Prologue
Célia
- mais tu ne peux pas me faire ça quand même, je supplie ma mère qui est à l'autre bout du fil.- je ne changerai pas d'avis toi même tu le sais ? Ça fait la troisième voiture que tu bousilles en seulement deux mois et tu dépenses énormément d'argent…- mais maman ! Je comprends que tu veuilles que je travaille mon propre argent mais comment veux-tu que je le fasse alors que tu m'as viré de l'entreprise ?- tu sais très bien que tu ne fais pratiquement rien dans cet entreprise, tout ce que tu fais c'est juste aller à des réunions, réplique-t-elle avant de soupirer. Je ne vais pas changer d'avis donc n'insiste pas sinon ta punition sera encore plus sévère. Je te laisse j'ai des choses a faire contrairement à toi… et trouve toi un travail.Et elle raccroche. Qu'est ce que les mères africaines peuvent être désagréables. Seulement parce que j'ai égratigné quelques petites voitures. En plus elle devait être contente que je ne gaspille pas mon argent dans de l'alcool ou dans des soirées.Je sors de la chambre d'amis de la maison de ma sœur pour aller au salon où elle y est avec notre petit frère qui a seulement un an de moins que moi et je m'affale sur le canapé sous les regards de ceux ci.- laisses moi deviner, elle a refusé. Dit directement mon frère.J'opine et mon aîné soupire.- tu sais, elle a aussi raison, commence cette dernière, c'est bien vrai que tu ne pars plus dans des boîtes de nuit comme avant mais tu gaspilles énormément d'argent dans du shopping et spa.Et voilà, elle s'y met aussi. Je me lève sans rien dire et me dirige dans la cuisine, ouvre le frigo et prends mon pot de glace au chocolat puis je m'assois sur un tabouret. Rien de telle qu'une bonne glace pour se remonter le moral. Je prends une bouchée et je reçois une explosion de saveurs. Quand je suis en colère et que je prends de la glace, cela me fait toujours le même effet et je ne peux l'expliquer.J'ai déposé mon CV dans deux entreprises qui font dans architecture et dans un restaurant et personne ne le sait encore, même pas mon frère qui malgré qu'on ait un écart d'âge est mon meilleur ami. Et oui j'ai fait des études dans l'architecture. Et aussi bien évidemment que j'allais postuler quelque part, je ne suis pas aussi irresponsable que ça.Je reçois soudainement un appel de l'une des entreprises dans lesquelles j'ai postulé. Je croise les doigts, il faut que j'ai cet emploi sinon je serai au chômage et penser à cette possibilité alors que je viens d'une famille riche me donne la chaire de poule. Après quelques secondes à poser le pour et le contre, je décroche finalement et dirige le téléphone vers mon oreille.- bonsoir miss Célia Duta, j'espère que vous vous portez bien, commence l'homme.- oui merci.- c'est bon à savoir. Euh… je voulais juste vous informer que nous ne pouvons pas vous embaucher.Je me fige un instant ne comprenant pas pourquoi il ne m'accepte pas.- mais pour donc ? Je le questionne en déposant le pot de glace sur la table.- c'est vrai que vous avez une très bonne expérience mais… votre mère nous a donné l'ordre de ne pas vous embaucher.Et là la colère monte à fond et je raccroche directement. Comment veut-elle que je me débrouille si elle demande à toutes les entreprises de la ville de ne pas m'embaucher ?Encore sous le coup de la colère, je prends le premier verre qui se trouve sous mon nez et le lance par terre ce qui attire l'attention de mon frère et ma sœur qui viennent presque en courant.- qu'est-ce ese passe ? Me questionne mon cadet qui se baisse directement pour ramasser les débris de verre, sûrement habitué à mes crises.- elle a demandé aux entreprises de ne pas m'embaucher ! Vous trouvez ça normal ?! Vociféré-je.- cela fait le quatrième verre que tu casses chez moi sous l'effet de la colère. Tu crois que c'est en te mettant dans tous tes états que quelque-chose changera ? Contrôle toi un peu. Me réprimande Camille, mon aînée.Un cri de bébé se fait entendre.- génial ! Maintenant tu as réveiller will, tu es contente ?Et elle s'en va en trombe. Ma vie est un véritable chaos. Même pour trouver un travail c'est un désastre. En même temps qu'est-ce que je pensais quand je partais postuler chez les entreprises des partenaires et amis de ma mère ? Qu'est-ce que je raconte moi ? Elle est partenaire avec toutes les entreprises d'architecture de la ville. C'est un vrai cauchemar.Mon frère qui a fini de ramasser les débris, tire une chaise et s'assoit devant moi. Il me fixe et je sais qu'il veut que je fasse pareil mais c'est impossible, je n'arrive pas à le faire. Mon regard est plutôt scotché sur le sol.