Chap : la mission de Hizuno seydara
Le jour s’était levé sur Polaris, baignant la planète d’une douce lumière dorée, émise par son étoile majestueuse. Les rayons traversaient les feuillages denses de la forêt luxuriante qui bordait le village de Luminaria, dessinant des éclats dansants sur le sol humide.
Au cœur de cette forêt paisible, un homme se tenait debout, immobile, sabre en main. Sa silhouette, droite et concentrée, contrastait avec le chant des oiseaux matinaux. Chaque mouvement qu’il exécutait était précis, fluide, empreint de force et de sérénité.
Cet homme n’était autre que Hizuno Seydara, maître épéiste et guerrier respecté de Polaris. Son regard était fixé droit devant lui, déterminé. Chaque coup de sabre fendait l’air avec élégance, comme s’il traçait un chemin invisible.
Alors qu’il exécutait une série de mouvements précis, un messager essoufflé surgit des feuillages.
— Monsieur Hizuno ! Je vous ai cherché partout… Enfin, je vous trouve. J’ai un message urgent pour vous de la part de Sa Majesté le Skew. Il vous demande au palais.
— Dis à Sa Majesté que j’arrive, répondit Hizuno d’un ton calme.
Sans tarder, il suivit le messager, remontant les sentiers sinueux qui traversaient les montagnes. Le village de Luminaria étant situé à flanc de falaise, il fallut gravir les hauteurs pour atteindre le palais du Skew.( Dirigeant d'une planète).
Arrivé sur place, Hizuno fut accueilli par une atmosphère tendue. Le Skew, d’ordinaire serein, semblait agité, comme si une menace invisible planait.
— Ah, te voilà enfin, Hizuno. Je t’attendais avec impatience. — Ma seule inquiétude est de vous savoir en bonne santé, Majesté. Recevez mes félicitations éternelles, répondit le guerrier en s’inclinant respectueusement.
— Merci. Mais venons-en au fait. Si je t’ai fait venir, c’est pour t’annoncer une nouvelle inquiétante. J’ai bien peur que nous entrions dans une ère sombre…
— Une ère sombre ? Que voulez-vous dire, Votre Majesté ? demanda Hizuno, les sourcils froncés.
— Un homme, se faisant appeler le Dark, a conquis quatre galaxies : celle du Tournesol, du Moulinet, du Renard et de la Selle. D’après les informations que nous avons reçues, il ambitionne de régner sur tout l’univers en y semant la désolation.
Le Skew marqua une pause avant de poursuivre d’un ton grave :
— Je veux que tu mènes une mission de renseignement. Chaque détail, chaque indice sur cet individu pourrait être vital. Tu es, à ce jour, l’un des guerriers les plus puissants de Polaris. Nous comptons sur toi pour accomplir un nouvel exploit… un exploit digne de ton nom.
— Va te préparer, Hizuno. Dès demain, tu mettras le cap vers la galaxie du Tournesol, déclara solennellement le Skew.
— À vos ordres, Majesté, répondit Hizuno en s’inclinant.
La journée s’écoula dans des échanges entre les deux hommes. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit qu’Hizuno rentra chez lui. Sa femme, Amaya, l’attendait, veillée par l’inquiétude.
— Enfin ! Depuis quand ton entraînement dure aussi longtemps ? lança-t-elle, les bras croisés.
— Amaya, laisse-moi souffler un peu, répondit-il avec un sourire las.
— Ah… Je sens déjà l’embrouille. Tu n’aurais pas quelque chose à me dire ?
— Non, rien de grave. Enfin… j’ai été convoqué par Sa Majesté Oshira.
— Et qu’est-ce qu’il t’a raconté, ce vieillard ?
— Amaya, un peu de respect. C’est tout de même le dirigeant de cette planète.
Il marqua une pause, puis ajouta d’un ton plus grave :
— Il m’a annoncé des temps sombres. Un homme, le Dark, est à l’origine d’une menace terrifiante. Il s’est emparé de quatre galaxies : le Tournesol, le Moulinet, le Renard et la Selle.
Amaya, blême, porta la main à sa bouche.
— C’est… horrible. Une telle chose est possible ?
