Chapitre 1
1.
C’est dans une obscurité totale que retentit le grésillement de la télévision à moitié détruite par les débris du bâtiment. Bâtiment autrefois témoin de rires innocents et enfantins. De chagrins d’amour et de joies irremplaçable. Maintenant souffrant, victime, touché par la toxicité de la haine des foules. Ce bétail aveuglé par une colère douloureusement contagieuse, une colère flamboyante, dont l’origine reste un mystère pour la plupart. Ces animaux affamés d’une présumée justice, semblent être revenu à leur instinct primitif. Sous les débris. Caché par l’ombre de désordre incontrôlable, traînée par cette meute. Retentit un message. Un dernier message illuminant avec ce qui reste d’espoir, les silhouettes de la structure brisée, autrefois appelées ‘ Maison ’.
|télé| :« C’est devant ce coucher de soleil sanglant, ainsi qu’au sommet de cette montagne de chair humaine résultant des actions du peuple que je m’exprime à vous à l’aube d’une nuit de chasse à l’esprit malveillant. La décision a été prise sans remords ni humanité, et les privilégiées sont maintenant abritées en sécurité. La colère, elle, continue de s’enflammer et de se propager. Cette nuit signe le début d’un cauchemar éternel et la fin de notre humanité. Si votre cœur parvient encore à raisonner votre esprit, souvenez-vous de ceci. À l’aube d’un avenir surgit le chaos et l’inconscience, au terme d’un passé prospère le désespoir et la désillusion, ainsi au présent se battent la conscience et ses actions. »
Le téléviseur cessa de s’illuminer. La nuit avait commencé. La foule fut décimée. Lorsque la Lune fut témoin de cette nouvelleœuvreproduit par l’Homme, certains affirment qu’elle arrêta de briller. Ayant abandonnée toute vie présente en elle. Une vie partagée avec ceux qui autrefois se proclamaient nouée de conscience et de moral, au nom de l’humanité.
Au centre de toutes cette agitation bestiale, à quelques kilomètres non loin des ruines de cet ancien foyer. Suffoque la dernière étincelle de cette espèce en voie de disparition à travers les restes d’une famille sur le point de se faire déchirer. Entre une mère munie de son nourrisson. Et un père, expatrié pour le meurtre du violeur de sa femme, et père biologique de la nouveau-née. Le couple est sur le point d’être séparée, à la suite de la décision prise et annoncée au peuple du monde dans son entièreté.
Des centaines, des milliers de fusées, toutes prêtes à être lancées vers de nouvelles lointaines contrées. Dans le but de donner un salut de prospérité à l’Homme dans sa quête de la domination du territoire sans fin qu’est l’espace. Toute cette ferraille érigeant un mur, une nouvelle ombre cachent le soleil sur un horizon à perte de vue. Est sur le point de prendre feu avant d’aller cacher les derniers rayons d’espoir, les derniers rayons de vérité. Bientôt, un rideau de poussière étouffante et brouillardeux allait s’abattre sur la Terre. La menant à se coucher dans un sommeil profond où nulle ne pourrait encore profiter des larmes de la lune. Des larmes laissant derrières elles, une trace dans le ciel étoilé, obscure, vide, froid et sombre qu’est le monde ordonné gouverné par Dieu. Ce monde nommé Cosmos qui en son centre, le fragment d’une nuit, fit apparaître dans son histoire un événement tout aussi violent que la naissance de l’univers. Passant d’une harmonie silencieuse, à un froissement épouvantable entre l’indignation et la profanation.
