La maison d'en face

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Summary

Rose emménage dans une nouvelle ville et remarque que son mystérieux voisin agit étrangement la nuit. Quand elle le voit une fois avec les mains couvertes de sang, elle comprend que quelque chose de terrifiant se cache derrière ses murs... mais plus elle s'en approche, plus elle est entraînée dans un danger qu'elle ne peut fuir.

Genre
Thriller
Author
Godyoon
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1

Je n’aimais déjà pas cette ville.

Peut-être que c’était à cause du déménagement, ou peut-être parce que tout ici semblait… étrange.

Les rues étaient trop calmes, les maisons trop similaires, et les gens que j’avais croisés dans l’après-midi me regardaient comme si j’étais une inconnue qui ne devait pas être là.

Ma mère, elle, adorait.

— Tu verras, Rose, disait-elle en déballant les cartons dans la cuisine. C'est un nouveau départ.

Un nouveau départ.

Je n'avais jamais demandé de nouveau départ. J'aimais très bien notre ancienne ville, mon ancienne école, mes amis... mais la vie n'avait visiblement pas demandé mon avis.

Maintenant nous étions là.

Dans une petite maison au bout d'une rue étroite entourée d'arbres immenses.

La nuit était tombée depuis longtemps quand nous avions fini de ranger le minimum pour dormir.

Ma mère s'était endormie presque immédiatement. Je pouvais entendre le bruit régulier de sa respiration à travers le mur.

Moi, en revanche, je fixais le plafond.

Impossible de dormir.

Chaque petit bruit de la maison me semblait étrange. Le craquement du bois, le vent contre les fenêtres, les branches qui frottaient contre le toit.

Je me suis tournée vers mon réveil.

1h47

Génial.

J'ai soupiré et me suis redressée dans mon lit.

La lumière de la lune entrait par la fenêtre et éclairait légèrement ma nouvelle chambre.

Elle était encore presque vide.

Quelques cartons empilés dans un coin. Mon bureau. Mon lit.

C'était tout.

Après quelques minutes à tourner en rond dans mes pensées, j'ai abandonné l'idée de dormir. Je me suis levée et j'ai marché jusqu'à la fenêtre.

La rue était silencieuse.

Le genre de silence qui donne l'impression que le monde entier s'est arrêté.

Un lampadaire éclairait faiblement le trottoir juste devant la maison d'en face. Sa lumière jaune créait de longues ombres qui bougeaient doucement avec le vent.

Je regardais sans vraiment réfléchir, juste pour occuper mon esprit.

Puis quelque chose a bougé.

Une silhouette.

Au début, j'ai cru que c'était un chat ou un animal qui passait.

Mais non.

C'était un homme.

Il marchait lentement dans la rue, les épaules légèrement voûtées, comme s'il était fatigué. Il portait un manteau sombre et ses pas résonnaient doucement sur le trottoir.

Je l'ai suivi du regard.

Il semblait venir du bout de la rue.

À cette heure-ci ?

Je me suis penchée un peu plus près de la fenêtre.

Quand il est passé sous le lampadaire, la lumière a éclairé son visage pendant une seconde.

Je ne pouvais pas distinguer tous les détails, mais il avait l'air jeune. Peut-être vingt-cinq ans. Ses cheveux étaient sombres et un peu désordonnés.

Mais ce n' est pas son visage qui m'a fait frissonner.

Ce sont ses mains.

Au début, je n'étais pas sûre de ce que je voyais.

La lumière était faible, et peut-être que mes yeux me jouaient un tour.

Mais quand il a levé légèrement une main pour remettre sa manche en place...

J'ai vu la couleur.

Rouge.

Pas rouge clair.

Rouge sombre.

Comme si elles avaient été couvertes de sang.

Mon cœur a raté un battement.

Je me suis figée.

L'homme continuait d'avancer calmement, comme si rien n'était étrange.

Comme si rentrer chez soi en pleine nuit avec les mains rouges était la chose la plus normale du monde.

Il s'est arrêté devant la maison juste en face de la nôtre.

Donc... c'était mon voisin.

Il a sorti une clé de sa poche et a ouvert la porte.

Pendant une seconde, j'ai eu envie d'ouvrir la fenêtre et de lui crier quelque chose. N'importe quoi.

Mais je suis restée immobile.

Il est entré dans la maison et la porte s'est refermée derrière lui.

La rue est redevenue silencieuse.

Je suis restée là plusieurs minutes sans bouger.

Mon cerveau essayait de trouver une explication logique.

Peut-être que ce n'était pas du sang.

Peut-être que c'était de la peinture.

Oui, sûrement de la peinture.

Mais alors pourquoi rentrer chez soi à deux heures du matin couvert de peinture ?

Je me suis rappelé quelque chose que j'avais entendu à la télévision plus tôt dans la journée.

Une femme avait disparu dans la ville voisine.

La police disait qu'ils cherchaient des informations.

