Nana
Il est dix-neuf heures et trente minutes dans une maison au village d’Uchiko. Mon père et ma mère se disputent comme à leur habitude et moi, je suis enfermée dehors dans le froid.
« Papa, maman, c’est Nanami. Je suis désolée de ne pas être la fille que vous auriez aimé avoir. Laissez-moi entrer, s’il vous plaît, je risque de mourir de froid... » Dis-je, les doigts gelés et les dents qui claquent.
Soudain, je sentis un parfum de vanille qui m’est familier derrière moi. Je me retournai : c’était Nana, ma meilleure amie.
Aussitôt, mes frissons disparurent, laissant place à un sourire sur mon visage.
« Allons jouer chez moi », dit-elle de sa voix angélique. J’accepte et par la suite, nous noussommes amusées à jouer à divers jeux. Nana est ma sauveuse lorsque je crois que le monde vas’arrêter. Elle a été, est, et sera toujours là pour moi quand les autres ne veulent pas m’approchersous prétexte que je suis étrange, antisociale, en manque d’affection, etc. Elle sait que je ne suispas comme cela.
D’ailleurs, nous avons tout traversé ensemble : les jeux chez elle après dix-neuf heures trente, nos anniversaires, notre premier jour d’école et tout les autres moments inoubliables de nos vies.
Le lendemain, je marche à pied avec Nana pour aller au lycée. J’avais passé la nuit chez Nana, encore une fois.
En arrivant au lycée, comme à mon habitude, je mets mes Uwabaki*
« 3-E » qui est synonyme de « calvaire » pour moi.
Ici, tout le monde me dévisage comme si je n’étais pas juste un être humain comme eux. Je suis toujours dans l’uniforme scolaire que j’ai depuis la seconde, j’ai des cernes, causées par les disputes infernales de mes parents et je ne coupe pas souvent mes cheveux qui sont aussi noires que mes pensées. Oui, certes, mais je reste une humaine et Nana l’a compris.
Je pose mon pied dans la salle de classe et je vois que Nana m’avait déjà réservé une place à côté d’elle.
Pendant tout le cours, nous n’arrêtions pas de rigoler pour tout et n’importe quoi. Je me sentais vivante et pleine de joie lorsqu’au final, je me suis rendu compte qu’une journée en 3-E n’était pas si mal tant que ma meilleure amie était à mes côtés.
*chaussures d’intérieur, très commun dans les écoles japonaises