Les diamants de Dame Beck Tome I La maîtresse De B

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Summary

> *Hastings, 1820.* > *Christine Ferfey* > À 14 ans, elle l'a vu. Lui. Grand, brun, les doigts encore humides dans le corps d'une autre. Il a jeté son mouchoir blanc à ses pieds comme on jette une pièce à une mendiante après avoir essuyer ses doigts. > Ce jour-là, Christine a décidé de devenir une des filles de Dame Beck et de faire de cet homme sien. > *Lord Kayden De Broke.* Successeur de son père : le feu Lord De Broke, Lord kayden De Broke hérite à la fois d'un réseau de corruption important qui le rend intouchable et des ennemis sanguinaires de son père.Habitué de Marie Winchester, le diamant brute de la haute société des courtisanes , le nouveau Lord ne s'attendait pas, en plus de ses affaires illégales, à brûler de passion pour une autre des courtisanes de Dame Beck > *Dame Beck.* > Fille reniée du Comte de Nassau. Reine des courtisanes. Elle ne vend pas des corps. Elle vend des illusions. Elle construit un empire qu'elle n'est pas prêt de voir crouler. Au grand banquet de Hastings, Dame Beck met aux enchères son nouveau diamant, certaine qu'elle fera tourner des têtes. > >* Marie Winchester* *Dame de compagnie attitrée de Lord De Broke, Marie attends patiemment que ce dernier fasse d'elle sa maîtresse officielle face à la société. Elle ne laissera personne lui enlever cet homme qu'elle aime depuis longtemps, certainement pas une petite effrontée et novi

Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
n/a
Age Rating
18+

La flèche du désir

Christine...

‎ Je n’ai jamais aspiré à de grandes choses dans la vie, si ce n’est vivre aussi longtemps que possible comme l’une des filles de Dame Beck. Dame Beck était la responsable - la _couveuse_ - des femmes aux mœurs légères de la ville de Hasting, quelque part en Angleterre. Quand je dis femmes aux mœurs légères, je parle des dames de compagnie ; des maîtresses - si on a la chance de trouver un gentleman qui tient à nous au point de nous reconnaître comme telle - ou tout simplement, plus vulgairement, je parle des prostituées aux enchères élevées.

‎Dame Beck, fille du Comte de Nassau et de Dame Pauline issue d’une famille de renom d’Angleterre, était trop frivole et indépendante pour accepter le mariage de convenance que lui proposaient ses parents. Alors, le jour des noces, elle s’enfuit. Depuis, sa famille ne l’a plus revue car, reniée, on l’avait priée de ne plus revenir. Ironie, car Dame Beck n’en avait jamais eu l’intention, m’avait-elle confié un jour. Elle s’installa donc à Hasting et, avec ses économies, elle fonda son organisation si bien connue, mais sans nom, car elle disait toujours que ce que nous faisions n’en avait pas. Ses premières filles, elle les forma elle-même. Ayant reçu une éducation respectable et de haute importance, elle dut ensuite déléguer pour que la chose, son entreprise, soit tangible.

‎Un peu plus tard, elle put s’offrir les services de gouvernantes n’ayant pas trouvé d’emploi dans une bonne famille de Hasting. C’est ainsi que ses faveurs devinrent indispensables aux ducs, aux Lords, aux soldats, ou aux hommes haut placés qui demeuraient à Hasting.

‎Dame Beck était adulée et admirée par toutes les femmes pauvres et sans titre de la ville. Toutes voulaient entrer à son service. Normal, car cette dame, aux traits réguliers et aux yeux vifs, faisait gagner à ses filles une belle somme l’année. Ces filles vivaient dans un luxe indéniable qu’elles n’auraient, normalement, jamais pu se permettre.

‎Moi aussi, Christine Ferfey, je convoitais d’entrer dans les bonnes grâces de Dame Beck depuis mes 14 ans, depuis que j’avais surpris, dans une ruelle près de son établissement, une jeune blonde aux cheveux d’argent se faire doigter par un homme plus grand que la moyenne... La belle blonde croisa mon regard ce jour-là et me sourit en gémissant, accrochée aux épaules de son amant. Je restai là, un moment, la salive plein la bouche, jusqu’à ce que, après un cri que je ne pus m’expliquer, l’homme se détache de la blonde et se retourne en s’essuyant les doigts avec son mouchoir blanc. À ce moment, il me vit l’observer. C’était un homme grand. Je l’avais dit. Plus grand que la moyenne. Malgré ce qu’il venait de faire, ses cheveux noirs restaient lissés vers l’arrière, faisant ressortir toute l’entièreté de son visage parfaitement dessiné, sans aucune trace de nervosité. J’étais choquée.

