La terre ne ment jamais
Le matin se levait sur les collines du Minho comme une prière murmurée.
La brume s’accrochait aux vignes, aux murs de pierre, aux mains crevassées des hommes.
António avait dix-neuf ans et déjà le dos de son père.
Il marchait derrière la charrue, les bottes lourdes de boue, en silence.
Le silence, dans ce village près de Braga, était plus présent que les mots.
Son père ne parlait pas.
Il ne se plaignait pas.
Il respirait fort.
Comme si chaque souffle était un combat contre la terre.
António regardait les montagnes au loin.
Il savait qu’au-delà de ces montagnes, il y avait autre chose.
Une vie où les mains ne saignaient pas pour rien.
Une vie où l’on pouvait marcher sans baisser les yeux.
Mais partir, c’était trahir.
Et rester, c’était mourir lentement.