La fille que j'aime est une viperis

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Summary

Tout a commencé par une simple exploration. Une erreur. Dans un bâtiment abandonné aux allures oubliées, Kevin et ses amis font face à une présence qu’aucun d’eux ne peut expliquer. Ils auraient dû fuir. Ils auraient dû oublier. Mais ils ont croisé Leslie. Une fille à part. Silencieuse. Insaisissable. Mordue… mais toujours debout. Depuis cette nuit, les certitudes s’effondrent. Les comportements changent. Et le danger, lui, devient invisible. Car certaines rencontres ne sont pas dues au hasard. Et certaines transformations... Sont irréversibles.

Genre
Young Adult
Author
Igor
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1: "L'Incursion Nocturne"

Les crocs s'arrêtaient à trois centimètres de sa gorge. Le souffle fétide de la créature lui brûlait la peau, une odeur de charogne et de terre mouillée. Kevin, plaqué au sol, sentait son cœur marteler ses côtes, un tambour fou dans sa poitrine. Ses poumons refusaient d'expirer, piégés dans une cage de terreur pure. Ses yeux, écarquillés, fixaient les pupilles dilatées de l'horreur qui le dominait. C'était la fin. Il le savait. Et pourtant, une partie de lui, infime, se demandait comment il en était arrivé là.Quelques heures plus tôt, la nuit tombait sur Matadi, non pas en douceur, mais avec la brutalité d'un poing qui frappe. Les dernières lueurs du crépuscule s'accrochaient aux toits de tôle, comme des doigts crispés, tandis que les bruits de la ville, un mélange de klaxons lointains et de musiques étouffées, commençaient à s'estomper, laissant place à un silence lourd, presque menaçant. Dans une maison modeste, mais dont les murs respiraient une chaleur artificielle, Kevin, collégien à l'esprit vif et aux ambitions commerciales, était scotché à son téléphone. Ses pouces effleuraient l'écran avec une frénésie hypnotique, ses yeux rivés sur une vidéo.Sur l'écran, un homme musclé, au crâne rasé et au regard perçant, hurlait, le visage déformé par l'effort : « Si elle ne répond pas à ton message, ignore-la ! C'est ça être un alpha ! Ne sois jamais dans le besoin ! » Kevin hocha la tête. Ses dents serraient si fort que sa mâchoire tremblait. L'écran éclairait ses pommettes, mais ses yeux — ses yeux restaient dans l'ombre, fixés sur le gourou qui hurlait d'être un alpha. Il tentait d'imiter la posture de l'homme, redressant ses épaules, le menton en avant, mais l'effet était plus gauche que dominant. Ses parents, sur le point de sortir, tentèrent d'attirer son attention.« Kevin, mon chéri, nous partons. Surveille bien la maison, d'accord ? » lança sa mère, sa voix empreinte d'une légère inquiétude, comme si elle pressentait que son fils était déjà loin, bien au-delà des murs de leur foyer. Son père, un sourire en coin, ajouta : « Et essaie de pas foutre le bordel, fiston. »Kevin, à peine conscient de leur présence, marmonna un « Ouais, ouais, pas de problème » sans lever les yeux de son écran. Il était absorbé par les conseils douteux d'un gourou autoproclamé de la virilité moderne, persuadé d'y trouver les clés du succès pour reconquérir une certaine ex, ou du moins, pour ne plus jamais se sentir vulnérable.La porte claqua, laissant Kevin seul dans le silence relatif de la maison. Le vide laissé par le départ de ses parents semblait amplifier le son strident du coach alpha. Il ne fallut pas longtemps avant qu'une nouvelle perturbation ne vienne rompre sa concentration. La sonnette retentit, une mélodie joyeuse qui contrastait étrangement avec l'ambiance pesante de la pièce. C'est Merdi, son cousin, qui apparut sur le seuil. Merdi, dont l'esprit d'analyse était aussi aiguisé que son regard, avait été appelé par les parents de Kevin, intrigués par le comportement reclus de leur fils ces derniers temps.Après un bref échange avec les