‎Il était beau...

‎Dieu, il était incroyablement beau.

‎Comme amusée par moi, qui ne me décidais pas à m’en aller, la femme aux cheveux d’argent passa la main sur le torse de l’homme à peine recouvert par sa chemise. J’avalai ma salive, toujours en l’observant.

‎- Que faites-vous là, petite fille ? demanda-t-il en jetant son mouchoir.

‎Je me rendis compte à quel point j’étais maigre malgré mes 14 ans et déglutis :

‎- Je ne suis pas une petite fille.

‎Je courus droit chez moi. Je ne fis pas attention à ma tante. Je claquai la porte de ma chambre, m’y collai et touchai ma poitrine incroyablement plate. Une colère sombre me prit et je me jetai sur le lit, mordant dans l’oreiller encore et encore en imaginant l’homme et cette femme, comme je les avais surpris. Et puis son regard sur moi : vide et désintéressé. Son regard... son visage et son torse à peine couvert. Une de mes mains posée sur mon sein plat et l’autre sur mon sexe tout aussi petit, je continuais de mordre dans l’oreiller en les imaginant. En l’imaginant. Quand tout à coup, tout fut plus calme. Ma colère disparut, intensément, et pendant quelques secondes je ressentis un plaisir vague qui s’évanouit aussitôt. C’est alors que je constatai mon doigt dans mon sexe, et ce dernier était à l’évidence mouillé. Je le sortis et le regardai.

‎- Avez-vous pris du pain au moins ? cria ma tante.

‎Je ne pris pas la peine de nettoyer mon doigt. Je descendis en courant l’escalier en bois usé de la modeste bâtisse de ma tante et, dans la cuisine, je lui lançai :

‎- Je veux travailler pour Dame Beck.

‎Tante Orphélia, la sœur de mon père, ouvrit grand les yeux :

‎- Mais vous êtes folle, ma parole... Vous devez continuer l’école, voyons !

‎- Je n’y tiens plus... lançai-je.

‎- Eh bien ! Votre mère ne vous aura rien laissé prendre de votre père, à ce que je vois.

‎- Je n’ai rien de ressemblant avec l’un ou l’autre, lui dis-je.

‎- Eh bien j’irai voir cette dame et je lui demanderai si elle voudra bien d’une enfant dont les parents eux-mêmes se sont également séparés, me dit-elle d’un œil mauvais.

‎Ma tante m’aurait donnée à un orphelinat si elle n’avait pas ce ‎mignon péché de se trouver l’âme charitable.

‎- Moi, je vous ai accueillie alors que vous n’étiez rien. Eh bien, l’ingratitude est de famille, j’imagine... maugréa-t-elle en me fixant. Et mon pain ? Ou rendez-moi mes sous, petite effrontée !

‎Je la regardai sans daigner m’expliquer, puis je ressortis lui chercher son maudit pain.

‎Un jour plus tard, elle partit avec moi chez Dame Beck. J’en étais heureuse.

‎- Cette fille n’a pas de parents. Elle n’a que moi. Je la nourris et l’envoie à l’école pourtant, cette écervelée veut devenir l’une de vos prostituées... rumina ma tante quand Dame Beck nous reçut dans son bureau.

‎Dame Beck me tourna autour. Un tour... deux tours, puis s’arrêta avant de reprocher à ma tante d’un œil ironique :

‎- Vous ne l’avez pas autant nourrie que ça, à ce que je vois...

‎- Eh bien...

‎- D’accord, l’interrompit Dame Beck. J’accepte votre nièce. J’en prendrai finalement mieux soin que vous, je pense, se moqua-t-elle toujours en m’inspectant.

‎- Comment osez-vous ? cria ma tante. Soit ! Elle n’est plus rien pour moi désormais. Ni ma nièce... ni rien du tout.

‎Tante Orphélia prit son sac et sortit, visiblement outrée par la pertinence de Dame Beck.

‎Celle-ci se planta devant moi. Elle me regarda et sourit :

‎- Ma grande, voici votre nouvelle maison, me dit-elle en désignant des mains le grand bâtiment.

‎Je l’ai dit : je n’aspirais qu’à être, aussi longtemps que possible, une des filles de Beck

Note en fin de chap* : Alors comment trouvez-vous ce premier chapitre, j'espère qu'il vous a plu ? Dites-m'en plus...👇"