THE SEVEN RINGS

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Summary

Dans un monde dominé par les mystérieux Seven Rings, des reliques anciennes capables de contrôler les forces fondamentales de l’univers, l’équilibre du monde repose sur un secret dangereux. Kaito, un jeune garçon ordinaire, voit sa vie changer lorsqu’il entre en contact avec l’un de ces anneaux légendaires. Dès lors, il devient la cible de factions puissantes prêtes à tout pour s’emparer des Seven Rings. Forcé de fuir et de se battre, Kaito découvre que ces anneaux ne sont pas de simples sources de pouvoir, mais des fragments d’une vérité capable de sauver ou de détruire le monde. Entre combats, trahisons et révélations, il devra choisir ce qu’il est prêt à sacrifier pour survivre… et comprendre le vrai rôle des Seven Rings.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

Commencement

The Seven Rings

Par Modrique Rei alias helios



Tout commença dans un monde magnifique, beau, où la vie était plus lumineuse que jamais, et où les hommes s’entendaient à merveille, respectant les règles du Créateur. Pour les remercier, le Créateur leur offrit alors la naissance d’un sage, leur permettant d’évoluer. Les hommes étaient heureux de ce cadeau.

Mais un jour… tout bascula.

L’élu fut corrompu par une force cachée et perdit le contrôle. Il apprit alors aux hommes à connaître l’amour, la haine, la tristesse… à construire, mais aussi à détruire.

Ainsi, les royaumes et les empires furent créés.

Mais ces derniers voulaient toujours plus.

Toujours plus de pouvoir.

Toujours plus de domination.

Et la guerre s’installa.

Durant des générations, ce fléau ravagea le monde. Les hommes furent corrompus par le simple fait d’avoir le pouvoir.

Voyant cela, le Créateur, aimant ses enfants, décida de venir les voir pour leur montrer la réalité.

Mais ils refusèrent.

Ils suivirent le sage.

Pourquoi ?

Parce que pour eux… il était parfait.

Beau.

Omniscient.

Omnipotent.

Celui qui allait sauver le monde.

Il vécut pendant 13 000 ans… puis mourut, laissant aux hommes ses connaissances.

Plus tard, un grand empereur, possédant un empire assez puissant, renversa tous les royaumes du monde et donna naissance à deux fils.

Deux frères.

Deux visions.

L’un voulait arrêter la guerre.

L’autre voulait dominer le monde.

Le conflit était inévitable.

Ils s’affrontèrent…

Et le second mourut.

Ainsi, le premier régna sur l’empire…

Et la paix s’installa à nouveau dans notre monde…

(Dans une chambre à coucher. L’enfant est sur le lit. Le père tient un testament.)

— Waouh papa… ton histoire est magnifique… c’est beau… moi j’adore !

Kaïto, 5 ans, affichait un petit sourire mignon.

— Oui, mon fils… ta mère aussi aimait cette histoire…

Un silence s’installa.

L’ambiance changea légèrement.

Plus lourde.

Plus calme.

— Papa… tu penses que maman reviendra un jour… ?

Les larmes montaient.

Darak sourit doucement.

— Maman n’est pas loin… Elle est là… dans ton cœur… pour toujours.

Kaïto essuya ses larmes.

Je dois être fort… pour papa…

— Oui papa…

Le père caressa les cheveux de son fils, puis sa joue. L’enfant le regarda et sourit.

Darak se leva.

— Bonne nuit, fiston.

— Papa… t’es trop beau !

Darak resta surpris une seconde.

— Merci, fiston.

La lumière s’éteignit.

La porte se referma doucement.

Silence.

Kaïto rouvrit les yeux.

Il est parti…

Il se leva lentement… puis prit un crayon.

Son regard se posa sur le cadre devant son lit.

Sa mère.

Sans hésiter… il commença à dessiner.

(Musique entraînante)

10 ans plus tard !

Une chambre d’ado complètement désorganisée.

— Mais il est où ce truc… ?!

Kaïto fouillait partout.

Vêtements, livres, objets… tout était en désordre.

