Les Cendres d'Évélogia

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Summary

Sun-hi n’était destinée à rien d’exceptionnel. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Jusqu’au jour où une simple invitation au palais impérial bouleverse son destin. Propulsée dans un monde de luxe, de pouvoir et d’apparences, elle découvre une cour où chaque sourire cache une ambition, et où chaque regard peut devenir une menace. Au cœur de cet univers impitoyable, elle attire l’attention du prince Aelius, un homme aussi puissant qu’énigmatique, dont le choix pourrait changer à jamais le cours de sa vie. Mais dans l’ombre du palais, les intrigues se tissent. Manipulations, trahisons et secrets anciens menacent l’équilibre fragile de l’Empire. Et Sun-hi, étrangère à ce monde, pourrait bien en devenir la pièce maîtresse… ou sa chute. Entre amour naissant, luttes de pouvoir et quête d’identité, Sun-hi devra faire un choix : rester fidèle à elle-même… ou embrasser le destin que personne n’avait prévu pour elle.

Genre
Fantasy
Author
Louna
Status
Ongoing
Chapters
10
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapter 1 - Le bals des Destins

L'année 1846 touchait à sa fin dans l'Empire d'Évélogia. Les vents d'hiver caressaient les pierres froides des grandes avenues de Lémoria, la capital impérial. On disait que jamais la cité n'avait été aussi animée : les préparatifs du grand bal annuel battaient leur plein, un événement exceptionnel ouvert non seulement aux nobles, mais aussi au peuple, sur décision de Sa Majesté l'Empereur.

Le but était clair : trouver une épouse au prince héritier, Aelius d'Évélogia, âgé de vingt-cinq ans.

*Au marché du quartier des tisserands*

— Sun-hi, je t'en supplie, viens avec moi ! Lança Léa, une jeune fille blonde au sourire éclatant, tout en examinant un étal de pommes.

— Léa...à quoi bon ? Ce bal, c'est pour les nobles. Tu crois vraiment qu'une fille comme moi aurait sa place parmi eux ? Répondit Sun-hi, les yeux baissés.

Sun-hi avait vingt-deux ans. Ses cheveux noirs brillaient au soleil, sa peau claire portait les traces fines du travail manuel, et ses yeux, d'une rareté fascinante — l'un bleu profond, l'autre vert émeraude — attiraient souvent les regards curieux. Fille d'un ancien lettré ruiné, elle vivait modestement, donnant des leçons d'écriture aux enfants des artisans pour survivre. Mais sous ses dehors calmes se cachait un esprit d'une grande vivacité, et des mains capables de manier le pinceau comme le bâton de défense que son père lui avait appris à utiliser.

— Ce n'est pas qu'un bal, Sun-hi. Et si tu n'y vas pas pour plaire au prince, vas-y pour toi. Tu as passé ta vie à travailler. Pour une fois amuse-toi.

— Amuse-toi... répéta Sun-hi en soupirant. Tu parles comme si c'était si simple.

Le marchand derrière elles, un vieil homme ridé, intervint avec un sourire amusé :

— Si j'étais le prince, je ne regarderais que vous, mademoiselle Sun-hi. Ces yeux-là valent tous les diamants du palais.

Sun-hi rougit, baissa la tête et tenta de changer de sujet. Mais Léa n'en démordait pas. Après des heures de persuasion, elle obtint enfin un Oui.

*Le soir du bal*

Le palais impérial de Lémoria resplendissait de mille chandelles. Des carrosses dorés défilaient devant les grilles d'or, tandis que les musiciens répétaient déjà dans la grande salle.

Dans un petit appartement du quartier des faubourgs, Sun-hi enfilait une robe que Léa lui avait prêtée : simple, bleu pâle, ajustée à la taille, sans bijoux. Mais sur elle, la simplicité prenait des allures d'élégance rare. Léa, en l'aidant a nouer le ruban, murmura :

— Tu verras. Ce soir, tout changera.

— Ou rien du tout, répondit Sun-hi avec un sourire triste.

*Le bal*

Le prince Aelius se tenait près du trône de ses parent. Grand, les cheveux châtains, le regard vif mais fatigué. Depuis le début de la soirée, il dansait avec des femmes somptueusement vêtues, mais creuses dans leurs propos. Toutes ne parlaient que de mode, de bijoux, de gloire et d'or.

Il soupira et s'écarta de la piste.

— Elles sont toutes les mêmes, dit-il à voix basse.

— La perfection en surface, le vide derrière les sourires, répondit son ami et garde, le capitaine Lucen.

— Je veux une femme avec une âme, pas une couronne ambulante.

C'est alors qu'il la vit. Une jeune femme du peuple, à la robe sans dentelles, mais au port gracieux. Elle semblait égarée, observant la salle avec curiosité et retenue. Son regard bicolore croisa celui du prince. Il sentit quelque chose d'étrange — un calme soudain, une présence différente, vraie.

Il s'approcha.

— Mademoiselle, me feriez-vous l'honneur de cette danse ?

Sun-hi sursauta.

— Votre Altesse...je ne suis pas sûre d'en être digne.

— Alors, vous êtes la seule ici à mériter cette valse, répondit-il avec un léger sourire.

Elle hésita, puis posa sa main dans la sienne. La musique s'éleva.

*La danse*

Leurs pas s'accordèrent sans effort.

— Je ne vous ai jamais vue dans les cercles de la cour, dit-il en la guidant.

— C'est que je n'en fais pas partie. Je viens du quartier des tisserands.

— Du peuple ?

— Est-ce un défaut, Sire ? Répondit-elle doucement, sans crainte.

Le prince la fixa, surpris.

— Non... au contraire.

Ils tournoyaient, et autour d'eux, les nobles chuchotaient. Mais Sun-hi senblait ailleurs, absorbée par la musique, le marbre du sol, les reflets des lustres.

— Vous semblez tout observer, nota le prince.

— Observer, c'est comprendre. ET comprendre, c'est déjà vivre un peu plus profondément, dit-elle simplement.

Aelius resta silencieux. C'était la première fois qu'on lui parlait ainsi — sans flatterie, sans peur.

La musique cessa. Il la raccompagna près du buffet.

— Puis-je savoir votre nom ?

— Sun-hi, mon prince.

— Sun-hi, répéta-t-il comme s'il goûtait le mot. Il vous va bien.

*Après le bal*

Quand elle rentra chez elle, le cœur battant encore, Léa se jeta sur elle.

— Alors ? Dis-moi tout !

— J'ai dansé avec le prince.

— Tu plaisantes ! Et ?— Et je crois qu'il est... humain. Vraiment humain.

Elle sourit doucement. Mais au fond d'elle, elle savait que cette rencontre, aussi improbable soit-elle, allait bouleverser son existence.

Car dès le lendemain, un messager du palais frapperait à sa porte...