Un Week End Dans Le Parc !: Première Expérience 'Hétéro-Curieux' - Nouvelle Érotique MM

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Summary

Quand Romain, 28 ans, quitte son appartement pour laisser le champ libre à son colocataire qui reçoit sa copine, il voudrait bien aller retrouver Lisa, sa petite amie, mais elle n'est pas là. Il décide alors de s'accorder une petite parenthèse d'errance qui le mène tout droit dans un parc, où il rencontre Rilès, 19 ans. L'amitié est tout de suite intense entre les deux inconnus hétéros assis sur un banc public, perdu dans la nuit de Nice... Plongez dans un récit charnel d'une sincérité désarmante, où l'aventure et le jeu l'emportent sur les tabous !

Status
Complete
Chapters
13
Rating
5.0 3 reviews
Age Rating
18+

L’ERRANCE

Si on m’avait dit que ce weekend serait le plus insensé de ma vie, je n’y aurais certainement pas cru.

J’ai dû quitter mon appart ce vendredi soir par égard pour mon colocataire, parce qu’il reçoit sa copine. L’agitation de Thomas trahit une nervosité presque comique. Il range des piles de magazines, aligne des coussins et vérifie pour la troisième fois que le vin est au frais. Sa copine arrive pour le week-end, et l’accord est tacite : je leur laisse le champ libre. Je jette quelques affaires dans un sac à dos, l’intention étant de squatter le canapé d’un pote, Lucas, à l’autre bout de la ville.

Je ferme la porte derrière moi, laissant Thomas à ses préparatifs amoureux, et je descends les escaliers, en pensant à ma copine à moi. Lisa... Je sors mon téléphone pour lui envoyer un message rapide : Coucou ma puce, j’espère que ton week-end commence bien chez tes parents. Je sors prendre l’air, j’ai besoin de marcher un peu. Je t’embrasse fort!

Elle me manque... Je serais certainement allé la voir si elle n’était pas partie pour le week-end... Mais je crois que je vais essayer de profiter de ma solitude.

Le soleil commence à décliner, jetant des reflets cuivrés sur les façades ocre du Vieux-Nice.

Avant de m’enfermer entre quatre murs, j’ai envie de respirer un peu la ville. Je me perds dans les ruelles étroites du centre, là où l’odeur de la socca chaude et du romarin s’échappe des échoppes sombres. On pourrait croire qu’on connaît sa ville par cœur, mais Nice a cette capacité de se réinventer dès que la lumière change.

Je marche sans but, savourant cette liberté transitoire.

Je ne suis plus le colocataire encombrant, je suis un électron libre dans une cité effervescente. Les terrasses de la place Garibaldi débordent déjà. Le cliquetis des verres et les rires s’entrechoquaient sous les arcades. Je continue ma route vers le sud, attiré irrémédiablement par l’appel du large.

Arrivé sur la Promenade des Anglais, le spectacle change de dimension. La mer est d’un bleu profond, presque métallique, striée par l’écume blanche des derniers rouleaux. La « Prom » n’est pas qu’une avenue, c’est une scène de théâtre permanente.

Il y a les attractions habituelles : les skateurs qui défient la gravité sur le trottoir lisse, les amoureux immobiles face à l’horizon, et surtout, les musiciens. Un saxophoniste, un peu plus loin vers l’Opéra, joue un jazz mélancolique qui se marie étrangement bien avec le cri des mouettes.

Je m’arrête un instant, les mains dans les poches, à regarder un groupe de touristes tenter de prendre un selfie sans se faire emporter par le vent qui se lève. Je vois trois silhouettes accoudées à la barrière blanche, discutant avec une animation qui tranche avec la contemplation solitaire des passants. L’un d’eux, un grand type à lunettes, semble raconter une anecdote qui fait hurler de rire ses deux comparses. Dans un élan de curiosité, ou peut-être simplement parce que l’énergie de la ville m’y pousse, je m’approche du muret juste à côté d’eux.

On finit par faire connaissance et discuter un bout, une discussion fluide, de celle que l’on ne trouve que lors des rencontres de hasard. La fille me fait penser à Lisa... Ils me racontent leurs voyages, leurs galères de boulot, leurs ambitions. Pour quelques instants, je ne pense plus au canapé de Lucas ou à Thomas et sa copine.

Le vent se fait plus frais, piquant la peau. Ils s’éloignent, leurs silhouettes se découpant contre les lumières de la ville. Leurs rires s’estompent peu à peu, remplacés par le grondement régulier de la Méditerranée contre les galets.

Je reste là, immobile. La ville derrière moi continue de vibrer, mais ici, au bord de l’eau, le temps semble s’être figé. Les musiciens ont plié bagage. Les promeneurs se font plus rares, laissant la place aux ombres de la nuit.

Je regarde l’écume blanche briller sous la lune. J’ai encore quelques kilomètres à parcourir pour rejoindre Lucas, mais je ne suis plus pressé. Cette rencontre fortuite, cette effervescence partagée, m’a redonné le goût

de la ville. Je prends une grande inspiration d’air salin, ajuste mon sac sur mon épaule, et reprends ma marche, solitaire mais étrangement serein, le long de la courbe infinie de la Baie des Anges.

20h. Le temps s’étire, et je ne me presse pas. Il m’arrive si rarement de sortir ainsi, sans but, sans contrainte horaire. Je veux profiter de la ville, de cette liberté de mouvement que le quotidien nous grignote habituellement.

Je continue de déambuler, les sens en alerte.

Je découvre des recoins que je ne fais que survoler d’habitude : une petite impasse aux volets clos, une fontaine dont le clapotis semble plus fort une fois la nuit tombée. Je me laisse porter par mes pas, m’éloignant un peu de l’agitation touristique pour rejoindre des zones plus calmes du bord de mer.

Près d’un muret de pierre, je rencontre un pêcheur. Il est seul, sa canne à pêche pointée vers l’obscurité de l’eau, une petite lanterne posée à ses pieds. On commence à discuter, presque malgré nous.

Ça mord, ce soir ? je demande en m’approchant doucement.

Ça discute surtout, me répond-il sans quitter la mer des yeux. Les poissons sont comme nous, ils attendent que le bruit de la ville s’éteigne pour sortir de leur trou.

On échange quelques mots sur la patience, sur la mer qui donne et qui reprend. Il me parle de Nice autrefois, quand le port avait une autre allure. C’est une discussion apaisante. Mais finit par venir le moment où je le quitte, le laissant à sa solitude habitée.