— C’est l’heure fiston ! Tu dois y aller !

— J’arrive papa ! Un instant je cher—

Ah merde !

— —che mon livre d’histoire… littéraire !

Il se coinça dans un fil d’habit.

— Aïe !

Puis il descendit les escaliers en courant.

— Je suis là papa ! Je suis prêt !

Darak ajustait sa cravate devant un miroir.

— Ah… c’est pas trop tôt. Un jour tu manqueras l’école à force de perdre tes affaires n’importe comment !

— Oui… je ferai de mon mieux…

— Ton uniforme te va très bien, Kaïto.

— Merci papa !

Sans attendre, Kaïto ouvrit la porte.

— Au revoir !

BAM.

La porte claqua.

Et il se mit à courir.

Sur la route…

Une voiture blanche.

Hein ?

Elle le suivait.

Attends… sérieusement ?

— J’espère que c’est le monsieur d’à côté qui cherche à me kidnapper… Moi chuis pas assez gros pour subir ce genre de problème… mais bon… ils vont sûrement bien me nourrir…

Il tourna la tête.

Et là—

— Cette sorcière !

Alia.

Dans une voiture de luxe.

— Quel pitoyable chien des rues tu fais…

— Fous le camp !

— Je ne suis pas là pour un concours d’injures. Au contraire, je veux faire la paix avec toi.

La voiture s’arrêta.

Kaïto aussi.

— Pa… pardon ?

— Je veux faire la paix. Monte.

— Attends… t’es malade ?

— Non.

— …Ah.

Bon… c’est bizarre… mais…

— D’accord… merci…

Il se retourna.

— Tu vois que la Bible t’a fait du bien !

La voiture partit.

Sans lui.

Silence.

— …Hein ?

— Dépêche-toi Kaïto !

— Je retire ce que j’ai dit… si elle touchait la Bible, elle deviendrait des cendres ! Non mais quelle diablesse !

Elle m’a encore eu !

Et il repartit en courant.

Plus vite.

Plus fort.

Enchaînant des mouvements agiles.

Le lycée apparaissait au loin.

Et devant—

Alia.

— Tu vas voir, idiote !


Kaïto accéléra encore, ignorant la fatigue qui brûlait ses jambes.

Je vais pas me laisser battre par cette folle…

Il bondit, passa par des raccourcis, grimpa sur un petit muret, puis redescendit avec agilité. Sa respiration devenait lourde, mais il ne ralentissait pas.

Au loin, le portail du lycée.

Et juste devant…

Alia.

Debout.

Calme.

Comme si elle l’attendait depuis le début.

— Tu vas voir, idiote !

Kaïto donna tout ce qu’il avait et atteignit enfin le portail, complètement essoufflé.

— Haa… haa…

Il releva la tête, les yeux pleins de frustration.

— Je ne crois pas que l’enfer soit assez chaud pour accueillir des pestes de ton genre… des filles de riches pourries gâtées qui ne savent même pas pourquoi elles doivent construire un avenir… et laisser les pauvres faire de même !

Alia afficha un petit sourire.

— Chacun est né sans savoir dans quelle famille il a été mis. Ma richesse est un cadeau, je dois en profiter. Et si toi tu es pauvre, ce n’est pas de ma faute. Je ne suis pas Dieu… alors arrête de me juger. Moi, je veux juste faire la paix avec toi.

Kaïto resta un instant figé.

La paix… ? Elle ?

— La paix… tu connais la paix, toi ?

— Bien sûr que je connais la paix, mon grand. Mais pour ça… il faut que tu saches certaines choses.

Kaïto fronça les sourcils.

— Donc si je comprends bien… tu promets de me laisser tranquille ?

Alia s’approcha légèrement.

— On se connaît depuis l’enfance. Ce sont juste des disputes entre amis. Je promets de te laisser tranquille.

Kaïto esquissa un petit sourire.

— Ah ouais ? Et c’est quoi cette chose que je dois faire pour ne plus que tu m’embêtes ?

Un sourire maléfique apparut sur le visage d’Alia.

— Ne plus être en retard au lycée.

Silence.

