Les 5 élus tome 1

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Summary

Esme pensait entrer dans une école normale. À la place, elle découvre une académie surnaturelle cachée au monde humain. Dès son arrivée, elle rencontre Sally, Clément, Anne et Jade. Cinq élèves liés par une étrange prophétie… alors même qu’aucun d’eux ne maîtrise encore ses pouvoirs. Mais à l’École normale, les secrets sont partout. Des créatures apparaissent dans les couloirs. Des ombres rôdent dans le château. Et certains semblent déjà savoir qui sont réellement les cinq élus. Entre magie, dangers, mystères et liens inattendus, leur année ne fait que commencer.

Status
Ongoing
Chapters
13
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1

La lettre

Quand une école porte le nom d’École normale, on pourrait croire qu’elle n’a rien d’extraordinaire.

Ce serait une erreur.

Sur le quai d’une gare presque vide, une jeune fille tenait une lettre entre ses doigts. Elle l’avait déjà relue trois fois, comme si les mots allaient soudain changer de place.

École normale — Convocation de rentrée

L’adresse était bien celle indiquée. Pourtant, autour d’elle, rien ne semblait extraordinaire.

Des voyageurs pressés.

Le bruit d’un train au loin.

Des valises traînées sur le béton.

Rien qui ressemble à une école mystérieuse.

— Toi aussi, tu viens à l’École normale ?

La jeune fille sursauta. Une autre fille, à peu près de son âge, la regardait avec curiosité. Elle avait l’air aussi perdue qu’elle.

— Oui, répondit-elle. Enfin… je crois.

— Tu crois ?

— Ma lettre me dit de venir ici… donc j’espère.

— Alors on est deux. Moi, c’est Esmeralda.

— Sally.

Esmeralda baissa les yeux vers la lettre de Sally.

— Tes parents t’ont accompagnée ?

Sally hocha la tête.

— Oui. Ils connaissent déjà l’école. Ils y ont étudié quand ils étaient jeunes.

Esmeralda ouvrit de grands yeux.

— Sérieusement ? Moi, ma mère m’a juste déposée ici en me disant de bien travailler. Elle n’a presque rien expliqué.

Sally la fixa, surprise.

— Vraiment ?

— Vraiment. D’ailleurs, c’est qui tes parents ?

— Joséphine et Marc Khoin.

Esmeralda plissa le nez.

— Connais pas.

— Quoi ?

La voix venait de derrière elles. Un garçon venait d’arriver sur le quai. Brun, grand, parfaitement droit, avec cette assurance agaçante des gens qui savent exactement où ils vont.

— Tu ne connais pas les Khoin ? reprit-il. Sérieusement ?

Esmeralda croisa les bras.

— Enchantée aussi.

Le garçon sembla comprendre qu’il avait peut-être commencé un peu fort. Il se redressa.

— Je m’appelle Clément. Je suis venu vous prévenir que le train va bientôt partir. Sally, tu devrais monter. Les compartiments vont fermer.

Sally regarda Esmeralda.

— Viens. On continue à parler dedans.

Elles montèrent rapidement dans le train, suivies de Clément. À peine installée dans le compartiment, Esmeralda se pencha vers Sally.

— Tu le connais ?

— Un peu. Sa famille, les Hopis, fait partie des anciennes familles surnaturelles. Comme la mienne.

Esmeralda cligna des yeux.

— Des familles quoi ?

Sally resta figée une seconde.

— Des familles surnaturelles.

— Et c’est censé vouloir dire quoi ?

Clément, assis en face d’elles, leva légèrement les yeux au ciel. Sally, elle, semblait presque inquiète de devoir expliquer quelque chose d’évident.

— Les surnaturels utilisent la magie. L’École normale les forme.

Un ange passa. Esmeralda regarda sa lettre. Puis Sally. Puis Clément.

— Attends. Tu es en train de me dire que l’École normale est une école de magie ?

— Oui.

— Mais elle s’appelle normale !

Sally eut un petit sourire.

— Justement. C’est peut-être pour ça qu’elle ne l’est pas.

Esmeralda resta silencieuse. Pour la première fois depuis son arrivée sur le quai, son expression perdit un peu de son ironie.

— Mes parents ne m’ont jamais dit que j’étais… surnaturelle.

Sally ouvrit la bouche, mais la porte du compartiment coulissa brusquement. Une fille au sourire immense passa la tête à l’intérieur.

— Salut ! C’est bien le compartiment B ?

— Oui, répondit Sally.

— Parfait ! Je reviens tout de suite.

Elle disparut aussitôt. Esmeralda regarda Sally.

— Elle est toujours comme ça ?

— Je ne la connais pas.

Deux minutes plus tard, la fille revint avec une autre jeune fille et plusieurs bagages.

— Désolée pour l’entrée un peu étrange. Moi, c’est Anne. Et voici ma sœur Jade.

— Enchantée, ajouta Jade. Et avant qu’on nous le demande : oui, nous sommes jumelles.

Sally se redressa aussitôt.

— Des jumelles ? Ah… je comprends mieux.

Jade soupira déjà.

— Je tiens à préciser une chose : ce n’est pas parce qu’on est jumelles qu’on est forcément exceptionnelles.

— Les jumeaux attirent toujours les rumeurs ici, expliqua Sally.

Esmeralda fronça les sourcils.

— C’est absurde.

— Je suis d’accord, répondit Anne en posant ses affaires.

Contrairement à Jade, elle parlait beaucoup plus doucement. Mais elle observait tout. Clément observa les jumelles avec intérêt.

— Des jumelles. Intéressant.

Jade lui lança un regard.

— Vous n’imaginez pas la pression que ça met.

— Je comprends, répondit Clément.

Il n’avait pas vraiment l’air de comprendre. Le train ralentit soudain. Pendant une seconde, Sally aperçut son reflet dans la vitre. Puis le paysage derrière disparut. Remplacé par un ciel immense traversé de lumières mouvantes. Une seconde plus tard, tout redevint normal.

— Vous avez vu ça ? murmura Esmeralda.

Clément eut un petit sourire.

— Non.

Le train venait d’entrer dans une zone surnaturelle.

— Clément, il y a quelque chose qui m’échappe. On voyage dans un train humain, non ? Pourtant, les humains ne peuvent pas aller à l’École normale.

— Exact, répondit Clément. Nous sommes bien dans un train humain. Mais nous n’allons pas rester dedans très longtemps.

Le train s’arrêta dans un grand souffle. Sur le quai, une pancarte indiquait :

Aéroport de l’École normale

Jade pâlit.

— Oh non… Je suis malade en avion.

Esmeralda se leva aussitôt.

— Alors descendons vite. Si on arrive les premières, on aura peut-être les meilleures places.

Clément attrapa son sac.

— Bienvenue dans votre première incohérence surnaturelle.

Esmeralda fixa la pancarte.

Un aéroport.

Dans une gare.

Pour une école qui s’appelait normale. Elle inspira lentement.

— Je sens que cette école va ruiner ma vie.

Jade sourit immédiatement.

— Alors on va bien s’amuser.