Un frisson a parcouru mon dos.

Non.

C'était stupide.

Je ne pouvais pas commencer à imaginer des choses comme ça dès mon premier soir ici.

— Tu deviens parano, Rose, ai-je murmuré pour moi-même.

Je me suis éloignée de la fenêtre et j'allais fermer les rideaux quand une lumière s'est allumée dans la maison d'en face.

Je me suis arrêtée.

La fenêtre du salon venait de s'éclairer.

Et à travers le rideau légèrement ouvert, j'ai vu mon voisin.

Il se tenait debout au milieu de la pièce.

Immobile.

Pendant une seconde, j'ai pensé qu'il faisait juste quelque chose dans la maison.

Puis il a levé la tête.

Et j'ai compris.

Il regardait droit vers ma fenêtre.

Vers moi.

Mon cœur s'est mis à battre tellement fort que j'avais l'impression qu'il allait sortir de ma poitrine.

Est-ce qu'il m'avait vue ?

Je n'osais plus bouger.

Pendant quelques secondes, nous sommes restés comme ça.

Moi derrière ma fenêtre.

Puis, lentement, un sourire étrange est apparu sur son visage.

Et j'ai compris une chose.

Mon voisin savait que je l'avais vu.

Mon premier réflexe aurait dû être de me cacher.

De tirer les rideaux.

De disparaître immédiatement dans l'obscurité de ma chambre.

Mais je n'ai pas bougé.

Je ne sais pas pourquoi.

Peut-être parce que mon cerveau refusait encore d'accepter ce qui était en train de se passer.

Peut-être parce que quelque chose dans son regard m'avait figée.

Il continuait de regarder dans ma direction.

Pas simplement vers la maison.

Vers ma fenêtre.

Vers moi.

La distance entre nos maisons n'était pas énorme.

Peut-être dix mètres.

Et même si la rue était plongée dans l'obscurité, la lumière de sa pièce éclairait suffisamment son visage pour que je distingue encore son expression.

Ce sourire.

Ce n'était pas un sourire amical.

Ce n'était pas non plus un sourire moqueur.

C'était quelque chose d'autre.

Quelque chose de... calme.

Comme si la situation l'amusait légèrement.

Comme s'il observait une expérience intéressante.

Un frisson a traversé mon corps.

Instinctivement, j'ai reculé d'un pas.

Son sourire s'est légèrement agrandi.

C'est là que j'ai compris quelque chose d'encore pire.

Il savait exactement où je me trouvais dans la pièce.

Comme s'il pouvait voir à travers la nuit.

Comme s'il me regardait directement dans les yeux.

Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression qu'il résonnait dans toute la maison.

Je me suis enfin forcée à bouger.

D'un geste rapide, j'ai tiré les rideaux.

Le tissu a glissé devant la fenêtre, coupant la vue sur la maison d'en face.

La chambre est redevenue silencieuse.

Trop silencieuse.

Je suis restée là, immobile, les mains serrées dans le tissu des rideaux.

J'essayais de respirer calmement.

Ce n'était rien.

Juste un voisin bizarre.

Peut-être qu'il n'avait même pas remarqué que je l'observais.

Peut-être que ce sourire n'était qu'une coïncidence.

Oui.

C'était sûrement ça.

Je me racontais ces choses pour me rassurer.

Mais au fond de moi, une petite voix murmurait quelque chose d'autre.

Quelque chose de beaucoup moins rassurant.

Et si ce n'était pas une coïncidence ?

Et s'il m'avait vraiment vue ?

Je suis restée quelques secondes immobile devant les rideaux.

Mon cœur battait toujours beaucoup trop vite.

Ridicule.

Je savais que j'étais ridicule.

Je venais d'arriver dans cette ville et j'étais déjà en train d'imaginer des scénarios absurdes.

Un voisin qui rentre tard chez lui.

Des mains rouges qui étaient probablement couvertes de peinture.

Un sourire que j'avais peut-être complètement mal interprété.

C'était tout.

Rien d'autre.

Je devais arrêter d'y penser.

Je me suis éloignée de la fenêtre et me suis laissée tomber sur mon lit. Le matelas a grincé légèrement sous mon poids.

Le plafond était toujours là.

Toujours aussi blanc.

Toujours aussi vide.

Mais maintenant mon cerveau tournait encore plus vite qu'avant.

Impossible d'ignorer l'image qui revenait sans cesse dans ma tête.

Ses mains.

Rouges.

Et ce sourire.

Je me suis tournée sur le côté en essayant de me calmer.

Dors, Rose.

Dors.

Mais plus j'essayais de dormir, plus mon esprit revenait vers la maison d'en face.

Et finalement, la curiosité a gagné.

Je me suis redressée lentement.

Très lentement.

Comme si le simple fait de bouger pouvait attirer l'attention de quelqu'un.

Je me suis approchée de la fenêtre.

Puis j'ai écarté très légèrement le rideau.

Juste assez pour regarder.

