Tome 2 : Fragance Obscure

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Summary

Certains remèdes sont pires que le mal. À Koldur, la Citadelle de glace, Imunë n'est plus seulement une proie : elle est devenue dépendante. Pour stabiliser son sang, elle a dû boire celui de Ash. Désormais, une question la hante : l'aime-t-elle vraiment, ou n’est-elle qu’esclave de ce lien biochimique qui brouille ses sens ? Décidée à reprendre sa liberté, elle choisit de s'isoler et d'affronter le sevrage. Mais alors que Ash s'éloigne pour une mission désespérée contre le Conseil, le manque devient insupportable. Dans le silence et le froid du Nord, leurs sentiments mutent. L'affection timide s'efface devant une passion nouvelle, plus profonde... et bien plus dangereuse. Car entre les murs de la citadelle, les secrets de Ash ne sont jamais loin. Et le prix de son amour pourrait être plus lourd que ce qu'Imunë est prête à payer. La Couleur des Effluves, Tome 2, suite de Parfum Invisible

Status
Ongoing
Chapters
21
Rating
n/a
Age Rating
18+

La Citadelle des Silences

Je me tenais immobile au sommet du rempart, là où la pierre de la citadelle se confondait avec la glace millénaire du glacier. Devant moi, l’horizon n’était qu’une nappe blanche, infinie, un désert gelé qui aurait dû m’offrir la paix.

Je me souvenais encore de la première fois où j’avais vu la neige, lors de notre traversée des cols oubliés. J’étais restée clouée sur place, le souffle coupé par cette poussière d’étoiles tombée du ciel. Sa pureté m’avait éblouie, sa fragilité m’avait émue ; chaque flocon semblait être un miroir de ma propre existence, une chose délicate et éphémère destinée à fondre au moindre contact trop humain. Dans ce monde blanc immaculé, je m’étais reconnue. J’étais, moi aussi, une page blanche sur laquelle le monde commençait à peine à écrire, une créature de glace et de silence, façonnée dans la froideur d’un laboratoire.

Depuis notre arrivée, il y avait déjà deux mois, je me plaisais à venir ici, en haut de cette tour, et à me perdre dans la contemplation de ce monde doux. Koldur était construite contre des parois de glace figée dans le temps, incassables. Derrière elle, s’étendait une banquise infinie. Devant, une étendue de neige désertique qui dévoilait le moindre imposteur. Ash n’avait pas tort lorsqu’il avait dit qu’il n’y avait pas d’endroits plus sûrs.

En contrebas, la ville s’étendait comme une cicatrice de bois et de métal sur la peau de neige. Des grappes de chalets robustes et de containers industriels entouraient la citadelle, reliés par des passerelles de fer qui vibraient sous l’assaut du blizzard. De ma hauteur, j’observais les habitants s’activer comme des insectes dans une lutte sourde contre le gel.

C’était un spectacle fascinant et brutal. Ici, personne ne vivait par plaisir ; ils vivaient par contrat. Je voyais des humains aux visages tannés par le vent décharger des caisses de vivres, tandis que des ombres plus sveltes, plus fluides, glissaient à leurs côtés. Des vampires. Ils revenaient de la banquise, portant sur leurs épaules des carcasses de phoques ou d’ours polaires dont le sang gelé ne tachait même plus leurs capes.

Il y avait dans ce mouvement perpétuel une vision qui faisait vibrer un écho étrange au plus profond de moi. Une symbiose. L’humain entretenait les machines, la chaleur et la lumière ; le vampire offrait sa force et sa vue nocturne pour nourrir la cité. C’était le fondement de ce que j’avais commencé à imaginer durant notre voyage : une cohabitation égale, dictée non par la soumission, mais par la nécessité.

Pourtant, l’atmosphère qui montait jusqu’à moi n’avait rien de l’utopie. Elle était rude, distante, saturée d’une méfiance que même le froid ne parvenait pas à anesthésier. On ne s’aimait pas à Koldur ; on se tolérait pour ne pas mourir seul.

