Chapter 1
Dans une petite métropole nichée sur des collines vivaient deux frères de sang.
L’un se nommait Amphigourique et l’autre, Azur…
Amphigourique était l’aîné ; par contre, il n’était pas le plus sage.
Plutôt le plus cupide.
Azur, lui, était un homme au cœur diaphane.
Il était gentil et respectueux.
Si gentil qu’il avait du mal à dire non.
Certes, Azur dégage une certaine perfection ; cependant, il n’est pas si lisse que ça.
Son plus grand défaut était de croire en tout le monde !
Surtout en son frère cupide, qui avait tendance à le conseiller sur ses biens.
Oui, Azur était le plus nanti.
Néanmoins, Amphigourique ne manquerait de rien tant qu’il vivrait.
Voilà l’un des discours d’Azur.
Sa gentillesse était ineffable.
Envers son frère, il était docile.
Amphigourique, fidèle à sa cupidité, n’allait point demeurer prévisible face à cet avantage.
Derrière ses sourires forcés devant son frérot, il cherchait des occasions de faire couler les biens d’Azur dans sa poche.
Pourtant, Azur, étant chef de plusieurs entreprises, lui en avait donné deux.
Il n’était certes pas pauvre ; en revanche, son désir d’atteindre la richesse de son frère était viscéral.
Quelle drôle de fratrie !
Azur n’avait pas écouté les conseils de ses défunts parents, qui lui avaient conseillé de se méfier d’Amphigourique, le traître masqué.
Un jour, alors qu’Azur, un peu malade sur son canapé, appelait son fidèle assistant pour gérer ses entreprises en son absence, Amphigourique, qui était juste à côté, ne put s’empêcher d’interrompre son frérot.
— Mais bon sang, frérot, tu ne peux pas faire confiance aux gens ainsi.
Du moment où je suis là, laisse-moi assurer tes arrières !
Amphigourique, s’étant offert un congé temporaire, séjournait chez Azur…
Azur, confiant, pensait que c’était une bonne idée.
Durant son coup de fil, il se corrigea.
— C’est bon, Oumar, mon frère Amphigourique sera mon remplaçant.
Voilà quelqu’un qui lança un sourire malicieux aux côtés d’Azur.
Quelle drôle de fratrie…
Aussitôt, Amphigourique alla porter son costume de travail, ayant cerné sa chance.
D’un sourire visiblement joyeux, il dit au revoir à Azur, qui envoyait un message à son médecin.
— Que le jour te soit agréable, petit frère…
dit Amphigourique.
— Merci ! À ce soir, Amphigourique…
Voilà Amphigourique qui tourne ses talons, avec les clés de sa belle voiture blanche à la main.
Dans les rues animées de la Guinée, il roula jusqu’à l’entreprise principale d’Azur.
L’entreprise où Azur gérait toutes ses autres entreprises.
À l’entrée d’un immense bâtiment moderne, un homme barbu reconnut Amphigourique…
— C’est le remplaçant du patron !
dit l’homme…
Cet homme était l’assistant d’Azur, et le grand bâtiment était l’entreprise d’Azur.
Aussitôt, l’assistant accueillit Amphigourique avant de le conduire au bureau qu’il devait occuper.
Celui du patron !
Suite à de légers mouvements, Amphigourique s’installa délicatement dans le bureau du patron.
— Assistant ! Que tous les employés soient informés d’une réunion dans quelques minutes.
Voilà Amphigourique qui jouit de son pouvoir pour la première fois !
L’assistant, docile, respectant les ordres d’Azur, exécuta l’ordre sans contradiction.
Dans les couloirs de l’entreprise, des murmures entre collègues se multipliaient.
— Le nouveau patron n’a pas l’air causant…
a sifflé un homme dans les oreilles d’une femme.
Quelques minutes écoulées, Amphigourique s’installa à la plus haute place de la salle de réunion après avoir vérifié quelques dossiers d’Azur.
Azur est un grand entrepreneur !
Ses entreprises sont divisées en plusieurs branches.
(Textile, immobilier, agriculture, produits de nécessité scolaire.)
Voilà pourquoi il a plusieurs entreprises.
Amphigourique, lui, était un simple professeur de droit dans une université nommée Sonfonia, jusqu’à ce que son frère lui confie ses entreprises de coton et de cacao.
Il était peu ambitieux, mais très cupide.
Dans la salle de réunion déjà pleine d’employés, Amphigourique prit la parole.
— Pour ceux qui ne me connaissent pas, moi, je suis Amphigourique, votre nouveau patron.
Je suis là pour remplacer mon frère malade.
À compter de ce jour, tous mes ordres se doivent d’être exécutés sans discussion.
Tous les revenus se doivent d’être sous mon contrôle total.
Toutes les importations locales et internationales à travers l’Afrique se doivent d’être sous mon contrôle.
Je ne veux que personne ne s’interpose à mon égard chaque fois que je souhaite avoir une information.
Voilà le fameux discours imposant d’Amphigourique.
— Mais monsieur, avec un énorme respect à votre égard, monsieur Azur a ordonné que certaines informations lui soient confidentielles pour une sécurité absolue.
Il a aussi souligné le fait que la destination des revenus doit être confidentielle, car ce sont eux qui assurent l’écosystème.
Même lui ne touche point à certains revenus versés sur un compte bloqué.
a dit le directeur général des entreprises parallèles d’Azur.
— J’ai bel et bien formulé mes mots.
Que personne ne s’interpose à mes décisions.
Je suis le grand frère du patron.
Celui qui me gêne, je le vire !!
dit Amphigourique sur ses nerfs.
Le directeur, visiblement méfiant, répondit par un oui avec un regard de travers.
Amphigourique avait déclenché une guerre silencieuse entre lui et le meilleur employé d’Azur, qui était d’ailleurs son ami le plus fidèle.
C’est ainsi que la réunion fut terminée.
Amphigourique passa le reste de la journée à fouiller les documents d’Azur.
Pendant ce temps, l’assistant et le directeur général d’Azur, qui avaient des soupçons, appelèrent d’urgence Azur pour lui annoncer une grande menace.
Azur, naïf, se contentait de dire avec un sourire :
— C’est mon frère, il ne fera rien de mal.
Il est juste imposant comme d’habitude.
À ce moment, l’assistant et le directeur avaient compris qu’ils devaient mener seuls la bataille.
Le soir, de retour de sa première journée, Amphigourique retourna chez son frère.
Arrivé, il vit celui-ci regarder tranquillement la télé sans aucun stress, tandis que quelques médicaments, qui lui avaient certainement été donnés par son médecin, traînaient sur la table.
Amphigourique, ne voulant pas que son frère guérisse plus tôt, avait envoyé un petit cadeau à son frère.
— Salut Azur, je vois que tu te retrouves…
— (petit sourire aux lèvres) Oui, mon docteur est vraiment un bon. Sinon, ça va ?
— Oui, ça va, j’ai mis le train sur les rails.
Voudrais-tu que je te serve un verre de jus ?
— Ce n’est pas obligé, vu que tu viens du travail. Mais bon, si tu insistes.
a répondu Azur, naïf.
— Ok, laisse-moi changer ma tenue, après on prend un verre de jus entre frères.
Voilà la fameuse réponse d’Amphigourique.
Quelle drôle de fratrie !