Mère isekai à 38 ans - Réincarnée dans le corps d'une enfant

All Rights Reserved ©

Summary

A 38 ans, elle meurt transpercé... pour protéger ses enfants. Elle pensait que tout serait fini, mais... Elle se réveille dans un autre monde. Dans un corps frèle d'une petite enfant. Elle est perdue dans une vaste forêt inconnue. Seule, sans repaire, sans aide. Survivre... c'est son seul moyen pour retrouver ceux qu'elle a laissé derrière elle. Entre créature corrompue par une mystérieuse ombre, combats, une solitude étouffante, elle apprend à vivre de nouveau. Dans cet enfer, un lionceau qu'elle sauve, devient son allié. Puis une meute les rejoints pour devenir sa nouvelle famille. Ensemble, ils évoluent, grandissent et deviennent le prédateur de la forêt. Puis, la découverte d'une vérité cachée. Ce monde a été abandonné par les Dieux rongés par les rancunes. Elle a été choisie pour être le porteur de leur volonté. Jusqu'où peut aller une mère pour protéger ceux qu'elle aime.

Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1 - Éveillée dans l’ombre

Je me souviens de ce jour comme si elle était restée gravée en moi. J’ai senti cette sensation comme une noyade. Froide, sombre, lourde et lente. Je flottais ou coulais, je n’arrivait pas à différencier l’impression que j’avais.

La pluie frappait violemment sur l’asphalte, le tonnerre grondait, il semblait emporter le monde dans un torrent de colère. Mon visage plaqué contre cette route étroite, dure et sombre, inondé par une flaque d’eau teintée de rouge. Cette odeur métallique qui remplissait l’air humide. J’ai compris alors sans aucun doute.

C’était mon sang.

Chaque respiration était douloureuse. Mes poumons ne pouvaient plus supporter plus d’air — une pression, un vide grandit dans ma poitrine. A Chaque seconde qui passait, mon cœur battait vite, trop vite, comme s’il essayait de me faire comprendre mon état pour que je l’accepte.

Peu à peu, mes mains ne me répondaient plus.

Je pensais qu’elles étaient engourdies par le froid. Mais, cette impression ne venait pas de ma peau touchée par la pluie — Elle remontait à l’intérieur, le long de mes doigts puis vers mes poignets, lentement, elle m’envahit en emportant toute la chaleur que je pouvais dégager. J’essayais de porter mes mains vers mes yeux. Mais, sous ce rideau de pluie et de larmes, ma vision commençait à se brouiller. Elles étaient là posées sur l’asphalte, mais elles n’étaient plus miennes.

Je ne les sentais plus.

Qu’est-ce qu’il m’arrive…

Les lumière des lampadaires se déformaient autour de moi, leurs reflets s’étiraient dans le noir de la nuit. Les sons de la ville — le rugissement des moteurs au loin, les gouttes de pluie qui tombaient sur les toits, les sirènes et klaxons retentissants quelque part, au loin — s’évaporaient comme la fumée d’une bougie que l’on venait d’éteindre. Pendant que les sons disparaissaient, quelque chose d’étrange prenait place.

Le silence.

Le calme.

Pas ce calme serein ou reposant. C’est plus comme si tous mes ressentiments et mes peurs étaient avalés par le néant. Je me demandais avec le reste de lucidité qui me restait si c’était le dernier rappel de mon corps pour préparer mon âme à la fin.

Où suis-je… ? Qu’est-ce qui m’arrive… ? Pourquoi est-ce que je me sens si vide ? Depuis combien de temps suis-je ici ?

Ces questions flottaient dans mon esprit sans reprendre conscience. Je continuais de couler. Encore. Toujours. Sans savoir comment ni pourquoi.

Qui aurait pu imaginer qu’à trente-huit ans…mère de trois enfants, femme ordinaire fatigué par la routine de sa vie — je finirais projetée dans un autre monde ?

***

Le vent est la première chose que j’ai senti.

Une brise douce, légère qui me parcourt la peau comme si elle découvrait mon corps en même temps que moi. Elle porte avec elle, une chaleur — différente du feu ou des couvertures, mais celle du soleil qui me réchauffe lentement et en profondeur. Mes mains. Mes mains je les sentais. Elles répondaient. Enfin.

