Prologue - Harry
J’étais actuellement en route avec Hermione et Ron pour le bal d’anciens élèves que la directrice McGonagall a décidé d’organiser. Il y a déjà trois ans que la guerre a pris fin, et deux que nous avons terminé notre scolarité. Quelques mois après la guerre, Hermione et Ron se sont mariés et ont eu leur premier enfant, Hugo, qui a rapidement été suivi par Rose.
En ce jour, les deux enfants, âgés de trois et un an, jouissent d'une excellente santé et manifestent une vitalité débordante. Mes meilleurs amis m'ont désigné comme parrain des deux enfants, ce qui m'a évidemment comblé. Pour ma part, j'ai compris qu'une relation avec Ginny ne serait jamais envisageable. Bien qu'elle soit une personne véritablement charmante, elle occupe davantage le rôle d'une sœur à mes yeux que celui d'une potentielle partenaire. Elle ne m'en a pas tenu rigueur et se trouve aujourd'hui épanouie aux côtés d'un jeune homme qu'elle a fait la connaissance lors de ses voyages avec son équipe de quidditch.
— Harry, tu es encore dans la lune… me ramène soudainement Hermione. Je dirige mon regard vers elle, lui adressant un sourire alors que nous approchons du château.
— Ça me fait bizarre de revenir ici après deux ans sans y être venu. Dis-je en contemplant le monument.
— En effet… répond Ron pendant que nous passons les portes.
Nous déambulons dans les couloirs, croisant quelques élèves avec lesquels nous échangeons quelques mots avant de franchir les portes de la grande salle, qui demeure toujours aussi magnifique. Les tables ont été enlevées, créant ainsi un vaste espace propice aux échanges ou à la danse, tandis qu'à chaque extrémité de la salle se trouvaient des buffets proposant des boissons et des mets. Par conséquent, nous nous intégrâmes rapidement à la foule, retrouvant nos amis tels que Neville et Luna, ainsi que Dean et Seamus. Mais, je fus vite attiré par une chevelure blonde reconnaissable un peu plus loin dans la foule.
— Ah non mon pote tu ne vas pas commencer… s’exclame Ron en se posant devant mon regard, bloquant ainsi ma vue.
— De quoi parles-tu?
— Je fais référence au fait que tu viens de voir Malfoy et que je ne souhaite absolument pas que cette soirée se termine en duel s'il remarque également ta présence. Poursuit-il avec sérieux, m'incitant à me tourner pour être dos au blond.
— Ron, tu exagères… De ce que je me rappelle, pendant notre 8ᵉ année, Malfoy et moi ne nous sommes pas trop disputés. Alors, je pense qu’après deux ans, nous pouvons maintenant être dans la même pièce sans nous battre. Soufflais-je en levant les yeux tout en suivant malgré tout mon ami vers le reste de notre groupe.
***
Cela fait plusieurs heures que nous sommes présents et, à cet instant, je me trouve seul à proximité de la table des buffets, tandis que les autres se sont dirigés vers la piste de danse. Je ne peux m'empêcher de sourire en observant Ron et Hermione rire alors qu'ils taquinent Neville, qui, pour sa part, s'efforce de ne pas s'emmêler les pieds avec ceux de sa compagne. Cependant, je fus rapidement tiré de ma contemplation lorsque je perçus une présence ainsi qu'une odeur que je saurais reconnaître parmi mille autres s'approcher de moi.
— Malfoy… murmurai-je en jetant finalement un coup d'œil vers lui, qui se trouvait à quelques pas de moi.
— Potter… me dit-il avec le même ton glacial qu'il a l'habitude de manifester. Pendant quelques instants, on ne dit rien de plus, tous deux tournés vers la foule que l'on regarde.
— Qu'est-ce que le grand survivant devient aujourd'hui? Depuis que tu as quitté Poudlard, on n'entend plus parler de toi. Me demande avec nonchalance le blond.
— Rien de particulier… J'avais débuté les essais pour devenir Aurore, mais bon, j’ai laissé tomber n’ayant plus envie de me battre et toi tu deviens quoi? Je lui répondis en retour sans toutefois le regarder.
— Je travaille comme professeur ici. McGonagall a consenti à me permettre d'intégrer le corps enseignant malgré la marque à mon bras… dit-il simplement sans vouloir poursuivre la conversation.
De cette manière, on se tient l'un à côté de l'autre sans échanger de mots, observant simplement la foule s'amuser et danser. Puis je vis Blaise et Pansy venir vers nous pour certainement parler avec Malfoy. Pendant que je me préparais à m'éloigner, les deux amis du Serpentard me firent un geste pour que je reste là. Je lançai un regard incertain à Malfoy, qui me répondit d'un simple haussement d'épaules.
— Salut les garçons, tenez… On ne vous a pas vu boire ce soir, alors détendez-vous un peu. S'exclame Pansy en nous offrant à tous deux une coupe de champagne.
Je la saisis, tout en observant les trois individus avec une méfiance subtilement dissimulée. Malfoy s'empara également de sa coupe, la présentant sous son nez pendant quelques secondes tout en fronçant les sourcils. Je l'aperçus ensuite jeter un regard glacial à ses deux amis, qui détournèrent immédiatement le regard avant de s'éloigner davantage.
— Donne-moi ton verre, Potter… me demande-t-il brusquement en tendant la main pour que je lui remette ma coupe.
— Euh d’accord… Je lui donne le mien et il m'offre le sien sans ajouter un mot. Je contemple la scène, perplexe, mais finis par hausser les épaules et pris une gorgée. Malfoy fit de même en me fixant, toutefois dès que le liquide passa dans sa gorge, il tourna rapidement le regard vers ses deux amis, un air contrarié sur son visage.
— Les… Merlin, je vais les tuer. Murmura-t-il alors qu'il reportait son regard sur moi. Pour ma part, je commençais à éprouver une sensation étrange et à ressentir des désirs inhabituels en apercevant Malfoy devant moi.
— Je… Malfoy, je me sens bizarre. Murmure-je en secouant la tête, voulant chasser le brouillard qui voile mes yeux et mes pensées plus qu'intrusives qui apparaissent lentement dans ma tête.
— C'est normal, Potter, viens… dit Malfoy en prenant mon bras pour m'éloigner de la foule. À son contact, un grand frisson me traversa alors qu'une envie de le toucher et de l’embrasser me prend sans que je comprenne pourquoi. Néanmoins, malgré mes tentatives de rester lucide, mon esprit se brouilla complètement au point où, ce qui suit ne me reste pas en mémoire.








