Chapter 1 : Contre Volonté
<<Tu vas te marier.>>
Un silence lourd tomba soudainement dans la pièce.
Pardon ? Qui ça ? Moi ? Une blague. Une très grosse blague.
C'est ce que mon père m'annonça à ce qui était censé être un "simple dîner de famille".
Comme si c'était tout à fait normal d'annoncer à quelqu'un qu'elle allait se marier à une personne qu'elle n'avait jamais vue en vrai et dont elle n'avait jamais accepté l'union.
À vrai dire, je me disais bien que ce n'était pas un simple dîner ordinaire, mon père ne m'avait jamais regardée aussi sérieusement depuis la fois où j'avais dessiné sur ses documents importants quand j'avais six ans.
Toutefois, je me suis dit que ce n'était qu'une de ses blagues nulles que mon père sortait au hasard pour paraître "cool" mais le regard triste et résigné de ma mère en disait long, ce n'était pas une blague nulle, c'était réel.
Et je n'avais pas le choix.
Sous le regard fuyant de ma mère, mon père, lui, me regardait droit dans les yeux, prêt à soumettre mon âme au moindre signe de protestation.
Je le regardais, confuse et incrédule, attendant un "je rigole" de sa part dont je savais au fond de moi qu'il n'arriverait pas.
Mon frère, lui, qui observait la scène depuis le début sans oser dire un seul mot, me regarda aussi longtemps que ses yeux pouvaient me transmettre sa compassion.
Je restai plantée là, comme si le sol m'avalait, lentement mais sûrement, je n'avais même pas les mots pour décrire ce que je ressentais.
Moi, xyréa.. La femme qui a toujours eu du répondant.., me retrouvais là, incapable de dire quoique ce soit sur le choix égoïste que mes parents avaient pris pour ma vie sans même mon consentement.
— Tu es sérieux ?
Rétorquai-je avec un éclair de colère contenue.
— Suis-je quelqu'un qui parle à la légère ? Nous avons décidé pour toi et c'est tout.
Je le regardai comme si je le voyais pour la première fois.
— Notre lignée doit être perpétuée, je veux voir des petits enfants avant ma mort et en comptant sur toi, je n'en aurai jamais de si tôt.
Cela ressemble plus à une accusation qu'autre chose.
— C'est le mieux pour toi et pour notre famille, nous t'avons trouvé un très bon parti.
Répondit mon père sans la moindre hésitation ni condescendance dans sa voix.
Je Restai abasourdie à cette facilité qu'il eût à larguer une bombe pareille.
— Comment pouvez vous décider pour ma vie ainsi ? Je ne suis plus une petite fille pour qui vous pouvez encore prendre des décisions. Je suis une femme accomplie et indépendante. Je pensais que vous compreniez.
Ma voix tremblante légèrement sous le poids de l'émotion qui me submergeait.
— C'est justement pour ça que nous l'avons fait. Cette "indépendance" n'est pas bonne pour toi.
Dit-il comme si c'était une évidence.
— Maman, tu as vraiment accepté ça ?
Me tournant vers elle, la confrontant, cherchant son regard, elle qui avait toujours été ma confidante dans cette famille.
Elle se contenta de détourner le regard, essayant de se convaincre que c'était la meilleure solution pour moi intérieurement d'accord avec lui.
— T'es oncles m'ont suggéré un très bon partie pour toi et nous l'avons approuvé. C'est un homme riche et responsable, tu ne manqueras de rien.
Ajouta t-il simplement.
— C'est mes oncles qui te l'ont proposé et tu acceptes !? Depuis quand écoute tu ce que tes frères disent ? Et en plus ME concernant ?
Mes mains me semblèrent soudain plus lourde ne pouvant plus supporter le poids des couverts dans mes mains.
— Tes oncles s'inquiètent pour toi, il veulent un avenir sûr pour notre famille, et je suis d'accord avec eux.
Son ton ne laissait même place à la discussion.
Je savais que continuer à protester ne servirait à rien. Quand mon père à une idée, il la mène à terme, surtout si cela concerne sa famille.
Il avait pris sa décision et ne reviendrai pas là dessus, mes oncles avaient bien choisi le terrain et les mots pour avoir aussi facilement son accord et ils comptaient bien en profiter.
