Le Chaos Argenté : La Brume de Nareh

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Summary

Un gamin aux cheveux d'argent, pris au piège d'un destin implacable. Atlas n'a jamais été libre. Enchaîné par un mystérieux collier, utilisé comme un simple outil par les puissants, il n'a connu que la peur et la servitude... jusqu'au jour où tout bascule. Une embuscade sanglante. Un collier brisé. Une liberté aussi soudaine que dangereuse. Traqué par des ennemis qu'il ne comprend pas encore, Atlas fuit à travers un monde brutal où monstres, mercenaires et forces inconnues se disputent l'ombre du pouvoir. Mais certaines vérités sont plus dangereuses que des épées. Car Atlas n'est peut-être pas un simple fugitif. Et certains seraient prêts à tout pour mettre la main sur lui. Car partout où il passe, le Chaos Argenté semble suivre sa trace.

Genre
Adventure
Author
chaos0
Status
Ongoing
Chapters
4
Rating
n/a
Age Rating
16+

Prologue


Ses pas résonnaient doucement, comme si le palais lui-même retenait son souffle. Le messager avançait sans bruit, presque fantomatique, jusqu’à une lourde porte menant aux sous-sols. L’homme l’ouvrit sans dire un mot, et le garçon s’engouffra derrière lui.

La lumière crue l’agressa dès qu’il entra. La salle, unique en son genre, était d’un blanc étouffant. Des tables couvertes d’instruments s’alignaient, dégageant une aura inquiétante.

— Mon garçon, te voilà ! lança une voix nasillarde. Approche, approche !

Un vieil homme se tourna vers lui. Chauve sur le sommet du crâne, il gardait quelques mèches grises sur les côtés. Sa blouse blanche, tachée et froissée, témoignait de son désintérêt pour l’apparence.

Une étiquette à moitié arrachée portait son nom : Werner.

Le gamin avança, jetant des regards méfiants autour de lui. Comme d’habitude, une grande chaise l’attendait au centre de la pièce, entourée d’appareils inquiétants. Il s’y installa en silence.

— Le premier fils du gouverneur m’a informé que tu devais partir avec le cortège vers Vallen, dit Werner en ajustant ses lunettes. J’ai tenté de les raisonner, mais ils sont restés inflexibles, surtout l’héritier.

Remettant ses lunettes, il porta un regard étrange à l’enfant. Il sourit sans joie.

— Nous ne nous verrons donc plus avant longtemps... c’est peut-être la dernière fois que l’on se voit. Et je dois me contenter d’un peu de sang aujourd’hui... quelle honte...

— ... Attendez. Je...

Le garçon voulut lui faire part de son intention de ne pas aller à Vallen, mais hésita. Une pensée lui traversa l’esprit : s’il partait vraiment... il serait débarrassé de ce fichu vieillard pour un bon moment.

— Relève ta manche, fit Werner d’une voix mielleuse. Nous allons commencer.

Il saisit une aiguille longue et fine, reliée à une fiole de verre. Sans prévenir, il la planta dans le bras du gamin. Le garçon serra les dents, gardant les yeux ouverts pour observer son propre sang s’écouler lentement dans le réservoir. Werner, lui, ne quittait pas le liquide des yeux, fasciné comme devant un trésor.

Enfin, après un temps interminable, il retira l’aiguille et s’exclama :

— Voilà ! Terminé !

— Dans ce cas, je m’en vais, répondit l’enfant froidement en se relevant.

À peine eut-il posé un pied au sol qu’un vertige le prit.

— Attention ! s’écria Werner. Après un tel prélèvement, tu dois te reposer. Je vais demander à...

— Pas besoin, coupa le garçon, irrité. Je vais bien.

— Ce n’est pas raisonnable... marmonna le vieil homme en replongeant son regard dans la fiole.

Le gamin, déjà tourné vers la sortie, ignora ses paroles. L’homme en blanc l’attendait toujours devant la porte. Leurs regards se croisèrent : celui du garçon, agacé, et celui de l’autre, impassible. Finalement, le garde spectral s’écarta.

Quand il atteignit sa chambre, il referma la porte d’une main tremblante.Il se laissa tomber sur son lit, enfin loin du vieillard, du sang, du métal.

Un long souffle lui échappa.

Puis la fatigue l’engloutit d’un coup.