— C’est pourquoi le Skew m’envoie en mission.
— En mission ? Où ça ?
— Dans la galaxie du Tournesol. Je dois récolter un maximum d’informations sur ce Dark.
Un silence pesa. Amaya, prise d’angoisse, baissa les yeux.
— Et si cet homme est là-bas ? Ce serait trop dangereux… Pense à moi… à Amelya… Elle n’a que quatre ans…
— Calme-toi. Tu douterais de mes capacités ?
— Non, jamais. Je crois en ta force, mon chéri… mais j’ai ce pressentiment… quelque chose d’étrange…
— Je ne mourrai pas si facilement, tu me connais. Je reviendrai sain et sauf. Comme toujours, je t’étonnerai.
— Sois prudent, Hizuno.
— Tu peux compter sur moi, mon amour.
La nuit passa, silencieuse et rapide. Au matin, Hizuno acheva ses préparatifs. Il rangea ses armes, ses vivres, en silence. Amaya, les yeux embués, observait chacun de ses gestes.
— Papa… tu nous quittes ? demanda doucement la petite Amelya.
— Non, ma puce. Je pars en mission.
Shizuno, son fils de treize ans, s’approcha.
— Vu tes exploits passés, cette mission sera une formalité, hein papa ?
— Je l’espère. Mais quoi qu’il en soit, c’est un défi que je dois relever.
Kepuro, l’aîné de vingt et un ans, resta en retrait. Il songea froidement : "Vas-y. Je n’ai pas besoin de toi, de toute façon."
Genshiro, quinze ans, ne prononça aucun mot. Il se contenta de fixer son père, les yeux remplis d’une tristesse profonde, comme s’il pressentait que quelque chose allait changer à jamais.
Sur le seuil du vaisseau, prêt à partir, Hizuno Seydara se tourna une dernière fois vers son fils.
— Genshiro, mon fils… ne t’inquiète pas. Je reviendrai sain et sauf. Mais écoute-moi bien. Le moment venu, tu partiras t’entraîner pour devenir un véritable guerrier, aux côtés de Sadae et de ton frère. Sois respectueux envers Maître Urui. et surtout, transmets mes salutations à Maître Zenko et Maître Fukusawa.
Genshiro serra les poings, les yeux brillants d’émotion.
— Je n’y manquerai pas, père. Vous pouvez compter sur moi.
Hizuno lui adressa un sourire tendre, un éclat de fierté dans le regard.
— N’agissez pas comme s’il s’agissait d’un adieu. Ce n’est qu’un au revoir. Je vous aime… profondément.
Il monta à bord de son vaisseau, d’un bleu profond, dont la coque scintillait sous la lumière de lyserian. Les moteurs rugirent, et dans un souffle d’énergie, il prit la direction de la galaxie du Tournesol.
À bord, seul face à l’immensité de l’espace, il murmura :
— Bien… il est temps pour moi de prendre les choses en main.
Après une semaine d’un voyage solitaire à bord de son vaisseau, Hizuno Seydara arriva enfin à destination. La galaxie du Tournesol s’étendait devant lui, d'une beauté à couper le souffle, un spectacle que même un guerrier aguerri comme lui ne pouvait ignorer. Il resta figé un instant, observant la magnificence du cosmos. L'immensité de l'univers s'offrait à lui, mais il savait que son devoir l’appelait.
« La galaxie du Tournesol… La rumeur ne mentait pas. C’est réellement splendide. » murmura-t-il, admirant la lueur douce qui baignait l’espace. Puis, secouant la tête, il se ressaisit. « Bon, mon cher Hizuno, concentrons-nous sur la mission. »
Fermant les yeux un instant, il invoqua l’une de ses techniques les plus discrètes. Dans la poussière cosmique qui flottait autour de lui, il masqua son vaisseau. Tel un spectre, il se fondait dans les ombres de l’espace, invisible à toute détection.
« Ça marche, je ne suis pas repéré », se dit-il, une pointe de soulagement dans sa voix.
Il glissa silencieusement dans l’espace, son vaisseau se déplaçant avec une précision calme. Après plusieurs dizaines de minutes, il aperçut une lueur différente dans l’immensité noire. Une planète, semblant errer seule dans le vide infini. Elle était tellurique, ses contours marqués par des rivières sinueuses et des zones couvertes de végétation luxuriante, entrecoupées de vastes étendues arides.
