Chapter 1
Vous n’avez jamais imaginé voir une légende devenir réalité sous vos yeux ? Eh bien, c’est exactement ce qu’il se passe en ce moment pour moi. Je m’appelle Laure, et j’ai 16 ans. Si on devait me décrire, on dirait que j’ai les cheveux noirs et les yeux couleur bleu nuit, avec des taches blanches comme des étoiles. Mais revenons un peu en arrière, vous comprendrez mieux.
Un beau jour, un jour comme tout les autres, je rentrais du lycée pour retourner chez moi. Je venais de passer une mauvaise journée, avec trois évaluations de trois matières différentes.
J’aperçus au loin un homme allongé sur le sable -j’habite en bord de mer, autour de la Méditerranée. En temps normal, les visiteurs étant fréquents, je n’y aurais pas prêté attention. Cet homme, pourtant, n’avait ni sac à dos, ni affaires de plage. De plus, il n’était pas allongé sur le dos, comme le font généralement ceux qui profitent du soleil le soir. Et puis, comme par instinct, je savais qu’il n’allait pas bien. Je m’approchais de lui, déjà avec mon téléphone à la main, prête à appeler les secours. Accroupie près de lui, je vis qu’il y avait du sang autour de lui, je tapais le numéro et m’apprêtais à appeler les urgences quand l’homme m’arrêta, me prenant au poignet. Je sursautais, puis essayais de me libérer, mais l’homme ne me lâcha pas. D’une voix faible et rauque, il dit:
-Non ! N’appelle pas les secours ! Sinon, Ils me retrouveraient trop facilement. Donne-moi un stylo et du papier, à la place. Vite !
Il crachota du sang. Je me dépêchais d’ouvrir mon sac, et lui tendit un stylo et un carnet. Il y écrivit deux numéros de téléphone et deux noms, correspondant aux personnes qui me répondraient, expliqua-t-il, avant de me dire son nom:
-Je suis le professeur Fiumix. Appelle le premier numéro, ils viendront me récupérer. Avant, prends ceci, et ne le donne à personne et sous aucun prétexte. Ne le prête même pas, et mets-le dans un endroit sûr. En fait, n’en parle même pas! Dit-il en me fourrant un objet rectangulaire dans les mains. Je ne le regardais pas.
-Mais, pourquoi?…
-Promets-le moi !
-Je vous le promets ! Mais dites-moi pourquoi vous me le confiez à moi !
-Tu as les mêmes yeux qu’elle. Je te connais bien, puisque je suis l’un des amis de ton père.
-Mon père ?! Vous le connaissez ?! Dites moi où il est ! Il va bien ? Mais, comment peut il être vivant ? Je le croyais mort…
-Oui je le connais, il va bien et il est bien vivant. Je ne peux pas t’en dire plus si je ne veux pas compromettre sa sécurité.
-Mais…
-Non ! Appelle ce numéro, je n’en n’ai plus pour longtemps.
Il cracha du sang. Je m’éloignais aussitôt pour appeler. La femme au téléphone, quand je l’appelais, demanda qui j’étais et pourquoi je l’appelais. J’expliquais alors la situation, le professeur mourant sur la plage, mon prénom seulement, car il semblait que je ne devais rien dire de moi, mais ne dis rien de l’objet qu’il m’avait donné. La femme me dit :
-Bien, merci de ton explication. Nous arrivons tout de suite. Vérifie si le professeur est vivant, puis reste et garde ton téléphone. Allez, maintenant !
Une fois que j’eus raccroché, je m’approchais du professeur. Il me demanda, d’une voix plus faible qu’avant:
-Tu les as appelés ?
-Oui professeur. Ils arrivent.
-Bien. Il s’agit de tes pires ennemis.
-Mais pourquoi m’avez vous dit de les appeler ? Et pourtant, ils m’ont dit ce que je devais faire après l’appel. Je dois rester et garder mon téléphone.
Quelque chose sonnait étrange dans mes paroles. Le professeur ricana.
-Une question à la fois. Pour la première, je dois faire en sorte qu’ils savent que tu existes. Pour la seconde, c’est le contraire, tu dois partir très loin et jeter ton téléphone.
-Mais, et vous…?
-Je vais bientôt mourir, ils ne doivent pas me trouver vivant. Tu as du lait dans ton sac non ?
-Oui, mais comment le savez-vous ?
-Ton père t’observe et te connaît parfaitement. Il connaît tes habitudes.
-C’est bizarre. Ça fait espion.
-Je te l’accorde, c’est étrange. Fais-moi boire ton lait. J’y suis allergique, cela me tuera en quelques secondes. Après ma mort, tu partiras. Retourne chez toi, mais reste éloignée de tous tes écrans pendant au moins trois jours. Tu comprends ?
-Oui, mais pourquoi vous tuer ?
-Ils ne pourront pas me faire parler, et encore moins me ressusciter avec un massage cardiaque, à cause du lait. J’ai eu de la chance de te trouver au moment critique, toussa le professeur Fiumix. Vite, le lait maintenant ! Je dois partir avant leur arrivée ! Une dernière chose. Pense à ton collier ! C’est la clé !
Ne prenant pas attention à ce qu’il disait, je fouillais dans mon sac à la recherche du lait que j’avais pris dans la petite bouteille ce matin-là. Je le trouvais, et d’une main tremblante, je l’approchais de la bouche du professeur. Il le but, et eut des spasmes. Je partis avant sa délivrance, et jetais mon téléphone dans une poubelle sur la plage. Je courus jusqu’à l’arrêt de bus le plus proche, et observa la situation de ma place. Dix minutes plus tard, un hélicoptère se fit entendre et se posa sur la plage non loin du corps du professeur. En descendirent une quinzaine d’hommes casqués et armés, pointant leurs armes vers M.Fiumix. Suivit une femme, habillée comme une PDG, les cheveux noirs et des lunettes de soleil. Probablement la dame à qui j’avais parlé au téléphone. Elle regarda autour d’elle, puis parla en portant la main à son oreille. Je supposais qu’elle devait avoir un écouteur. Elle sortit ensuite son téléphone. Je sus aussitôt qu’elle tentait de m’appeler. N’y parvenant pas, elle s’approcha du cadavre, pris le pouls puis fit signe aux hommes de baisser leurs armes. Un attroupement s’étant formé autour d’eux, attiré par le bazar qui venait de se produire, les hommes, ou plutôt les soldats, firent évacuer l’endroit grâce à de grands gestes et de cris. Le bus arriva à ce moment-là, et je ne pus pas voir la fin de la scène. Je rentrais chez moi.