ARI-Les Enfants de Troffea

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Summary

À Nishi-Ogikubo, l’un des quartiers résidentiels de Tokyo, Arinori Mikami, jeune hikikomori de vingt-trois ans, vit reclus dans un monde de pixels et de silence. Son quotidien bascule lorsqu’un vieux voisin lui parle de la « manie dansante » de 1518 à Strasbourg, une épidémie oubliée où une foule fut prise d’une danse compulsive jusqu’à en mourir. Peu après, un événement imprévu vient rompre la routine d’Ari et le laisse face à un vide qu’il ne pensait jamais devoir affronter. Autour du jeune homme se rassemble alors un cercle improbable, qui prendra le nom des "Enfants de Troffea", du nom de la femme par qui tout avait commencé à Strasbourg. Entre isolement, transe et mémoire collective, Ari devient malgré lui le centre gravitationnel d’un phénomène qui traverse les corps comme une onde, réveillant une mémoire inconnue qui relie les solitudes d’un monde au bord de la rupture. Entre roman noir et poésie visionnaire, l'œuvre explore la frontière entre l’intime et le collectif. C’est une plongée dans les silences contemporains, là où les coïncidences deviennent des messages et où chaque détail paraît chargé de sens.

Genre
Scifi
Author
IanHarrous
Status
Complete
Chapters
9
Rating
n/a
Age Rating
16+

Prologue

© I. Harrous, 2025Tous droits réservés.ISBN :979-10-980955-0-4Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle) et a fait l’objet d’un dépôt enregistré sur le service HUGO de protection juridique des œuvres de la Société des Gens de Lettres (SGDL). Toute reproduction ou diffusion, totale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation écrite préalable de l’auteur, est strictement interdite.

À mon père, K. Harrous.Ton regard m’accompagne encore.I. Harrous

Prologue

Le 5 juillet 2025, le Japon attendait la catastrophe.Les rumeurs s’étaient épaissies comme un nuage noir. Sur les forums, on parlait d’un désastre imminent. Les agences de voyage notaient des annulations massives, les compagnies aériennes perdaient des clients. Certains stockaient des vivres, d’autres se repliaient dans la prière. Et quand, au début du mois, une série de séismes mineurs ébranla les îles Tokara, la peur prit la forme d’une certitude, la fin était proche. Le 5 juillet passa pourtant. Aucun séisme majeur n’ébranla l’archipel nippon. Mais quelque chose s’était fissuré ailleurs, plus profondément. Dans l’esprit collectif. Comme si l’attente même d’une catastrophe avait ouvert une brèche, une faille où l’angoisse, la défiance et la panique s’étaient engouffrées. C’est dans cette faille que tout commença.Le samedi 5 juillet 2025, à 18h55 précises, cette histoire prit racine.Je l’ignorais alors. J’écrivais à l’aveugle, guidé seulement par des images qui résonnaient en moi comme des visions.Les personnages s’imposaient telles des silhouettes mouvantes projetées sur un écran intérieur. La structure du récit se dressait d’un bloc, cinématographique, implacable, comme si elle avait toujours été là, attendant simplement d’être révélée.

Ce n’est que plus tard, le vendredi 12 septembre 2025, à quatre heures du matin, qu’une coïncidence vint me frapper. Au détour de mes errances nocturnes sur Internet, je tombai sur un carnet de rêves écrit trente ans plus tôt, dans lequel son auteure, Ryo Tatsuki, prédisait qu’en juillet 2025 surviendrait la véritable catastrophe. Alors, la coïncidence me frappa de plein fouet. La prophétie et mon récit partageaient une même date de naissance.

À ce stade, l’ouvrage n’était pas achevé. Il avançait, pierre après pierre, page après page. Mais je ne pouvais plus y voir seulement du hasard. C’était un signe. Une synchronicité.Et parfois, ce sont justement ces coïncidences, si infimes, si improbables, qui révèlent ce que nous n’osons pas encore nommer. Mon récit est né d’une concordance qui me dépasse.Et moi-même, qui l’ai composé, j’ignore ce qu’il engendrera.

Une sensation étrange s’empara de moi. Ce n’était ni la peur ni la joie, mais une fièvre intérieure, comme si quelque chose révélant de l’inintelligible venait de s’ouvrir sous mes pas.Les sceptiques crieront au hasard. Ceux sensibles aux signes y verront une synchronicité, une révélation résultant d’une conjonction cosmique, ou même l’éveil de forces occultes.Mais au fond, il n’y a pas de mot pour ce qui m’a traversé. Depuis ce jour, je n’ai plus tenté d’expliquer. J’ai simplement laissé le destin inscrire sa marque. Ce vestige d’éclat lyrique n’est peut-être qu’une résonance fictive... ou peut-être autre chose.Une empreinte obscure, incrustée dans ces pages telle une cicatrice.

Gardez à l’esprit qu’il ne s’agit pas seulement d’un récit alternatif.Dès l’instant où vous parcourez ces lignes, ce seuil qu’on franchit sans retour, vous participez à ce qui m’échappe encore. Vous entrez dans une étrange réverbération avec des songes anciens, ceux qui pressentaient une faille où l’esprit collectif s’égarerait. Depuis toujours, à travers les siècles, elle revient sous des formes différentes. Des foules prises d’élans mystérieux, des danses incontrôlées, des fièvres qui emportaient des corps et troublaient des villes entières.Et aujourd’hui encore, d’autres signes, consignés bien avant nous, semblent en annoncer l’écho. Peut-être, sans même le vouloir, participerez-vous à l’invocation de l’ancienne faille.Une brèche plus ancienne que nous, où se dissolvent les certitudes, où se réveillent des forces que nous croyions endormies.