La bataille de Fakam’s

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Summary

La vie nous réserve beaucoup des surprises, parfois nous sommes responsables des propres souffrances ou problèmes

Genre
Thriller
Author
Kimi
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1L ́accident

Chapitre 1 : L'accident

— Monsieur, nous allons bientôt fermer le bar. Veuillez sortir, s'il vous plaît.

La voix du serveur tira Fakam's de sa torpeur alors que l'homme débarrassait mécaniquement la table encombrée de verres vides. Fakam’s se leva en vacillant, quitta l'établissement et prit machinalement le chemin du retour.

Lorsqu'il franchit le seuil de la maison, l'atmosphère était lourde. Ricky, son frère, l’attendait de pied ferme au milieu du salon, les bras croisés, le regard sombre.

— Mon frère, tu rentres encore trop tard ces derniers temps, lâcha Ricky, la voix teintée de colère et de lassitude. En plus, tu empestes l'alcool. C'est du grand n'importe quoi.

Fakam's ne prit même pas la peine de répondre et s'esquiva vers sa chambre. C’était devenu leur routine macabre : chaque soir, la même dérive, et chaque nuit, les mêmes réprimandes.

Mais un beau soir, la routine vola en éclats. Fakam's quitta le bar dans un état d'ébriété encore plus avancé que d'habitude. Totalement ivre, il prit le volant et se mit à conduire comme un malade, sa trajectoire oscillant dangereusement sur le bitume sombre. C'est alors qu'une autre voiture surgit. Roulant à toute vitesse, Fakam's percuta ce véhicule de plein feuet, sans le faire exprès. Le choc fut d'une violence inouïe. La voiture de Fakam's fit trois violents tonneaux sur elle-même avant de s'immobiliser dans un fracas de tôle froissée.

La conductrice de l'autre voiture, une femme au regard perçant nommée Kimi Larson, descendit de son véhicule. Elle s'approcha de l'épave, observant les dégâts d'un œil froid, se demandant bien qui pouvait être cet inconscient au volant. Kimi était une amie de très longue date de Ricky, mais à ce moment précis, elle ignorait totalement que l'homme évanoui dans cette carcasse était le propre frère de son ami.

— Qu'est-ce que c'est que cet inconscient ? se murmura-t-elle à elle-même. Il conduisait comme un malade... Bon, continuons notre route.

Un homme sortit de l'ombre à son tour, les mains dans les poches. C'était Kyle, son homme de main.

— Non, Kimi, cette personne n'a pas l'air d'avoir sa tête d'habitude, intervint-il en jetant un coup d'œil à travers la vitre brisée de Fakam's. Tu t'en prends d'ordinaire aux gens qui te posent problème, mais lui, il ne t'a rien fait.

Agissant en tant que médecin clandestine habituée aux urgences de l'ombre, Kimi inspecta le corps inerte du conducteur anonyme.

— On l'embarque, ordonna-t-elle brusquement. Mets-le à l'arrière, dans le coffre.

Kyle fronça les sourcils, déconcerté :

— Kimi, qu'est-ce que tu vas faire de lui maintenant ?

— On va passer à la cave, mais d'abord, on s'arrête à la pharmacie pour prendre de l'alcool et du matériel de suture, répondit-elle d'un ton sans réplique.

— Mais Kimi... quelle pharmacie est ouverte à une heure pareille ?

Elle ne répondit pas, remontant déjà dans sa voiture.

Pendant ce temps, l'angoisse rongeait Ricky. Assis dans le salon familial, il fixait son téléphone. Il tenta d'appeler Fakam's à plusieurs reprises, mais l'appareil sonnait dans le vide ; le téléphone était resté sur le siège passager de la voiture accidentée. Ricky finit par aller se coucher, l'esprit torturé par de sombres présentiments, espérant voir son frère franchir la porte au matin.

À l'autre bout de la ville, Kimi et ses hommes transportèrent le corps de Fakam's jusque dans sa cave secrète. Elle enfila prestement des gants chirurgicaux, boutonna sa blouse et commença à découper la chemise du blessé inconnu pour nettoyer ses plaies. Il était deux heures du matin passées lorsque le pronostic vital de Fakam's fut enfin stabilisé. Kimi prit une lourde corde, l'attacha solidement au cadre du lit, puis s'assura une dernière fois que son patient respirait régulièrement.

