Chapitre 1
L’immense rue piétonne qui monte presque rectiligne jusqu’au front de mer est bondée d’une foule bigarrée qui déborde comme un fluide dans les ruelles perpendiculaires, s’entassant dans de petits restaurants des pubs minuscules et des salles d’arcade obscures.
Le vent iodé du large parvient à peine à couvrir les odeurs de nourriture de rue et celle plus âcre des pétards et autre feu d’artifice que les fêtards alcoolisés jettent çà et là.
C’est le 14 juillet dans la ville balnéaire de “Sarlac de la fin des terres” une bourgade construite au début du 20ème siècle, complètement dans le style Art déco comptant à peine 5000 habitants l’hiver, mais qui l’été quintuple sa population et se transforme en une microscopique mégapole de touristes venus principalement des pays du nord de l’Europe.
Des touristes civilisés et en manque de soleil qui viennent ici passer leur été en appréciant la douceur du climat océanique. La fête bat son plein, la fanfare est au milieu de la rue piétonne, un cortège de majorettes lancent leurs bâtons en l’air dans une pluie de confettis colorés, les tambours sont si puissants qu’ils vous font vibrer la cage thoracique à tel point que vous avez l’impression d’avoir le cœur qui va se faire la malle par la bouche.
La troupe est si dense que tout le monde se serre épaule contre épaule, tout le monde se bouscule et s’agglutine pour apercevoir le spectacle, des bouteilles de bière se fracassent au sol, des gens crient, d’autres hurlent.
La foule n’a d’yeux que pour les paires de jambes magnifiques des majorettes et leurs seins qui rebondissent en cadence avec le tambour.
Dans ce capharnaüm indescriptible, personne ne fait attention à deux individus appuyés sur une entrée de porte qui a un petit renfoncement qui les protège du flot de la populace en mouvement.
Ils sont bien différents de la majorité des vacanciers béate et ne semblent participer aucunement à la fête.
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