Chapitre 1
Romanne se réveilla en sueur, au toucher dans un lit. Quand elle s’était endormie elle était sur Terre à Versailles, mais là… rien ne ressemblait à sa chambre sur Terre. Elle se frotta les yeux puis se redressa. Où pouvait-elle bien être ? Elle avait affreusement mal à la tête mais elle trouva tout de même l’énergie de jeter un coup d’œil par la fenêtre. Romanne fut stupéfaite : le paysage derrière la vitre ressemblait beaucoup à son enfance. Elle regarda autour d’elle, cette chambre était vide et terne. Mais un frisson la parcourut quand elle vit quelque chose remuer dans le fond de la pièce. — Vous êtes enfin réveillé votre Majesté ? Romanne sursauta, cette voix provenait de la chose qui avait bougé dans le fond de la pièce, puis une silhouette se révéla. C’était Xehralt ! — C’est un plaisir de vous revoir parmi nous. Dit-il dans le plus grand des calme — Qu’est-ce que je fais ici ? Où sommes-nous même ? — Vous êtes chez vous. Répondit simplement Xehralt en s’asseyant au pied de son lit — Vous… vous allez me tuer ? — Haha, s’esclaffa le vieil homme, si j’avais voulu vous tuer vous seriez déjà morte. Je vous aurai même tué dans votre lit sur Terre si c’était vraiment mon but. Et si j’avais voulu vous enfermer vous vous seriez réveillé dans une cellule. Romanne s’adossa à la tête du lit. — Mais alors, pourquoi je suis ici ? — Vous ne tarderez pas à le découvrir. Vous êtes en quelque sorte mon invitée. — Les invités viennent de leur plein gré, pas enlevés et posés dans un lit. Combien de temps ai-je dormie ? Xehralt leva les yeux au ciel, en pleine réflexion. — Je dirais 3 jours, 20 jours si on ajoute le voyage de la Terre jusqu’à Strangard. Est-ce que vous avez faim ? Soif ? Elle senti son ventre gargouiller à ces mots, mais elle ne souhaitait pas révéler cette faiblesse soudaine à Xehralt. — Je suppose que vous ne le savez pas. Si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à appeler un domestique. Tiens, j’allais oublier. Le vieil homme siffla. Aussitôt, une jeune femme arriva, la tête baissée en tenue de domestique. — Mademoiselle Saint-Claire sera à votre service le temps de votre séjour ici, vous pourrez lui demander n’importe quoi. Informa Xehralt On frappa à la porte, puis un homme de haute stature entra dans la pièce. — Et le lieutenant Admeral sera chargé de votre protection personnelle. — Un garde du corps ? s’étonna Romanne — Les temps deviennent de moins en moins sûr ces temps-ci. Les résistants s’organisent et peuvent très bien nous attaquer. Vous serez sûrement l’une des cibles principales de ces traîtres. Romanne ne répondit rien. Elle n’y comprenait rien, que faisait-elle ici et quand rentrerait-elle sur Terre ? — Si vous remarquez quelque chose de suspect, venez me voir immédiatement. Puis Xehralt fit une révérence et sortit, claquant à moitié la porte derrière lui. — Vous souhaitez manger quelque chose Votre Majesté ? s’enquit la jeune domestique Romanne avait presque oublié son existence, ainsi que celle du garde. — Oui, j’avouerais que j’ai un petit creux. Est-ce que vous avez des petites tartines légères, rien d’extravagant ? — En effet je pourrais trouver ça facilement, je vous amène ça tout de suite. La jeune femme tourna les talons, mais avant qu’elle ne puisse passer le seuil de la porte, Romanne l’interpella. — Une dernière chose avant : comment vous appelez vous et d’où venez-vous ? Vous n’avez pas la couleur des yeux des andromédiens. — Oh, je m’appelle Juliette et je suis comme vous. Je suis Voie Lactéenne et je me suis marié avec un andromédien. J’ai déménagé sur Radonil Prime, le système stellaire le plus proche de celui de Strangard. Mais avec la guerre et la prise de pouvoir de Xehralt, mon mari a été enfermé parce qu’il avait « mêlé son sang au mien ». Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Moi j’aurais dû être exécutée mais ils m’ont plutôt fait devenir une servante, et me voilà. — Je suis désolée pour votre mari. Plaida Romanne Juliette baissa de nouveau la tête puis sortit de la chambre, allant trouver de quoi satisfaire l’appétit de l’ancienne souveraine. Il ne restait maintenant que Romanne et le garde du corps. Celui-ci lui lançait des regards froids, sans émotions. Quand Juliette fut revenue avec une assiette de 10 « petites » tartines, le jeune homme lui avait demandé de rapporter de l’eau, disant qu’avec toutes ces tartines, Romanne aurait sûrement soif. La jeune femme s’était aussitôt exécutée, comme si c’était un robot. Dès qu’elle eut passé la porte, le garde se retourna face à Romanne et s’approcha très rapidement. — Ne vous inquiétez pas, rassure-t-il voyant la femme reculer par réflexe, je ne vous veux aucun mal. Il s’asseya sur le lit, Romanne elle referma se remit dans une position normale. — Que me voulez-vous ? — Rien de mal. — Alors quoi ? insista Romanne — Je vais d’abord vérifier qu’il n’y est pas d’oreilles indiscrètes. Il se leva, sortit la tête de la porte, regarda à droite, puis à gauche, puis une fois de plus à droite. Il répéta ce cycle une bonne quinzaine de fois puis revint se rassoit sur le lit. — Alors, qu’il y a-t-il ? répéta l’ancienne souveraine Le lieutenant respira profondément, ce qu’il avait sur le cœur semblait soudain très lourd. — Je ne vais pas passer par quatre chemins : si je suis là c’est pour vous protéger. — Bah logique, c’est le travail d’un garde du corps. Le jeune homme rigola. — Pas n’importe lequel, je fais parti de la résistance locale de Perintrild.