Le vent s’engouffra dans mes cheveux et je frissonnai, serrant cette cape en peau massive dans laquelle j’évoluais à présent. À notre arrivée, j’avais reçu des vêtements chauds. Mon pantalon était réalisé dans un tissu épais, décoré par une ceinture en fourrure et des bottes bien hautes, rembourrées à l’intérieur. Heureusement, le froid ne s’insinuait pas entre les murs de la cité.

À l’intérieur de la Citadelle, il régnait une chaleur presque indécente, lourde de senteurs de bois de santal et de cire d’abeille. Les couloirs étaient tapissés de velours, les murs ornés de boiseries sombres. L’atmosphère y était douce, chaleureuse et confortable, bien éloignée de la dureté glaciale de l’extérieur.

Malgré ce luxe réconfortant, un malaise me tordait les entrailles. Dans ces couloirs, je n’étais qu’un fantôme. Les habitants de la Citadelle me croisaient sans un mot, leurs regards froids pesant sur moi comme une condamnation. Ils voyaient en moi une étrangère, une protégée oisive qui ne méritait pas encore sa place.

Au début, durant ces trois semaines de voyage à travers les étendues sauvages, cette nouvelle trouvaille m’avait semblé être une bénédiction. Entre les campements de fortune et les attaques de rôdeurs, le sang d’Ash avait été mon armure. Je me souvenais de nos haltes nocturnes, de la chaleur de son corps contre le mien pour chasser le givre, et de cette étrange intimité qui s’était tissée dans l’urgence de la fuite. Ce n’était pas seulement de la reconnaissance ; c’était une connexion électrique, une fusion que je ne parvenais pas à expliquer, me liant à lui d’une façon plus serrée que n’importe quel serment.

Mais à Koldur, la gratitude s’était muée en une révolte sourde. Petit à petit, alors que les jours passaient, j’avais compris. Mon corps le réclamait. Une soif ardente, comme le moteur de mon énergie.

Je voulais son sang.

Je détestais cette soif. Sans cette dose, mon sang redeviendrait ce phare insupportable, une invitation au massacre pour chaque prédateur du Nord. C’était comme une dépossession de soi. Mon corps réclamait Ash comme une drogue, et cette dépendance m’ôtait toute la dignité que j’avais cru conquérir en m’échappant du laboratoire.

Quelque chose en moi criait que ce n’était pas ainsi que les choses devaient se passer. Je ne pouvais pas rester cette plante de serre, entretenue par la volonté d’un maître, fût-il Ash. L’impatience me rongeait comme un acide. J’avais l’impression d’avoir passé ma vie à enchaîner les confinements : d’abord les murs stériles du laboratoire de mon enfance, puis la demeure d’Ash, et maintenant cette citadelle dorée qui, sous ses airs de refuge, n’était qu’une cage de plus.

Je rêvais de liberté, de parcourir ce monde que je découvrais à peine, de sentir le vent sans avoir à demander la permission de sortir. Mais la liberté ne s’attendait pas ; elle se forgeait. Et ce n’était pas en restant là, à lisser mes fourrures devant un feu de cheminée, que je trouverais le moyen de briser mes chaînes biologiques.

Mon esprit bifurqua vers Hakon. Le seigneur de ces lieux était une énigme glaciale, un bloc de marbre sculpté par Ash lui-même, des siècles plus tôt. Je ne parvenais pas à le cerner. Ash me répétait que les événements suivaient leur cours. Son silence de deux mois face à mes demandes de recherche, d’action, était un mur contre lequel je me fracassais chaque jour. Chaque jour me tirait toujours plus vers Ash, dans une tempête compliquée à gérer.