Hizuno plissa les yeux, un intérêt grandissant dans la voix : « Tiens, voilà une planète… Et si j'atterrissais pour voir ce qui s’y passe ? »
Il déroula rapidement une carte stellaire et, avec une précision méthodique, entra les coordonnées pour identifier la planète. Ses yeux se fixèrent sur l’écran.
« Si je suis ces coordonnées, cette planète est errante, elle ne tourne autour d’aucune étoile… et elle se nomme Reneta. » Il marqua une pause, intrigué. « Un monde solitaire, loin de toute lumière… »
Sans plus tarder, il dirigea son vaisseau vers Reneta. Moins d'une heure plus tard, le vaisseau pénétra dans l’atmosphère de la planète, le bruit de la rentrée atmosphérique résonnant dans le cockpit. Il chercha un endroit discret, un coin isolé parmi les montagnes, où il pourrait poser son vaisseau sans attirer l’attention.
L'atterrissage se fit dans une douceur presque surnaturelle. Le vaisseau toucha le sol sur un plateau élevé, dominant une vallée montagneuse. À l’instant même où il toucha la surface, un nuage de poussière s’éleva autour du vaisseau, accompagné d’un grondement sourd, comme un lointain murmure de l’univers.
« Voummmmmm… » Le bruit de l’atterrissage résonna, et le vaisseau se stabilisa enfin. Hizuno éteignit les moteurs, et un silence profond s'installa autour de lui. Il observa les montagnes qui l’entouraient, se demandant ce que cette planète, qui semblait être abandonnée de toute civilisation, pourrait bien lui réserver.
Hizuno sauta légèrement hors de son vaisseau, ses bottes foulant la terre poussiéreuse du plateau. Il ajusta calmement la lanière de son petit sac en bandoulière, puis se mit en marche, les yeux tournés vers l’est. L’air était dense, chargé d’une tension invisible, comme si la planète elle-même retenait son souffle.
Après quelques minutes de marche dans un silence oppressant, il atteignit une vallée encaissée. Là, niché entre les parois rocheuses, se tenait un village. Modeste, silencieux, presque figé dans le temps. Il pouvait abriter environ cinq cents âmes, mais rien ne trahissait la moindre présence humaine.
Les maisons, pour la plupart à deux étages, se dressaient sagement de part et d’autre de rues étroites, encadrées comme les lignes d’un vieux parchemin. Mais ce qui frappa Hizuno, c’était le vide. Pas un bruit, pas un souffle, pas même un enfant jouant. Le village semblait abandonné… ou pire.
En s’avançant plus loin, il aperçut des zones calcinées, des murs éventrés, des débris épars… Des traces nettes de destruction. Ici, un combat violent avait eu lieu. Une explosion ? Un assaut ? Tout portait à croire que ce lieu avait été le théâtre d’une bataille sanglante.
Mais alors qu’il observait autour de lui, il aperçut des silhouettes. Des hommes, en rang, vêtus d’uniformes rouge écarlate. Leurs capes légères flottaient au vent, et chacun portait à la ceinture un katana noirci. Ils patrouillaient lentement, le regard dur, comme s’ils cherchaient encore un ennemi invisible.
Hizuno fronça les sourcils.
« Ces hommes… Leurs tenues, leur formation, ce n’est pas une milice ordinaire. »
Son regard se posa sur une bannière accrochée à un mur fissuré. Deux caractères y étaient gravés.
*Hizuno (à voix basse)* : « Ce symbole… ‘Jan’, qui signifie ‘armée’, et ‘Rog’, pour ‘rouge’… C’est donc l’armée rouge. Une milice au service du Dark, je suppose. »
Pour ne pas attirer l’attention, Hizuno dissimula son armure de guerrier sous une tunique sale et élimée, empruntée à un vieux mendiant. Ce déguisement grossier suffisait pour passer inaperçu, mais il prit soin d’éviter les patrouilles. Non pas qu’il craignait pour sa vie — sa force dépassait de loin celle de ces soldats — mais il ne voulait pas compromettre sa mission en se faisant repérer.