La maison d'en face était toujours éclairée.

La lumière du salon filtrait à travers les rideaux.

Mais je ne voyais plus mon voisin.

La pièce semblait vide.

J'ai attendu quelques secondes.

Rien.

Peut-être qu'il était parti dans une autre pièce.

Peut-être qu'il était déjà en train de dormir.

Peut-être que toute cette histoire n'était vraiment rien du tout.

J'allais refermer le rideau quand un mouvement a attiré mon attention.

Une ombre.

Elle venait d'apparaître derrière le rideau du salon.

Une silhouette.

C'était lui.

Il se tenait toujours dans la pièce.

Mais cette fois, il était plus proche de la fenêtre.

Beaucoup plus proche.

Mon estomac s'est noué.

Je pouvais voir sa silhouette à travers le tissu du rideau.

Immobile.

Comme s'il regardait dehors.

Vers la rue.

Ou vers ma maison.

Je ne pouvais pas en être sûre.

Mais quelque chose dans la façon dont il se tenait me donnait une impression étrange.

Comme s'il attendait.

Comme s'il savait que je finirais par regarder à nouveau.

Je me suis figée.

Le rideau entre mes doigts.

La respiration bloquée.

Les secondes passaient.

Puis les minutes.

Et il ne bougeait toujours pas.

Pas un geste.

Pas un pas.

Juste cette silhouette.

Toujours là.

Finalement, j'ai relâché le rideau.

J'en avais assez vu.

Je me suis reculée lentement.

Puis je me suis retournée vers mon lit

Cette fois, je ne suis pas restée debout longtemps.

Je me suis glissée sous les couvertures et j'ai fermé les yeux.

Mais même dans l'obscurité, je pouvais presque sentir son regard.

Comme si la fenêtre était encore ouverte.

Comme si la rue n'était plus une frontière entre nous.

Je ne sais pas combien de temps il m'a fallu pour finalement m'endormir.

Mais quand le sommeil est enfin venu…

Mes rêves n'étaient pas calmes.

Je rêvais de la rue.

Du lampadaire.

Et de cet homme qui marchait lentement dans l'obscurité.

Toujours avec ces mains rouges.

Quand je me suis réveillée, la lumière du soleil remplissait déjà la chambre.

Pendant quelques secondes, je suis restée allongée sans bouger, essayant de comprendre où j'étais.

Puis tout m'est revenu.

La nouvelle maison.

La nouvelle ville.

Et la nuit dernière.

Mon estomac s'est légèrement noué.

Je me suis redressée dans mon lit et j'ai regardé autour de moi. La pièce semblait beaucoup moins inquiétante à la lumière du jour. Les cartons dans le coin, le bureau, les murs encore presque vides… tout paraissait normal.

Ridiculement normal.

La nuit avait peut-être simplement amplifié mes impressions.

Je me suis frotté les yeux.

— Tu t'es fait des films, Rose.

Je me suis levée et j'ai marché jusqu'à la fenêtre.

Une petite hésitation m'a arrêtée à quelques pas.

Une partie de moi n'était pas sûre de vouloir regarder.

C'était stupide.

J'ai tiré les rideaux.

La rue était calme.

Paisible.

Complètement différente de l'ambiance étrange de la nuit.

Le lampadaire était éteint, les arbres bougeaient doucement avec le vent, et la lumière du matin rendait tout beaucoup plus banal.

J'ai immédiatement regardé la maison d'en face.

Les rideaux du salon étaient ouverts.

La pièce était vide.

Aucune lumière.

Aucune silhouette.

Aucun voisin étrange.

Juste une maison comme les autres.

J'ai soufflé doucement.

Peut-être que c'était vraiment juste mon imagination.

Je me suis appuyée contre le rebord de la fenêtre pour observer un peu la rue.

Et c'est là que j'ai remarqué quelque chose.

Quelqu'un sortait de la maison d'en face.

La porte s'est ouverte lentement.

Mon cœur a accéléré immédiatement.

C'était lui.

Le même manteau sombre.

Les mêmes cheveux légèrement désordonnés.

Il avait l'air beaucoup plus normal à la lumière du jour.

Beaucoup plus jeune aussi.

Peut-être vingt-cinq ans, comme je l'avais pensé la nuit dernière.

Il ferma la porte derrière lui et descendit les quelques marches qui menaient au trottoir.

Je regardais attentivement.

Ses mains.

Elles étaient propres.

Aucune trace rouge.

Aucune tache.

Rien.

Il passa une main dans ses cheveux comme quelqu'un qui venait de se réveiller trop tôt.

Puis il leva la tête.

Directement vers ma fenêtre.

Mon cœur a fait un bond.

Cette fois, je savais qu'il me voyait.

Et contrairement à la nuit dernière…

Il souriait déjà.

Pas surpris.

Pas gêné.

Comme si c'était la chose la plus naturelle du monde de me voir là.

Comme s'il s'attendait à ce que je regarde.

