Surviving Feeling

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Summary

Sur une île où la survie est une guerre quotidienne, les monstres ne sont pas les seuls à tuer. Sloanne pensait pouvoir endurer la douleur, ignorer ses blessures et avancer sans jamais regarder en arrière. Mais ici, chaque choix a un prix… et certains regards sont plus dangereux que les créatures qui rôdent dans l’ombre. Dark est de ceux qu’on ne doit pas approcher. Froid, instable, imprévisible. Un homme capable de tuer sans hésiter… mais aussi de la faire vaciller comme personne. Entre mensonges, expériences interdites et secrets prêts à exploser, une seule règle tient encore : ne pas s’attacher. Pourtant, dans un monde où tout pousse à se détruire… ils pourraient bien être la pire tentation l’un de l’autre.

Status
Complete
Chapters
17
Rating
n/a
Age Rating
16+

Introduction

-Cours !

Ce fut la dernière parole qu’il pensait prononcer et elle m’était adressée. Le poids des vagues me jeta au sol alors que j’essayais tant bien que mal de me retourner pour arriver à situer l’endroit où il se trouvait.

La gorge meurtrie par l’eau salée, je me mis à tousser violemment, rendant soudain mon ouïe inefficace. Un bourdonnement sourd me vrilla l’intérieur du crâne, dû au choc de l’impact très probablement.

Au bout de longues minutes de labeur, je finis par parvenir à me redresser. Les vêtements gorgés d’eau, je peinais tout de même à me stabiliser. Le vent déchaîné n’aidait en rien, une tempête comme j’en ai rarement vu rendait la scène encore plus désastreuse.

Un hurlement déchirant fendit l’air, du genre à me faire trembler toutes les articulations et bourdonner mes tympans encore plus qu’auparavant. Cette chose n’est pas humaine, même pas animale... Elle est censée être morte depuis des siècles.

C’est là que je le repérai enfin, étendu sur la plage. Il tentait de ramper tant bien que mal vers le rivage, sa jambe blessée traînant derrière lui. Le sang colorait lugubrement l’eau tout autour de lui. Mes pieds bougèrent d’eux-mêmes et, en quelques secondes, je lui attrapais déjà le bras pour essayer de le remettre debout, contre son gré.

-Je t’ai dit de courir !

Ne me souciant pas de son avis, je passai son bras au-dessus de mon épaule et commençai à avancer, le supportant à moitié. Mon souffle devint vite erratique, mais je parvins tout de même à articuler :

-Si tu crois que je vais te laisser, tu rêves.

Il n’ajouta rien, sachant pertinemment que je ne le laisserais pas. Il concentra toute sa force à essayer d’avancer, ses grimaces de douleur déformant ses traits. Il gardait les yeux rivés sur le sol.

Devant nous s’étendait une vaste forêt sombre, semblable à celles que j’avais déjà vues dans des reportages télé. Cela me glaça le sang. Si cette chose nous pourchassait déjà ici, rien ne nous disait qu’il n’y avait pas bien pire de l’autre côté.

Cela dit, je n’eus pas le luxe de me poser davantage de questions, car un cri humain, cette fois-ci, me fit me tourner brutalement. Malheureusement, un épais brouillard me masquait le décor déjà bien sombre. Les lamentations perduraient, ainsi qu’un épouvantable fracas, me prouvant que le bateau nous ayant largués ici était lui aussi pris pour cible.

-C’est notre chance de gagner du terrain, ne la gâchons pas.

De toute évidence, il ne perdait pas sa lucidité contrairement à moi. Mon pouls battait tellement fort contre mes tempes qu’il menaçait de me rendre sourde définitivement.

Alors que j’allais le suivre et rejoindre un décor plus ombragé, une silhouette de la taille d’un building se détacha du brouillard. C’était la chose la plus grande que j’aie jamais vue. En comparaison, nous n’étions que de vulgaires fourmis. Un vertige s’empara de mon corps et je me serais sûrement effondrée s’il ne m’avait pas tirée par le bras.

-Ne t’arrête pas, je te l’interdis.

Son ton ferme ne me laissa pas le choix. J’avançai en le soutenant toujours. Je l’aidai à grimper sur les premiers rochers qui bordaient l’épaisse forêt. Il laissait une quantité astronomique de sang. Il tachait désormais aussi mes paumes, les rendant glissantes, si bien que je dévalai la surface plate du caillou dans le sens inverse.

-Sloanne !

Arrivé presque en haut, il me tendit la main. Je pris une grande inspiration et recommençai à grimper, mais une énorme vibration me fit m’arrêter à mi-chemin. N’osant pas regarder derrière moi, je levai d’abord la tête vers lui, mais la peur sur son visage me le fit regretter rapidement, si bien que je m’empressai de progresser malgré mon corps devenu lourd.

Il finit par m’attraper par le coude et, malgré sa blessure importante, me traîna à sa suite. Mes chevilles se tordaient violemment face aux nombreuses souches, mais les pas titanesques de ce monstre m’incitaient à continuer. À peine avions-nous fait quelques mètres que des arbres se mirent à s’effondrer sur notre sillage. Sans que je ne puisse le contrôler, les larmes coulèrent sur mes joues, preuve évidente que mon corps s’était déjà fait à l’idée de mourir.

Elle se rapprochait, toutes mes entrailles pouvaient le sentir, elles frémissaient d’effroi à l’idée de terminer entre ses crocs...

Mais alors que ma tête semblait vissée sur le sol, quelque chose tira brusquement Dominique en avant et je ne réalisai que trop tard qu’il s’agissait d’une pente dont je ne distinguais pas le fond. Son cri de surprise disparut très vite avec lui et la seule chose que mes lèvres réussirent à articuler fut un ridicule :

— Non...

Tout espoir venait de s’envoler avec lui, ne laissant qu’un profond vide et du désespoir. J’allais mourir ici, tuée par l’homme qui m’avait conduite dans un lieu inconnu, loin de ma famille. Il avait réussi, j’allais mourir et lui, il s’en sortirait...

Un grognement bestial me fit frémir et je me retournai lentement, désireuse de voir la chose qui allait m’arracher la vie.

Son souffle balaya mes cheveux de devant mon visage, son haleine mortuaire me donna un haut-le-cœur, tandis que du sang encore frais dégoulinait de sa mâchoire recouverte d’écailles bleu nuit. Celui-ci se répandit sur le sol, se mélangeant à la flaque d’eau à ses pieds.Ses yeux d’un rouge vif, rivés sur mon corps tout tremblant, semblaient m’étudier. Sa tête abaissée à mon niveau s’approcha progressivement, réduisant l’espace nous séparant.

Mon estomac me faisait atrocement mal, ainsi que l’ensemble de mes muscles, comme si mon corps se préparait à la douleur qui allait suivre. Serais-je en mesure de crier ?Je ne pense pas.Tout ce que je savais pertinemment, c’est que j’allais avoir mal, très mal.

Mais alors que je m’étais résolue à une mort certaine, l’ensemble de mon corps agit d’instinct et je reculai. Mon talon glissa sur une pierre recouverte de mousse, me propulsant dans le vide en arrière.

L’air siffla contre mes oreilles, alors que la tête du monstre se dessinait à quelques mètres de moi. Sa mâchoire claqua non loin de mon pied et je lâchai un cri d’effroi.

Ce n’est pas elle qui me tuera...Du moins pas cette fois...