Chapitre 1
Le shérif et le directeur de Prodwood High finalisait, les dernières procédures concernant l’adoption. Le concerné, affalé sur une chaise rembourrée en vinyle, observait la scène depuis l’extérieur de la pièce. Seule la vitre en face de lui, laissait entrevoir un bureau. lui permettant de voir ce qui se déroulait à l’intérieur du local. La salle disposait d’un grand bureau de travail en acier lourd recouvert de paperasse négligée, d’un classeur en métal et d’une armoire de rangement en métal. La peinture écaillée montrait la dégradation structurelle de l’endroit, car due à l’absence de financement et au manque de rénovation, l’infrastructure de l’établissement se trouvait très âgée. Surtout à cette heure là où les mith envahissait certaines pièces. Les deux hommes se dirigeaient vers la sortie. L’un des deux individus ouvrit la porte. Dans le silence, le grincement déplaisant alerta l’adolescent, qui regardait ses chaussures pour passer le temps.
— Jake, je te présente ton nouveau tuteur légal. Oliver Regann.
Le shérif le salua de la main en abaissant légèrement sa tête.
Jake, détourna le regard, mal à l’aise face à cette situation. Ses longs cheveux bruns ébène qui lui arrivaient à la nuque l’aidait à accentuer cette envie de se cacher. Oliver, quant à lui, ne cherchait pas à communiquer davantage avec lui pour ne pas augmenter son angoisse.
Témoins de la scène, le directeur de l’établissement demanda à Jake d’aller chercher ses affaires dans son ancienne chambre. Pendant que Jake partait vers ses anciens quartiers, le directeur Yafelly se dirigeait vers la sortie de l’immeuble en compagnie du shérif. Durant leurs trajets, le shérif constata autour de lui des casiers et des locaux de classe, comme si cet endroit était aussi une école. Un grand nombre de résidents, tous âgés d’environ 16 ans, se trouvaient éparpillés un peu partout. Certains se promenaient et d’autres discutaient en groupe. La connaissance de la vie sociale ici le rassurait ; ils en avaient vraiment besoin.
Arrivé devant l’entrée principale qui donnait un aperçu de l’extérieur grâce aux vitres sur la porte. Vêtue d’une veste gris foncé et de son sac à dos, le shérif constata que Jake se trouvait déjà dehors assis sur l’escalier qui menait vers la porte où les deux hommes se trouvaient. L’obscurité envahissait toute la rue. Les seuls éléments qui offraient un soupçon d’éclairage étaient les phares de la voiture du shérif et les lampadaires submergés par des papillons de nuit. Les deux hommes se serraient la main en guise d’au revoir. Le shérif, prêt à s’en aller, remarqua que son camarade maintenait très fortement la poigne.
— Vous savez…. Il a du mal à s’intégrer…. De plus, en raison de son âge, ce sera une épreuve encore plus dure. Lance-t-il le regard plongé dans celui d’Oliver.
— Que voulez-vous dire par “une épreuve encore plus dure” ?, réplique-t-il en maintenant aussi le regard.
— Disons que Jake est… Défectueux, rétorque-t-il en détournant le regard pour scruter l’adolescent depuis la fenêtre de la porte principale.
— Écoutez-moi bien, Monsieur Bone : personne dans la vie n’est “défectueux”, tout ce dont les gens ont besoin est qu’une personne…. Juste UNE personne leur donne une chance et si je dois être cette personne alors ce sera ça, répond-t-il en retirant sans mains hâtivement.
— Ce que j’énonce, c’est qu’il y aurait moins de complications si vous preniez un enfant plus jeune, mais bon, il est 6h53, il se fait tard. Passez une agréable soirée.
Oliver ne trouvait pas qu’il était si tard. Il se dirigea vers Jake en solitaire, patientant sur les escaliers. Il fixait l’horizon en ruminant dans ses pensées , “combien de temps ça va encore prendre ?”, “Est- ce que je vais enfin pouvoir avoir une nouvelle vie ?”.
Soudainement, le policier émergeait de la porte principale et descendait les escaliers. Oliver se trouvait déjà à proximité de son véhicule et s’était rendu compte que Jake se trouvait toujours assis au même emplacement.
— Et tu sais, je crois que tu es un peu trop vieux pour que je te porte jusqu’à la voiture… pense à mes vieux os s’il te plait.
