Les Héritiers du vide

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Summary

Dans un monde où toute trace de magie a été effacée, Zarek n'est personne. Un habitant banal. Invisible. Oublié. Jusqu'au jour où il découvre quelque chose qui n'aurait jamais dû exister. Un fragment. Un pouvoir ancien... vivant. Dès lors, tout change. Des forces inconnues se mettent à le traquer. Son propre corps commence à lui échapper. Et une voix, au fond de lui, murmure sans cesse. Plus il devient fort... plus il comprend une vérité terrifiante : ce pouvoir ne lui appartient pas. Et il n'a peut-être jamais été destiné à sauver qui que ce soit.

Genre
Action
Author
Rylox
Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1 - La pierre qui respire

Le vent ne passait jamais par ici.

Les falaises entouraient le village comme une muraille naturelle, coupant toute échappée vers l’horizon. Rien n’entrait. Rien ne sortait. Même les saisons semblaient hésiter à franchir ces parois de pierre.

Zarek avait toujours trouvé cet endroit étouffant.

Trop calme.

Trop immobile.

Ce soir-là, pourtant…

Quelque chose n’allait pas.

Il s’arrêta net.

Son regard glissa lentement vers le sol, comme attiré malgré lui par une sensation étrange, presque imperceptible.

Le sentier était le même.

Les pierres, les fissures… tout était à sa place.

Mais—

Il posa le pied.

Une vibration.

Zarek se figea.

— …Quoi ?

Ce n’était pas un tremblement.

Pas un mouvement de terrain.

Non.

C’était régulier.

BOUM.

Son cœur rata un battement.

— Non… c’est pas possible.

Il recula d’un pas, les sourcils froncés. Le silence autour de lui paraissait soudain trop lourd, comme si la forêt retenait son souffle.

Il jeta un regard derrière lui.

Le village n’était plus qu’un amas de lumières lointaines, vacillantes à travers les arbres.

Personne ne viendrait.

Personne ne venait jamais ici la nuit.

Sauf lui.

Zarek souffla par le nez, agacé.

— Je deviens parano…

Il s’accroupit lentement.

Ses doigts frôlèrent la pierre froide.

Rien.

Juste une surface rugueuse, familière.

Puis—

BOUM.

Il retira sa main brusquement, comme brûlé.

Cette fois, il l’avait senti.

Pas avec sa peau.

Plus profondément.

— C’est quoi ce délire…

Son regard se durcit.

Une hésitation.

Puis—

Il posa à nouveau sa main.

Et cette fois…

La pierre répondit.

Une chaleur étrange remonta le long de ses doigts. Pas brûlante. Pas agréable.

Vivante.

Zarek retint son souffle.

— T’es… quoi… ?

La pulsation s’accéléra.

BOUM… BOUM… BOUM…

Le sol se fissura.

Une ligne fine.

Puis une autre.

Puis des dizaines.

— Attends… attends— ATTENDS !

Trop tard.

La pierre s’ouvrit.

Pas comme une roche.

Pas comme un objet.

Comme une chose vivante.

Zarek recula, le souffle court.

Au centre de la fissure…

Une lumière.

Bleue.

Faible.

Instable.

Elle tremblait.

Comme si elle respirait.

Zarek resta figé.

Impossible de détourner le regard.

— C’est pas réel…

La lumière s’étira.

Lentement.

Vers lui.

— Non—

Elle toucha sa main.

Et le monde disparut.

Plus de forêt.

Plus de vent.

Plus de bruit.

Juste—

Le vide.

Zarek ouvrit les yeux brusquement.

Il n’était plus sur le sentier.

Autour de lui, rien.

Pas d’horizon.

Pas de sol.

Pas de ciel.

Mais il sentait quelque chose.

Une présence.

Immense.

Ancienne.

— …Qui est là ?

Sa voix sembla se perdre dans l’infini.

Silence.

Puis—

“Enfin.”

Zarek se raidit.

— Montre-toi !

Un frisson parcourut tout son corps.

“Tu peux me sentir…”

La pression augmenta.

Invisible. Écrasante.

“Donc tu peux me porter.”

— Porter quoi ?!

Un rire.

Brisé. Lointain.

“Ce qu’ils ont voulu enterrer.”

La lumière bleue réapparut.

Juste devant lui.

Zarek recula.

Ou du moins, il essaya.

Impossible de bouger.

— Dégage de là !

La lumière pulsa.

Puis—

Elle s’enfonça dans sa poitrine.

Zarek hurla.

Une douleur fulgurante.

Comme si quelque chose s’arrachait en lui.

Ou s’y installait.

Puis—

Silence.

Le monde revint d’un coup.

La forêt. Le vent. La nuit.

Zarek s’effondra au sol, haletant.

Ses mains tremblaient.

Son cœur battait à tout rompre.

— …Putain…

Il resta là, incapable de bouger.

Le temps passa.

Une minute. Peut-être plus.

Puis—

Une sensation.

Dans sa main.

Zarek leva lentement les yeux.

Sa paume brillait.

Faiblement.

D’une lueur bleue.

Il fixa la lumière.

Terrifié.

Fasciné.

— …Non.

Sa voix trembla.

— Non… non, non…

Mais au fond de lui…

Quelque chose respirait.

BOUM.

Zarek se figea.

Ce n’était pas son cœur.

C’était autre chose.

Et cette chose…

venait de s’éveiller.