Les nuits où mon âme ne rentrait pas

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Summary

Quand je m'endors, mon âme s'égare dans des mondes que mon inconscient refuse d'oublier. J'y retrouve des regrets, des douleurs anciennes, des visages perdus et des morceaux de vies laissés quelque part entre les souvenirs et le sommeil. Ce livre est le journal des chemins que mon esprit emprunte lorsque la réalité s'éteint doucement derrière mes paupières. Alors j'écris. Pour ne pas oublier toutes les vies que mon âme traverse pendant la nuit. Parce qu'un jour, j'ai peur qu'elle s'égare si loin dans ces mondes... qu'elle ne retrouve plus jamais le chemin du retour.

Genre
Other/Horror
Author
Gigi
Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
16+

Les portes de mon inconscience

J'ai fait un rêve très perturbant.

C'est même la première fois que mon esprit ne comprenait pas qu'il était en train de rêver. Tout semblait réel. Les sensations, les lumières, le bruit autour de moi... même mon propre souffle avait l'air d'appartenir à ce monde-là.

Le rêve commençait dans une sorte de parc immense rempli de manèges et de lumières fatiguées, comme un vieux Disney qui continuait de vivre doucement dans la nuit.

J'étais assise dans une attraction, une sorte de console entre les mains, quand son prénom m'a traversé l'esprit.

Nahel.

Je n'avais pas rêvé de lui depuis très longtemps.

Mais depuis les antidépresseurs, il revient parfois dans mes nuits, comme une porte que mon esprit aurait essayé de fermer sans jamais vraiment y parvenir.

Je suis partie plus tard que ma famille.

Et sans réfléchir, comme si quelque chose m'appelait déjà ailleurs, je suis allée directement chez lui.

La maison était sombre.

Silencieuse.

Il était seul.

Je ne suis jamais allée chez sa mère dans la vraie vie. Quand on était ensemble, on vivait surtout dans le régiment. Alors mon subconscient avait sûrement construit cet endroit avec des morceaux de souvenirs, de manque et d'imagination.

Et pourtant...

Quand je regardais cette maison dans le rêve, j'avais l'impression de la reconnaître depuis toujours.

Je rentre.

Il me fait monter rapidement à l'étage sans vraiment me regarder.

Le bois grinçait sous chacun de nos pas, comme si la maison respirait lentement autour de nous. L'air était lourd. Il y avait cette odeur étrange, froide, presque humide... une odeur de vieux souvenirs et de mort enfermée depuis trop longtemps entre les murs.

Il me montre rapidement sa chambre, sans émotion particulière.

Puis on échange quelques phrases banales.

Le genre de discussion vide que deux anciens amoureux ont quand ils ne savent plus s'ils se manquent encore ou s'ils se détruisent simplement par habitude.

Il y avait de l'agacement dans nos voix.

Une tension silencieuse.

Comme deux personnes qui se connaissent trop bien pour encore réussir à se parler normalement.

Puis il entre dans une chambre à côté.

Et soudain...

Le rêve bascule.

Comme si quelque chose m'aspirait brutalement hors de la réalité.

Un écran noir.

Moi, petite.

Mince.

Frêle.

Fragile comme une proie au milieu de quelque chose de beaucoup trop grand pour elle.

L'homme ouvre une boîte dans cette chambre.

Son visage était flou, presque effacé par le rêve, et derrière lui le fond semblait noir avec cette étrange couleur rougeâtre, comme si tout baignait dans une lumière sale ou dans quelque chose de brûlant.

À l'intérieur, il y avait un morceau de shit.

Je tourne lentement la tête vers les jambes de Nahel .

Je lève les yeux vers lui.

Il baisse légèrement la tête vers moi puis me lance un regard noir en secouant doucement son doigt, comme une interdiction silencieuse de toucher à cette drogue.

Alors moi, je regarde l'homme.

Puis la drogue.

Puis encore Nahel .

Et je secoue doucement la tête en ricanant un peu.

Comme une enfant encore trop innocente pour comprendre ce qu'il y avait réellement derrière cette scène.

Puis l'homme me demande doucement de fermer les yeux et de tendre la main.

Alors je m'exécute.

Mes doigts rencontrent une vieille planche en bois jaunie par le temps, couverte de petites boulettes de shit prêtes à être roulées.

Je ricane encore légèrement.