Oh non.

Kaïto ouvrit grand les yeux.

— OH !

Il se mit à courir en direction de sa classe sans réfléchir.

— Non mais quel idiot… avec qui il compte faire la paix celui-là !

Les couloirs du lycée.

Kaïto courait dans tous les sens.

— C’est où déjà ?! Gauche ? Droite ?!

Il manqua de percuter plusieurs élèves.

— Désolé ! Pardon ! Laissez passer !

Enfin, il trouva la porte de sa salle.

Il l’ouvrit brusquement.

CLAC.

Le professeur était déjà là, debout, en train de faire cours.

Tous les regards se tournèrent vers lui.

Silence total.

— Kaïto… tu es en retard.

— N-non… non monsieur ! C’est… c’est pas ma faute…

Réfléchis… réfléchis…

— Pardonnez-moi… ça ne se reproduira plus…

Il baissa la tête, prenant un air triste.

Le professeur soupira.

— Ah… tu as de la chance, on vient de commencer.

Kaïto releva la tête immédiatement.

— Merci monsieur ! Vous êtes vraiment le meilleur !

Ça passe !

Ses camarades le regardaient avec mépris.

— Tss…

— Toujours lui…

Mais Kaïto s’en fichait. Il alla s’asseoir, juste devant Ligt.

Ligt tourna la tête vers lui, l’air dépassé.

— C’est encore elle, n’est-ce pas ?

Kaïto soupira.

— Oui…

Comme d’habitude…

Soudain—

TOC TOC.

La porte s’ouvrit.

Alia entra.

Posture confiante. Démarche élégante.

— Ah, te voilà. Tu peux aller t’asseoir.

Tous les élèves la regardaient.

Silence.

Certains étaient clairement impressionnés.

Kaïto, lui, détourna les yeux.

Pff…

Au passage, Alia lui lança un clin d’œil.

Je vais la tuer.

— C’est vrai qu’elle est belle…

Ligt regardait encore.

Kaïto attrapa sa tête et la tourna de force.

— Ne regarde pas !

— Hé !

— C’est la femme du diable ! Elle éblouit tout le monde avec sa beauté, mais au fond c’est un monstre !

Ligt sourit légèrement.

— Mais non… elle est juste riche et charismatique. Tu ne la vois pas dans les magazines ?

— Ne me dis pas que vous êtes tous corrompus… !

Kaïto posa sa tête sur la table.

— Et merde… vous êtes tous devenus des pantins dirigés par cette sorcière…

— Tu dramatises trop, Kaït.

Le professeur se retourna brusquement.

— SILENCE !

Toute la classe se figea.

— Sortez votre manuel d’histoire littéraire. À la page vingt-quatre, vous me ferez un bref résumé de l’histoire “Les sorcières de Babylone”, vos impressions et les insuffisances.

— D’accord monsieur !

Le temps passa.

Vue extérieure de la salle.

Kaïto regardait par la fenêtre, dessinant un croquis.

Hmm… si j’ajoute ça ici…

Le temps continua de s’écouler.

— Je vois que l’heure d’aujourd’hui nous a surpris…

Le professeur regarda sa montre.

— Demain je corrigerai. Vos résultats, vous les ferez sous forme de dossier PDF. C’est un exercice de maison pour tester votre niveau.

La cloche sonna.

Bibliothèque.

Silence.

Kaïto cherchait dans les rayons.

— Mais où est passé ce foutu bouquin… ?

Il était là tout à l’heure…

Il soupira.

— Bon… je vais demander au bibliothécaire…

Il tourna dans un couloir.

Et—

…Merde.

Remon.

Son pire ennemi.

Grand. Brutal. Toujours entouré.

Kaïto tenta de faire demi-tour.

Trop tard.

— Kaïto… tu fuis ?

Kaïto se força à sourire.

— Mais non… c’est juste que j’ai pas trouvé ce que je cherchais… alors je vais rentrer chez moi…

Il recula lentement.

— Tu partiras quand je te le dirai.

Un autre élève apparut derrière lui.

Bloqué.

— T’as toujours pas compris… ou tu fais exprès ?

