Les ombres de Cinderholt

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Summary

Dans le royaume d’Aerthoria, la paix vole en éclats lorsque les armées de Velkara marchent sur Cinderholt, capitale bâtie sur la Draconis, une énergie ancienne liée aux dragons. Autour de Varek « Ashfang » Drakonis, dernier dragonnide et gardien des savoirs draconiques, un groupe de héros se forme : Finn, expert en infiltration, Evelyn, ingénieure de génie, Elsa Frostbane, alchimiste en formation, Séraphine, puissante mystique, et Alistair, guerrier au bras mécanique. Leur combat les mène des ruines de sanctuaires oubliés aux souterrains de la capitale, des forêts noires aux batailles aériennes contre les zeppelins ennemis. Mais l’invasion cache une trahison plus profonde : Lord Victor Greystone, conseiller en chef du royaume, manipule les événements depuis l’ombre. Pour sauver Aerthoria, les héros devront affronter Velkara, percer les secrets des dragonnides et découvrir jusqu’où les ombres de Cinderholt se sont infiltrées dans le cœur du pouvoir.

Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
13+
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Prologue

Le royaume d’Aerthoria occupe une large part d’Arvandor, le Grand Continent. À l’ouest, ses terres descendent vers la Mer d'Az ; à l’est, elles se heurtent aux marches hostiles de Velkara. Entre les montagnes noires, les cités fortifiées et les anciens sanctuaires, la Draconis circule encore sous la pierre comme un sang profond, invisible aux yeux des hommes, mais essentiel à leur puissance.

Les origines du royaume se perdent dans des temps si anciens que les chroniqueurs eux-mêmes n’en conservent que des fragments. On raconte qu’avant les rois, avant les murailles et avant les premières armées, les Primordiaux ont façonné le monde. Ces dragons premiers n’étaient pas de simples créatures de chair et d’écailles. Ils étaient des puissances vivantes, liées à la terre, au feu, au ciel et aux veines secrètes du monde.

De leur souffle est née la Draconis.

Elle n’est ni une flamme, ni un métal, ni une magie ordinaire. Elle est une force de circulation, de lien et d’équilibre. Elle traverse les montagnes, dort dans certains cristaux, vibre dans les sanctuaires et répond parfois à la voix des dragons. Les hommes apprennent d’abord à la respecter. Sous la garde des anciens dragons, ils bâtissent leurs premières cités, gravent leurs premiers serments et élèvent des sanctuaires destinés non à dominer cette énergie, mais à l’accorder.

Pendant des siècles, Aerthoria prospère ainsi. Les forgerons renforcent leurs lames par la Draconis. Les mages apprennent à canaliser ses flux à l’aide de foyers cristallins. Les alchimistes découvrent comment la contraindre dans la matière par les sels, les poudres et les huiles. Les ingénieurs, plus tard, conçoivent des machines capables de la mesurer, de la stocker et parfois de l’amplifier. Le royaume se croit sage parce qu’il a donné des règles à ce qui le dépasse.

Il se trompe.

La Draconis attire les convoitises. Des lignées nobles, des armées, des savants et des cités entières veulent en posséder davantage. Ce qui était un pacte devient une ressource. Ce qui était un équilibre devient une arme. Les nœuds anciens sont forcés. Des cristaux sont extraits sans rite ni mesure. Des sanctuaires sont ouverts comme des coffres. Les premiers dérèglements apparaissent alors : des récoltes s’affaiblissent, des machines se brisent sans cause visible, des pierres noircissent autour des anciennes veines.

Puis vient l’Âge des Cendres.

Les chroniques ne s’accordent pas sur sa durée. Certaines parlent d’une génération, d’autres de plusieurs siècles. Toutes retiennent pourtant les mêmes images : des villes vidées par la guerre, des rivières taries, des forêts devenues grises, des champs où rien ne pousse plus. Les hommes découvrent qu’une Draconis contrainte trop longtemps ne se contente pas de s’épuiser. Elle se corrompt.

Le peuple donne à cette corruption un nom de peur : la Draconis Maudite. Les savants, eux, parlent de flux rompus, de nœuds infectés et d’ancrages brisés. Peu importe le vocabulaire. Le résultat reste le même. Là où la Draconis cesse de circuler correctement, le monde se dérègle. Les cristaux se fissurent. Les corps s’épuisent. Les bêtes changent de comportement. Les lieux marqués par la corruption conservent longtemps une odeur de cendre froide et de métal brûlé.

Face à ce désastre, les derniers dragons gardiens interviennent. Ils ne sont pas seuls. À leurs côtés se tiennent les premiers Dovahkiin, ceux que les hommes appelleront plus tard les dragonnides. Ils ont l’apparence des humains, mais leur chair porte une résonance plus ancienne : quelques écailles, parfois, un regard trop lumineux, une sensibilité douloureuse aux flux de Draconis. Ils sont des seuils vivants entre deux héritages.