Peut-être nerveusement.

Peut-être avec cette innocence étrange des enfants qui sentent qu'une situation est mauvaise sans réellement la comprendre.

Malgré mon refus silencieux à l'homme, je relève encore les yeux vers les jambes de Nahel .

Mais cette fois...

Il était beaucoup plus proche.

Son silence avait changé.

Il y avait quelque chose de sombre dans sa posture, quelque chose de tendu, presque dangereux.

Je relève lentement la tête vers lui.

Et soudain, il attrape violemment l'homme par le col.

Je retire immédiatement ma main de la planche.

Elle bascule brutalement au sol.

Le bruit du bois résonne dans tout le rêve avec une violence insupportable, comme des acouphènes qui explosent directement dans mes oreilles.

Un bruit sec.

Métallique.

Énorme.

Puis tout s'arrête.

Le flash-back disparaît brutalement.

Puis tout revient brutalement au présent.

Il m'attrape rapidement par le col de ma veste.

Pas méchamment.

Juste avec cette agitation nerveuse de quelqu'un au bord de l'angoisse, comme si le temps était en train de lui échapper entre les doigts.

Son souffle était court.

Ses gestes rapides.

Presque tremblants.

Dans ses mains, il y avait un vieux doudou d'enfance taché de sang séché. Le genre de peluche qu'on garde toute une vie cachée quelque part, même adulte, comme un dernier morceau intact de soi-même.

Avec ça, un téléphone cassé plié en deux.

Quand il me le met dans les mains, l'écran s'allume encore faiblement.

17h03.

L'heure exacte à laquelle je termine le travail dans la vraie vie.

Le détail était tellement précis que le rêve en devenait encore plus réel.

Il me regarde droit dans les yeux.

Et d'une voix basse, presque essoufflée, il me dit de jurer de ne jamais regarder dedans.

Peu importe ce qu'il se passe.

Peu importe ce que je découvre.

Peu importe ce que je pense de lui après cette nuit.

Alors je jure.

Même si au fond de moi, quelque chose commence déjà à avoir peur.

Je lui demande doucement à qui appartiennent ces affaires.

Mais il ne répond pas.

Il attrape rapidement le téléphone et le doudou pour les cacher contre moi, glissant les objets dans mon soutien-gorge avec des gestes pressés, presque violents dans leur urgence.

Puis d'autres affaires encore.

Des objets froids.

Des tissus humides.

Ils avaient cette vieille odeur de chambre jamais aérée, mélangée à quelque chose de métallique.

L'odeur du sang.

Je le laisse faire sans résister.

Comme si malgré tout ce qui s'était brisé entre nous...

malgré les silences, la douleur, la toxicité de notre relation...

Une partie de moi continuait encore de lui obéir instinctivement.

Comme si j'aurais continué à lui faire confiance même au milieu de quelque chose d'impardonnable.

Alors je remonte ma veste.

J'enroule une écharpe autour de moi pour cacher les formes sous mes vêtements.

Et pendant quelques secondes, debout dans cette maison qui sentait la mort...

J'ai eu l'impression de devenir le secret de quelqu'un d'autre.

Il finit par murmurer d'une voix basse :

« Tu rentres... et tu jettes tout à la poubelle. »

Puis après quelques secondes de silence :

« C'était à mon frère. Il s'est suicidé. »

Ses mots tombent lourdement dans la pièce.

Et malgré le froid qui traversait toute cette maison, malgré l'odeur étrange des objets cachés contre ma peau, je hoche doucement la tête.

Une partie de moi essayait encore de croire qu'il était simplement détruit par le choc.

Qu'il ne savait plus quoi faire.

Qu'il agissait dans la panique du deuil.

Mais une autre pensée revenait sans arrêt dans mon esprit :

Alors pourquoi cacher ses affaires ?

On descend les escaliers dans un silence presque étouffant.

Quand on arrive devant le portail, je remarque qu'il était fermé avec des fils de fer enroulés autour des barreaux.

Je commence à les retirer lentement pendant que lui reste derrière moi.

Puis je sens son corps se rapprocher.

Son torse contre mon dos.

Son souffle près de ma nuque.

Comme s'il essayait encore de retrouver quelque chose entre nous.

Comme s'il voulait vérifier si nos corps se reconnaissaient encore malgré tout ce qui avait été détruit.