Ça sent mauvais…

Soudain—

Alia entra dans la bibliothèque.

Elle vit la scène.

Kaïto tourna la tête vers elle.

— Alia !!! Aide-moi !

Un instant.

Un regard.

Puis…

Elle détourna les yeux.

Comme si elle n’avait rien vu.

Silence.

Remon éclata de rire.

— Tu crois qu’une fille comme elle va t’aider ? Tu fais pitié avec tes idées idiotes !

Le cœur de Kaïto se serra.

Il regarda Alia une dernière fois.

— Tu ne vaux pas mieux que ces types !

Alia serra légèrement le livre qu’elle venait de prendre.

Mais ne bougea pas.

Kaïto fut traîné de force hors de la bibliothèque.

— NON ! Lâchez-moi !

Ils l’amenèrent devant une porte.

Vieille.

Fermée.

Lourde.

— Tu connais cette salle ?

Kaïto pâlit.

— N-non… s’il vous plaît… je ne veux pas entrer là-dedans… elle est trop effrayante…

Remon éclata de rire.

— T’es sérieux ? D’après la légende, un groupe d’élèves ultra doués avait créé une secte ici pour sauver le monde… mais la mort les a tous emportés…

Il s’approcha.

— Moi, je cherche juste un endroit tranquille… et toi…

Sourire cruel.

— Tu seras mon billet d’entrée.

— Pitié… !

— Jetez-le.

Ils le poussèrent.

Kaïto chuta.

Escaliers.

Un choc.

Le sol.

Silence

...

La douleur se répandit dans tout son corps.

— Aïe…

Kaïto grimaça en se relevant lentement. Sa tête tournait encore légèrement.

Ils sont sérieux… ils m’ont vraiment jeté…

Il leva les yeux.

La salle.

Sombre. Silencieuse.

Remplie d’objets étranges.

Des fioles de scientifiques alignées sur des étagères. Des armoires anciennes. Des médicaments poussiéreux.

Un frisson parcourut son dos.

— C’est… quoi cet endroit…

Un bruit.

Gratt…

— Hein ?!

Un rat surgit et passa devant lui.

— AAH !

Kaïto sursauta violemment.

— Ok… calme-toi… calme-toi…

Il inspira profondément.

Puis se mit à marcher doucement dans la salle, faisant attention à chaque pas.

Faut pas faire de bruit… faut pas faire de bruit…

Son pied heurta quelque chose.

— Hein ?

Un livre.

Au sol.

— Mais c’est quoi ce truc… qu’est-ce que ce livre fout ici ?

Il se pencha et le ramassa.

De la poussière recouvrait la couverture.

— “À la recherche des anneaux”… ?

Ce titre…

Il regarda autour de lui.

— Bon…

Il aperçut un torchon sur une étagère, s’en empara rapidement et essuya le livre.

— Voilà…

Il l’ouvrit.

La première page.

Et commença à lire.

— Uriel sauva plusieurs peuples par son courage et sa volonté à protéger les hommes… il dirigea des armées et gagna chaque bataille…

Kaïto fronça les sourcils.

— Il combattit même les Titans des royaumes du Nord et les soumit à sa volonté…

Attends… c’est du lourd là…

— Il était pour nous l’égal des dieux… par sa puissance, on savait qu’il jouait dans une autre catégorie…

Kaïto avala sa salive.

— Il finit par accomplir sa volonté… il réconcilia plusieurs peuples et offrit la paix que tous espéraient…

Un silence.

Puis—

— Puis vint le jour où il retourna dans l’empire… impatient de revoir son frère Ereb…

Un frère… ?

— Mais les retrouvailles ne furent pas agréables…

Kaïto se concentra.

— Uriel apprit qu’Ereb avait renié la famille… qu’il l’avait trahi… et qu’il dirigeait le royaume d’une main de fer…

Ça sent mal…

— Il lui demanda de quitter le trône… mais Ereb refusa…

— Uriel n’eut d’autre choix que de le forcer…

Kaïto serra légèrement le livre.