Se dirigeant vers le chauffeur, Jake ne le trouvait pas si vieux, cachait un petit sourire discret qu’il ne voulait pas assumer. Après qu’il soit monté dans la voiture, Oliver, ne perda pas plus de temps et quitta la ville de Prodwood. Les deux passagers passèrent les 20 premières minutes sans s’adresser la parole. Le fait que les deux ne se connaissaient pas et ne cherchaient pas réellement à briser la glace rendait l’atmosphère inconfortable. Donc, pour remédier à ça, Oliver décida de faire le premier pas en se présentant à Jake, assis à côté de lui, regardant par la fenêtre.
— Qu’est-ce que tu aimes faire dans ton temps libre ?
Jake continua à regarder la route par la fenêtre du siège passager. Il ne lui avait accordé ni regard, ni réponse. Après cette brève interaction, le silence reprenait tout doucement sa place dans la voiture. Soudainement, une averse commença à apparaître sur la route. Un brouillard commençait à apparaître en face d’eux. En raison de cette soudaine brume, les deux passagers commençaient à voir de moins en moins la route. En observant autour de lui, Jake remarqua plusieurs arbres ; cette observation lui fit réaliser qu’ils avaient changé d’environnement et se trouvaient sur une route, au milieu d’une forêt. En examinant le chemin qu’ils empruntaient plus attentivement, il remarqua que la route ne possédait pas de gazon et roulait encore sur de l’asphalte. La pluie commençait à le gêner, donc Oliver mit ses essuie-glaces. Jake, quand tu lui remarqua qu’ils s’approchèrent d’un objet. Arriver à proximité de ce qu’il avait repéré. Le jeune homme à côté du conducteur pouvait enfin lui donner une forme et un nom.
— Main… field, murmure-t-il.
Le panneau d’entrée franchi, il découvrit la nouvelle ville qui allait dorénavant être sa maison. Jake observait du mieux qu’il pouvait la ville entièrement noyée dans la brume. La ville, caractérisée par ses bâtiments commerciaux historiques du début du 20ème siècle en briques et en bois nichés, captivait Jake. Certains bâtiments présentent des designs classiques avec de hautes fenêtres, rappelant les quartiers historiques du centre-ville de Kingston. Des lampadaires ornés bordent le trottoir, ajoutant au charme historique de la région. Les éclairages chaleureux provenant des vitrines, des magasins et des guirlandes décoratives enfilées dans les rues créent une sensation nostalgique et accueillante.
À côté d’une maison qui paraissait familière au shérif, la voiture commençait à ralentir de manière progressive. Les deux passagers venaient de débarquer de la voiture. Oliver se dirigeait vers sa demeure, mais Jake regardait autour de lui et remarquait que l’averse et le brouillard donnaient une petite atmosphère de mystère à la ville, cependant une infrastructure attirait son attention. L’édifice le plus haut de toute la ville, c’était un clocher. La structure, faite de pierre, présentait des signes d’altération, tels que la mousse ou la croissance de lichen. Les fenêtres éclairées lui donnaient un air presque mystique à travers cette brume, avec ce qui ressemblait à une cloche à son sommet.
Jake, fasciné par le clocher, ne pouvait s’empêcher de le contempler, mais tout ceci s’arrêta brusquement lorsqu’il entendit la voix du shérif qui lui disait de rentrer avant qu’il attrape froid. Jake prit son sac à dos dans lequel toutes ses affaires se trouvaient et se dirigea vers la maison du shérif tout en donnant un dernier regard au clocher. Arrivé dans la baraque, Jake constata que l’escalier qui menait au premier étage se situait directement devant la porte d’entrée. Le salon contenait un canapé sectionnel de couleur claire devant lequel une grande unité de divertissement en bois avec un ancien téléviseur à tube cathodique argenté se situait. Une bibliothèque en bois et un tapis sur lequel elle était superposée, une table basse se trouvaient aussi dans le salon.
Oliver avait déposé ses clés dans un bol en verre se trouvant sur une commode à côté de la porte d’entrée. Se dirigeant vers la cuisine, Jake se trouvait juste derrière lui. Pendant que Jake examinait la nouvelle pièce dans laquelle il se trouvait, Oliver cria.
— Chérie, je suis rentré.
« Ah Il a une femme lui ?... je savais pas », pensa-Jake en continuant d’examiner la cuisine.
Jake entendait les pas d’une personne arriver et se retourna pour apercevoir la conjointe d’Oliver. Confu il aperçut le shérif embrasser des lèvres posées sur une sombre barbe bien rasée. De ses yeux d’un brun tendre, il regarda Jake, un sourire paisible au visage.
Jake, toujours abasourdi par ce qu’il venait de voir, scrutait les deux hommes en face de lui avec beaucoup d’attention. Par exemple, le fait qu’Oliver avait un bouc et une moustache brune doré comme sa courte chevelure lisse.