La guerre qui suit n’est pas une victoire éclatante. Elle est une cautérisation.

Les dragons et les Dovahkiin ne purgent pas toute la corruption. Ils scellent ce qui peut l’être, ferment plusieurs sanctuaires, brisent des ancrages dangereux et condamnent des régions entières. Beaucoup meurent. D’autres survivent, mais leur présence devient bientôt embarrassante pour les royaumes humains. Trop liés aux dragons, trop sensibles aux flux de Draconis, trop proches d’un pouvoir que les hommes veulent désormais administrer seuls, les dragonnides sont peu à peu écartés des cités, des charges publiques et des lieux de décision.

On ne les massacre pas.

On les efface.

Les chroniques officielles parlent d’un retrait volontaire. La réalité est plus dure : les Dovahkiin sont contraints de disparaître de la vie du royaume. Regroupés dans le nord d’Aerthoria, aux limites des terres froides et des anciens sanctuaires, ils deviennent une communauté surveillée, tolérée parce qu’elle reste utile, redoutée parce qu’elle rappelle ce que le royaume préfère oublier. Pour le peuple, ils glissent lentement du côté des légendes. Pour le Conseil, ils demeurent une question non résolue.

Lorsque les royaumes humains sortent de l’Âge des Cendres, ils découvrent un monde sauvé, mais diminué. Les dragons se sont retirés. Les dragonnides ont été rendus invisibles. Aerthoria se reconstruit sur une mémoire déjà falsifiée.

Les rois font surveiller les nœuds. Les foyers de Draconis sont réglementés. Les sanctuaires deviennent des lieux de savoir, de crainte et d’interdits. Les mages apprennent qu’aucun sort ne peut s’accomplir sans source, sans canal, sans ancrage et sans coût. Les alchimistes répètent à leurs apprentis qu’une goutte peut sauver un homme, mais que trois gouttes peuvent le tuer. Les ingénieurs promettent que leurs machines rendront la Draconis plus sûre. Chaque génération croit avoir mieux compris le danger que la précédente.

Pourtant, les anciens équilibres ne se laissent pas administrer comme des greniers ou des casernes.

En la dix-septième année du règne de la reine, les premiers signes d’une nouvelle crise apparaissent. Les foyers de Draconis se vident plus vite qu’ils ne se rechargent. Certaines machines perdent leur rendement. Des cristaux pourtant réputés stables se ternissent sans raison. Dans plusieurs régions, les exploitations signalent une baisse inquiétante de production. On parle d’abord de filons pauvres, de mauvais calculs, de négligence locale. Puis les rapports s’accumulent.

La Draconis ne disparaît pas.

Elle n’arrive plus.

Dans les salles du Conseil royal de Cinderholt, cette nuance change tout. Une pénurie peut ruiner le royaume. Un blocage des flux profonds peut annoncer bien pire. Car si les veines de Draconis sont corrompues ou entravées les unes après les autres, Aerthoria ne fait pas seulement face à une crise énergétique. Elle voit revenir l’ombre de l’Âge des Cendres.

Et Velkara observe.

Depuis ses frontières, le royaume ennemi connaît les faiblesses d’Aerthoria. Là où les Aerthoriens parlent encore de pactes, de sanctuaires et d’équilibre, Velkara voit une force à saisir. Ses commandants savent que la Draconis peut nourrir des machines, renforcer des armes et briser des défenses. Si Aerthoria vacille, Velkara frappera.

Dans les montagnes, certains sanctuaires répondent par des murmures. Des inscriptions oubliées redeviennent tièdes sous les doigts des érudits. Les rares dragons encore liés aux anciens nœuds s’agitent dans leur sommeil. Des rumeurs circulent sur des créatures altérées, sur des cristaux noircis, sur des villages où les lampes de Draconis s’éteignent toutes à la même heure.

Alors le Conseil royal comprend qu’il ne suffit plus de compter les réserves.

Il faut découvrir ce qui bloque la Draconis.

Une délégation est appelée à quitter Cinderholt. Elle réunit des compétences que le royaume n’a plus l’habitude d’associer : l’acier d’un guerrier, le regard d’une magicienne, la science d’une inventrice, le savoir d’une alchimiste, l’instinct d’un espion et la mémoire d’un vétéran.

Parmi eux marche Varek, dragonnide issu de ces lignées contraintes au silence dans le nord du royaume, lié à une force plus ancienne que les lois du Conseil et plus dangereuse, pour Aerthoria, que les aveux de ses propres archives.

Le royaume croit envoyer une expédition vers des sources nouvelles.

En réalité, il envoie ses derniers espoirs vers une vérité enfouie.

Car sous les pierres d’Arvandor, dans les sanctuaires fermés et les veines obscures de la Draconis, quelque chose se remet à bouger. Et ce qui revient ne cherche pas seulement à affaiblir Aerthoria.

Cela veut rompre l’équilibre du monde.

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