— Ce qui déclencha une grande guerre… appelée “L’Apocalypse des empereurs”…

Sa respiration se coupa un instant.

— C’était plus qu’un Ragnarok…

— La moitié des hommes moururent… ainsi que la totalité des géants…

Kaïto baissa légèrement le regard.

— La peur… la tristesse… la folie… les épidémies… la trahison…

…c’est horrible…

— Le combat entre Uriel et Ereb dura 41 jours…

Silence.

— Puis… Uriel posa les genoux au sol…

Kaïto écarquilla les yeux.

— Il allait perdre… ?

— Ereb était sur le point de l’achever…

— Mais un miracle se produisit…

Le cœur de Kaïto s’accéléra.

— Le dieu créateur conféra la moitié de ses pouvoirs à Uriel…

— On dit que tous les hommes se prosternèrent…

— Uriel utilisa ce pouvoir pour aspirer le mal de son frère…

— Ereb devint une statue de pierre…

Silence.

— Uriel gagna la guerre…

— Mais à quel prix…

Kaïto murmura presque.

— Il ne parla plus jamais… et préféra écrire son testament…

Kaïto resta figé.

— Cette histoire…

Il serra le livre.

— …me rappelle celle de mon père…

Un souvenir surgit.

La voix de Darak.

— “Un grand empereur eut deux fils… l’un sauva le monde de la guerre…”

Les yeux de Kaïto tremblèrent légèrement.

— C’est… la même histoire…

Il continua de lire.

— Avant sa mort, Uriel rassembla les pouvoirs du Créateur et les plaça dans une bague…

— Cette bague se divisa en sept…

— Il dit ceci…

Kaïto retint son souffle.

— “L’humain apprend par ses actions…”

Les mots semblaient lourds.

— “Quand il a peur de la vérité, il s’invente des mensonges…”

— “Quand il veut survivre, il peut détruire des liens très forts…”

Kaïto serra les dents.

— “Cette bague peut changer le système…”

— “Mais qu’elle soit utilisée pour le bien ou pour le mal… le système finit toujours par corrompre…”

Silence.

— “C’est pourquoi je les ai séparées sur sept îles différentes…”

Kaïto leva brusquement la tête.

— Sept îles… ?

Un flash.

Un souvenir.

— Maman… tu vas revenir de ton voyage, pas vrai ?

— Mais bien sûr ! Juste pour visiter des îles… et je reviendrai pour tes 5 ans, promis !

Le cœur de Kaïto se serra violemment.

— …Elle n’est jamais revenue…

Ses mains tremblaient.

— J’ai même oublié son visage…

Il baissa la tête.

Serra les poings.

— …

Silence.

Long.

Lourd.

Puis—

Il ferma le livre.

— …

Je dois savoir.

Il se releva.

Et remonta les escaliers.

Lorsqu’il sortit…

La cour était vide.

Presque.

— KAÏTO !!!

Une voix.

— KAÏTO !!

Ligt.

— Je suis là !

Kaïto leva la main.

Ligt accourut immédiatement.

— Ah ! Te voilà ! Mais où t’étais passé ?! Je t’ai cherché dans tout le lycée !

Kaïto le regarda.

Un peu perdu.

— Eh… t’en es sûr ?

— Bah ouais ! Sauf dans la salle du mystère… je ne suis pas suicidaire non plus !

Kaïto resta silencieux.

— …

Ligt remarqua le livre.

— Attends… c’est pas ton livre ça… d’où tu sors ça ?

Kaïto prit une légère inspiration.

— Je l’ai trouvé… dans la salle du mystère.

Silence.

— QUOI ?!

Ligt recula.

— Tu y es entré ?! Comment t’as fait ?! T’as vu des monstres ?! La mort ?! Les fantômes ?!

Kaïto éclata de rire.

— Une question à la fois…

— Non, j’ai rien vu… à part un gros rat… et ce livre.

Il regarda l’objet.

— Et je crois… qu’il me concerne.

Ligt fronça les sourcils.

— Rentrons… je vais tout t’expliquer.

Mais ils n’étaient pas seuls.

