Le retour
Lys
Quinze ans.
Cela faisait quinze ans que je n'avais pas posé les pieds ici.
La voiture s'arrêta devant l'immense portail noir de la demeure familiale. Derrière lui se dressait la maison où j'avais passé les premières années de ma vie.
Ma maison.
Pendant quelques secondes, je restai immobile, incapable de faire le moindre mouvement.
Puis le portail s'ouvrit lentement.
La voiture avança dans l'allée bordée d'arbres. Plus nous approchions de la demeure, plus mon cœur se serrait.
Je descendis finalement de la voiture.
Mes chaussures touchèrent le sol.
Et tout revint.
Je revis une petite fille courir dans le jardin en riant. Mon père la poursuivait en faisant semblant de vouloir l'attraper. Ma mère était assise sur la terrasse, un sourire tendre aux lèvres.
— Lys, ralentis ! Tu vas tomber !
Je me souvenais de la voix de ma mère.
De son rire.
De la façon dont mon père me soulevait dans ses bras lorsque je venais vers lui.
À cette époque, je croyais que rien ne pourrait jamais nous séparer.
Je me trompais.
Je fermai les yeux.
Une autre image apparut.
Des cris.
La peur.
Des hommes qui couraient.
Puis le bruit de l'attaque.
Je rouvris brusquement les yeux.
Une larme roula sur ma joue avant que je puisse l'arrêter.
Je l'essuyai rapidement.
— Mademoiselle Lys ?
Je tournai la tête.
Chloé se tenait près de moi. Elle était ma suivante depuis plusieurs années et avait toujours été l'une des rares personnes en qui j'avais réellement confiance.
Son regard était inquiet.
— Est-ce que vous allez bien ?
Je regardai une dernière fois la demeure.
Tout avait changé.
Et pourtant, rien n'avait vraiment changé.
Je pris une profonde inspiration.
— Oui.
Je lui adressai un léger sourire.
— Tout ira bien.
Mais au fond de moi, je savais que ce n'était pas vrai.
Je n'étais pas revenue après quinze ans pour retrouver simplement ma maison.
J'étais revenue pour découvrir la vérité.
Et cette fois, je ne laisserais personne m'éloigner de ce qui m'appartenait.
Même si je devais découvrir que l'ennemi se trouvait beaucoup plus près de moi que je ne l'imaginais.