Puis, une douleur arriva. Cette douleur, j’aurai préféré ne pas la ressentir.

Elle explose dans ma poitrine — brutalement, comme si, elle a été comprimée depuis longtemps puis libérée d’un coup sec. Je n’ai pas eu le temps de crier. Le seul son qui sortit de ma bouche n’était pas des cris. Il était rauque, instinctif. Le genre qu’on n’émet que lorsque la douleur est insupportable.

— Argh !

Me tête suivit, martelé et déchiqueté de l’intérieur par quelque chose qui ressemblait à des éclats de verre. Je me force à respirer. L’air entre, mais difficilement, comme si mes poumons avaient oublié comment faire. Je les sens brûler à chaque respiration. Cette sensation était profonde, destructrice, elle me donnait l’impression que chaque tissu de ce muscle cédait à chaque mouvement de pression.

— ARGH ! J’AI MAL !

Ma propre voix était différente. Étrangère. Aiguë. Petite.

Ce n’est pas ma voix

Je me force à ouvrir les yeux pour espérer voir une aide.

J’aperçois au-dessus de moi, un dôme de branche entrelacé qui filtre la lumière du soleil en de lamelles dorées tombant sur les feuilles humides. Des arbres différents de ceux que j’avais déjà vu. Leurs énormes troncs qui portent les branches et les feuillages si dense qu’ils rendaient le ciel invisible.

Une forêt. Infinie. Sans présence.

Et puis des hurlements.

Des cris d’animaux — Proches, en mouvement, hostiles. La peur me traverse. Couché sur ce sol, Sans m’en rendre compte, mes mains plongent dans la terre, et je me mets à ramper sans réfléchir, difficilement, douloureusement, chaque mouvement m’arrachant une grimace.

— Quelqu’un… à l’aide… par pitié…

Inaudible. Inutile. Ma voix était si faible qu’elle ne portait même pas jusqu’aux arbres les plus proches.

La douleur devient insupportable. Mes forces me lâchent d’un coup, et les ténèbres commencent à m’envahir.

***

Dans un brin de conscience, le chant des oiseaux me ramène.

Une lumière réchauffe mes paupières et j’ouvre les yeux. Cette lumière est plus chaude, plus claire. J’ai dormi ou perdu connaissance. La distinction m’importe peu.

Je me redresse lentement, difficilement. Le corps lourd.

Etrangement, la douleur s’est atténuée. Elle n’a pas disparu, mais elle reste supportable — Ma respiration est plus stable. Mon esprit… plus clair.

Je regarde autour de moi.

Une forêt. La même, mais différente par la lumière qu’elle émettait. Les feuilles brillent d’un vert presque irréel. L’air est pur, frais, chargé d’une odeur de mousse humide qui flotte dans les airs.

Où suis-je ? Qu’est-ce qui se passe ? Où sont mes enfants ?

Les battements de mon cœur s’accélèrent. J’essaie de ne pas paniquer — pas encore. Je baisse les yeux pour me lever et…

Je me fige.

Des mains minuscules.

Des doigts courts, une peau lisse sans la moindre trace de vécu. Je les retourne lentement. Je touche mon visage — trop lisse, doux, des joues rondes. Je me lève avec précipitation et tombe presque immédiatement : Mon centre de gravité n’est plus là où il devait être.

Plus bas. Beaucoup trop bas.

La soif me brûle la gorge. Au loin, j’aperçois une petite flaque d’eau. Je me rapproche d’un pas hésitant. Chaque mouvement est étrange, mal équilibré, comme si mon cerveau envoyait un ordre à un corps qui ne lui correspond pas.

Pourquoi ?

Je m’agenouille devant la flaque.

Je fixe ce miroir naturel tremblant par l’onde de choc et le reflet oscillant sur l’eau qui n’était pas le mien.

Une enfant me regarde. Cinq ans, peut-être six. Ses grands yeux vert profond, des cheveux noirs entremêlés, des joues rondes. Un visage que je n’avais jamais vu de ma vie.

Qui es-tu ?

Je tombe en arrière. Les pieds tremblants… ne supportant plus mon poids.

Je continue à me toucher comme pour le nier. À l’intérieur, je suis toujours moi — entièrement moi. Mais cette enfant — qui est-elle ?

Les larmes montent toutes seules et je les laisse venir.