parents de Kevin, Merdi pénétra dans le salon. Il y trouva Kevin affalé sur le canapé, toujours hypnotisé par son téléphone, le visage éclairé par la lumière bleue de l'écran. Merdi s'approcha, son ombre masquant une partie de la lumière. « Sérieux, bro ? » commença-t-il, un mélange d'amusement et d'exaspération dans la voix. « Tu passes ton temps à regarder ces vidéos stupides sur comment devenir un 'mâle alpha' ? Ne me dis pas que tu suis aussi des formations payantes ? »Kevin, pris au dépourvu, tenta de balbutier une explication, mais Merdi ne lui en laissa pas le temps. Il s'assit à côté de lui, un sourire narquois aux lèvres. « Ahhh, bro, écoute, cette fille t'a lâché ? Une de perdue, dix de retrouvées, tu connais la chanson ! » Merdi fit une pause, son regard se posant sur le visage de Kevin. « En plus, je la trouvais pas trop belle, elle était trop plate à mon goût… »Kevin leva enfin les yeux, un éclair de curiosité perçant son abattement. « Ehhh, tu sais quoi ? » continua Merdi, l'excitation montant dans sa voix. « Aujourd'hui, Glody et moi étions près de l'entrée du vieux bâtiment. Tu te souviens ? Ce bâtiment où, quand nous étions petits, nous nous sommes dit qu'un jour nous y entrerions. Attends, je vais appeler Glody qu'il nous rejoigne ici. »Quelques minutes plus tard, Glody arriva, un garçon blagueur et exubérant, dont la présence apportait toujours une touche de légèreté. Kevin, bien que toujours hésitant à se lancer dans cette aventure nocturne, se laissa peu à peu convaincre par l'enthousiasme contagieux de Merdi. Arrivés devant le mystérieux bâtiment, une masse sombre et menaçante se découpant sur le ciel étoilé de Matadi, Merdi et Glody ne tarissaient pas de commentaires. Merdi tenait à la main un papier froissé sur lequel il avait griffonné des informations sur l'histoire du lieu. « C'était une ancienne morgue, tu te rends compte ? » expliqua-t-il, un frisson dans la voix, ses yeux brillants d'une curiosité morbide. Kevin, perspicace, intervint, un soupir d'exaspération à peine voilé : « Laisse-moi deviner, après la morgue, c'est devenu une ancienne église ? »« Exactement ! » s'exclama Merdi, visiblement étonné par la déduction de Kevin. Kevin, cependant, n'était pas impressionné. Il secoua la tête. « Moi, je rentre. Sérieux, j'ai école demain. »Glody, avec son sens de la dramaturgie, s'interposa, un sourire provocateur aux lèvres : « Alors comme ça, tu as peur, jeune aventurier ? Dans ce cas, moi, Capitaine Biceps, je passe devant ! » Il gonfla les muscles de ses bras, un geste qui se voulait rassurant mais qui ne fit qu'accentuer la tension.Ils pénétrèrent dans le bâtiment. L'air, épais et immobile, les enveloppa d'une étreinte glaciale, charriant une odeur âcre de poussière millénaire, de formol rance et de moisissure. Le silence était oppressant, seulement brisé par le crissement de leurs chaussures sur le sol jonché de débris. Les jeunes allumèrent les torches de leurs téléphones, leurs faisceaux dansant sur les murs décrépits, révélant des graffitis anciens et des toiles d'araignées géantes. Chaque pas résonnait, amplifié par l'écho des couloirs sombres. Merdi s'arrêta, se penchant vers le sol. « Attendez… regardez ça. » Il pointa du doigt des traces indistinctes dans la poussière. « Ces traces ne sont pas des traces de chien. » Son regard balaya l'obscurité, une lueur d'analyse dans ses yeux. Soudain, un rat fila devant eux, faisant sursauter Glody, qui laissa échapper un petit cri. Puis, un autre, plus gros, traversa à gauche, disparaissant dans l'ombre. Merdi, moqueur, cria à Glody : « Sérieux, tu as peur des rats ? Je pensais que chez vous, ils étaient nombreux et qu'ils faisaient partie de ta vie quotidienne ! »Ils continuèrent leur exploration, chaque porte grinçante, chaque courant d'air froid, chaque ombre mouvante ajoutant à l'atmosphère