- je sais pourquoi tu dépenses autant d'argent, me dit-il et je lève finalement les yeux vers lui. Tu essaies d'oublier ton passé, de ne plus penser à ce qu'ils t'ont fait et je te comprends. Mais laisses moi te dire que ce n'est pas la solution et que c'est même impossible. Tu ne peux pas oublier quelque chose qui t'est arrivée. Ça fait partie de ta vie et tu dois l'accepter, tu ne peux rien y faire. Mais tout ce que tu peux faire c'est passé à autre chose. Montre aux personnes qui t'ont trahi que tu es passée à autre chose, et pas seulement à eux, montre le à toi aussi. Et si possible, trouves toi un homme.Je reste surprise sur se derniers mots tandis que les larmes coulent non stop sur mes joues. Il me prend dans ses bras et je me laisse aller. - merci Lucien.- de rien grande sœur.Je me sépare de lui et lui souris. Je me lève puis prend mon manteau à côté de la porte de la cuisine et l'enfile.- où est-ce que tu vas ?- ne t'inquiètes pas, j'en ai pas pour longtemps.Je sors de la maison et je suis tout de suite frappée par le vent froid. L'automne est déjà bien présent depuis quelques jours. Je franchis enfin de portail après avoir salué le gardien et commence alors à marcher dans les rues animées de New York. Il est déjà 19 heures et la ville est encore plus animée qu'en journée.Pendant que je marche, j'essaie de penser à autre chose que les mots de mon frère. Je remarque une foule un peu plus loin et je décide de jeter un coup d'œil par curiosité. Des personnes se sont regroupés pour regarder un groupe de jeunes entrain de faire de la break dance. Ils sont vraiment doués. Je dépose un billet dans leur chapeau et continue ma route jusqu'au parc et je m'assois sur un banc autour du lac.Ce parc m'apaise toujours même pendant la nuit. J'y trouve le repos et la paix depuis 4 ans déjà. Ce lieu est devenu un lieu de détente pour moi. Je doute que mon frère même si je le prends comme mon meilleur ami sache que je vienne ici. Je tapote mon manteau à la recherche de mon téléphone mais je me rappelle que je l'ai laisse sur la table dans la cuisine. Merde.Un homme vient alors s'asseoir à côté et je me fige à l'instant. Je n'aime pas être seule en compagnie d'un homme inconnu surtout lorsqu'il fait nuit. Je me méfie maintenant de tous les hommes qui s'approche de moi. Je tourne ma tête pour le regarder mais je n'arrive pas à voir son visage à cause de la pénombre et ni ses cheveux à cause de la capuche de son sweat mais j'arrive à voir une mèche brune qui dépasse. Mais je suis certaine d'une chose, c'est un blanc.Les mots de mon frère me reviennent alors tout d'un coup. « trouves toi un homme ». Comment veut-il que je me trouve un homme alors que je n'ai même pas encore tourné la page. Ma vie n'est qu'un désastre comparer à la vie de mes frères. Lucien, à seulement 21 ans, est déjà un homme bien bâti et s'en sort plus que bien dans ses études en psychologie. Des fois je me demande pourquoi il a choisi ce métier tellement il lit bien en moi comme un livre ouvert. Mais il est en train de réussir sa vie. Ma sœur elle, a 31 ans et est marié depuis maintenant 3 ans avec un avocat plutôt célèbre dans cette ville et ils ont eu leur fils William il y a de cela un an. Lucien et Camille font la fierté de ma mère et de mon père qui est à l'au-delà tandis que moi je ne suis qu'un autre problème que ma mère doit résoudre. Je ne suis qu'une moins que rien qui fait honte à sa mère.J'éclate alors en sanglots sans me soucier de l'homme qui est à côté moi. De toute façon à ce stade de ma vie je n'ai plus à avoir honte de quelque chose. A mon grand étonnement lorsque je me calme un peu et que j'ouvre les yeux, je vois que l'homme me tend un mouchoir et la honte s'empare de moi. Je tourne ma tête vers lui mais il ne me regarde pas en retour. Je me contente de prendre le mouchoir et de le remercier. Il doit me trouver complètement idiote. Au moment où j'essuie mes larmes, je suis comme frappée par une odeur familière, beaucoup trop d'ailleurs. Ça ne peut pas être lui. Je décide de faire face à l'homme mais je me rends compte qu'il n'est plus là. Il s'est volatilisé ou quoi ? Je le comprends, je dois être comme une bizarroïde.Je rentre aussi à mon tour et je ne peux m'empêcher de penser à cet homme. Dès que je franchis le seuil de la porte, je vois ma sœur complètement affoler. Dès qu'elle me voit elle me saute dessus et me dit qu'elle s'est fait du souci. Je la rassure en disant que je vais bien et elle me lâche puis je me dirige vers mon neveu et le prend dans mes bras.- je vais devoir partir, tu veux que je te raccompagne ? Me demande Lucien.- oui… mais est-ce que je peux dormir dans ton appart ? J'ai pas envie d'être seule.- tu es toujours la bienvenue.Et c'est comme ça que après que j'aie récupéré mon téléphone, nous quittons la maison de ma grande sœur et vu que je n'ai plus de voiture, Lucien nous conduit.