Alors je me contentai de capituler pour l'instant. Car moi comme mon père ne comptions pas lâcher l'affaire sur nos jugement, cela qui fesait tout notre point commun. Nous étions tous les deux têtus.
— Qui est donc ce soi-disant fiancé "riche et respectable" que vous avez choisi pour moi ?
— Kaïron Delkan.
Il me sortit ce nom comme une normalité, dans tout le calme possible.
— Qui !?
Ce fut un choc pour moi en entendant ce nom, m'étouffant presque avec ma propre salive.
— Le "Kaïron Delkan" ?
Demandai-je incrédule.
Il hocha la tête en signe de confirmation.
— C'est à ce monstre que vous comptez marier votre fille !? Cet un est un bandit de la pire espèce !
Je compris enfin le regard triste et fuyant de ma mère.
Elle connaissait l'identité de l'homme qui deviendrai mon mari contre ma volonté. Mais ma mère avait toujours été d'accord avec lui dans tout. Même sur ça.
— Ce ne sont que des rumeurs. J'ai déjà eu à le rencontrer, et c'est un homme parfait pour toi, il te convient et tu n'auras besoin de rien avec lui.
Il mis l'accent sur "rumeurs" intérieurement peu convaincu lui même mais ne voulant pas le montrer devant moi.
— C'est ça l'homme "riche et respectable" dont tu parlais ? Riche, oui, mais respectable ? C'est le pire !
Je préfèrerais rester seule toute ma vie et mourir que d'épouser cet homme !
Je ne pus plus retenir ma colère et ma frustration, c'était la goutte de trop.
Mon père frappa la table du plat de la main. Le dîner maintenant complètement oublié, remplacer par la confrontation explosive qui se préparait à arriver.
— Je ne te demande pas ton avis. Tu te maries et c'est tout.
Ce ton que mon père eût utilisé était une première pour moi.
— Écoute ton père, ma chérie. On le fait pour ton bien, on s'inquiète pour toi.
Ma mère intervins doucement, avec cette voix douce qu'elle avait toujours mais cette fois ci, cette douceur dans sa voix paraissait fausse.
Facile à dire quand on n'a fait que se plier à la volonté de son mari depuis des années.
Mais moi je ne suis pas du genre à me soumettre aussi facilement, et surtout pas pour un bandit.
Mais parlons d'abord de cet être maléfique qui allait être mon mari, Kaïron Delkan. Certains l'appellent le diable, tyrant, faucheuse et tout pleins d'autres surnom superflus.
On reconnaît bien là que ce n'est pas un homme ordinaire et "respectable" comme mon père le dit, mais plutôt craint.
Alors laissez moi vous dire qui il est.
Kaïron Delkan est homme tout sauf saint, il y a à peine six ans maintenant qu'il prend le monde pour ses esclaves et les soumet à sa volonté égocentrique. Cet homme, bien que ultra riche, sa source de revenus et loin d'être des plus honnête.
— Vous écoutez ? Vous venez de donner votre fille à un monstre !
— Il n'y a pas place à la discussion. Nous avons arrangé une rencontre dans trois jours, et tu y seras. Tache de bien te comporter devant ton futur mari.
Mon père me le dit en me regardant droit dans les yeux, me défiant silencieusement de refuser.
Je me sentais outrée et frustrée de ne même pas pouvoir sortir un mot. Je ne pouvais pas gagner cette bataille contre lui, mais je ne comptais lui laisser gagner la guerre.
— Bien. J'y serai, mais ne vous attendez pas à ce que je me comporte comme une bonne fille docile.
Sur ces mots, je me leva, pris mon sac et sortis de cette maison qui était devenu mon purgatoire.
Mon frère lui qui s'était contenté de s'effacer de la discussion, me regarda partir, attendant le bon moment pour me parque je me comporte comme une bonne fille docile.
Sur ces mots, je me leva, pris mon sac et sortis de cette maison qui était devenu mon purgatoire.
Mon frère lui qui s'était contenté de s'effacer de la discussion, me regarda partir, attendant le bon moment pour me parler, car devant mon père, il n'aurait rien put sortir pour me défendre. Il avait bien été dressé.