Mais moi, je ne dis rien.

Mon esprit était ailleurs.

Ma peau semblait collée aux objets cachés sous mes vêtements.

À ce téléphone.

À cette odeur métallique.

À ces affaires appartenant peut-être à un homme mort.

Puis des phares apparaissent au bout de la rue.

Une vieille voiture sombre ralentit devant nous dans un bruit presque étouffé.

Je tourne légèrement la tête vers lui.

« C'est ta mère ? »

Il répond simplement :

« Oui. »

Alors moi, je tourne à gauche sans attendre, tête baissée, essayant de partir le plus vite possible de cette maison, de cette odeur, de cette histoire.

C'était ironique.

Je voulais fuir tout ça...

alors que j'allais sûrement brûler les affaires d'un homme mort.

Ou peut-être assassiné.

Quelques minutes plus tard, la voiture ralentit de nouveau à côté de moi.

La vitre descend lentement.

Et sa mère me regarde avec une douceur étrange avant de dire en franco-arabe :

« Monte avec mama. »

Je murmure presque automatiquement :

« Merci mama... c'est gentil. »

Je monte dans la voiture sans vraiment réfléchir.

J'évitais son regard pendant tout le trajet.

Comme si elle pouvait lire à travers moi.

Comme si elle pouvait sentir les objets cachés sous mes vêtements.

Les affaires de son fils mort.

Suicidé...

Ou peut-être pas.

La route défilait lentement derrière les vitres humides.

Et plus le silence s'installait dans la voiture, plus une pensée horrible revenait dans mon esprit :

Il aurait pu tuer son frère.

Une colère qu'il n'aurait pas contrôlée.

Un geste trop violent.

Une seconde de trop.

Puis quelque chose d'encore plus étrange m'a frappée dans le rêve.

Dans la vraie vie, je n'ai jamais vu sa mère.

J'ai seulement entendu sa voix quelques fois à travers le téléphone de Nahel.

Et pourtant dans cette voiture, elle parlait exactement pareil.

Comme une voix étouffée derrière un haut-parleur.

Lointaine.

Métallique.

Irréelle.

À ce moment-là, j'ai eu l'impression de perdre complètement le sens des choses.

Comme si le rêve mélangeait les souvenirs, les peurs et la réalité jusqu'à me rendre incapable de comprendre ce qui était vrai.

Et pendant quelques secondes...

J'ai sincèrement cru devenir folle.

Elle me dépose finalement devant chez moi.

Je descends de la voiture en murmurant un merci presque inaudible.

Puis la voiture disparaît lentement au bout de la rue, me laissant seule avec le poids des objets cachés sous mes vêtements.

J'allais faire ce que j'avais promis.

Enfin... je crois.

Parce qu'au fond de moi, la curiosité me brûlait déjà les doigts.

J'avais envie de regarder.

De comprendre.

De savoir pourquoi tout ça ressemblait plus à un secret qu'à un suicide.

Mais au moment où je m'approche des poubelles, un policier passe dans la rue.

Et immédiatement, mon cœur s'emballe.

Comme s'il savait.

C'est fou comme la culpabilité transforme les gens.

Comme elle les rend stupides.

Ou suspects.

Alors dans un geste absurde, je jette seulement un gant d'hiver.

Et je garde l'autre.

Comme si mon cerveau avait cessé de fonctionner normalement.

Je traverse ensuite la rue presque en trottinant jusqu'à chez moi, avec cette sensation étrange d'être suivie par quelque chose d'invisible.

À l'intérieur, l'ambiance était celle d'une veille de Noël fatiguée.

Ma mère préparait encore les cadeaux dans le salon.

Mon père, lui, était au même endroit que dans presque tous mes souvenirs :

assis sur le canapé, les yeux vides face à une télévision beaucoup trop forte, comme si le bruit remplissait le silence que la dépression avait laissé en lui depuis des années.

Et soudain...

Tout devient encore pire dans ma tête.

Parce que je commence à imaginer sa mère à lui.

Perdre un enfant juste avant Noël.

Et malgré ça...

malgré son propre deuil...

elle m'avait quand même ramenée chez moi en sécurité avec douceur.

Cette pensée me détruit lentement pendant que les objets cachés contre ma peau semblaient devenir de plus en plus lourds.

Je monte directement dans ma chambre sans attendre.