Mon regard dériva à nouveau vers le sol de verre, là où la lumière ambrée des lustres se perdait dans les profondeurs bleutées. En dessous de nous, Koldur cachait son plus grand secret. Des galeries de glace immenses, de véritables cathédrales de givre qui emprisonnaient les restes de l’ancien monde. Ce n’étaient pas seulement des ruines ; c’était un cimetière technologique où des pans entiers de laboratoires humains, des serveurs informatiques et des machines complexes étaient restés intacts, figés dans le gel. Pour n’importe qui, c’était un tas de ferraille inutile. Pour moi et Kaele, c’était le Graal.

C’était là, parmi ces vestiges de l’ingéniosité humaine abandonnée, que Kaele pourrait enfin travailler. S’il parvenait à redémarrer certains de ces appareils, à utiliser la puissance de calcul de l’ancien monde pour décoder mon propre sang, je pourrais peut-être trouver une issue. Une façon d’être moins... accro à Ash. Moins dépendante de sa présence pour ne pas m’embraser.

— Tu penses à quoi ?

Le timbre cristallin de Roxanne me fit sursauter. Je relevai la tête, mon cœur battant un peu trop vite, comme si elle avait pu lire mes pensées de rébellion scientifique sur mon visage. Je déglutis, tentant de reprendre une contenance. Je n’étais pas la seule à avoir changé au cours de ce voyage de trois semaines. La jeune vampire fragile que j’avais rencontrée s’était évaporée pour laisser place à une version d’elle-même plus affûtée, plus dense. Chaque jour, Roxanne montrait un visage de détermination farouche. Elle luttait contre ses nouveaux sens de vampire avec une discipline qui forçait le respect, bien décidée à ne pas céder à ses instincts, ni à devenir une prédatrice sans âme.

Sandro y était pour beaucoup. Sa patience et sa douceur suffisaient à calmer le cœur effarouché de Roxanne. Lors du voyage, nous avions eu le temps de lier connaissance. Sa dévotion envers son frère était touchante. Et j’avais l’impression qu’elle voyait en moi une sorte d’espoir que je ne comprenais pas. Je voulais juste vivre en liberté. Et rester aux côtés d’Ash. De sa chaleur.

— À l’avenir, répondis-je enfin, ma voix un peu plus rauque que je ne l’aurais voulu.

Elle s’approcha, ses pas ne produisant aucun son sur le tapis de neige. Elle aussi fixa le sol, là où s’étendait une éternité immaculée.

— L’avenir est une notion floue quand on est figé dans la glace, murmura-t-elle. Parfois, j’ai l’impression que le mien s’est arrêté lorsque j’ai été mordue.

Je tournai la tête vers elle. Jamais elle n’avait véritablement énoncé les circonstances de sa transformation. Roxanne était jeune, possédait la beauté froide et parfaite des vampires. Des traits lisses, blancs et des yeux d’un rouge profond. Le temps s’arrêtait sur l’esquisse de ses courbes. Elle était peu bavarde, réservée.

— Le vampirisme n’est pas une fin en soi, murmurai-je doucement. Tu trouveras ton rôle à jouer dans ce monde.

Roxanne laissa échapper un rire sans joie, un son cristallin qui s’évapora aussitôt dans l’air froid.

— Mon rôle ? répéta-t-elle en tournant ses yeux rubis vers moi. Pour l’instant, mon rôle consiste à ne pas vider le premier humain qui me bouscule un peu trop fort.

Elle fit un pas de plus vers le bord du rempart, là où le vent soulevait des volutes de poudreuse fine.

— Toi, tu as une mission, Imunë. Tu es la clé d’un monde meilleur, j’en suis convaincue. Mais moi... je suis juste une erreur de parcours qui essaie de ne pas trop tacher les tapis.

Je sentis un pincement au cœur. Roxanne se voyait comme une anomalie, alors que pour moi, elle représentait la preuve qu’un vampire possédait bien une âme. Mais je la comprenais. Moi aussi, je me sentais comme elle.

