La Garde des Ombres

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Summary

Chris Mitchell, orphelin de dix-sept ans, n'est qu'un jeune lycéen maladif et harcelé du comté de Stonhart. Du moins, jusqu'à ce que son harceleur ne lui fasse une proposition des plus étranges. "Rejoins le Cercle de Sang" Chris se retrouve alors plongé dans un monde d'occulte et de sociétés secrètes. Pire: pour combattre les Démons qui assiègent le monde des Hommes, il doit renoncer à son humanité et s'engager sur l'une des célèbres Voies Démoniaques. "Tu deviendras Tombereau" Il devra alors déjouer un odieux complot visant à ressusciter celui que l'on appelle.... "Asmodeus!" Cependant, y parviendra-t-il? Après tout, au bout des Voies Démoniaques, il n'y a que la folie...

Status
Ongoing
Chapters
15
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue

La sonnerie beugla dans tout le lycée comme une trompette. Aussitôt, la classe se fit déserte. Les élèves rangèrent et déguerpirent dans le grand bruit du raclement des chaises. Chris soupira en attrapant son sac. 

“Toujours le dernier, hein ?” lui demanda Monsieur Lemon qui essuyait ses formules mathématiques du tableau blanc. “Honnêtement, je ne sais même pas comment tu te débrouille pour ne pas te faire bousculer.

-L’habitude, je suppose.” répondit le garçon en haussant les épaules avec un sourire gêné.

Lorsqu’il eut échappé trois fois son cahier et buté par deux autres sur des chaises mal rangées, il sorti de la classe.

“Bon appétit, Monsieur.” lâcha-t-il.

“Toi aussi.”

Il se rongea les ongles en jetant un coup d’oeil à son portable. Midi cinq. Déjà plus que vingt-cinq minutes de pause. Il allait vraiment falloir qu’il apprenne à se dépêcher s’il ne voulait pas finir par se passer du déjeuner. Jetant des coups d’oeil frénétiques autour de lui, il se fondit du mieux qu’il pu dans un groupe d’élèves qui passaient par là. Il s’esquiva discrètement par l’escalier de service. Sans pour autant cesser de jeter de petits regards autour de lui, il descendit dans la cour arrière du lycée. Il s’assit dans un carré d’herbe en pente douce. Il aimait bien cet endroit. De là, l’on pouvait voir le fleuve qui coulait en plein milieu de la ville. Le vent fit bruisser les feuilles à peine nées des arbres. L’adolescent étouffa dans son coude un éternuement sonore. Sa tête l’élança. Il aurait sans doute apprécié le printemps aussi. Du moins, s’il n’avait pas été allergique au pollen. Il soupira, le vent faisant osciller les mèches de ses cheveux. Il regarda à nouveau autour de lui. Lorsqu’il fut certain que personne ne venait, il attrapa son déjeuner dans son sac. Il lui fallut s’y reprendre à trois fois pour déballer le cellophane qui l’enveloppait. Il mordit dans son sandwich en lisant un article en ligne. Soudain, une force le projeta en arrière. Il heurta le mur de plein fouet. Une douleur fulgurante lui laboura le ventre et le dos. Son souffle se coupa.

“Ben alors, petite merde ? Tu croyais vraiment qu’on allait te laisser nous filer entre les doigts ?” lui demanda une voix.

Il retomba au sol avec un gémissement. Tenant son ventre douloureux, il fut secoué d’une quinte de toux. Son estomac se souleva. Il vomit. Un filet de sang et de bile coula à la commissure de ses lèvres. Du coin de sa vue brouillée par les larmes et la souffrance, il vit un grand malabar aux cheveux ras ramasser son portable tombé dans l’herbe.

“Les Cambions, hein ?” ricana-t-il en montrant l’écran à son acolyte -un ado petit et sec avec des dents plus longues que la moyenne. “Me dis pas que tu crois encore à ces conneries ? C’est quoi la suite, hein ? Les Fantômes ? Ou non ; je sais : tu vas nous faire le coup des Marcherêves, hein ? T’as quel âge, rappelle-moi ?”

Chris voulut répondre, mais sa bouche ensanglantée n’émit qu’un infâme gargouillis. Sa vue se troubla un peu plus lorsqu’il vit un ado grand et élancé sortir de derrière les autres. Il arborait des cheveux blond sale en bataille et un petit sourire mi-avenant, mi-moqueur.

“C’est pas très gentil de vouloir poser un lapin aux gens comme ça, Mitchell.” lui dit-il d’une voix fondante d’ironie. “On t’a jamais appris à respecter tes rendez-vous ? Tu devrais pourtant être honoré qu’un type comme moi te propose de le rejoindre pour une petite discussion. Tu aurais dû faire comme ta copine et devenir une serpillière. Ça t’aurais au moins épargné quelques souffrances inutiles. Je sais me montrer magnanime avec mes subordonnés, tu sais ?”

Ses deux acolytes ricanèrent.

“Tu sais quoi, Mitchell ? Je me demande si tu n’aurais pas dû vivre dans une décharge plutôt qu’avec des Humains. T’y aurais été à ta place au moins. Regarde-toi. T’es rien de plus qu’un truc encombrant qu’on jette à la benne régulièrement. Tu es une larve, une chose rampante et dégoutante. Les types comme toi sont tout juste bons à se faire piétiner par des gens comme moi.”

Le grand malabar donna un petit coup de pied à Chris. Il roula sur le côté avant de se retrouver ventre à terre. Ses membres avaient perdu tout tonus musculaire. Il ne voyait plus de l’herbe que des tâches colorées et informes. Ses paupières étaient aussi lourdes que des parpaings.

“Laisse-moi donc te donner un petit avertissement, Mitchell.” reprit la voix de l’ado aux cheveux blond sale. “Si jamais les autres clochard du monastère essayent encore de cafeter au dirlo, je t’amocherai tellement qu’il te faudra passer sur le billard pour retrouver un visage correct.”

Il se retourna et lâcha avec désinvolture :

“Jason, Will ; occupez-vous de lui. Juste pour s’assurer qu’il ait bien compris cette fois-ci. J’ai horreur de devoir me répéter.

-Comptes sur nous, Gael.” lui rétorqua le grand malabar en faisant craquer ses phalanges.

Chris sentit ses paupières tomber sur sa vue. La dernière chose qu’il vit fut les deux acolytes se refermer sur lui avec un sourire mauvais. Et puis ce fut le noir.