oppressante. Ils passèrent de couloir en couloir, au milieu de papiers éparpillés et d'odeurs indéfinissables, un mélange de rouille, de décomposition et d'humidité. Puis, au détour d'un couloir, ils tombèrent sur une silhouette. L'homme était de dos, penché sur quelque chose. Un claquement mou. Humide. Puis le déchirement — celui qu'on entend quand on arrache du poulet, sauf que ce n'était pas du poulet. Ils comprirent, avec une horreur glaciale, qu'il s'agissait d'une personne, et que cette personne était en train de manger des rats.Un cri étranglé s'échappa de la gorge de Glody, suivi d'un hoquet de dégoût de Merdi. Kevin, lui, sentit son estomac se nouer, une vague de nausée le submergeant. La panique monta, rapide et incontrôlable. L'homme, alerté par leurs bruits, se retourna lentement. Ses yeux, injectés de sang, brillèrent dans la pénombre, et un sourire édenté se dessina sur son visage. Il se lança à leur poursuite, un grognement guttural s'échappant de sa gorge.Glody, terrifié par ce qu'il venait de voir, s'arrêta net, le visage verdâtre, et vomit bruyamment. L'homme, avec une agilité déconcertante, sauta devant eux, atterrissant pile là où Kevin se trouvait. Il le fit tomber à terre, ses mains griffues s'approchant de son visage. Kevin sentit une odeur fétide, un mélange de sang et de pourriture. Merdi et Glody, paralysés par la peur, étaient incapables d'agir, leurs corps figés, leurs esprits hurlant. L'homme, affamé, les fixait de ses yeux fous, sa bouche s'ouvrant pour révéler des dents pointues.Soudain, une pierre siffla dans l'air et frappa l'homme au visage, le faisant vaciller. Une seconde pierre le toucha, le faisant reculer d'un pas. L'homme, furieux, se retourna et aperçut une silhouette féminine. Une jeune fille, agile et rapide, qui esquivait ses attaques avec une grâce inattendue. L'homme, abandonnant Kevin, se lança à la poursuite de la jeune fille, ses grognements emplissant le silence du bâtiment.Kevin se releva, le corps tremblant, le souffle court. Merdi, stupéfait, murmura : « Mais je connais cette fille ! »« On s'en fout d'elle, courons ! » s'écria Glody, sa voix tremblante de panique. Mais Kevin, le cœur battant la chamade, rétorqua, une détermination nouvelle dans les yeux : « Non, elle m'a aidé, nous devons aussi l'aider ! »« Hein ? T'es malade ? » s'exclama Glody, incrédule. « Et si c'était juste son père qui a trop bu ? Il est hors de question que moi, je me mêle des histoires de famille, jamais ! »Kevin, persuadé de sa décision, se lança à la suite de la fille. Merdi et Glody, après un instant d'hésitation, n'eurent d'autre choix que de le suivre. Ils virent l'homme sur le point de mordre la fille, ses crocs menaçants à quelques centimètres de son cou. Un petit combat s'engagea, la fille luttait avec une énergie farouche, esquivant les coups, ripostant avec des mouvements vifs et précis. Puis, Merdi, trouvant un bâton à terre, frappa l'homme à la tête avec une force inattendue. L'homme chancela, puis s'écroula à terre, inerte.Glody, Merdi et Kevin se regardèrent, le silence pesant à nouveau sur eux. Puis, Glody, le premier à retrouver sa voix, murmura : « Attends, mais cette fille, c'est Leslie ? »« Wahou, la Leslie qu'on connaît ? » ajouta Merdi, incrédule.La jeune fille, essoufflée, le visage couvert de sueur, semblait faible et transpirait abondamment, comme si elle avait puisé dans ses dernières réserves. Kevin et les autres voulurent l'aider, mais elle refusa d'un geste de la main. Sans un mot, elle courut vers le mur le plus proche et, malgré son état de faiblesse apparent, sauta par-dessus avec une agilité déconcertante, disparaissant dans l'obscurité de la nuit.Le mur était là, froid, infranchissable. Pourtant elle avait disparu par-dessus. Kevin posa la main sur la pierre. Trois centimètres. C'était la distance entre la vie et la mort.