Alors qu’il marchait vers l’ouest du village, il entendit des cris. Il s’approcha discrètement, et ce qu’il vit le glaça.
Dans un quartier reculé, une dizaine de soldats frappaient sans relâche une vieille femme, courbée par l’âge, et une petite fille terrorisée.
*La petite fille (en larmes)* : « Laissez ma grand-mère ! Elle ne vous a rien fait, je vous en supplie, arrêtez ! »
*La vieille dame (tremblante)* : « S’il vous plaît… prenez-moi, faites de moi ce que vous voulez, mais épargnez mon unique petite-fille. Elle est tout ce qu’il me reste… »
L’un des soldats ricana froidement avant de répondre :
*Le soldat* : « Vous avez toutes les deux enfreint la loi. Vous serez punies… de la même manière. »
*Hizuno (pensée)* : *Ce monde est vraiment tombé bien bas... Cette dame va être tuée sous mes yeux. Ces lois… elles n'ont plus rien d'humain. Mais si j’interviens, je risque de me faire repérer. Et si je me fais repérer, c’est toute l’armée rouge qui me tombera dessus. Pourtant… comment pourrais-je détourner les yeux ?*
Décidé, Hizuno s’avança calmement, puis s'arrêta, droit, silencieux. Les soldats, d’abord surpris, le dévisagèrent avec mépris.
*Soldat 1 (agressif)* : « Hé toi, qu’est-ce que tu fixes comme ça ? File d’ici, à moins que tu veuilles que je t’en colle une ! »
Hizuno resta muet, impassible.
*Soldat 2 (rictus moqueur)* : « Oh le papi ! Tu veux finir avec eux ou quoi ? Bouge avant qu’on t’éclate ! »
*Petite fille (en larmes)* : « Monsieur… aidez-nous, je vous en supplie ! »
*Soldat 3 (sèchement)* : « Ferme-la, sale gamine ! Personne ne viendra vous sauver. Vous êtes à notre merci. »
Les soldats se détournèrent un instant, reprenant leur brutalité. Mais l’un d’eux se retourna, et son regard se figea.
*Soldat 1 (hurlant)* : « Qu’est-ce que tu fais encore là, abruti ? On t’a dit de partir ! »
Il dégaina brusquement son katana, avança d’un pas lourd, prêt à frapper.
*Soldat 1 (menaçant)* : « Puisque tu t’obstines, je vais t’envoyer en enfer, vieux fou ! »
La lame s’éleva. L’instant d’après… un souffle. Presque invisible. Une fine pointe de poussière surgit, rapide comme l’éclair, et transperça le soldat au niveau du cœur.
Le temps sembla se figer.
Le sang coula lentement de ses yeux, de sa bouche, et il s’écroula sans un cri.
Kori, le regard furieux, s'écria :
— *"Oh non, qu'as-tu fait ?! Ah, tu vas me le payer !"*
Il s'approcha d'Hizuno, les yeux remplis de rage.
— *"Les gars, laissons cette vieille dame et sa petite fille. Occupez-vous de cet homme !"*
Aussitôt, les soldats, sous les ordres de Kori, laissèrent la vieille dame et sa petite fille trembler, les yeux pleins de terreur, et se tournèrent vers Hizuno, l'entourant, prêts à l'attaquer.
Cassus, le chef de l'équipe, observa la scène avant de donner un ordre.
— *"Ordo ! Va vite sonner l'alerte ! Un guerrier nous attaque !"*
Ordo, hésitant, leva les yeux vers son supérieur, l'air incrédule.
— *"Un guerrier ? Mais comment pouvez-vous en être si sûr ?"*
Cassus, les yeux étincelants de colère, s'approcha d'Ordo, une lueur menaçante dans son regard.
— *"Tu ne vois pas, imbécile ? Ses techniques, sa posture... Il ne ressemble à aucun civil. Il est trop habile. Va chercher l'alerte maintenant, ou tu verras toi-même ce que ce guerrier peut faire !"*
Ordo, réalisant enfin la gravité de la situation, acquiesça en courant à toute vitesse pour avertir les autres. Les soldats se resserrèrent autour d'Hizuno, leur katana brillants sous le soleil, prêts à attaquer à tout instant. La tension montait, chaque respiration devenant plus lourde dans l'air lourd de poussière cosmique.