Dans les centres de contrôles, depuis la hauteur des montagnes rocheuses et froides avec vue panoramique sur une apocalypse de feu et de sang. Commença le décompte qui mènerait à un Big Bang artificiel à échelle humaine. Un décompte menant les 3/4 de l’humanité impure et sur consommatrice en direction des étoiles. Piétinent toute liaison encore possible entre ses âmes bientôt portées disparut, et la Terre qui les a vu naître sous les premières larmes chaleureuses de leurs parents. Les secondes passent, les centièmes coulent à flot. Plus le temps projeté dans la salle de lancement se raccourci. Plus les rires des vices de toutes ces responsables résonnent fortement dans une fausse mélodie orchestrale de trahison. Le compte à rebours ne laissant couler que quelques secondes, ce court laps de temps suffit à refaire passer au ralenti toutes les conséquences de la bêtise qu’est la conscience humaine. Ces chiffres qui l’un après l’autre tombent sur ce tableau de la mort, emportent chacun une valeur humaine indispensable. Réduisant à l’absurde, en quelques petites secondes, ce que l’humanité avait bâti sur des siècles de sacrifices, et des sommets de dépouilles inconnues :
Cinque: ¾ de la vie humaine présente sur Terre sera éjecter de force vers un nulle part.
-La trahison qui coûte aux uns rapporte aux autres- Georges Bernanos
Quatre: Le braisier produit par ses fusées brule les dernières traces du passage de ces anciens citoyens Terrestres.
-L’absence de l’être aimé laisse derrière soi un lent poison qui s’appelle l’oubli- Claude Aveline
Trois: Le mot Famille s’est éteint à travers les flammes.
-La famille sera toujours la base des sociétés- Honoré de Balzac
Deux: Les Droits de l’Homme n’ont jamais existé.
-Et si le but poursuivi était, non de rester vivant, mais de rester humain ? — George Orwell
Un: Les dieux se mirent à pleurer l’extinction du monde et à regretter et haire leur création qu’est l’Homme.
-Qui n’a plus d’espoir n’aura plus de regret- William Shakespeare
Une fois que cette mise à feu est lancée, et que ces flammes carnivores, cannibales, assoiffées de sang et de chaire chaude sont éveillées. La nappe de feu recouvrant la Terre autre fois fertile, fut montée jusqu’aux dieux la puissance dévastatrice de la douleur, la haine, et de la souffrance. Ce déluge sonore transportant les cries noyés de milliers d’innocentes âmes. D’une mère à qui a été arrachée son mari, d’une fille respirant pour la première fois l’air de ce nouveau monde pollué par la fourberie, le mensonge, et l’égocentrisme du nouveau genre Humain purifié. Cette migration forcée transforma le passé de ces passagers en poussière carbonisée, vagabondant au-dessus des restes de ce qu’était autrefois un monde de liberté civilisé.
À l’abri, au-dessus des nuages. Posé sur ces remparts de pierres les protégeant de toute menace. Resonnaient des rires, à travers le vide laissé par ce génocide conscient. Des rires tout chauds, des rires de joie. Qui sortaient de la bouche d’organismes pensant avoir accompli un exploit divin. Tandis que la cupidité de ces êtres souhaita chaleureusement la bienvenue à cette nouvelle aire de paix. La religion, elle, rendu son dernier soupir avant de disparaître avec l’espoir. Cédant son flambeau d’ordre sacré, et maudissant à jamais ce souffle de vie honteux reposant sur le toit du monde.
Les scientifiques, étant restées sur la lune de force, ont pour la plupart décidé de rendre leur vie à l’univers. Refusant catégoriquement de faire partie de cette nouvelle espèce baignant dans une mer de sang recouvrant leur corps, des pieds jusqu’au mains. La minorité des enveloppes corporelles qui décidaient de rester en vie, avaient reçu l’ordre d’attendre la prochaine visite des nouveaux dirigeants du globe terrestre. Malgré leur activité cérébrale encore active, leurs muscles chauds, et leurs yeux vides encore ouverts. Cette minorité représentant l’élite de l’avancée technologique semblait dépourvu de toute vie. Depuis que la planète bleue du système solaire était devenue rouge, la raison du ’pourquoi ?’ ils s’étaient battus jusqu’ici pour faire avancer les choses venait de disparaitre le temps d’une rotation. Ces machines vivantes n’avaient plus qu’à attendre leur prochain encodage qui les mettrait sous silence et les forceraient à travailler jusqu’à la mort.