A ce moment précis, Jake leurs donnait absolument toute son attention.
—Ça fait toujours ça la première fois, déclare l’homme à la barbe bien taillée.
— Hein ?
— La coupe de cheveux ! Je sais que tu n’es pas habitué de voir un homme blanc avec des natte collée, mais tu vas t’y faire, ne t’en fais pas.
— Bon, aller viens, je vais te montrer ta chambre, souffle le shérif en sortant de la cuisine, donnant par la même occasion un léger coup sur l’épaule de son époux, pour la remarque qu’il venait de faire.
Jake suivait Oliver qui le dirigeait vers sa nouvelle chambre, il constata que le premier étage avait trois portes en bois. Deux d’entre elles étaient parallèles et l’autre se trouvait au bout du couloir. Oliver lui indiqua que l’une des portes parallèles se trouvait être sa nouvelle chambre. En ouvrant la porte, une ombre surgit de la pièce et se lança sur Jake. Pris au dépourvu, il trébucha sur le sol. Sans avoir la possibilité de savoir ce qu’il se passait, son bras se trouvait en train de se faire machouiller par la mâchoire d’un berger belge malinois. Celui-ci, ne lui donnait aucun répit. Jake se faisait malmener sur le plancher et hurlait de toutes ses forces. Oliver attrapa le chien et le décolla de Jake, encore sur le plancher, en train de tenir son bras ensanglanté.
— Désolé, j’avais complètement oublié d’enlever Kunio de la chambre. J’avais pourtant demandé à KC de le faire, lance Oliver en prenant le chien avec lui.
Oliver tenda la main à Jake pour l’aider à se relever et remarqua que la manche du suite à capuche de Jake venait d’être maintenant marquée par la mâchoire de Kunio. Jake, enfin remis de ce moment, remarqua les dégâts du chien sur sa veste.
— Merde… je suis vraiment désolé, on va….., bégaye Oliver inconfortablement accablé.
— NON C’EST BON, JUSTE LAISSE-MOI TRANQUILLE, gueule-t-il avant de claquer la porte au nez d’Oliver en rentrant dans la chambre qui était désormais la sienne.
Oliver venait de se prendre un claquement de porte en pleine face. Cette action, causée par la colère de Jake, énerva au plus au point Oliver qui rassemblait toute sa force psychologique pour ne pas aller lui arracher la tête.
À l’intérieur, Jake constata que sa nouvelle demeure était largement plus grande que celle qu’il possédait à Prodwood. Au milieu de la pièce placée contre un mur, la chambre disposait d’un lit double, une porte ouverte qui menait à une salle de bain, un autre meuble pour ranger ses habits même si tous ses vêtements, il pouvait les compter sur une main. Elle n’allait donc pas servir à grand-chose. La pièce disposait également d’un bureau. Pendant qu’il continuait à contempler la chambre, une voix peu familière lui demandait son attention.
— Jake… je vais rentrer d’accord.
— …..
— Oliver m’a dit ce qui s’était passé tout à l’heure…. Désolé…. Mais écoute, je sais que ça ne va pas être facile tous ces changements, mais je suis sûr que tu vas t’y faire.
— Ok, répondit Jake sur un ton indifférent.
— Désolé encore une fois, ne t’en fais pas Kunio, à tous ces vaccins tu ne vas rien attraper de bizarre… lance-t-il avec un petit rire nerveux.
— Ok, souffle Jake sur un ton indifférent.
—....Je vais juste te donner la trousse de soin pour que tu puisses soigner ta blessure. Si tu as besoin de mon aide, dis-moi, je suis infirmier.
— Ok, soupire Jake sur un ton indifférent.
—Bon, aller, va te coucher, demain tu vas à ton nouveau lycée. On ira t’acheter tout ce dont tu as besoin un autre jour, d’accord.
— Ok.
— On va te laisser la chambre à toi tout seul pour quelques jours, le temps de ne pas que Kunio te dérange…. a j’ai presque oublié, moi ses KC enchanter. répond-il en fermant la porte.
Jake, enfin tout seul, lança son sac sur le plancher et affala son corps épuisé sur son nouveau lit en regardant son bras blessé, un regard de chagrin aux visages. Alors qu’il commençait lentement à s’endormir, le petit souffle d’air frais dégagé par la fenêtre entrouverte à côté de son lit et des draps propres lui donnait l’impression d’être au paradis.Cependant, il savait qu’il ne devait pas trop espérer quoi que ce soit de cet endroit car comme d’habitude ça allait finir de la même façon que toutes les autres fois. Ils s’allaient se rendre compte qu’il était invivable et le retourner d’où il venait.