L'Ombre de la Genèse Tome 1

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Summary

​Résumé : L'Ombre de la Genèse (Tome 1) ​Le secret le mieux gardé de l'humanité vient d'être volé... et ce n'était pas pour nous libérer, mais pour nous avertir. ​Elias Thorne, agent de sécurité d'élite à la Zone 51, a commis l'irréparable. Témoin d'une vérité qui dépasse l'entendement, il décide de trahir son pays et de s'enfuir avec la preuve absolue : un artefact extraterrestre capable de révéler au monde que nous ne sommes pas seuls. ​Traqué par les agences gouvernementales les plus puissantes, il trouve refuge dans une ferme isolée du Midwest. Mais alors qu'il s'apprête à diffuser la vérité, le silence de la campagne est brisé par un bourdonnement assourdissant. D'immenses spirales gravées dans le blé annoncent l'arrivée d'une force que personne n'avait prévue. ​Sous les yeux d'une agente du FBI lancée à ses trousses, l'impensable se produit : les enfants du village sont appelés par une lumière venue du ciel. Elias comprend trop tard que son acte a activé une balise. Les "visiteurs" ne viennent pas en paix. Ils ne sont pas là pour nous guider, mais pour reprendre le contrôle d'une planète qu'ils considèrent comme leur propriété.

Status
Complete
Chapters
10
Rating
n/a
Age Rating
13+

LE PROTOCOLE DE L'OMBRE

L'ombre de la genèse (TOME 1)

La montre tactique de l’agent Elias Thorne vibrait contre son poignet avec une régularité de métronome. 02:14 du matin. À cette profondeur, sous les couches de calcaire et d’acier de la Zone 51, le concept de jour ou de nuit n’était qu’une abstraction maintenue par des néons au spectre blafard. Elias ajusta son oreillette. Le silence dans le secteur 4-G était si épais qu’il pouvait entendre le bourdonnement des serveurs cryogéniques à travers les murs renforcés.

Expert en sécurité de haut niveau, Thorne n’était pas un homme de théories. Pour lui, le monde se divisait en deux catégories : ce qui était verrouillé et ce qui ne l’était pas encore. Mais depuis six mois, ce qu’il voyait derrière les portes qu’il était payé pour protéger effritait ses certitudes de soldat.

Il s’arrêta devant la porte “Alpha-9”. Pas de badge, pas de code numérique. Ici, c’était la biométrie rétinienne doublée d’une analyse de la fréquence cardiaque. Il prit une profonde inspiration, stabilisant son pouls à exactement 60 battements par minute, comme il s’y était entraîné. Le laser balaya son iris. Un déclic pneumatique résonna, une plainte de métal pressurisé, et la porte coulissa.

L’air à l’intérieur était différent. Il avait un goût métallique, ionisé, et une odeur de soufre qui vous brûlait les narines. Au centre de la salle, suspendu dans un champ de confinement magnétique, flottait l’Artefact.

Ce n’était pas une technologie humaine. C’était un prisme d’obsidienne noire, grand comme un poing, parcouru de veines de lumière violette qui semblaient pulser au rythme d’une respiration organique. Autour du prisme, des scientifiques en combinaisons pressurisées s’activaient, mais ils n’étaient pas seuls. Dans l’ombre de la salle, des silhouettes longilignes, aux membres trop souples pour être terrestres, observaient les moniteurs.

Elias sentit une sueur froide perler sur sa nuque. Le gouvernement ne se contentait pas de cacher des épaves de crashs. Ils travaillaient avec eux. Ils échangeaient des données. Sur les écrans, il vit des cartes de réseaux électriques mondiaux, des schémas de centrales nucléaires... et des listes de noms. Des milliers de noms d’enfants, classés par groupes sanguins et fréquences cérébrales.

— “Projet Moisson”, murmura-t-il, la voix étranglée.

Ce n’était pas une collaboration scientifique. C’était un contrat de livraison.

Elias savait qu’il ne sortirait pas vivant de cette pièce s’il hésitait. Il utilisa son brouilleur de fréquence — un prototype qu’il avait lui-même modifié — et le plaqua contre le générateur du champ magnétique. Les lumières vacillèrent. Une alarme stridente, une plainte de sirène agonisante, déchira le silence de la base. Les silhouettes dans l’ombre tournèrent la tête à l’unisson vers lui.

D’un geste précis, il brisa le confinement, saisit le prisme d’obsidienne avec un gant isolant et le glissa dans son sac de transport blindé. Le contact avec l’objet fit grésiller son oreillette et lui envoya une décharge électrique jusque dans la mâchoire.

— Alerte ! Sujet Alpha-9 compromis ! Interception immédiate ! hurla une voix dans les haut-parleurs.

Elias s’élança dans le couloir. Il ne prit pas l’ascenseur principal ; c’était un piège mortel. Il se jeta dans une conduite de maintenance, glissant sur des dizaines de mètres alors que les balles des gardes d’élite ricochaient contre le métal au-dessus de lui. Il utilisa une petite charge explosive pour faire sauter une grille de ventilation et déboucha dans le garage des véhicules tactiques.

Le complexe de la Zone 51 s’était transformé en une fourmilière enragée. Des projecteurs balayaient le désert du Nevada à l’extérieur. Elias sauta sur une moto tout-terrain électrique, silencieuse mais nerveuse. Il activa son “Ghost-Drive”, un dispositif de camouflage infrarouge qui rendait sa signature thermique invisible aux drones de poursuite.

Il fonça à travers les barrières de sécurité, les pneus mordant le sable brûlant. Derrière lui, deux hélicoptères d’attaque Apache décollèrent dans un vacarme de tonnerre. Des traînées de mitrailleuses lourdes labourèrent le sol à quelques centimètres de ses roues.

Elias bifurqua brusquement vers le “Black Canyon”, un dédale de roches où les radars perdaient de leur efficacité. Il sentait le prisme vibrer contre son dos. Ce n’était plus un simple objet ; c’était une balise qui semblait appeler quelque chose dans l’immensité de l’espace.

Après une course poursuite de vingt minutes à travers les ravins, il parvint à atteindre sa planque : une vieille Mustang 1968, dépourvue de toute électronique moderne, cachée sous un filet de camouflage. Il y transféra son sac, abandonna la moto et écrasa l’accélérateur. Le moteur V8 rugit, un son pur et analogique que les systèmes de piratage à distance des drones ne pouvaient pas arrêter.

Alors qu’il franchissait la limite du comté, il vit dans son rétroviseur une lueur bleue s’élever de la Zone 51. Ce n’était pas une explosion. C’était un signal.

Elias Thorne venait de voler la preuve du plus grand crime de l’histoire de l’humanité, mais il comprenait aussi qu’il venait de déclencher un compte à rebours qu’il ne pourrait pas arrêter. Il était désormais l’homme le plus recherché de la planète, un fantôme avec un dieu noir dans son coffre.

Il fixa l’horizon. Il lui fallait un endroit où disparaître. Un endroit où le bruit du monde s’éteignait. Le Midwest. Le Nebraska. Là où les champs de blé cachent les secrets et où le ciel est si vaste qu’on oublie parfois qu’on est surveillé.

Il ne savait pas encore que le bourdonnement l’y attendait déjà.