Ce qui n'était pas normal chez moi.

D'habitude, je reste un peu avec ma mère.

Je regarde les cadeaux.

J'écoute la télévision trop forte de mon père.

Je traîne.

Mais cette fois, j'avais l'impression que les objets cachés sous mes vêtements me brûlaient la peau.

Ma sœur monte quelques secondes après moi parce que ma mère lui avait demandé de récupérer quelque chose qu'elle avait oublié dans ma chambre.

Je ne sais même plus quoi.

Comme un mauvais hasard de plus dans ce rêve.

Puis j'appuie sur l'interrupteur.

Rien.

La chambre reste plongée dans un noir épais, presque vivant.

Et à partir de ce moment-là...

Quelque chose dans mon cerveau commence réellement à céder.

Les couleurs semblaient fausses.

Les sons déformés.

Même les voix derrière la porte avaient l'air lointaines, étouffées, irréelles.

J'avais l'impression de devenir folle à l'intérieur même du rêve.

Sur le meuble à côté du lit, il y avait un vieux verre avec un fond d'eau.

Je l'attrape brutalement.

Et je commence à m'acharner contre ce foutu interrupteur.

Encore.

Encore.

Encore.

Comme si cette lumière pouvait me prouver quelque chose.

Comme si elle pouvait me dire si ce que je vivais était réel ou non.

Ma mère hurle depuis le bas des escaliers :

« Arrête de taper sur cet interrupteur ! »

Mais justement...

C'était ça le problème.

Je savais que dans la vraie vie, cet interrupteur fonctionnait parfaitement.

Et pourtant, dans le rêve, impossible d'allumer la lumière.

Impossible de reprendre conscience.

Alors mon cerveau commence à chercher des explications absurdes.

Les antidépresseurs.

La fatigue.

La nervosité.

La peur.

Peut-être que les médicaments m'avaient rendue folle.

Peut-être que cette histoire me dépassait complètement.

Ou peut-être...

Que je n'étais plus capable de distinguer le rêve de la réalité.

Puis d'un coup, j'arrache mon écharpe et ma veste.

Je laisse tout tomber à côté de mon lit.

Ma chambre était plongée dans un noir tellement profond que les objets semblaient se faire avaler par l'obscurité elle-même.

Comme si cette pièce essayait de faire disparaître les preuves à ma place.

Le téléphone était encore allumé faiblement dans ma main.

L'écran fissuré éclairait à peine mes doigts avant que je le pose doucement à côté de moi.

Puis je marche jusqu'au miroir.

Si l'interrupteur refusait de me répondre...

alors peut-être que le miroir, lui, le ferait.

Mais devant la glace, je ne vois presque rien.

Seulement quelques lumières venant du couloir derrière moi.

Pas de vrai reflet.

Pas vraiment moi.

Et pourtant...

Je n'arrivais toujours pas à comprendre que j'étais dans un rêve.

D'habitude, je m'en rends compte rapidement.

J'ai toujours eu conscience de mes rêves.

Comme si une partie de moi restait éveillée même pendant le sommeil.

Mais cette fois...

C'était différent.

Comme si mon esprit avait cessé de faire la différence entre ce monde et la réalité.

Comme si je ne rêvais plus.

Comme si je vivais réellement une deuxième vie quelque part.

Et soudain, je m'effondre.

Je commence à pleurer si fort que je n'arrive même plus à respirer correctement.

J'avais l'impression qu'il n'existait aucune sortie.

Comme si mon âme s'accrochait désespérément à cet endroit malgré la peur.

Mais même au milieu de cette crise, une seule pensée revenait encore et encore :

Je n'ai pas eu le temps de jeter les affaires.

Alors quoi ?

Les cacher dans une boîte ?

Attendre qu'il revienne un jour les récupérer ?

Non.

Il m'avait fait jurer.

Alors peut-être que je devais les brûler derrière dans le jardin.

Mais ma mère allait poser des questions.

Et si une enquête apparaissait un jour ?

Moi je devenais quoi dans cette histoire ?

Complice ?

Mes empreintes étaient déjà dessus.

Et malgré tout...

Une pensée me détruisait encore plus que les autres :

Pourquoi il m'avait appelée moi ?

Après tout ce qu'on avait vécu.

Après toute la douleur.

Après tous ces silences.

Pourquoi une partie de moi continuait encore de penser à lui avec douceur ?