Derrière un mur…

Alia.

Elle les observait.

En silence.

Alia resta immobile derrière le mur, observant Kaïto et Ligt s’éloigner.

Ses yeux se posèrent un instant sur le livre que Kaïto tenait.

“À la recherche des anneaux”…

Elle serra légèrement les poings.

Pourquoi… ce livre… est entre ses mains… ?

Un silence.

Puis elle détourna le regard.

— …

Et disparut dans les couloirs.

Sur le chemin du retour, Kaïto et Ligt marchaient côte à côte.

Le vent soufflait légèrement.

Kaïto gardait le livre serré contre lui.

— Bon… maintenant tu m’expliques ?

Kaïto inspira doucement.

— L’histoire que mon père m’a racontée quand j’étais petit…

— Ouais ?

— Elle ressemble exactement à celle de ce livre.

Ligt haussa un sourcil.

— Exactement ?

— Ouais… mais il y a des choses en plus… des détails… des îles… des anneaux…

Il baissa légèrement les yeux.

— Et… ma mère…

Ligt se tut immédiatement.

— Elle était partie… sur des îles…

Le silence devint plus lourd.

— Et elle n’est jamais revenue…

Ligt regarda devant lui.

— …

Puis il parla doucement.

— Tu penses… qu’il y a un lien ?

Kaïto serra le livre.

— Je sais pas…

Mais… j’en suis sûr.

— Mais je veux vérifier.

Ils continuèrent à marcher.

Les pas résonnaient sur le sol.

Puis, une fois arrivés devant la maison de Kaïto, Ligt s’arrêta.

— Je parie que tu iras la retrouver…

Kaïto resta silencieux quelques secondes.

Puis leva légèrement la tête.

— Je ne l’ai pas vue depuis des années… c’est ma mère.

Sa voix tremblait à peine.

— Je veux savoir… si elle est toujours là…

Il serra les dents.

— Même si elle n’a pas passé du temps avec moi comme je le voulais… je sentais qu’elle m’aimait…

Un léger vent passa.

— Juste… un tour sur l’île indiquée dans ce livre… et ensuite…

Il ne termina pas sa phrase.

Ligt comprit.

— …

Un petit sourire triste apparut sur son visage.

— Si c’est ton choix… je peux rien y faire.

Un silence s’installa entre eux.

Puis—

— Bon ! Moi je dois te laisser ! Je suis déjà en retard pour commencer l’exercice du prof !

Il recula en riant légèrement.

— À plus !

— D’accord Ligt… fais attention.

Ligt se mit à courir vers sa maison.

Kaïto resta seul.

Devant sa porte.

— …

Il inspira.

Puis entra.

La maison était calme.

Trop calme.

— Papa… ?

Aucune réponse.

Il regarda l’horloge.

— Cinq heures…

Pas encore rentré…

Il baissa légèrement la tête.

Puis se dirigea vers sa chambre.

Le temps passa.

Les heures défilèrent.

Kaïto était assis, le livre ouvert devant lui.

— …

Ses yeux parcouraient les pages.

Encore.

Encore.

— Il doit bien y avoir autre chose…

Il prit des notes.

Dessina.

Réfléchit.

— Sept îles…

— Sept anneaux…

— Une énergie…

— Son frère…

Il se pencha en arrière.

— C’est pas un hasard…

Il regarda le plafond.

— …

Puis regarda l’horloge.

— 23h…

Déjà ?

Il se leva immédiatement.

— Bon… c’est le moment.

Il prit un sac.

Y mit des vêtements.

Une torche.

Une loupe.

— Ça devrait suffire…

Il sortit de sa chambre.

Direction la cuisine.

Son père était là.

Assis.

Endormi.

Visiblement épuisé.

Kaïto s’arrêta net.

— …

Il le regarda.

Longuement.

— Désolé…

Sa voix était presque un murmure.

Il ouvrit doucement le frigo.

— Bon… voyons…

Il prit de la nourriture.

Quelques paquets de chips.

— Ça fera l’affaire…

Il referma lentement.

Puis regarda une dernière fois son père.