Le jeune officier s'élança en courant, déterminé à sonner l'alerte. Mais à peine avait-il franchi quelques mètres qu'une flèche de poussière cosmique fusa dans l'air, transperçant sa nuque. Sa tête bascula violemment en arrière, dévoilant l'os nu de sa colonne cervicale. Il s'effondra, raide, sans un cri.
Hizuno, le regard sombre :
— *Je ne vous laisserai pas avertir les autres...*
La petite fille éclata en sanglots et se blottit contre sa grand-mère.
— *Grand-mère… j’ai peur… Qu’est-ce qui se passe ?*
— *Ma chérie, reste calme… ferme les yeux… ne regarde pas…* murmura la vieille dame d’une voix tremblante.
Cassus, les traits crispés par la rage, pointa son katana vers Hizuno.
— *Espèce de balafré ! Tu crois vraiment pouvoir t’en sortir vivant ? Je vais te faire ravaler ton arrogance. Les gars, à l’attaque !*
Mais alors qu’ils s’élançaient, Hizuno ferma les yeux. Une énergie étrange se mit à pulser autour de lui, comme une vibration dans l’air. Il souffla, calme :
— *Énergie spirituelle...*
Un frisson parcourut l’échine des soldats. Cassus hésita, les yeux écarquillés.
— *C… c’est impossible… Ce type est un maître…*
*Hizuno :* *Cercueil des poussières stellaires.*
Aussitôt, une brume dense de poussière cosmique s'éleva, enveloppant les corps des soldats. Leurs silhouettes restèrent figées, debout, tandis que leurs têtes déformées émergeaient à peine de cette gangue étouffante. Le spectacle était macabre.
*Hizuno :* *Vous l'avez voulu, bande de misérables.*
Calmement, Hizuno s'approcha de la vieille dame.
*Hizuno :* *Madame, tout va bien ? Vous n'êtes pas blessée ?*
*Tameyo :* *Merci, monsieur. Sans votre intervention, ces soldats nous auraient sans doute tuées. Ils ne plaisantent pas avec les ordres du Dark. Je vous suis profondément reconnaissante.*
*Hizuno :* *Ce n'est rien.*
*Tameyo :* *Je vois que vous n'êtes pas originaire de cette planète. Que faites-vous sur Reneta ?*
*Hizuno :* *Je me nomme Hizuno Seydara, originaire de la planète Polaris. J'ai été envoyé en mission de renseignements pour recueillir des informations capitales sur ce Dark.*
*Tameyo :* *Eh bien, puis-je savoir où se trouve votre planète ?*
*Hizuno :* *Dans une galaxie appelée la Voie Lactée.*
*Tameyo :* *Les habitants de la Voie Lactée commenceraient déjà à craindre la puissance du Dark ?*
*Hizuno :* *Peut-être, mais en vérité, nous sommes surtout sur nos gardes.*
*Tameyo :* *Bon, je me présente : je suis Tameyo, et voici ma petite-fille Reita. Venez chez nous boire un petit verre.*
*Hizuno :* *Volontiers.*
Les trois personnes longèrent la rue et bifurquèrent à droite. Ils arrivèrent en vue du domaine.
*Reita :* *Monsieur, voilà notre domaine.*
Hizuno leva les yeux et vit un magnifique domaine, dont le style rappelait celui du Japon de l'époque Sengoku : une porte en bois massif ornée de motifs représentant deux lions gardiens, une clôture faite de briques d'une couleur noire sombre.
Ils entrèrent dans la cour. Reita resta pour refermer la porte derrière eux. Tameyo guida Hizuno vers une pièce vide où ils s'assirent par terre sur un tapis.
Hizuno examina la pièce : elle était décorée de petites statuettes représentant les divinités de la planète.
*Reita* : Monsieur... les statuettes vous intéressent-elles ?
*Hizuno* (en observant attentivement) : Oui… Elles sont intrigantes. J’aimerais bien savoir à qui elles rendent hommage.