Au réveil, Ricky se précipita dans la chambre de son frère. Le lit était intact. Vide. Le cœur battant à tout rompre, il composa le numéro de la police.

— Allô, monsieur l'agent ? Je voudrais signaler la disparition de mon frère, Fakam's. Il n'est pas rentré depuis hier soir.

— Monsieur Ricky, calmez-vous, répondit l'officier à l'autre bout du fil. Nous allons lancer les recherches pour retrouver votre frère. Restez joignable. Bonne journée.

— Espérons... murmura Ricky, la gorge nouée.

Dans la cave, Kimi descendit vérifier l'état de son prisonnier. Ses fonctions vitales étaient stables. Avec une précision chirurgicale, elle changea le bandage ensanglanté autour de sa tête, lui administra une injection intraveineuse et prit son pouls. Satisfaite, elle remonta prendre son petit-déjeuner.

Au même moment, une patrouille de police repéra la voiture de Fakam's abandonnée au bord de la route, les vitres pulvérisées. Après avoir pris plusieurs clichés de la scène, le commissaire appela immédiatement Ricky.

— Allô, Monsieur Ricky ? Nous venons de retrouver le véhicule de votre frère au bord de la route. Je vous envoie les photos de la plaque d'immatriculation pour confirmation.

— D'accord, merci... répondit Ricky, le souffle coupé par la peur.

En recevant les images sur son téléphone, le monde de Ricky s'effondra : c'était bien la plaque de Fakam's. Quant à Kimi, elle continuait de mener sa double vie dans l'ombre, opérant en tant que médecin clandestine et dealeuse.

Ricky se rendit aussitôt au poste de police pour obtenir plus de détails, mais l'enquête piétinait : aucune trace de corps à proximité du véhicule. De son côté, Kimi redescendit dans la cave pour administrer de nouveaux médicaments à son patient. L'un de ses hommes de main s'approcha d'elle et lui tendit un objet.

— On a trouvé son portefeuille dans son pantalon, Kimi.

Elle l'ouvrit et y découvrit ses papiers d'identité, sans faire le lien avec Ricky. Une semaine s'écoula ainsi, plongeant Ricky dans un abîme d'incertitude. Santiago, la petite amie de Ricky, vint lui rendre visite pour le soutenir.

— Salut Ricky, dit Santiago en entrant.

— Salut... comment vas-tu ? répondit-il, la mine défaite.

— Euh, c'est plutôt à moi de te demander ça. Ça n'a pas l'air d'aller fort de ton côté...

— J'essaie de tenir le coup.

— C'est toujours à propos de ton frère ?

— Oui, soupira Ricky en se prenant la tête dans les mains. Ça fait maintenant une semaine qu'il a disparu. Personne ne sait s'il est mort ou vivant.

— Ne dis pas ça, Ricky. Viens, on va prendre un verre, ça va te détendre. Rien de mal ne lui est arrivé, j'en suis sûre.

Dans la pénombre de la cave, Fakam's reprit soudainement connaissance. Ses muscles se tendirent, il tenta de bouger les bras, mais ses poignets étaient solidement entravés au lit. Sentant une présence, il paniqua. Kimi, qui ajustait son masque chirurgical sur son visage, s'approcha de lui.

— Du calme, mon gars, fit-elle d'une voix feutrée. Tu es en sécurité. Enfin... presque.

— Pourquoi j'ai les yeux bandés et les mains attachées ? s'époumona Fakam's, la voix rauque. Vous m'avez kidnappé, c'est ça ?!

— Hein ? Non, pas du tout, répliqua-t-elle d'un ton glacial. Tu as eu un accident, et c'était entièrement de ta faute vu l'état d'ivresse dans lequel tu étais. Je t'ai sauvé la vie. J'avoue que je me surprends moi-même à m'inquiéter pour un inconnu ; ce n'est pas du tout dans mes habitudes de prendre soin des gens. Retiens bien ça : tu es le premier, et tu seras le dernier.

— D'accord... merci, murmura-t-il, déboussolé.

— Bon, je suppose que tu as faim. Je vais te préparer à manger. Je reviens dans quelques minutes, et tu as tout intérêt à avoir de l'appétit.

