L'avènement du Néant

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Summary

Mourir étranglée par une déesse… ce n’était pas vraiment prévu. Coralyss se réveille dans la Nécropole, le royaume des morts, sans comprendre comment elle en est arrivée là. Quelques instants plus tôt, elle faisait confiance à Nyxia, la déesse du mal… avant que celle-ci ne mette fin à sa vie. Trahison ? Manipulation ? Ou simple pièce d’un jeu bien plus vaste ? Guidée parmi les âmes des défunts, Coralyss est menée devant Nythia, déesse de la mort, qui lui demande une chose aussi simple qu’impossible : raconter son histoire. Mais plus elle remonte le fil de ses souvenirs, plus une vérité troublante émerge… Et si le mal n’était pas ce qu’elle croyait ? Et si sa mort n’était que le début ?

Genre
Fantasy
Author
Benji
Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1

Comment j’en suis arrivée là…

Je cligne faiblement des yeux. La seule chose que j’arrive à voir, c’est le ciel étoilé au-dessus de moi. Ma vision se brouille à cause des larmes. Face à moi, cette silhouette sombre. Je ne discerne plus ses traits à cause de mes larmes, mais je sais exactement qui c’est : Nyxia. La déesse du mal. Et elle m’étrangle.

J’ai la respiration sifflante, l’air ne rentre plus dans mes poumons. Je n’ai plus la force de me débattre… Mes bras tombent mollement le long de mon corps.

Je cligne une dernière fois des yeux et pense à nouveau :

Comment j’en suis arrivée là…

Mes poumons me brûlent, ma vision se réduit, puis…Plus rien.Plus de douleur, plus de sensations.

J’ouvre doucement les yeux. Le décor a changé. Je suis seule dans une sorte de caverne. Il fait froid et humide. Je n’ai plus mal au cou. Quand je respire, de la buée sort de ma bouche.

Je regarde autour de moi. Il n’y a rien.

En tout cas, au début. Parce que rapidement, des silhouettes blanches, vaporeuses, apparaissent.

Chaque silhouette est entourée de deux entités sombres, encapuchonnées, telles deux gardes du corps veillant sur leurs protégés.

« Putain, je suis où ? »

Il y a maintenant des centaines de silhouettes blanches protégées. Elles circulent toutes dans le même sens.

Là d'où viennent ces silhouettes, la caverne rétrécit, il n’y a aucune lumière.

Les entités vaporeuses sont de plus en plus nombreuses, toujours gardées. Elles avancent calmement, sans même regarder autour d’elles. Elles vont toutes au même endroit… vers une partie de la caverne éclairée, immense, beaucoup plus grande que n’importe quelle structure humaine ou naine.

Il y a un grand trône, où siège une immense silhouette noire, habillée d’un long manteau sombre, avec une capuche cachant son visage. Derrière le trône, il y a une immense porte en pierre, finement travaillée.

« Merde… J’suis morte, putain ! Elle m’a vraiment tuée ! »

Une voix féminine sourde retentit. Elle provient de la silhouette sur le trône :

« Coralyss… Alors c’est toi. Bienvenue à la Nécropole. »

La Nécropole… alors je suis bien morte. Nyxia m’a bel et bien tuée. Ces silhouettes blanches sont donc les âmes des défunts, accompagnées de leurs gardiens.

La Nécropole est le lieu où se retrouvent les âmes après leur mort. Elles sont accompagnées par des gardiens jusque devant le trône de Nythia, la déesse de la mort, qui les accueille ensuite dans son royaume.

Je soupire, résignée, et m’avance lentement dans cette foule spectrale. Une question résonne encore en moi :

Comment est-ce que j’en suis arrivé là…

La vision de Nyxia m’étranglant me revient en tête comme un flash.

Oui ça va, mon cerveau, je ne suis pas débile, j’ai bien compris qu’elle m’avait étranglé à mort. Mais bon, la question n’est pas là.Comment j’en suis arrivée à me faire étrangler par la putain de déesse du mal ?

Un autre flash me revient. Moi, serrant la main de Nyxia en souriant.

Oui… c’est vrai. C’est parce que je lui faisais confiance… mais… pourquoi je ne lui aurais pas fait confiance ?

Je marque une pause dans ma réflexion. Puis, avant qu’un autre souvenir n’apparaisse, je prends les devants dans mon combat intérieur :

Me sors pas un truc du genre : “Bah c’est la déesse du mal en même temps !” C’est bon, tu sais très bien ce que je voulais dire !

Je continue d’avancer, alors que la foule des âmes de défunts se densifie et que l’air se refroidit de plus en plus.

Quand elle est revenue de son bannissement dans la salle de la Pierre des Âmes, il y avait Althan et un oracle d’Halar, le dieu créateur, le premier dieu du Cercle sacré. Ils ont dit que son bannissement était une erreur, à la suite d’une usurpation. Qu’elle n’était pas malveillante. Qu’elle était la déesse du mal, oui, mais le mal nécessaire… celui qui équilibre le bien.

Avec le groupe, on a accepté ce fait. Après tout, si Althan le dit, et que même Halar le confirme à travers son oracle, pourquoi en douter ?

Je m’arrête net, les poings sur les hanches. J’envoie mes cheveux roux en arrière. Furieuse.

Alors en quoi m’étrangler est nécessaire ?! Je venais d’accepter de l’aider !!

Je me fais bousculer par un des gardiens. La foule est trop dense pour que je puisse m’arrêter. Je soupire et reprends mon avancée vers Nythia.

Elle doit bien se marrer, en tout cas… Je suis trop conne quand même. Et toi, mon cerveau, je t’interdis de confirmer ! Voilà que je me prends la tête avec mon propre cerveau…

Je ne sais pas combien de temps la marche jusqu’au trône a duré, mais me voilà enfin devant celui-ci. Il est gigantesque, sûrement dans les dix mètres de haut. Et dessus se tient fièrement Nythia, dans son manteau noir. La seule chose que j’aperçois d’elle, ce sont ses longs doigts fins, pâles, posés sur l’accoudoir de son fauteuil divin.

L’air est maintenant si froid que la buée qui sort de ma bouche se cristallise.Nythia semble se pencher légèrement vers moi. Sa voix profonde, sourde et très féminine résonne :

« Coralyss… Alors c’est toi que ma sœur m’envoie pour son retour… Explique-moi ce qu’il s’est passé. »

Je cligne des yeux. Je ne suis pas sûre de comprendre.

« Que… Que voulez-vous dire… ? »

Son rire cristallin, doux, résonne, avant que la déesse ajoute doucement :

« Tu dois simplement me raconter comment tu es arrivée ici. Qu’est-ce qui t’a menée devant moi ? Raconte-moi depuis le début… C’est comme ça que ça fonctionne. »

Avant même que je m’en rende compte, mon rire emplit la caverne. Un rire nerveux.

Comment j’en suis arrivée là ? Elle est bien bonne.