Qui Sera Ma Folie Absurde ? by PROMISSIDEUS LEODEUS at Inkitt
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Qui sera ma folie absurde ?

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C'est une âme en quête, c'est une âme perdue... Écoute ses cris par ses écrits !

Status
Complete
Chapters
5
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5.0 2 reviews
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13+

CHAPITRE 1: L'ÉQUATION DU MANQUE




La table est posée.

Toujours la même.

Elle ne tremble pas, elle ne doute pas, elle ne ressent rien.

Contrairement à moi.

Je suis assis sur cette chaise comme un condamné volontaire.

Cahier ouvert.

Plume tremblante entre mes doigts.

Dehors, la pluie chante.

Elle ne tombe pas : elle insiste.

Elle frappe les vitres comme si elle voulait entrer.

Comme si elle voulait me rappeler que le monde continue, malgré moi.

Le froid s’invite.

Il ne demande jamais la permission.

Il prend place dans mes os, dans mes épaules, dans ce creux étrange sous ma cage thoracique.

Et moi, je t’écris.

À toi.

Ou peut-être à l’idée de toi.

Ce qui est pire.

Je me souviens de ce jour.

Le premier mot que je t’ai adressé.

Il n’était ni brillant, ni héroïque.

Il était fragile.

Hésitant.

Presque maladroit.

Mais sincère.

Je ne savais pas encore que la sincérité est l’arme la plus dangereuse que l’on puisse tendre à quelqu’un.

Tu m’as répondu.

Et ce simple geste a réchauffé quelque chose en moi.

Quelque chose que je croyais mort.

Quelque chose que j’avais décidé d’enterrer pour ne plus souffrir.

Ce fut infime.

Mais suffisant.

Comme une étincelle dans une pièce obscure.

Peu à peu, tu es devenue une habitude.

Pas envahissante.

Pas bruyante.

Juste présente.

Une lumière familière.

Je m’étais toujours méfié des foules.

Je n’aime pas le public.

Je n’aime pas les regards multiples.

Je n’aime pas la superficialité collective.

Mais une présence choisie…

Ça, c’est différent.

Je voulais une seule voix.

Un seul regard.

Un seul esprit capable d’entrer dans le labyrinthe.

Le mien.

Je croyais que nous partagions quelque chose.

Un lien fragile, oui.

Mais sincère.

J’y croyais

comme on croit à l’aube après la nuit.

Avec cette certitude irrationnelle que la lumière finira par apparaître.

Je n’avais pas encore compris que certaines nuits ne cherchent pas l’aube.

Elles cherchent à durer.

Un jour pourtant, je suis tombé.

Pas physiquement.

Intérieurement.

Je courais à perdre haleine, poussé par l’élan du cœur.

Je croyais avancer.

Je croyais progresser.

Mais le sol s’est ouvert.

Sans prévenir.

Je me suis retourné.

Le soleil et la lune riaient de ma chute.

Ils riaient comme des juges invisibles.

Comme ces êtres qui observent sans jamais comprendre.

Et toi…

Tu es venue.

Tu m’as tendu la main.

Je me souviens de ce moment comme on se souvient d’un miracle.

Intrigué.

Ému.

Vulnérable.

J’ai saisi cette main.

Et je t’ai crue.

Ah…

Que l’homme est naïf lorsqu’il espère.

Depuis, ton visage s’est gravé dans ma mémoire.

Pas comme une image.

Comme une conviction.

Ton sourire est devenu ma foi.

Je voulais t’être fidèle.

Te suivre sans crainte.

Te croire même lorsque mes propres doutes me criaient de reculer.

Alors je me suis relevé.

Et j’ai repris ma course.

Mais je suis tombé.

Une deuxième fois.

Et cette fois, le soleil, la lune,

même les étoiles

se moquaient de moi.

Le ciel tout entier riait de ma naïveté.

Et toi…

Tu m’as regardé.

Tes yeux n’avaient plus de douceur.

Seulement des questions.