Je suis restée immobile.

Encore une fois.

Il leva légèrement la main.

Et me fit un petit signe.

Un geste simple.

Presque amical.

Mais quelque chose dans ce geste me donna la chair de poule.

Parce que j'étais presque sûre d'une chose.

Ce n'était pas la première fois qu'il me voyait à cette fenêtre.

Je suis restée figée quelques secondes après son geste.

Il me faisait toujours ce petit signe de la main.

Comme si nous étions de simples voisins qui se saluaient le matin.

Comme si la nuit précédente n'avait jamais existé.

Finalement, j'ai levé la main moi aussi.

Juste un petit geste rapide.

Par réflexe.

Puis j'ai reculé immédiatement de la fenêtre.

Mon cœur battait encore vite.

Pourquoi cette situation me mettait-elle aussi mal à l'aise ?

Objectivement, il n'avait rien fait de vraiment étrange.

Il m'avait simplement saluée.

C'était normal entre voisins.

Et pourtant…

Quelque chose dans son regard me perturbait.

Je n'arrivais pas à expliquer quoi.

Peut-être que je réfléchissais trop.

Oui.

C'était sûrement ça.

Je me suis éloignée de la fenêtre et j'ai commencé à chercher des vêtements dans un carton.

Aujourd'hui, je devais sortir.

Explorer un peu la ville.

Ma mère insistait pour que je m'habitue rapidement à cet endroit.

Et rester enfermée dans ma chambre à observer mon voisin n'était probablement pas la meilleure façon de commencer.

Quelques minutes plus tard, j'étais prête.

Quand je suis descendue dans la cuisine, ma mère était déjà réveillée.

Elle préparait du café.

— Bien dormi ? demanda-t-elle avec un sourire.

J'ai hésité une seconde.

— Oui… à peu près.

Ce n'était pas totalement faux.

Je n'avais simplement pas envie d'expliquer toute l'histoire de la nuit dernière.

Elle semblait de très bonne humeur.

— J'ai regardé un peu la ville ce matin, dit-elle en posant une tasse sur la table.

Il y a un petit café sympa à deux rues d'ici. Et une librairie.

Une librairie.

Au moins quelque chose d'intéressant.

— Je vais peut-être sortir un peu, dis-je.

— Bonne idée. Ça te fera du bien.

Je pris une veste et sortis quelques minutes plus tard.

L'air du matin était frais.

La rue semblait encore plus calme qu'hier.

Les maisons étaient toutes presque identiques.

Des jardins propres.

Des haies bien taillées.

Tout semblait parfaitement normal.

Trop normal.

Je marchais lentement sur le trottoir quand j'ai entendu une voix derrière moi.

— Tu dois être la nouvelle.

Je me suis retournée.

Une femme âgée se tenait devant sa maison, deux portes plus loin de la nôtre.

Elle tenait un arrosoir dans la main et regardait ses plantes.

Mais ses yeux étaient fixés sur moi.

— Oui, répondis-je. On a emménagé hier.

Elle hocha la tête.

— Je m'appelle Madame Delcourt.

— Rose.

Elle observa la rue quelques secondes.

Puis son regard glissa vers la maison d'en face.

La maison de mon voisin.

— Tu habites là ? demanda-t-elle en pointant notre maison.

— Oui.

Un silence étrange s'installa.

Puis elle dit quelque chose d'une voix plus basse.

— Alors tu es juste en face de lui.

Mon estomac se serra légèrement.

— De qui ?

Elle ne répondit pas immédiatement.

Elle regardait toujours la maison.

Puis elle soupira.

— Ton voisin.

Je sentis un frisson courir le long de mon dos.

— Vous voulez dire… le jeune homme ?

Elle me regarda enfin.

Et son expression avait changé.

Elle semblait… hésitante.

— Oui, dit-elle.

Elle marqua une pause.

Puis ajouta doucement:

— Lui.

Je ne savais pas pourquoi, mais la façon dont elle avait prononcé ce mot me donna une sensation étrange.

Comme si ce simple mot contenait quelque chose de plus lourd.

— Il est bizarre ? demandai-je.

Madame Delcourt resta silencieuse un moment.

Puis elle dit quelque chose qui me glaça légèrement le sang.

— Disons simplement… que personne dans cette rue ne le connaît vraiment.

Le vent fit bouger les arbres au-dessus de nous.

Et soudain, j'ai eu une étrange sensation.

Comme si quelqu'un nous observait.

Je tournai instinctivement la tête.

Vers la maison d'en face.

Et derrière la fenêtre du salon…

Il était là.

Debout.

En train de nous regarder.

Je restai quelques secondes à regarder la maison d’en face.

Il était bien là.

Derrière la fenêtre.

Immobile.

Ses yeux semblaient dirigés vers nous.

Vers moi.

Un frisson parcourut ma nuque.

Je me retournai lentement vers Madame Delcourt.

— Il… il nous regarde, dis-je doucement.