Il aura fallu que les jours se transforment en semaine avant que la lune n’accueille à nouveaux des visiteurs. Lorsque ces nouveaux dieux mortels posèrent un premier pied sur le sol lunaire, leur cape rouge de souveraineté, présumée légitime, laissa derrière eux une traînée de sang. Réalisant pas après pas un tapis rouge marquant le passage des nouveaux créateurs, auteurs de cette imposture. Une fois toutes ces carcasses vides rassemblées, ces enveloppes corporelles reçoivent le droit, voir même le privilège d’être témoin d’un message divin que venait leur apporter leurs sauveurs. Le message est strict et clair,
«…Tout contact avec la planète Terre et son nouveau peuple est désormais interdit, excepté si l’autorisation est donnée par un membre de l’équipage ou du gouvernement, sous peine d’un licenciement suivi de conséquences autoritaires et sévères…».
Ces nouveaux outils vivants sont à partir de ce jour déclarées inexistants. La Terre leur enverra tout le nécessaire ainsi que de nouvelles recrues scientifiques si cette seule condition est respectée. L’histoire de l’espèce humaine venait de prendre trois nouveaux départs.
Un premier sur Terre où serait reconstruit une nouvelle civilisation dite « pure ». Sur une solide base de ruines salis par un passé maintenant étouffé, de cadavres carbonisés, et de larmes qui ont coulées.
Un deuxième sur un astre sans vie tout comme ces prisonniers composés d’outils scientifiques réduit au silence. Ces esclaves modernes, qui mettraient déjà en œuvre des structures architecturales nouvelles, durables, et autres nouveautés technologiques tournant un nouveau chapitre dans le livre des sciences immorales.
Et un dernier départ pour des rescapées reniés et exilés encore en transition entre des vieux souvenirs presque oubliées, noyées par le chagrin, ainsi qu’un nouvel environnement extraterrestre inconnue. Il faut, cela étant dit, reconnaître que ces dirigeants ont su faire preuve de clémence. Afin de ne pas commettre la même erreur que sur Terre, la population qui a été éjectée dans l’espace aura pour destination non pas une planète habitable, mais 3. Dans l’objectif de ne pas consommer toutes les ressources dont elles disposent en quelques générations.
De plus, grâce à la bienveillance dont ont fait preuves ses divinités mortelles, la Terre leur enverra des navettes d’approvisionnement jusqu’à nouvel ordre.
Une fois revenu sur Terre, ces nouvelles divinités prirent leur peuple en main. Ce peuple encore perdu dans ce nuage obscur d’émotions, de pensées néfastes, d’anxiété et de souffrance. Ce peuple qui sera bientôt forcé de vivre faussement une vie heureuse tout en gardant en mémoire les cris résonnant des enfants agrippés aux grillages devant les rampes de lancements. Brûlées vivants accrochés, suppliants que ce compte à rebours qui déchirerait ces derniers liens affectifs appelé autrefois‘ famille ’, cesse. Ce peuple qui dans un avenir proche devra obligatoirement valoriser devant leurs futurs enfants, ces meurtriers appelés dieux ! La cause de part laquelle les véritables dieux qui avaient créé cette Terre ont fuis laissant derrière eux un regard stupéfait de haine, de mépris et de douleur. C’est à travers ce brouillard, que ces nouveaux êtres divins mirent en place une première étape pour la reconstruction du monde. Des centaines de milliers de ballons, dont la totalité de leur surface était conçu pour emmagasiner l’énergie solaire afin de rester gonflé, s’envolèrent tout autour du globe. En dessous de chaque ballon était accroché au bout d’un fil de fer, une capsule. Une capsule contenant un lieu de rendez-vous sur Terre ainsi qu’un Kit de premiers soins et des rations de nourritures accompagné d’un filtreur d’eau. Ces ballons qui, depuis le haut des montagnes où se trouvaient les QG, se laissaient portées par l’air encore pollué avaient pour but de porter le message d’un point de rendez-vous. Indiquent que dans 6 mois lorsque l’entièreté des survivants seraient rassemblées au point indiqué, ils recevraient tous un nouveau départ, ou chaque personne repartira avec un nouveau foyer dans lequel règnerait le bonheur, la paix, et la stabilité.
-Pour toujours. A jamais. -