*Reita* (souriant doucement) : Celle que vous voyez là, c’est Hoten, le dieu de la création. Selon nos légendes, c’est lui qui façonna l’univers, les astres, les galaxies... tout. Et juste à côté, c’est la déesse Tethys, son épouse. C’est elle qui, de son souffle, donna naissance aux différentes races humaines, avant de les disperser à travers les étoiles.
*Hizuno* (impressionné) : Fascinant... Il y a tant de profondeur dans votre culture.
À ce moment-là, Tameyo revint, tenant un plateau de bois finement sculpté. Elle le déposa avec précaution sur la table basse. Dessus : un pain aux teintes violettes, fait à base d’un blé rare cultivé uniquement sur Reneta, accompagné d’une théière en céramique fumante, dégageant un arôme délicat de plantes médicinales.
*Tameyo* : Monsieur Hizuno, c’est modeste, mais cela vient du cœur. Goûtez donc.
Hizuno prit un morceau de pain, le porta à sa bouche et goûta le thé. Ses yeux s’ouvrirent légèrement sous l’effet du goût : doux, parfumé, apaisant... presque surnaturel.
*Hizuno* : C’est... au-delà de tout ce que j’ai connu. Merci infiniment.
Il observa la pièce un instant, puis leva les yeux vers Tameyo.
*Hizuno* : Vous n’êtes que toutes les deux ici ?
Un voile de tristesse passa dans le regard de la vieille femme.
*Tameyo* : Oui. Le Dark m’a tout pris... Mon mari, mes fils, mes amis... Je ne suis restée qu’avec Reita, mon unique rayon de lumière.
Elle marqua une pause, puis prit une longue inspiration.
*Tameyo* : Monsieur Hizuno, je crois que les circonstances exigent que je vous raconte tout. Toute la vérité sur l’arrivée du Dark sur cette planète.
*Hizuno* (se redressant légèrement) : Je vous écoute, Madame. Je suis tout ouïe.
*Tameyo :* C'était il y a quatre ans... Nous étions tous réunis. Reita n'avait alors que six ans.
C'était le deuxième jour du second mois. Il faisait beau, le ciel était clair, quand soudain…
Des boules de feu commencèrent à s’abattre du ciel, ravageant la surface de la planète. Des centaines de vaisseaux surgirent, portant les soldats de l’armée rouge. Ils pénétrèrent dans l’atmosphère et semèrent aussitôt la terreur.
Leurs regards étaient vides, froids… Aucun soupçon d’humanité. Ils tuaient tout sur leur passage, sans aucune pitié.
Le Skew de notre planète ordonna la mobilisation de nos guerriers, ceux qui maîtrisaient les styles d’énergie ancestrale. Mais ces braves combattants se heurtèrent aux grands officiers du Dark. Eux aussi maniaient des énergies, mais avec une puissance bien supérieure. Nos guerriers furent massacrés en quelques heures à peine…
Un messager de l’armée rouge se présenta au palais.
*Messager :* « Peuple de Reneta, nous sommes les soldats du Dark. Nous venons conquérir cette planète. Toute résistance est inutile. Vous êtes cernés. Capitulez, car aucune aide ne viendra. Les planètes voisines sont déjà tombées… La vôtre sera la prochaine. »
Le Skew se leva, fier, les yeux remplis de feu :
*Skew :* « Jamais nous ne capitulerons ! Nous combattrons jusqu’à notre dernier souffle. Tant qu’il restera un cœur qui bat sur Reneta, nous garderons espoir. Il existe toujours une issue. »
Mais hélas… ses mots n’étaient que bravoure face à une force écrasante.
*Commandant du Dark :* « Emmenez-le. Qu’il meure lentement et dans la douleur. C’est lui qui insuffle la force au peuple. En l’éliminant, nous briserons leur volonté.
Ils emmenèrent le Skew et le soumirent à des tortures d'une cruauté sans nom. Le sang s'échappait de ses blessures, inondant le sol autour de lui. Tout d'abord, on lui arracha violemment l'œil droit, extirpant chaque nerf, chaque filament reliant la boule de l'œil à son corps. Puis, dans un acte de pure barbarie, on lui coupa les bras, et le sang jaillit, tel un torrent incontrôlable.