La vieille femme ne tourna pas immédiatement la tête.

Elle continua d’arroser ses plantes comme si de rien n’était.

— Oui, répondit-elle simplement.

Sa réponse me surprit.

— Vous le savez ?

Elle posa enfin son arrosoir.

Puis elle leva les yeux vers la maison.

Je suivis son regard.

La silhouette avait disparu.

La fenêtre était maintenant vide.

Comme si personne ne s’y était jamais tenu.

— Il fait souvent ça, dit-elle.

— Regarder les gens ?

— Observer.

Le mot resta suspendu dans l’air.

Observer.

Pas regarder.

Observer.

Je sentis un léger malaise monter en moi.

— Vous avez dit que personne ne le connaissait vraiment…

Madame Delcourt haussa légèrement les épaules.

— Il est arrivé il y a environ un an.

— Et ?

— Et rien.

Sa réponse était étrange.

— Personne ne sait d’où il vient. Personne ne sait ce qu’il fait exactement.

— Il ne travaille pas ?

— Peut-être.

Elle soupira légèrement.

— Mais personne ne le voit partir le matin comme les autres.

Je regardai à nouveau la maison.

Les rideaux du salon étaient toujours ouverts.

La pièce semblait normale.

Un canapé.

Une table.

Une lampe.

Rien de particulier.

— Peut-être qu’il travaille de chez lui, suggérai-je.

— Peut-être.

Mais elle ne semblait pas convaincue.

Le vent fit bouger les feuilles des arbres.

Le bruit léger des branches créait une ambiance étrange dans cette rue pourtant si calme.

Puis Madame Delcourt reprit la parole.

— Il sort souvent tard le soir.

Mon cœur se serra légèrement.

— Tard ?

— Très tard.

Une image me traversa l’esprit.

Une silhouette marchant sous le lampadaire.

Des mains rouges.

Je sentis un frisson remonter le long de ma colonne vertébrale.

— Vous l’avez déjà vu la nuit ? demanda-t-elle.

La question me prit par surprise.

— Pourquoi vous me demandez ça ?

Elle me regarda quelques secondes.

Puis elle répondit:

— Parce que beaucoup de gens dans la rue ont déjà remarqué ses promenades nocturnes.

Je ne dis rien.

Je repensais à ce que j’avais vu.

Les mains.

Le sang.

Ou la peinture.

Ou peu importe ce que c’était.

— Et… il est bizarre ? demandai-je finalement.

Madame Delcourt hésita.

Puis elle dit quelque chose qui fit battre mon cœur un peu plus vite.

— Disons simplement que certaines personnes ont commencé à parler.

— Parler de quoi ?

Elle regarda autour d’elle.

Comme si elle vérifiait que personne d’autre ne nous écoutait.

Puis elle se rapprocha légèrement.

— Tu as entendu parler de la disparition ?

Mon estomac se noua.

— Quelle disparition ?

— Une femme.

Je sentis un frisson glacé traverser mon dos.

La télévision.

La veille.

La femme disparue dans la ville voisine.

— Oui… j’ai vu ça aux infos.

Madame Delcourt hocha lentement la tête.

Puis elle murmura:

— Certains disent qu’elle a été vue pour la dernière fois dans cette ville.

Le vent souffla légèrement dans la rue.

Les arbres frémirent.

Et pour une raison que je ne pouvais pas expliquer…

Je levai les yeux vers la maison d’en face.

La porte d’entrée venait de s’ouvrir.

Mon voisin sortait.

Et il nous regardait déjà.

La porte de la maison d’en face s’ouvrit lentement.

Le bruit du battant résonna dans la rue calme.

Madame Delcourt et moi nous sommes tournées en même temps.

Il sortait.

Mon voisin descendit les marches tranquillement, comme s’il ne remarquait pas notre présence.

Mais je savais que c’était faux.

Il nous avait regardées avant même d’ouvrir la porte.

Il traversa le petit chemin de pierre qui menait au trottoir.

Ses pas étaient calmes.

Mesurés.

Comme s’il n’était absolument pas pressé.

Mon cœur battait plus vite à chaque pas qu’il faisait dans notre direction.

Je sentais le regard de Madame Delcourt posé sur lui.

Mais elle ne disait rien.

Il arriva sur le trottoir.

Puis il s’arrêta.

Juste devant nous.

De près, il avait l’air encore plus jeune que je l’avais imaginé.

Ses yeux étaient sombres.

Très sombres.

Et il avait ce même sourire calme que la veille au soir.

— Bonjour, dit-il.

Sa voix était douce.

Presque chaleureuse.

Je mis une seconde à répondre.

— Bonjour…

Madame Delcourt répondit aussi, mais d’une voix beaucoup plus froide.

— Bonjour.

Le silence retomba pendant quelques secondes.

Puis il tourna légèrement la tête vers moi.

— Tu dois être la nouvelle voisine.

Je hochai la tête.