***

Je reste immobile pendant un long moment. Assise, sans bouger dans les feuilles mortes, les mains à plat dans la terre.

Puis, une pensée s’impose.

Moi qui ai lu tant d’histoires comme celle-ci…

Je regarde à nouveau ces petites mains. je regarde la forêt. Je regarde la flaque où une enfant regardait à ma place.

— Ne me dis pas que…

J’ai été transportée dans un autre monde ?

Je me gifle. La douleur est immédiate et réelle — La joue de ce petit corps me brûle. Pas un rêve.

Je me gifle une seconde fois, moins fort. Pour être sûre.

— Ha ha… putain.

Le rire qui sort est à mi-chemin entre l’hystérie et le soulagement. Transmigration. Isekai. Ces mots que j’ai lus des centaines de fois dans les manhwas que je parcourais les nuits où les enfants étaient enfin couchés. Ces mots qui appartenaient à la fiction.

Visiblement plus maintenant.

Pourquoi moi ? Pourquoi dans le corps d’une enfant ? Est-ce que je pourrai rentrer ?

Le visage de mon fils me revient — son sourire légèrement de travers quand il était fier de quelque chose. « Maman, regarde ce que j’ai dessiné. ». Je me souviens du des disputes pour la télécommande, les câlins, l’odeur de mon plus jeune quand je lui lavais les cheveux.

Mes trois enfants.

La douleur qui accompagne ce souvenir était de nature différente.

Je serre les dents.

Non. Pleurer ne m’aidera pas.

Je prends une longue inspiration. L’air pur de la forêt remplit ces petits poumons. Me rappelle à la lucidité. Je ferme les yeux.

Réfléchissons.

Comme toute bonne fan de manhwa, je connais les règles. Première règle : ne pas paniquer inutilement. Deuxième règle : collecter des informations avant d’agir. Troisième règle et la plus importante de toutes:

Survivre.

Je frappe doucement mon visage entre mes paumes — le geste qui me fait réaliser ma présence dans ce monde et aussi de prendre courage. La vrai moi dans un corp minuscule, au milieu d’une forêt.

D’accord. Plan d’action.

Et je m’en sortirai.

C’est exactement à ce moment précis où cette certitude se posait dans ma poitrine comme une fondation — qu’’un bruit s’éleva dans mon dos.

Lent. Lourd.

Les branches et les feuilles mortes qui craquent sous quelque chose.

Je me fige complètement. Mon souffle s’arrête. Ma nuque me picote d’un frisson descendant jusqu’aux talons, malgré la chaleur, mon cœur, lui, n’a aucune intention de rester calme.

Je ne me retourne pas.

Je reste immobile, pétrifiée par la peur, les épaules rentrées, les yeux grand ouverts sur la forêt devant moi. Les craquements se rapprochent encore d’un pas.

C’est ça, survivre.

Je n’arrive pas à discerner le sourire qu’affiche ce visage d’enfant, mais je suis sûre qu’il est bizarre.

Mes pensées deviennent de plus en plus sombres. Des chuchotis résonnent dans mon esprit. Comme si quelqu’un me disait une vérité sur celle que je suis — Faible.

Tu te leurre encore. Tu es si faible. Tu dois rester dans les ténèbres. C’est là qu’est ta place. Cette souffrance… Tu dois l’accepter.

L’image de mes enfants souriant me revient soudainement. Comme s’ils m’appelaient. Comme s’ils me demandaient de me battre.

Je reprends peu à peu conscience. Changeant de mentalité comme si cette dernière me donnait tout le courage dont j’avais vraiment besoin.

Non… Pourquoi je devrais accepter cette fin. Pas maintenant. Qu’est-ce que je dois faire… ? Bouge.

Bouge, bon sang !

Je hurle ces mots dans ma tête. Un cri pour me réveiller. Je me forge un courage que je pensais avoir perdu. Je ne dois pas flancher.

Je dois encore me battre pour eux.

Et à cet instant…

Cet esprit combatif que j’ai me donne la force de bouger.

Pas à pas, je dois me forger.

Me battre.

Avancer.

J’ai compris que ma nouvelle vie venait de commencer.

Qu’elle ne sera pas facile.

Mais la détermination dont je fais preuve maintenant et à l’avenir sera soit ma perte soit mon salut.

Maintenant….

Tout dépend de maintenant.