Entre douleur et lumière

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Summary

Andréa n'avait jamais imaginé que l'amour puisse faire autant de mal. Derrière les promesses et les regards se cachait une réalité bien plus sombre, faite de silence, de peur et de blessures invisibles. Jour après jour, elle s'efface, se perd… jusqu'à oublier qui elle était. Mais au cœur de cette chute, une étincelle refuse de s'éteindre. Celle de survivre. Celle de se relever. Puis, il y a Amaël. Une présence inattendue. Douce. Fragile. Presque irréelle. Et si, malgré tout, il était encore possible d'aimer ? Entre douleur et lumière, Andréa devra affronter son passé pour espérer renaître.

Genre
Romance
Author
Morgane
Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1 : Le nouveau voisin


– Je suis sur la terrasse, maman. 

Bon... je vais essayer de recommencer depuis le début. D’abord, on va commencer par le commencement. Je vais tout remettre dans l’ordre, ça va prendre un certain temps, mais je dois le faire, c’est important. Je dois gagner cette affaire.

-Andréa, tu vas y arriver. Va te balader pour remettre tes idées en place.

-Je dois tout réorganiser pour essayer de comprendre et tout réajuster. Je suis sûr que j’ai dû rater quelque chose... Ce n’est pas normal.

-Pourtant, ma poupoune, tu vas devoir prendre une pause. Ton père a invité le nouveau voisin pour le dîner. Il a dit qu’il était très beau, gentil, musicien et surtout célibataire. 

-Maman, j’ai du travail et je ne suis pas prête à avoir une relation.

Maman avait du mal à comprendre pourquoi j’avais quitté Max.

Mais je ne pourrai jamais lui avouer la vérité, ça lui ferait trop de mal...

-Chérie, j’ai rangé les courses. Coucou ma puce, comment s'est passée ta journée ? 

-Bon, je vais commencer les préparatifs pour le dîner, tu auras peut-être plus de chance que moi. En disant cela, elle faisait un bisou sur la joue de mon père, son mari depuis presque 25 ans. Leur amour m’a toujours fait rêver, ils se sont rencontrés très jeunes et ça a été le coup de foudre.

-Ma puce, je sais que tu aimes ton travail, que tu es perfectionniste et que tu veux gagner cette affaire parce qu’elle te tient à cœur, mais là tu as besoin d’une pause, tu travailles trop. Tu peux faire une pause pour ce soir, tu reprendras le dossier demain ?

Il est vrai que j’ai besoin d’une pause, je n’arrive jamais à travailler quand je suis fatigué. Et j’ai la tête en chou-fleur...

-Bon, d’accord, je range mes dossiers et j’arrive !

-Va prendre une douche parce que là tu sens un peu mauvais...

-Haha, très marrant papa.

Il me fait un bisou sur le front et part rejoindre maman dans la cuisine. Mes parents ont toujours les mots qu’il faut pour me faire sourire. En rangeant mon dossier, je regarde l’horizon. J’ai toujours aimé cette vue, c’est tellement apaisant. Le bruit des vagues couvre tout, même mes pensées. C’est la chose qui me manquait le plus à Paris :  cette vue et cette paix qu’elle m’apporte. En allant dans ma chambre, mon père tient ma mère dans ses bras pendant qu’elle cuisine. Ils s’aiment tellement que je me demande si, un jour, moi aussi je vivrai cet amour. 

Bon, je ne vais pas être extravagante, je vais mettre une robe avec des petites fleurs, simple. Maman dit qu’elle me va bien. Elle a un petit décolleté, mais rien de provocateur, juste ce qu’il faut. Après m’être préparée, je regarde ce magnifique coucher de soleil qui passe à travers ma baie-vitrée, c’est juste magique. Ma chambre n’a pas changé depuis la dernière fois que je suis venu. C’était après ma première année d’avocat dans l’incroyable école de Paris, qui est loin, mais c’est la meilleure. Donc mes parents m’ont donné un coup de boost et je suis parti dans cette nouvelle ville. Toute ma première année a été consacrée à mes études, ce qui n’était vraiment pas facile. Il fallait que je  me concentre énormément et que je m’organise, je suis donc maintenant la reine de l’organisation. Le plus dur, c’était d’être loin de mes parents, ils me manquaient terriblement. Tous les soirs, ils m’appelaient en FaceTime. Quand maman a su que j’avais rencontré un garçon, elle était folle de joie. Papa, lui, a un peu...beaucoup paniqué. La seule fois où j’ai pu voir mes parents, c’était à Noël, ma période préférée de l’année. Mais quand j’ai dû repartir, c’est devenu très dur, comme si je les abandonnais...