— Oui.

— Rose.

Mon cœur se figea.

Je sentis immédiatement mon estomac se contracter.

— Comment… vous connaissez mon nom ?

Il pencha légèrement la tête.

Comme si la question l’amusait.

— Les nouvelles vont vite dans une petite rue comme celle-ci.

C’était logique.

Probablement.

Ma mère avait peut-être parlé aux voisins.

Mais quelque chose dans sa façon de répondre me dérangeait.

Comme s’il savait que sa réponse n’était pas totalement vraie.

Il me regardait attentivement.

Pas d’une manière agressive.

Mais avec une intensité étrange.

Comme s’il observait chacun de mes mouvements.

Chaque réaction.

Chaque battement de mes paupières.

Puis son regard glissa vers la maison derrière moi.

La nôtre.

— La vue depuis ta fenêtre est plutôt bonne, dit-il calmement.

Mon cœur s’arrêta presque.

Madame Delcourt tourna brusquement la tête vers moi.

Mais lui ne regardait qu’une seule personne.

Moi.

Je sentis mes mains devenir froides.

— Pardon ? demandai-je.

Il sourit légèrement.

— Ta chambre est à l’étage, non ?

Il marqua une petite pause.

Puis ajouta:

— Juste en face de la mienne.

Un silence lourd tomba entre nous.

Et à cet instant précis…

Je compris quelque chose de terrifiant.

La nuit dernière…

Il ne m’avait pas seulement vue.

Il m’observait déjà.

Je ne savais pas quoi répondre.

La rue semblait soudain beaucoup plus silencieuse qu’avant.

Comme si tous les bruits avaient disparu.

Je sentais le regard de mon voisin posé sur moi.

Calme.

Patient.

Comme s’il attendait une réaction.

Mais mon cerveau tournait trop vite.

La vue depuis ta fenêtre est plutôt bonne.

La phrase tournait dans ma tête encore et encore.

Il savait.

Il savait que je l’avais observé la nuit dernière.

Et maintenant, il me le faisait comprendre.

Sans jamais le dire directement.

Je me suis raclée légèrement la gorge.

— Je… je suppose que oui.

Ma voix ne sonnait pas très convaincante.

Il inclina légèrement la tête, comme s’il analysait ma réponse.

Puis son sourire s’élargit légèrement.

Pas beaucoup.

Juste assez pour me mettre mal à l’aise.

— C’est une rue tranquille, dit-il.

Personne ne répondit.

Madame Delcourt semblait soudain très occupée à regarder ses plantes.

Comme si elle préférait éviter la conversation.

Il observa la rue quelques secondes.

Puis il regarda à nouveau vers moi.

— On finit toujours par remarquer les nouvelles personnes.

Encore cette sensation étrange.

Comme si chaque mot avait un double sens.

Je sentis un frisson courir le long de mon dos.

— Bon… dit finalement Madame Delcourt en reprenant son arrosoir. J’ai encore beaucoup de travail.

Sa voix semblait un peu tendue.

Elle rentra rapidement dans son jardin.

Je me retrouvai seule avec lui sur le trottoir.

Ce n’était pas une situation dans laquelle j’avais envie de rester.

— Je dois y aller aussi, dis-je.

Il hocha la tête.

— Bien sûr.

Je commençai à marcher vers la maison.

Je pouvais sentir son regard dans mon dos.

Chaque pas me paraissait un peu trop long.

Un peu trop lent.

Quand j’atteignis enfin la porte d’entrée, je me retournai instinctivement.

Il était toujours là.

Au même endroit.

Immobile.

En train de me regarder.

Et il souriait encore.

Quelques minutes plus tard, j’étais dans ma chambre.

J’avais fermé la porte derrière moi.

Je ne savais même pas vraiment pourquoi j’étais remontée ici.

Peut-être pour réfléchir.

Peut-être pour reprendre mon calme.

Je me suis laissée tomber sur mon lit.

— C’est rien… murmurai-je.

Mais mon cœur battait encore trop vite.

Je repensais à chaque détail de la conversation.

Chaque mot.

Chaque regard.

Et surtout cette phrase.

La vue depuis ta fenêtre est plutôt bonne.

Je tournai la tête vers la fenêtre.

Les rideaux étaient encore tirés.

Une partie de moi n’avait absolument pas envie de regarder dehors.

Mais une autre partie…

Était beaucoup trop curieuse.

Je me levai lentement.

Puis je marchai jusqu’à la fenêtre.

Ma main resta suspendue quelques secondes au-dessus du rideau.

Puis je tirai légèrement le tissu.

La maison d’en face était parfaitement visible.

Les rideaux du salon étaient ouverts.

Mais ce n’est pas ce qui attira mon attention.

Ce qui me glaça immédiatement le sang…

C’était la fenêtre de l’étage.

La fenêtre qui faisait face à ma chambre.

Elle était ouverte.

Et juste derrière la vitre…

Il y avait une chaise.