Le Skew, à l'agonie, ne pouvait qu’implorer la fin de ses souffrances. Son corps, brisé, semblait sur le point de se rendre complètement à la douleur.
Le commandant s'avança, ses yeux glacés fixant le Skew dans un dernier regard plein de mépris, et d'une voix glaciale, il déclara :
*Commandant :* « Ceux qui s’opposeront au Dark subiront le même sort. »
Il se détourna et, d'un simple geste autoritaire, ordonna :
*Commandant :* « Jetez son corps dans le vide. »
Ce jour-là, une foule immense se rassembla, croyant en la promesse d’une libération. On leur avait dit que le Skew serait libéré, et que l'armée rouge quitterait la planète. Mais la vérité, aussi terrifiante que cruelle, allait leur être révélée sous peu.
Ils élevèrent le corps du Skew au sommet de la terrasse la plus haute de son palais. La foule, les yeux pleins d'espoir, attendait. Puis, dans un silence mortel, on lâcha le Skew dans le vide. Son corps tomba librement, s'écrasant sur la place publique.
Sa tête se fracassa violemment sur le sol, émettant un bruit sourd, comme un éclat de verre brisé. La boîte crânienne céda sous le choc, éclatant en mille morceaux, laissant jaillir une pluie de sang et de fragments d’os. Son cerveau, désormais exposé, coulait comme une pâte crue, mêlé au sang qui s’étendait en rivières autour de lui.
Ses bras étaient brisés, pendants dans une posture grotesque, déformés sous l'impact. L'un d'eux, arraché de son épaule, gisait dans une mare de sang, tandis que l'autre était tordu dans une direction impossible. Le sol était un abîme de chair déchiquetée. Ses organes, le cœur encore palpitant, étaient éclatés autour de lui. Le foie, déchiré, se battait contre la mort dans un spasme désespéré.
La scène était d'une horreur indescriptible, une vision macabre de souffrance extrême. Chaque morceau de son corps semblait se dissoudre dans une mer de sang et de débris, la vie s'éteignant lentement sous le poids de la violence. Le tout était une danse macabre de terreur, une mort violente et inéluctable, offrant un spectacle de dévastation et de cruauté indescriptibles.
Pendant l'invasion, j'ai perdu mes trois enfants. Mes deux fils et ma fille aînée, Saki, ont été tués dans l'atrocité du carnage. Ils étaient des guerriers, et tous les guerriers de notre planète ont été massacrés sans pitié, succombant les uns après les autres, jusqu’au dernier. C'était une hécatombe, un véritable massacre.
Ma cadette, Tamayo, a été capturée, selon les rumeurs, à cause de sa beauté. Ils disent qu'elle a été choisie pour devenir l'une des concubines du Dark, un destin cruel qu’aucune femme ne mériterait. C’est une souffrance qui me ronge, le fait de penser qu’elle ait pu tomber entre les griffes de ces monstres.
Quant à mon beau-fils, le père de Reita, il est mort deux ans après l'invasion.
Hizuno : Comment ça, deux ans après ?
Tameyo : Oui, après la capture de Tamayo, Sazura, son mari et le père de Reita, décida de partir la libérer. Je me souviens encore du jour où il est venu me voir.
Sazura : Dame Tameyo, pardonnez ma venue soudaine et sans préavis. Je tenais à vous demander une faveur : pourriez-vous vous occuper de Reita pendant mon absence ?
Je lui répondis : "Bien sûr, mais où vas-tu donc, Sazura ?"
Sazura : Je m'en vais récupérer Tamayo.
Je lui répondis : "Mais c'est de la folie ! Tu n'es pas de taille face à eux. Ils vont te tuer à coup sûr. Et puis, tu dois rester avec Reita, elle a besoin de toi."
Sazura : Oui, je suis bien conscient que je ne suis pas de taille face à eux, mais en tant que son mari, je ne peux pas laisser Tamayo dans cette situation. Je ne peux pas l'abandonner. Jamais.
Ensuite, il se tourna vers Reita et lui dit :
Sazura : Ma petite Reita, sois forte, sois patiente. Je vais sauver ta maman, et nous reviendrons ensemble. Alors, nous pourrons vivre comme avant, comme au bon vieux temps.