Depuis tout ce temps, ma chambre n’a pas changé. La première fois que Max a vu ma chambre, il n’arrêtait pas de se moquer des murs roses pâles à paillettes, des bibliothèques pleines de romans qui me fascinent et de mes figurines de dessins animés. La seule chose que j’ai rajoutée, c’est un bureau avec plein de rangement.

En me dirigeant vers la cuisine, qui sentait divinement bon, j’ai vu que maman préparait mon repas préféré : des lasagnes. Les siennes sont tellement bonnes !

En commençant à mettre la table sur la terrasse, j’ai remarqué un homme sur la plage en train de jouer avec son chien. Ce n’est pas la première fois que je vois cet homme grand, charismatique et brun. Ça doit être un nouveau voisin, il y en a beaucoup en ce moment. À cette période de l’année, beaucoup de maisons voisines sont soit rachetés par de nouvelles personnes, soit mis en location pour les vacances d’été. En même temps, qui n’aime pas les vacances au bord de l’eau ? Ici, à Arcachon, c’est l’endroit idéal : c’est calme, apaisant, et pour ceux qui aiment sortir, il y a plein d’activités, pour les grands comme pour les petits. C’est une ville parfaite pour des vacances en famille ou pour recommencer une nouvelle vie comme moi...sauf que personne ne connaît la véritable raison de mon retour ici.

-Ma puce, peux-tu m’aider à faire la salade ? 

J’étais tellement absobée par mes pensées que je n’entendais pas ma mère m’appeler. C’est toujours comme ça quand je regarde les vagues, je me perds dedans, comme si le bruit calme des vagues m’absorbait. Mon père m’a touchée à l’épaule et c’est là que j’ai compris que je m’étais un peu trop éloignée dans ce bruit si apaisant pour moi. 

-Pardon maman, j’étais juste...

-Absorbée ? Ne t’inquiète pas ma puce, je sais. C’est pour ça qu’on a acheté cette maison avec ton père. Ce bruit se calme chaque jour, c’est tellement relaxant, à  tel point que je me suis mise à faire du yoga chaque matin au lever du soleil. 

-Ah oui ? Pourtant, tu n’as jamais été du matin.

-Le fait de vieillir change les gens, ma puce. Regarde ton père.

Mon père était quelqu’un qui ne pouvait jamais rester en place. Quand j’étais petite, on bougeait tous les week-ends, on faisait toujours soit des activités sportives, éducatives ou manuelles. Dès qu’il rentrait du travail, il corrigeait les copies de ses  élèves et préparait ses cours pour le lendemain, puis il partait à la salle de sport. Quand il rentrait il se douchait et se consacrait ensuite à maman et à moi. Depuis sa retraite, il reste à la maison, parle avec les voisins, lit un bon roman policier dans son hamac où il s’endort souvent...  Mais au moins, il profite de sa retraite comme il faut.

-Oui... C’est vrai, dis-je doucement. Mais vous êtes encore jeune, maman.

Je souris en la regardant.

-Regarde-toi... Tu es magnifique.

Puis mon regard glisse vers mon père.

-Et regarde papa... La façon dont il te regarde.

Maman me fait un bisou sur le front et part ranger la salade dans le frigo, pendant que moi, je nettoie la cuisine. Tout à coup, quelqu’un frappe à la porte. Papa va ouvrir...et en apercevant l’homme, tout bascule.

Il me faut quelques secondes pour comprendre ce qui se passe. L’homme que j’observe par ma fenêtre chaque soir... C’est lui.

Ma mère s’approche pour le saluer, et l’homme vient vers moi en se présentant...

–Salut, je m’appelle Amaël, je suis ton nouveau voisin.

Mon cœur s’emballe lorsqu’il s’approche pour me faire la bise.

Je ne l’avais jamais vu d’aussi près, ni vraiment observé son visage. Je suis submergé par sa beauté.