Placée exactement en face de ma fenêtre.

Comme si quelqu’un s’asseyait là.

Pour regarder.

Je restai immobile devant la fenêtre.

Mes doigts tenaient encore légèrement le rideau écarté.

La chaise était bien là.

Placée directement face à ma chambre.

Pas tournée vers la rue.

Pas vers le jardin.

Vers ma fenêtre.

Un frisson glissa lentement le long de ma colonne vertébrale.

Peut-être que ce n'était rien.

Peut-être qu'il avait simplement déplacé un meuble.

Oui.

C'était sûrement ça.

Mais même en essayant de me convaincre, quelque chose ne collait pas.

La chaise n'était pas placée au hasard.

Elle était parfaitement alignée.

Comme si quelqu’un s’asseyait exactement à cet endroit.

Pour regarder.

Je sentis mon estomac se serrer.

Je me penchai légèrement pour mieux observer la pièce.

La chambre d’en face était simple.

Un lit contre le mur.

Une armoire.

Et cette chaise près de la fenêtre.

Mais ce n’était pas tout.

À côté de la chaise, il y avait une petite table.

Et sur cette table…

Quelque chose était posé.

Je plissai les yeux pour essayer de distinguer l’objet.

La distance était un peu trop grande.

Mais la forme me semblait familière.

Rectangulaire.

Avec quelque chose de sombre sur le dessus.

J’eus soudain une sensation étrange.

Comme si mon cerveau refusait d’accepter ce que mes yeux voyaient.

Je me penchai un peu plus.

La lumière du soleil frappa la surface de l’objet.

Et je compris.

C’était un carnet.

Un carnet ouvert.

Je pouvais voir des pages.

Des pages remplies d’écriture.

Ou de dessins.

Impossible de savoir exactement.

Mais ce détail me fit frissonner encore plus.

Pourquoi garder un carnet ouvert sur une table… face à une fenêtre ?

Une idée me traversa l’esprit.

Et cette fois, je sentis mon cœur accélérer brutalement.

Et si…

Et s’il écrivait ce qu’il voyait ?

Je secouai légèrement la tête.

C’était ridicule.

Complètement ridicule.

Je me racontais encore des histoires.

Mais malgré ça, mes yeux restaient fixés sur cette chaise.

Et sur ce carnet.

Comme s’ils pouvaient révéler quelque chose de plus.

Puis un mouvement attira mon attention.

Dans la maison d’en face.

Quelqu’un montait les escaliers.

Je ne voyais pas la personne directement.

Mais je pouvais entendre le léger craquement du plancher à travers la fenêtre ouverte.

Mon cœur fit un bond.

Instinctivement, je lâchai le rideau.

Le tissu retomba devant la vitre.

La pièce replongea dans une semi-obscurité.

Je restai immobile.

À écouter.

Quelques secondes passèrent.

Puis une pensée terrible me traversa.

Et s’il venait dans la chambre ?

Lentement…

Très lentement…

Je regardai à nouveau vers la fenêtre.

À travers le rideau.

Une silhouette venait d’apparaître dans la pièce d’en face.

Il était là.

Debout.

Juste derrière la chaise.

Et il regardait déjà dans ma direction.

La silhouette resta immobile quelques secondes dans la chambre d’en face.

Je pouvais la distinguer à travers l’espace minuscule entre les rideaux.

C’était lui.

Il venait d’entrer dans la pièce.

Mon voisin.

Il se tenait juste derrière la chaise.

Et pendant un instant, je me demandai s’il allait faire demi-tour.

S’il allait simplement prendre quelque chose dans la chambre et repartir.

Mais non.

Il resta là.

Debout.

À regarder dans ma direction.

Même avec les rideaux presque fermés, j’avais l’impression que ses yeux traversaient le tissu.

Comme s’il savait exactement où j’étais.

Mon cœur battait de plus en plus vite.

Puis il bougea.

Lentement.

Très lentement.

Il tira la chaise de quelques centimètres.

Le bruit du bois raclant légèrement le sol traversa la rue silencieuse.

Puis il s’assit.

Directement face à ma fenêtre.

Je sentis un frisson glacé parcourir mon corps.

Ce n’était plus une impression.

Ce n’était plus une coïncidence.

Il était clairement installé là pour regarder.

Et moi, je me tenais exactement en face.

Je n’osais plus bouger.

Même respirer me semblait trop bruyant.

Il posa ses coudes sur ses genoux.

Puis il attrapa le carnet posé sur la petite table.

Mon estomac se noua.

Il l’ouvrit.

Les pages étaient déjà remplies.

Je pouvais voir des lignes sombres.

Des mots.

Ou peut-être des dessins.

Il prit un stylo.

Et il commença à écrire.

Mon cerveau essaya de trouver une explication logique.

Peut-être qu’il écrivait quelque chose sans rapport.

Peut-être qu’il regardait simplement la rue.

Peut-être…

Mais je savais que je me mentais.