— …

Ses yeux hésitèrent.

Mais il se retourna.

— …

Minuit.

Il ouvrit la fenêtre.

L’air frais entra dans la pièce.

— Ok…

Il posa son sac sur son dos.

Puis sortit.

— …

Une lumière.

Devant la maison.

— Hein ?

— Ligt ?

Kaïto afficha un grand sourire.

— Mais qu’est-ce que tu fais là ?!

Ligt souriait.

— On va dire que… mon stock de poisson était vide… alors je me suis dit qu’on pouvait aller en chercher en mer.

Silence.

Puis—

— …

Kaïto éclata de rire.

— T’es vraiment un idiot !

— Je prends ça comme un compliment.

— Allez… on y va ! C’est parti pour l’aventure, H24 !

— Ouais ! Pour vingt-quatre heures !

Ils commencèrent à marcher ensemble.

Riant.

Se racontant des petites histoires.

Comme si tout était normal.

Puis—

Une silhouette.

Devant eux.

— Hein ?

Ligt plissa les yeux.

— Eh… c’est pas Alia là ?

Kaïto fronça les sourcils.

— Mais non… Alia ? À une heure pareille ? Elle ne sort qu’à deux heures comme toute bonne sorcière—

— Espèce de malade !

— AAH !

Kaïto sursauta.

— Tu veux me tuer ou quoi ?!

Alia, les mains sur les hanches, les fixait.

— Je m’en fiche complètement.

Ligt cligna des yeux.

— Mais… qu’est-ce que tu fais ici en pleine nuit ?

Alia croisa les bras.

— Je veux… vous aider.

Silence.

— Hein ?

Kaïto la fixa.

— Attends… t’es sûre qu’elle est pas possédée ?

— Par tes ancêtres, IMBÉCILE !

— Répète pour voir !

— IMBÉCILE !

— VIENS ON SE BAT !

— AVEC PLAISIR !

— STOP !!

Ligt cria.

Un silence total s’installa.

— Vous êtes sérieux… ?

Kaïto souffla.

— Tu devrais dormir plus souvent…

— Pff… Alia, t’es venue pour nous aider… pour le transport, pas vrai ?

Alia poussa un soupir.

— Oui… je parie que vous comptiez voler un bateau des gardes-côtes et continuer à la nage ?

Silence.

Kaïto et Ligt regardèrent ailleurs.

— Non…

— Jamais…

Ligt murmura.

— Comment elle a deviné… ?

Alia se retourna élégamment.

— Suivez-moi. Et sans poser de questions.

Ils marchèrent.

En silence.

Puis—

Le port.

Et devant eux…

Un bateau.

Blanc.

Luxueux.

— …

Kaïto resta figé.

— Mais… comment t’as fait pour avoir un truc pareil ?!

Ses yeux brillaient.

— C’est un bijou !

Ligt croisa les bras.

— Je parie que ce luxe n’est pas gratuit…

Alia esquissa un sourire mystérieux.

— Ne vous inquiétez pas… on va bien s’amuser pendant ces deux jours de voyage… je vous le promets.

Elle monta sur le bateau.

— En avant toute !

Ligt soupira.

— Comme si on avait le choix…

— Ouais…

Ils montèrent à leur tour.

Le moteur démarra.

Le bateau quitta la côte.

La ville s’éloignait lentement.

Alia était assise.

Calme.

Une boisson à la main.

Regardant le ciel.

Ligt s’occupait du moteur.

Kaïto posa ses affaires.

Puis prit le livre.

— …

Il s’assit.

— Désolé les gars…

Je dois comprendre…

Il leva les yeux.

À travers la fenêtre.

Les étoiles.

Nombreuses.

Brillantes.

Silencieuses.

— L’auteur de ce livre… a un lien avec ma mère…

Il serra légèrement le livre.

— Car elle avait la même histoire dans son testament…

Silence.

— Ce pourrait-il…

Il ferma légèrement les yeux.

— Non… je dois sûrement me tromper…

Mais au fond de lui…

Une seule pensée restait.

Et si c’était vrai… ?


Fin du chapitre ...