Chapter 1
Le Regard de trop
« Le cristal des verres s’entrechoquait dans un tintement mélodieux, étouffant les rires forcés de la haute société. Elena ajusta nerveusement la bretelle de sa robe noire, regrettant déjà d’avoir accepté cette invitation. Elle détestait ces soirées où les sourires étaient aussi faux que les bijoux exposés.
Elle s’apprêtait à s’éclipser vers la terrasse quand une présence, presque palpable, la fit s’immobiliser. Ce n’était pas un bruit, mais une sensation de chaleur dans son dos, comme si l’air venait de se raréfier.
— Vous avez l’air de vouloir vous enfuir, mademoiselle.
La voix était basse, veloutée, avec une pointe d’arrogance qui fit frissonner Elena. Elle se retourna lentement. Devant elle se tenait un homme dont la silhouette imposante semblait absorber toute la lumière de la pièce. Julian.
Il ne souriait pas. Ses yeux sombres scrutaient le visage d’Elena avec une intensité dérangeante, comme s’il cherchait à percer la muraille qu’elle avait mis des années à construire.
— Je ne m’enfuis pas, mentit-elle d’une voix qu’elle espérait ferme. Je cherche simplement un peu d’air frais.
Julian fit un pas vers elle, brisant la distance de sécurité qu’elle s’efforçait de maintenir.
— Mentir est un art difficile, Elena. Et vous, vous semblez porter un secret bien trop lourd pour ces frêles épaules. »
« Le cœur d’Elena rata un battement. Elle sentit le sang se glacer dans ses veines. Comment connaissait-il son nom ? Elle était certaine de n’avoir été présentée à personne depuis son arrivée.
— On ne s’est jamais rencontrés, Monsieur... ? commença-t-elle, tentant de reprendre une contenance.
— Julian. Julian Thorne, répondit-il sans quitter ses yeux des siens. Et vous avez raison, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Du moins, pas dans cette vie.
Il posa son verre de cristal sur un guéridon sans jamais rompre le contact visuel. Elena fit un pas en arrière, mais Julian fut plus rapide. Il posa une main sur le mur, juste à côté de son épaule, l’emprisonnant délicatement dans son espace personnel. L’odeur de son parfum — un mélange de bois de santal et de cuir — l’enveloppa comme un piège de luxe.
— Pourquoi avez-vous peur, Elena ? murmura-t-il, sa voix frôlant son oreille.
— Je n’ai pas peur de vous, Julian, répliqua-t-elle, bien que ses mains tremblent légèrement.
— Ce n’est pas de moi dont vous avez peur. C’est de ce que je représente. Vous pensez que l’océan suffit à noyer les fantômes, n’est-ce pas ? Mais certains fantômes savent nager.
Elena sentit ses jambes fléchir. Il savait. Il savait tout. Elle jeta un regard désespéré vers la sortie, cherchant une échappatoire, mais Julian se pencha un peu plus vers elle.
— Ne partez pas tout de suite, dit-il avec un sourire presque prédateur. La soirée ne fait que commencer. Et j’ai quelque chose qui vous appartient.
Il glissa sa main dans la poche intérieure de sa veste et en sortit un petit objet qui brilla sous les lustres de cristal. Elena étouffa un cri. C’était son médaillon. Celui qu’elle pensait avoir perdu dans l’incendie, celui qui contenait la seule preuve de ce qu’elle fuyait.
— Où avez-vous trouvé ça ? souffla-t-elle, la voix brisée.
Julian se contenta de refermer le médaillon dans sa paume.
— Rendez-vous demain soir au bar de l’hôtel Astoria. À minuit. Venez seule, et peut-être que je vous dirai qui m’a envoyé pour vous retrouver.
Sans attendre de réponse, il se redressa et s’éloigna dans la foule, la laissant seule, tremblante et terrifiée au milieu de la musique joyeuse qui continuait de résonner, comme une insulte à son angoisse naissante. »
Elena sentit ses jambes fléchir. Il savait. Il savait tout. Elle jeta un regard désespéré vers la sortie, cherchant une échappatoire, mais Julian se rapprocha encore, son souffle effleurant maintenant sa tempe.
— Ne partez pas tout de suite, dit-il avec un sourire presque prédateur. La soirée ne fait que commencer. Et j’ai quelque chose qui vous appartient.
Il glissa sa main dans la poche intérieure de sa veste de smoking et en sortit un petit objet qui brilla violemment sous les lustres de cristal. Elena étouffa un cri, portant la main à sa bouche. C’était son médaillon. Celui qu’elle pensait avoir perdu dans l’incendie, celui qui contenait la seule preuve de ce qu’elle fuyait si désespérément.
— Où... où avez-vous trouvé ça ? souffla-t-elle, la voix brisée par l’émotion.
Julian se contenta de refermer le médaillon dans sa paume, le faisant disparaître aussi vite qu’il était apparu.
— Rendez-vous demain soir au bar de l’hôtel Astoria. À minuit pile. Venez seule, Elena. Et si vous êtes sage, peut-être que je vous dirai qui m’a envoyé pour vous retrouver.
Sans attendre de réponse, il se redressa, réajusta sa veste et s’éloigna dans la foule avec une élégance glaciale. Il la laissait là, seule, tremblante et terrifiée au milieu de la musique joyeuse qui continuait de résonner, comme une insulte à son angoisse naissante. Le passé n’était plus derrière elle. Il venait de l’inviter à minuit. »