Parce qu’à chaque fois qu’il levait les yeux…

Ils revenaient vers ma fenêtre.

Vers ma chambre.

Vers moi.

Il écrivait quelques secondes.

Puis il regardait.

Puis il écrivait encore.

Comme s’il prenait des notes.

Une pensée terrifiante s’imposa dans mon esprit.

Et s’il écrivait à propos de moi ?

Je me reculai brusquement de la fenêtre.

Mon cœur battait si fort que je pouvais l’entendre dans mes oreilles.

Je fis quelques pas dans la chambre.

Essayant de me calmer.

— Tu deviens parano, Rose…

Mais cette fois, ma voix ne sonnait pas convaincante du tout.

Je jetai un coup d'œil vers la fenêtre.

Les rideaux bougeaient légèrement avec l’air.

Et malgré la distance…

Je savais qu’il était toujours là.

Assis.

En train d’écrire.

En train de regarder.

Et pour la première fois depuis que j’étais arrivée dans cette ville…

Une idée beaucoup plus sombre traversa mon esprit.

Et si je n’étais pas simplement la nouvelle voisine ?

Et si…

J’étais devenue son sujet d’observation.

Je restai quelques secondes au milieu de ma chambre.

Mon cœur battait toujours trop vite.

La pièce semblait soudain plus petite.

Plus étouffante.

Comme si les murs s’étaient rapprochés.

Je passai une main dans mes cheveux, essayant de me calmer.

Ce n’est rien.

Ce n’est qu’un voisin bizarre.

Mais plus j’essayais de me convaincre, plus les images revenaient dans ma tête.

La chaise.

Le carnet.

La façon dont il levait les yeux vers ma fenêtre.

Je me retournai lentement vers les rideaux.

Une partie de moi n’avait absolument plus envie de regarder dehors.

Mais une autre partie…

Avait besoin de vérifier.

Juste une dernière fois.

Pour être sûre.

Je m’approchai de la fenêtre.

Très lentement.

Puis je saisis le rideau.

Mes doigts tremblaient légèrement.

— Juste une seconde… murmurai-je.

Je tirai le tissu de quelques centimètres.

La maison d’en face apparut à nouveau.

La chambre.

La chaise.

Et lui.

Il était toujours assis.

Exactement au même endroit.

Le carnet ouvert sur ses genoux.

Mais cette fois, il ne regardait pas la fenêtre.

Il regardait les pages.

Comme s’il relisait ce qu’il venait d’écrire.

Puis, lentement…

Il leva la tête.

Et regarda droit vers ma chambre.

Vers moi.

Même avec les rideaux presque fermés, j’étais sûre qu’il me voyait.

Un léger sourire apparut sur son visage.

Le même que la nuit dernière.

Calme.

Presque amusé.

Puis il fit quelque chose qui me glaça immédiatement le sang.

Il leva lentement le carnet.

Et il le tourna vers la fenêtre.

Vers moi.

Pendant une seconde, je ne compris pas.

Puis mes yeux se posèrent sur la page.

Et mon cerveau refusa presque d’y croire.

Ce n’était pas de l’écriture.

C’était un dessin.

Un dessin de ma fenêtre.

Et dans la fenêtre…

Il y avait une silhouette.

Moi.

Je pouvais reconnaître les contours de la chambre.

Le lit.

Le bureau.

Et une fille debout près de la fenêtre.

Une fille qui regardait dehors.

Moi.

Mon souffle se coupa.

Ce dessin n’avait pas été fait en quelques secondes.

Il était précis.

Détaillé.

Comme si quelqu’un avait passé du temps à observer la scène.

Beaucoup de temps.

Mon cœur battait si fort que ma vision devint légèrement floue.

Puis mes yeux glissèrent vers le bas de la page.

Et je remarquai quelque chose d’encore pire.

Ce n’était pas la seule illustration.

Il y avait plusieurs pages.

Et chacune semblait représenter la même chose.

Ma chambre.

Ma fenêtre.

Moi.

À différents moments.

Parfois assise sur mon lit.

Parfois près du bureau.

Parfois regardant mon téléphone.

Mon estomac se noua violemment.

Ces dessins ne pouvaient pas dater d’aujourd’hui.

Ce n’était pas possible.

Je venais d’arriver hier.

Alors comment…

Puis mon regard remonta vers lui.

Il me regardait toujours.

Et son sourire s’élargit légèrement.

Comme s’il venait de partager un secret avec moi.

Comme si quelque chose venait de commencer.

Je lâchai le rideau.

Le tissu retomba brutalement devant la fenêtre.

La pièce replongea dans l’ombre.

Je reculai d’un pas.

Puis d’un autre.

Mon esprit tournait à toute vitesse.

Une seule pensée revenait encore et encore.

Une pensée qui me donnait la nausée.

Je n’étais pas devenue son sujet d’observation.

Je l’avais été…

Depuis bien avant d’arriver dans cette maison.