent la tête... je sens que j'ai perdu toute crédibilité.
- Owen, tu peux venir au tableau ? dit la prof, la voix toujours froide.
Je me lève, le cœur battant, et avance lentement. Chaque pas me paraît interminable. Quand je suis devant la classe, je vois Lina me lancer un regard à la fois déçu et furieux.
- Tu crois que c'est drôle, tout ça ? murmure-t-elle.
Je détourne les yeux, incapable de répondre. Même Alex, assis un peu plus loin, ne me regarde pas.
Je sais que j'ai franchi une limite... et que ça ne va pas s'arrêter là.
Après les cours Lina elle rentre toute seule, je regarde si il y a des élèves dans le coin mais personne, juste nous 3.
Aïna prend le mouchoir imbécile de produit pour qu'elle sévanouisse, elle le met et Lina crie :
- AHHHHHH !
Personne ne l'entend.
Je la porte et je la mer dans la cabane abandonnée que Alex il était.
- Elle dort ? Dit Aïna
- Oui
- Bon je l'attache ses bras et ses jambes, et un ruban adhésif sur sa bouche.
10 minutes plus tard elle se réveille (elle est trop belle) mais j'en peux plus d'elle.
- Bien dormi princesse ?
Elle pleure, même son mascara coule.
- Avec Aïna on t'a kidnapper et on va jeter à la mer en plein milieu de l'océan et sa tombe bien j'ai eu mon permis de bateau !
Avec Aïna on l'attache fort :
Cordes et ruban adhésif.
Je la met sur mon bateau et je navigue. Les vagues sont fortes très fortes.
- Owen il y aura une tempête et les vagues seront très très agitées. Dit Aïna.
- Oh mince, c'est pas grave, on va aller très vite !
On est en plein milieu de l'océan, on est perdu, mais j'ai peur de le dire, bref je prend Lina dans mes bras et je la jette, elle se débat de toutes ses forces mais moi et Aïna nous avons un sourire diabolique
Le vent fouette les cheveux de Aïna et de Lina, la pluie qui devient très lourde, les éclairs qui commencent à venir.
Lina crie elle coule et nous on la regarde, et on parti.
Le lendemain au collège tous le monde est inquiet (encore) avec Aïna on avoue tout.
- On a une annonce à vous faire ! On a kidnapper Lina et elle est dans l'océan.
Tous le monde n'en croyait pas leur yeux.
On couru à la mer je prend mon bateau et on y va, mais qu'est-ce que j'ai fais c'est pas moi sa.
Je prends ma combinaison pour plongée, je l'enfile, je prends ma bouteille d'oxygène et mon casque et je plonge.
Il y a des vagues puissantes.
Je la vois je la prend et je remonte à la surface.
On appelle les ambulanciers.
- Regardez ce que vous avez fais Owen et Aïna. Dit Alex.
Je ne répondit pas.
On couru à l'hôpital, elle est la, son état de santé était grave très grave.
Deux heures plus tard elle se réveille.
Je la voie et je lui dis :
- Désolé Lina...
Elle ne répond pas elle est comme même pas tout à fais réveillée.
Alex s'avança et lui fait des baisers sur ses lèvres et elle se souvient maintenant et j'ai compris les baisers d'Alex se sont les meilleurs et je comprends...
- Aïna et Owen venez vous serez en prison Aïna sept ans et Owen quatorze ans.
- Quoi pourquoi moi quatorze ?
- Parce que toi c'est pas la première fois !
Je suis triste pourquoi j'ai fais sa...
Mais maintenant j'ai un crush sur quelqu'un.
Aïna.
Oui elle.
📖 Chapitre 24 - Lina
De retour chez moi j'écris dans mon journal intime :
"Cher journal hier j'étais jetée dans l'océan, j'avais du mal à respirer surtout en pleine tempête j'ai eu de la chance de survivre.
Mais le lendemain à l'hôpital les baisers de Alex étaient magiques ils m'ont aidés à me réveillé plus rapidement et je l'aime de tout mon coeur"
Ce sont les vacances d'été les deux mois. Avec Alex on a fait une journée entre amoureux : restaurant, cinéma, piscine.
Je le vois je cours.
- Coucou !
- Coucou Lina !
On se fait un baiser, ses lèvres sont douces et sucrées.
On va dans un restaurant italien moi j'ai pris des pâtes carbonara et Alex des pâtes bolognese.
- C'est bon Alex ?
- Super et toi ?
- Incroyable.
Après mangé on va au cinéma pour regarder un film romantique...
Deux heures et vingt-six plus tard nous allons à la piscine.
- On fait la course ? Dis-je.
- Volontier.
On nage et on a tous les deux gagnés en même temps en plus.
Vers seize heure on prend notre goûter : des crêpes au Nutella = miam !
Je regarde Alex dans les yeux, le cœur battant à tout rompre, et je me dis que peu importe les tempêtes que la vie nous réserve, tant qu'il est à mes côtés, tout ira toujours bien.