— On ne survit pas à une traversée comme la nôtre pour finir comme un simple bibelot dans une citadelle de glace, dis-je avec force. Tu as une volonté que beaucoup de ceux nés dans ce monde n’ont pas. Quant au monde meilleur... je ne le connais réellement que depuis peu. Je ne sais pas comment je pourrais le rendre meilleur.

Un silence s’installa, rompu seulement par le sifflement du blizzard. Roxanne esquissa un sourire triste, une expression presque humaine qui détonnait avec la pâleur de ses traits.

— En tout cas je sais une chose, souris-je doucement en attrapant sa main. Si je dois rendre le monde meilleur, ce sera avec et grâce à vous.

Roxanne ne retira pas sa main. Au contraire, ses doigts glacés se refermèrent sur les miens avec une force surprenante, un ancrage mutuel au milieu de ce désert blanc. Elle semblait peser mes mots, les laissant infuser dans son esprit immortel.

— Si tu décides d’avancer, nous te suivrons. Kaele et moi en tout cas. Tu as ce pouvoir, Imunë. Cette innocence d’unir le monde. Mais tu sais aussi bien que moi que Hakon et Ash ne voient pas les choses de cet œil.

Elle se tourna de nouveau vers le sol de verre, là où l’obscurité des profondeurs semblait nous appeler.

— Et Ash ? chuchotai-je, craignant sûrement sa réponse à ma question.

Roxanne planta son regard sur moi. Ses yeux rouges me fixaient avec une intensité qui me fit frissonner. J’avais l’impression qu’elle lisait en moi.

— Méfie-toi d’Ash, Imunë.

J’ouvris la bouche pour protester. Je sentais en moi mon sang bouillonner, comme si l’idée même de le remettre en question était une hérésie pure. Un effet secondaire de son sang en moi.

— Je te le dis en tant qu’amie, Imunë, reprit Roxanne. Je sais ce que vous manigancez. Je sais que tu bois son sang pour contrer l’odeur du tien. Tu es peut-être immunisée, mais le sang possède des propriétés puissantes. Fais attention à ne pas te perdre dans le contrôle qu’il va pouvoir exercer sur toi.

Ses mots tombèrent dans le silence du rempart comme des pierres jetées dans un puits sans fond. Je sentis un vertige me prendre, et je rougis furieusement. Je dégageai ma main, gênée. Le froid du vent me parut soudain plus supportable que la vérité de Roxanne. Elle avait raison, et c’était précisément ce qui me rendait folle. Cette chaleur que je cherchais chez lui, cette sécurité... était-ce une émotion réelle ou simplement le cri de mes cellules réclamant leur dose ?

— C’est pour ça que je dois descendre, dis-je en désignant le sol enneigé. Dessous, dans les galeries. J’espère trouver la solution pour changer... ça.

Les lèvres de Roxanne s’étirèrent en un sourire malicieux.

— Alors dépêche-toi. Kaele t’attend près des anciens conduits de maintenance, derrière les cuisines de la Citadelle. Il a réussi à forcer une grille. Et dans quelques secondes je vais t’offrir une petite diversion. Tu as deux heures, pas une de plus.

Cette fois, je ris franchement. Un premier rire, simple et franc.

— Tu es la meilleure.

Je ne perdis pas une seconde de plus. Je me détournai de l’immensité blanche et m’engouffrai dans l’escalier en colimaçon qui me ramenait dans les étages inférieurs.

Le trajet fut un flou de couloirs sombres et de parfums de bois brûlé. J’évitai ceux que je croisais, me glissant dans les ombres comme si j’étais déjà une créature de la nuit. Je finis par repérer la silhouette nerveuse de Kaele près d’une porte, dissimulée derrière des barils de saumure.

— Imunë ! chuchota-t-il, ses yeux s’écarquillant derrière ses lunettes. Te voilà enfin.

— J’ai entendu dire que tu avais trouvé quelque chose ?

