Chapitre 1 : Nouveau départ
© Seulement Ennemi - Nina Wolf - LaMissBonbons - 2017
~ Point de vue de Skyler ~
Je sors de ma salle de bain après avoir pris une bonne douche. J’enfile les vêtements que j’ai choisis avec le plus grand soin la veille, puis jette un dernier coup d’œil dans le miroir.
Un chemisier blanc, une jupe bleu marine et mes cheveux qui tombent naturellement sur mes épaules.
Parfait.
Je traverse mon petit couloir, récupère mes chaussures à talons près de l’entrée, ainsi que mon sac à main et mes documents. Je m’apprête à partir lorsque Loup se met à couiner derrière moi.
— Oh, Loup ! Je te promets que je n’en ai pas pour longtemps.
Je lui donne un os pour me faire pardonner, puis quitte l’appartement en vitesse.
Évidemment, l’ascenseur est en panne.
— Génial...
Je me dépêche de descendre les quatre étages et manque de bousculer une vieille dame en sortant de l’immeuble.
Je marche jusqu’au café d’à côté en laissant échapper quelques jurons.
— Madame Enderson ! Comme d’habitude ? me demande le gérant.
— Oui, s’il te plaît !
Je lui souris et décide de m’asseoir quelques instants sur la terrasse.
Il est huit heures du matin et c’est comme si tout New York était déjà éveillé. Les gens vont et viennent dans les rues, certains pressés, d’autres le téléphone collé à l’oreille.
Cela ne fait que deux mois que je suis ici et, pourtant, je dois bien avouer que je m’y plais énormément.
— Et voilà...
Je relève la tête et souris en découvrant ma commande.
— Merci, dis-je en salivant devant mon café et mon cupcake.
***
Je descends du taxi en vérifiant que je n’ai rien oublié, puis m’avance vers l’immense building qui se dresse devant moi.
Je m’arrête quelques secondes, bouche bée.
D’accord...
Ce n’est pas le moment de flancher.
J’inspire profondément avant d’entrer dans le bâtiment avec mon plus beau sourire et de m’avancer vers l’accueil.
— Bonjour, je viens suite à l’appel de...
Je baisse rapidement les yeux vers ma feuille afin de m’assurer de la prononciation avant de reprendre :
— Monsieur Lewis.
La secrétaire consulte son ordinateur, puis son cahier, avant de relever les yeux.
— Madame Enderson ?
— Oui.
Sans m’adresser un regard supplémentaire, elle décroche son téléphone.
— Le rendez-vous de monsieur Lewis est arrivé. [...] Très bien, merci.
Elle raccroche, note quelque chose dans son cahier, puis me dévisage.
— On va vous conduire jusqu’au bureau de monsieur Lewis. Veuillez patienter quelques instants, madame Enderson.
— Merci...
Très sympathique...
Je jette un coup d’œil par-dessus mon épaule et observe l’immense hall d’entrée lorsqu’une voix masculine m’interpelle.
— Madame Enderson ?
Je me tourne vers l’homme.
— Oui ?
— Suivez-moi, je vous prie.
Il s’avance vers l’ascenseur et m’invite à entrer. Il appuie sur le dernier bouton et les portes se referment devant nous.
— Vous êtes stressée ? me demande-t-il.
Je baisse les yeux vers mes mains et réalise que je n’arrête pas de les frotter l’une contre l’autre dans l’espoir de calmer ma nervosité.
— Un petit peu, malheureusement...
Il me jette un coup d’œil avant de sourire.
— Vous avez un fort accent, madame.
— Oh, oui... Ça ne fait pas très longtemps que je suis arrivée ici.
— Vous venez d’où ?
— De France. Vous y êtes déjà allé ? demandé-je avec curiosité.
— Non, madame. Je n’ai pas encore eu l’occasion de m’y rendre.
Les portes de l’ascenseur s’ouvrent et je constate avec surprise le petit nombre de personnes travaillant à cet étage.
— Nous y sommes. Il s’agit de la porte à droite, tout au fond du couloir.
— Merci beaucoup !
Je sors de l’ascenseur et traverse l’open space jusqu’à la porte indiquée.
Je frappe trois fois.
Quelques secondes plus tard, quelqu’un vient m’ouvrir.
Un grand homme se tient devant moi, un sourire accueillant aux lèvres.
— Je vous remercie d’avoir accepté de venir. Entrez.
Je pénètre dans son bureau et mon regard se perd aussitôt sur l’immense bibliothèque qui occupe une grande partie du mur derrière lui.
— Asseyez-vous, je vous prie.
J’obéis tandis qu’il contourne son imposant bureau en bois et prend place dans son fauteuil en cuir noir.
Ses yeux bleus se plongent dans les miens.
— Vous avez apporté votre CV ?
— Oui.
Je le sors de mes documents et le lui tends.
Il le prend entre ses mains et le parcourt attentivement.
— Où travaillez-vous actuellement ?
— Je suis stagiaire chez un expert-comptable.
Il relève les yeux vers moi, visiblement surpris, puis esquisse un sourire.
— Cela fait longtemps que vous êtes ici ?
— Quelques mois.
Il hoche doucement la tête, laisse échapper un petit rire, puis reporte son attention sur mon CV.
— Intéressant... murmure-t-il.
Je l’observe attentivement, essayant de déchiffrer ses expressions, mais son visage ne laisse rien paraître.
— Vous savez que nous recherchons une assistante ?
— Oui.
Il repose mon CV devant lui.
— Vous vous doutez bien que je ne vous ai pas contactée par hasard ?
Je reste silencieuse, attendant la suite.
— Vous êtes la personne que nous recherchons. Nous avons besoin de vos services, madame Enderson. Vous travaillerez sur les dossiers de nos meilleurs clients. Vous serez parfois amenée à recevoir nos partenaires et à effectuer certains déplacements...
Il marque une pause et m’observe avec attention.
— Bien entendu, votre salaire s’élèvera à environ quatre-vingt mille dollars par an. Rien de totalement fixe, cependant. Disons qu’il pourra augmenter en fonction des tâches qui vous seront confiées.
Je reste quelques secondes silencieuse.
Quatre-vingt mille dollars ?
— Et si je... commencé-je, encore déconcertée par le montant annoncé.
Je me reprends.
— Si j’accepte, quand devrai-je commencer ?
— Dès le début du mois.
Mes yeux s’écarquillent.
— Mais c’est dans cinq jours !
— Nous avons besoin de vos services dans l’immédiat, madame Enderson. Le temps ne joue pas en notre faveur.
Il se redresse légèrement dans son fauteuil.
— Réfléchissez-y et envoyez-moi un e-mail.