Une heure plus tard, Kimi redescendit avec un plateau pour lui donner ce qu'elle appelait sa "boustifaille".

— Voilà ton repas. Il y a des crêpes, du lait frais et ma spécialité : le riz au lait. Bon appétit.

— Et comment je suis censé manger ? jeta Fakam's en secouant ses chaînes. J'ai les mains attachées à ce lit. Détachez-moi !

— Non. On va faire autrement : je m'occupe de faire arriver la nourriture à l'entrée de ta bouche, et le reste, c'est ton problème.

— D'accord... céda-t-il, impuissant.

Kimi lui donna son repas de midi. Une heure après avoir débarrassé le plateau, elle revint avec une nouvelle portion, mais Fakam's détourna la tête, refusant de se nourrir.

— Non, je ne mangerai rien si je ne prends pas une bonne douche avant, protesta-t-il. Je ne sais même pas depuis combien de jours je suis enfermé ici, mais tout ce que je sais, c’est que je pue.

Un sourire moqueur se dessina sous le masque de Kimi.

— Okay. L'arroseur arrosé...

— Ça veut dire quoi, ça ? s'inquiéta Fakam's.

— Tu vas être arrosé, les mains attachées, bien sûr, lança-t-elle froidement avant de se tourner vers la porte. Kyle ! Dis aux autres de préparer le tuyau.

Pendant ce temps, à la maison, Ricky tentait de laver l'angoisse de sa semaine sous la douche. C'est à ce moment que Samira, la petite amie de Fakam's, arriva à l'improviste. Habitant désormais ici pour pallier la détresse de cette absence, elle fut accueillie par Béatrice, la domestique.

— Bonjour, madame Samira, dit la domestique.

— Bonjour. J'espère que tout le monde va bien ici... sans oublier ton patron ? demanda Samira, un ton d'inquiétude dans la voix.

— Euh... madame, nous ne savons pas vraiment comment il va...

Le visage de Samira se décomposa.

— Attends, s'il te plaît... dis-moi la vérité, où est Ricky ?

— Il prend sa douche, madame, mais je pense qu'il a bientôt fini. Veuillez entrer.

Samira s'installa précipitamment dans le salon. Ricky, sortant enfin de sa chambre en fredonnant une chanson pour masquer sa tristesse, fut interrompu par la domestique.

— Euh, monsieur, madame Samira vous attend au salon, dit Béatrice.

Ricky se figea, pris de court. « Oh là là, qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire maintenant ? » se demande-t-il, paniqué. Il se tourna vers la domestique :

— Bon, merci Béatrice. Mon déjeuner est-il prêt ?

— Oui, monsieur.

Ricky prit une grande inspiration et entra dans le salon en essayant de paraître naturel :

— Oh... Samira ! Comment vas-tu aujourd'hui ?

— Je vais bien... mais je peux savoir où est Fakam's ? demanda-t-elle sans préambule, le fixant droit dans les yeux.

Ricky baissa le regard, incapable de soutenir son examen.

— Euh... aucune idée. Cela fait maintenant quelques jours que nous sommes à sa recherche. Avant ça, il rentrait très tard et super ivre. La police m'a envoyé des photos de sa voiture avec des gouttes de sang... mais ils n'ont pas trouvé son corps.

Samira s'effondra instantanément en larmes, brisée par la nouvelle. Ricky s'approcha d'elle et la prit dans ses bras pour la consoler. Après de longues minutes de silence interrompues par des sanglots, il reprit d'une voix sourde :

— Calme-toi... Moi aussi j'ai le droit de pleurer comme toi. Pour moi, c'est mon frère, mon sang. Alors s'il te plaît, arrête de pleurer.

Samira essuya ses yeux, le regard vide, et prit sa décision :

— D'accord... Je voudrais vivre ici pour quelque temps.

— Quoi ?! Mais non, où vas-tu dormir ? rétorqua Ricky, pris de court.

— Dans la chambre de Fakam's. Je pourrais me consoler plus rapidement...

— Euh... d'accord, répondit Ricky après une longue hésitation.

— Merci. Laisse-moi juste prendre mes bagages dans ma voiture.

Ricky écarquilla les yeux, stupéfait par la rapidité de la situation :

— Quoi ? Tu as déjà apporté tes bagages ?!