Il pointa du doigt une petite porte de service dérobée, nichée derrière les réserves de bois des cuisines. Nous nous glissâmes dehors, longeant la paroi de pierre massive alors que la neige nous cinglait le visage. Kaele me guida vers une grille d’aération industrielle, à moitié ensevelie sous une congère, située à quelques dizaines de mètres de l’enceinte principale. C’était l’un des rares points où l’architecture humaine de l’ancien monde perçait encore la glace du glacier.

— Ces conduits servaient à évacuer la chaleur des serveurs, m’expliqua-t-il en forçant le verrou rouillé avec un levier. En passant par ici, on contourne les entrées officielles pour rejoindre directement les couloirs de glace.

Il tira la grille dans un grincement métallique que le blizzard étouffa aussitôt. Un air différent s’en échappa : un souffle glacial, mais étrangement immobile, chargé d’une odeur de métal oxydé et de poussière électrique vieille de plusieurs siècles.

— On entre dans la zone morte, m’avertit-il, son regard brillant d’une excitation mêlée de peur. Si on se fait prendre là-bas, Hakon risque de ne pas apprécier. Je ne suis pas sûr qu’Ash soit content.

— Je m’occupe d’Ash. C’est trop important.

Je m’assis au bord du vide, mes bottes ballantes au-dessus de l’abîme technologique de Koldur. Une dernière fois, je sentis l’appel du sang d’Ash dans mes veines, une impulsion me poussant à faire demi-tour, à courir vers ses appartements pour me perdre dans sa chaleur. Me chuchoter qu’il serait furieux. Que je ne devais pas le décevoir.

Je fis taire cette voix.

Et je me laissai glisser dans le noir.


Encyclopédie des Odeurs

FICHE OLFACTIVE N°35 : LA NEIGE

Désignation technique : Cryo-Cristallis Catégorie : Atmosphérique / Boréale

« La neige est le linceul du monde. C’est une substance qui ne se contente pas de recouvrir la terre ; elle en dévore les sons et les effluves pour ne laisser qu’un vide étincelant. »

PROFIL SENSORIEL

NOTE DE TÊTE (Le Cristallin) : Une pointe d’ozone et de métal froid. Une morsure électrique qui pique les narines, signalant l’arrivée de la tempête. C’est l’odeur du ciel qui se solidifie.

NOTE DE CŒUR (La Stérilité) : Un parfum de papier blanc et de poussière d’eau. C’est une odeur “plate”, dénuée de vie organique, évoquant l’absence totale de décomposition et le sommeil des minéraux.

NOTE DE FOND (L’Humidité sourde) : Un résidu de terre mouillée et de pierre gelée. Une senteur de caveau naturel qui ne se révèle que lorsque le flocon meurt et redevient liquide sur une surface chaude.

ANALYSE TACTIQUE

La neige modifie radicalement les conditions de chasse, agissant comme un filtre impitoyable :

L’Effaceur de Traces : Elle recouvre les pistes plus vite qu’un homme ne peut courir. Elle nivelle les odeurs de surface, forçant le prédateur à chercher plus profondément, sous la croûte blanche, le sel de la sueur ou le fer du sang.

Le Piège Olfactif : La neige fraîche emprisonne les odeurs de peur. Une proie qui s’enfonce dans une congère libère des bouffées de chaleur que je peux repérer à des lieues, comme des balises de vapeur dans un désert de glace.

✍️ NOTE DE TRAQUE

« Pour un humain, la neige sent la pureté. Pour moi, elle sent la famine. C’est le parfum du silence absolu, celui qui précède l’agonie. Dans le blizzard de Koldur, la neige est un mur blanc qui tente d’étouffer mon instinct. Elle refroidit le sang de mes proies, rendant leur sillage plus discret, plus fin. Mais elle possède aussi une trahison : elle rend l’odeur du sang d’Imunë encore plus éclatante. Sur le blanc immaculé, son parfum ne se mélange pas ; il hurle. Traquer dans la neige, c’est apprendre à lire dans un livre où chaque page se referme derrière soi. »