Il s'en alla. Mais six mois plus tard, on nous ramena son corps découpé en deux parties. Ils nous annoncèrent même que, avant de nous le rapporter, ils avaient montré son corps à sa femme, Tamayo, afin de lui ôter toute idée d'évasion.
Les gardes : "Tiens."
Tamayo, toute tremblante, demanda : "Qu'est-ce que c'est ?"
L'un des soldats répliqua : "Ouvre, c'est une surprise !"
Tamayo, sa fille cadette, ouvrit le sac, et ce qu'elle découvrit la fit hurler de terreur. C'était le corps de Sazura, son mari, coupé en deux.
Elle hurla, prise de désespoir :
"Ahhhhhhh... ahhhhhhh... Ahhhhhhh ! Sazura ! Sazura ! Mon chéri, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Pourquoi ?!"
Malgré son corps déchiqueté, Sazura n'était pas encore mort. Il réussit à prononcer quelques mots, d'une voix faible :
"Ta... Tamayo... arrête de hurler, s'il te plaît."
Tamayo, submergée par le chagrin, répéta :
"Sazura ! Sazura ! Mon chéri, pourquoi ?"
Sazura, dans un dernier souffle, répondit, le regard plein de douleur :"Ta... Tamayo... S'il te plaît, pardonne-moi... Ils sont vraiment puissants. J'ai tout essayé, mais je n'ai pas pu te sauver. C'est un échec, et c'est indigne de moi. Mais je suis sûr qu'un jour, tu sortiras de cette vie infernale. Reita, notre fille, est restée seule avec sa grand-mère. Elle n'a pas eu la chance de ressentir l'amour d'un père comme il se doit. Je suis désolé. Sache que désormais, nos vies et nos cœurs sont liés, même dans l'autre monde. Je veillerai et prierai pour toi afin que tu quittes cette prison.
Adieu, ma chérie…"
Aussitôt, Sazura rendit l'âme. Tamayo, ma fille, fut saisie d'une grande colère. Elle cria, hurla si fort :
Tamayo :
"Ahhhhhhhhhhi, non, non, Sazura, non !!! Pourquoi ? Pourquoi ? Qu'est-ce que nous vous avons fait ? Quel objectif vous motive à commettre ces actes ignobles ? Rendez-moi ma famille, rendez-moi mon mari !!! Vous me le paierez, vous me le paierez ! Sois maudit, maudit soit-tu, Dark !!"
Aussitôt, l'un des gardes l'assomma. C'est ainsi que je me suis retrouvée seule avec Reita.
Hizuno :
"Je suis profondément désolé pour ce qui vous est arrivé. Ce Dark, quelle cruauté."
Tameyo :
"Cette histoire, c'est l'un des soldats qui me l'a racontée. Et chaque année, l'un des soldats venait nous donner de ses nouvelles, mais aujourd'hui, plus aucun contact. Ça fait si longtemps..."
Hizuno :
"Et aujourd'hui, pourquoi ces soldats de l'armée rouge vous maltraitaient-ils ?"
Tameyo :
"Ah, c'était parce que nous avions refusé d'offrir une partie de notre récolte à l'un des bras droits du Dark. Alors, ils ont arraché notre plantation. Mais à présent, nous manquons de nourriture, et Reita et moi sommes retournées cueillir des légumes... Ils nous ont démasquées, et voilà."
Hizuno :
"Je vois... C'est terrible."
Tameyo (en baissant la tête) :
"Je souhaite de tout mon cœur, vraiment de tout mon cœur, avant de quitter ce monde, voir une dernière fois ma fille cadette libre, et Reita... qu'elles vivent dans un milieu calme, à l'abri du Dark."
Hizuno :
"Je vais vous aider, Tamayo. Votre histoire m'a profondément touché, et je ne peux pas vous laisser dans cette situation."
Tamayo :
"S'il vous plaît, vous n'êtes pas obligé. Beaucoup sont déjà morts..."
Hizuno :
"Soyez calme. Je vais la ramener. Dites-moi seulement où elle est retenue prisonnière.