Pourquoi j'étais encore prête à me mettre en danger pour lui ?

Alors que dans la vraie vie...

ça faisait plus d'un an qu'il n'y avait plus rien entre nous.

Des années même qu'il n'apparaissait plus dans mes rêves.

Et pourtant cette nuit-là...

C'était comme si les antidépresseurs avaient rouvert des portes de mon inconscient qui auraient dû rester fermées pour toujours.

Derrière moi, ma sœur me regardait.

Coiffée.

Maquillée.

Prête pour ce repas de famille interminable.

Ou peut-être pour un règlement de comptes déguisé en fête de Noël.

Puis elle me lance simplement :

— Ton ex t'a larguée ou quoi ?

Comme si ce qu'elle voyait pouvait être expliqué aussi facilement.

Si seulement ce n'était que ça.

Si seulement je pleurais simplement un garçon.

Mais moi, à cet instant-là, je cherchais autre chose.

Une vraie porte.

Une sortie.

Un moyen de quitter ce rêve avant de devenir folle à l'intérieur.

Puis je tourne lentement la tête.

Et là...

Une trappe apparaît dans le sol de ma chambre.

Le bois se soulève lentement dans un craquement sourd, révélant un passage caché sous ma chambre.

Et immédiatement, quelque chose me revient.

Quand j'étais enfant, j'étais persuadée qu'il existait une porte secrète à côté de mon lit.

Un passage caché.

Un autre monde.

Un peu comme dans Coraline.

J'en parlais sans arrêt à ma mère dans la vraie vie.

« Mais si, elle existe cette porte... »

Et soudain, dans le rêve, je comprends quelque chose de terrible :

Peut-être que je la trouvais déjà dans mes rêves depuis toute petite.

En bas, j'entendais encore les voix.

La télévision.

La fête.

La vie qui continuait normalement.

Mais moi, je soulève la trappe.

Et je descends.

Puis tout s'arrête brutalement.

Je me réveille en sursaut, incapable de reprendre mon souffle correctement.

Le cœur explosant dans ma poitrine.

Et pendant quelques secondes, je reste simplement là, perdue entre les deux mondes.

Le chaton dormait contre moi.

La télévision jouait doucement au fond du salon.

Ma sœur était encore sur le canapé.

Et soudain, je me suis sentie ridicule.

Ridicule d'avoir rêvé de lui comme ça.

D'avoir été aussi détruite dans un simple rêve.

Mais au fond de moi...

Je savais que ce n'était pas seulement un rêve.

Cette nuit-là, mon âme s'était égarée beaucoup trop loin.

Et depuis...

J'ai l'impression qu'elle part chaque nuit un peu plus profondément.

Comme si, dans chacun de mes rêves, elle trouvait toujours une nouvelle porte à ouvrir.

[ Avec du recul, je pense que ce rêve mélange énormément de parties de ma vie que mon inconscient n'avait jamais réellement oubliées.

La drogue et l'homme flou représentent sûrement une ancienne version de moi-même, plus fragile, liée à une période où je fumais encore et où certaines choses dans ma vie étaient beaucoup plus sombres.

Nahel, lui, représente ce lien toxique que mon esprit semble incapable d'effacer complètement malgré les années. Dans le rêve, il est à la fois quelqu'un que je veux aider, craindre et protéger, comme dans notre vraie relation.

Le téléphone, le sang, les objets cachés contre ma peau donnent au rêve une sensation constante de culpabilité et de secret, comme si mon cerveau essayait de me faire porter quelque chose qui ne m'appartient même plus.

La trappe à la fin est sûrement le symbole le plus important pour moi. Petite, j'étais persuadée qu'il existait une porte cachée dans ma chambre. Dans ce rêve, cette porte apparaît enfin, comme une sortie vers un autre monde ou une autre partie de mon inconscient.

Je pense aussi que les antidépresseurs jouent un rôle important. Depuis que j'en prends, mes rêves sont beaucoup plus intenses, réalistes et profonds, comme si certaines portes de mon esprit s'ouvraient de nouveau pendant mon sommeil.

Ce rêve m'a surtout donné l'impression étrange que je ne rêvais plus vraiment... mais que je commençais à vivre une seconde vie quelque part dans mon inconscient. ]

Ce soir encore, mon esprit cherchera une porte pour rentrer.....