Puis de la distance.

Tu t’es éloignée.

Je me suis approché.

Tu m’as repoussé.

Violemment.

Et j’ai compris une chose terrible :

On peut survivre à une chute.

Mais pas toujours à un regard qui change.

Alors je suis parti.

Puis revenu.

Tu m’as laissé entrer.

Comme si la distance n’avait jamais existé.

On a ri.

On a chanté.

On a dansé.

À travers un écran.

Quelle ironie.

Nous étions proches

dans une illusion lumineuse.

Je t’ai voulue plus que je ne le devais.

Oubliant que c’était interdit.

Interdit même d’y penser.

Interdit d’espérer.

Interdit d’aimer au-delà des limites fixées par le réel.

Mais je n’ai jamais été raisonnable lorsqu’il s’agit de sentiments.

Ma folie est lucide.

Et c’est ce qui la rend dangereuse.

Je suis reparti.

Puis revenu encore.

Mais je t’ai perdue.

À nouveau.

Aujourd’hui…

Je ne sais plus ce que tu penses de moi.

Je ne sais même pas si tu te souviens de mon nom.

Peut-être suis-je devenu un simple fragment dans ta mémoire.

Un épisode.

Un bruit passager.

Mais parfois…

Quand la pluie tombe

et que la lune se cache…

Je crois sentir ta présence.

Comme une vibration.

Comme un souvenir qui refuse de mourir.

Voici mon problème existentiel :

Je déteste la foule.

Mais je ne veux pas être seul dans ma solitude.

Contradiction ?

Non.

Je ne veux pas de bruit.

Je veux une conscience.

Une seule.

Une qui accepterait de vivre la solitude

à deux.

Pas pour l’abolir.

Mais pour l’illuminer.

Je sais que ma quête frôle l’irrationnel.

Elle ressemble à une équation dont l’unique inconnue serait toi.

Et malgré l’absurdité apparente de mon attachement,

c’est la seule hypothèse

qui donne encore une cohérence

à mon être.

Chaque soir, le même constat :

Un cœur blessé.

Une âme alourdie.

Un esprit prisonnier de la réminiscence.

Je gravite autour de ton absence

comme un satellite privé de centre.

Sous la pluie, je marche.

Écouteurs aux oreilles.

La musique ne guérit rien.

Elle anesthésie.

Je m’enferme volontairement.

J’embrasse ma propre folie

avec une lucidité presque clinique.

Oui.

Je sais qu’elle est absurde.

Mais son absurdité est ma seule vérité.

Les autres me regardent avec mépris.

Ces juges autoproclamés de la vie d’autrui.

Ils parlent d’équilibre.

Ils parlent de maturité.

Ils parlent de réalisme.

Ils ne comprennent rien.

Ils ne savent pas ce que c’est

que de trouver dans un être

la projection de sa propre délivrance.

Ils ne savent pas ce que c’est

que de perdre cette projection.

La nuit.

Sur le lit.

Incapable de bouger.

Des obligations à remplir.

Des responsabilités à honorer.

Mais je suis épuisé.

Épuisé par mon envie de recréer

le seul endroit

où je pouvais voir ma folie idéale.

Mon rêve.

Alors je demande :

Ne me réveillez pas.

Laissez-moi dans cette zone suspendue

où elle existe encore.

Où son visage n’est pas encore dissous

dans le réel.

Amie étais-tu ?

Perdue es-tu ?

Je suis toujours à ta recherche.

Toi, cette amie

qui apaiserait mes peines.

Qui me comprendrait.

Qui ne fuirait pas devant la densité de mon ombre.

Où es-tu ?

Dans quel visage ?

Dans quel fragment de réalité

retrouverai-je l’écho de ton image ?

Je l’avoue :

Je veux embrasser ma folie absurde.

Même si cela m’est interdit.

Même si cela me consume.

Même si le monde entier rit.

Car sans elle…

Je ne suis qu’un homme assis à une table.

Sous la pluie.

Écrivant à une absence.

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