Chapter 1: le commencement
Arsène avait douze ans. C’était un garçon aux cheveux marron foncé, aux yeux noirs profonds et à la peau légèrement bronzée. Il avait été adopté quand il était encore très jeune par un couple qui habitait dans une petite maison au bord de la ville.
Sa mère adoptive s’appelait Isabelle. Elle avait les cheveux blonds, les yeux bruns et un sourire doux qui rassurait toujours Arsène. Elle était très gentille avec lui et faisait tout pour qu’il se sente aimé.
Son père adoptif, lui, s’appelait Arthur. C’était un homme grand avec des cheveux noirs et des yeux verts. Contrairement à Isabelle, il était froid et sévère. Il parlait rarement à Arsène et semblait toujours agacé par sa présence. Parfois, le garçon avait même l’impression que son père le méprisait.
Ce jour-là, Arsène partit à l’école comme tous les matins. Le ciel était gris et un vent froid soufflait dans les rues. En marchant, il gardait la tête baissée.
À l’école, les choses n’étaient pas faciles pour lui. Les élèves de sa classe ne l’aimaient pas beaucoup. Ils trouvaient qu’il était étrange. Arsène parlait peu, restait souvent seul et avait parfois des réactions bizarres. Il sentait des choses que les autres ne semblaient pas percevoir.
Toute la journée, il resta silencieux à sa table pendant que les autres enfants chuchotaient et riaient entre eux.
Quand les cours se terminèrent enfin, Arsène quitta l’école et prit le chemin de la maison. Il espérait simplement rentrer tranquillement.
Mais alors qu’il tournait dans une rue plus étroite, plusieurs garçons apparurent devant lui.
Ils étaient cinq.
Le plus grand semblait être leur chef. Il avait un sourire moqueur et les bras croisés.
— Une seconde, mon petit. Tu n’iras nulle part, dit-il en ricanant.
Les autres garçons s’approchèrent lentement.
Arsène sentit son cœur battre plus vite. Il voulut reculer, mais déjà deux garçons l’attrapaient par les épaules.
Ils le poussèrent dans une petite ruelle entre deux bâtiments.
Puis les coups commencèrent.
Arsène essaya de se protéger comme il pouvait. Les poings pleuvaient sur lui et les rires des garçons résonnaient dans la ruelle.
Mais soudain, quelque chose changea.
Une colère immense monta en lui. Une colère comme il n’en avait jamais ressentie.
Il serra les poings.
Un des garçons s’approcha pour lui donner un autre coup.
Arsène rassembla toute sa force et frappa le chef de la bande au visage.
À cet instant, quelque chose d’étrange se produisit.
Une lumière verte apparut brièvement autour de son poing.
Puis une flamme verte se propagea sur les vêtements du chef.
Le garçon recula en criant.
— Qu’est-ce que c’était ?!
Les autres paniquèrent.
Arsène, lui, était terrifié. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer.
Profitant de la confusion, il s’enfuit en courant.
Il courut aussi vite qu’il le put jusqu’à sa maison.
Quand il ouvrit la porte, sa mère leva immédiatement la tête.
— Arsène ? Que s’est-il passé ?
Le garçon avait les vêtements sales et le visage marqué par les coups.
Les larmes lui montèrent aux yeux et il se jeta dans les bras de sa mère.
— Ils m’ont attaqué… et… quelque chose s’est passé… je ne comprends pas…
Isabelle le serra contre elle.
— Calme-toi, mon chéri. Tout va bien.
Elle s’occupa de ses blessures et l’écouta raconter toute l’histoire.
Mais au fond d’elle, une inquiétude commençait à grandir.
Le soir venu, elle souhaita bonne nuit à Arsène et quitta sa chambre.
Puis elle alla parler à Arthur.
Le lendemain matin, Arsène se réveilla doucement.
Mais en descendant l’escalier, il entendit des voix inconnues dans le salon.
Curieux, il s’approcha.
Ce qu’il vit le glaça.
Plusieurs hommes armés discutaient avec ses parents.
Arsène comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas.
Un des hommes le remarqua.
— Ah… te voilà.
L’homme s’approcha avec un sourire étrange.
— Bonjour, petit. Ton père nous a appelés. Il nous a dit que tu avais… des pouvoirs.
Arsène regarda Arthur, choqué.
Son père ne disait rien.
— Nous devons faire un petit test, continua l’homme. Montre-nous ton bras.
Arsène hésita, puis tendit lentement son bras.
L’homme passa un appareil étrange au-dessus de sa peau.
L’appareil émit une lumière verte.
Isabelle éclata en sanglots.
L’homme soupira.
— Désolé, petit. Mais tu dois nous suivre.
Arsène sentit la peur et la colère envahir son cœur.
— NON !
Les hommes levèrent leurs armes.
Arsène serra les poings.
Il repensa à ce qui s’était passé dans la ruelle.
La colère grandit encore.
Une chaleur intense se forma dans ses mains.
Puis soudain…
D’immenses flammes jaillirent autour de lui.
La pièce s’embrasa.
Les hommes reculèrent en criant.
Arsène sentit sa tête tourner.
Puis tout devint noir.
Quand il se réveilla, la maison était en flammes.
Le feu dévorait tout autour de lui.
— Maman ?!
Il chercha partout.
Mais il ne trouva personne.
Les larmes coulaient sur ses joues.
Alors, au milieu des flammes, Arsène prit une décision.
Il partirait.
Il irait où il voudrait.
Il continuerait ses études, quoi qu’il arrive.
Et surtout… il deviendrait quelqu’un d’autre.
Pour les inconnus, il s’appellerait toujours Arsène.
Mais pour ceux qui le connaîtraient vraiment…
Il serait Alastor.