Prologue
— Tes bras ne sont pas assez forts! Pousse! encore! Encore et encore! Espèce de chochote ! tu ne fais aucun effort! lâche le coach d'activité physique d’une voix tonitruante.
Je serre les dents et pousse de toutes mes forces.
Mes bras tremblent. Mes épaules me font atrocement mal et ma respiration devient de plus en plus courte. Le poids au-dessus de moi est beaucoup trop lourd. J’ai beau pousser, la barre refuse catégoriquement de bouger.
— Mais je pousse ! protesté-je en reprenant difficilement mon souffle.
— Tu appelles ça pousser ?! s’écrie-t-il en se penchant au-dessus de moi. Imagine que ta mère est coincée sous cette barre, si tu ne la soulèves pas, elle meurt ! Allez ! Pousse !
Ma mère ? Sous cette barre ? c'est une blague ?
Je crois que mon professeur commence sérieusement à manquer d’imagination.
Mais puisque la vie de ma pauvre mère fictive est entre mes mains, je rassemble le peu de force qu’il me reste et pousse une nouvelle fois, mais mes bras tremblent encore plus. Je pousse encore, mais toujours rien.
La barre semble avoir décidé de me ridiculiser jusqu’au bout.
— Allez ! Sinclair, mais pousse voyons ! qu'est ce que tu fous !!! hurle-t-il.
Je pousse tellement fort que je suis presque certaine que mes ancêtres sont en train de pousser avec moi mais la barre ne bouge toujours pas.
— Chochote ! crie mon professeur en regardant sa montre. Cinq minutes sont passées ! Ta mère est morte !
Quelques garçons autour de moi éclatent de rire.
Je ferme les yeux.
Magnifique.
Non seulement je suis incapable de soulever cette fichue barre, mais en plus, je viens de laisser mourir ma mère sous une barre de fer de 70kilos.
Quelle belle journée.
— Je n’ai jamais vu de toute ma vie un gars aussi faible ! continue mon professeur en secouant la tête. T’es une merde ! Une chochote de merde !
Il se rapproche tellement de mon oreille en criant que je grimace.
À ce rythme-là, je ne vais même pas avoir besoin de quitter cette académie : je vais simplement devenir sourde.
— T'es meme pas fichu de soulever 70 kilos, espèce de gonzesse ! tu dois être un homme! Un vrai ! ajoute-t-il en me pointant du doigt.
Je le regarde quelques secondes sans rien dire.
Mais non, connard.
Je ne suis pas un homme.
Je suis une femme.
Et personne ici ne le sait.
C’est probablement le détail le plus important de toute cette histoire.
Parce que oui, je suis une fille. Une vraie.
Et pourtant, me voilà au beau milieu d’une institution remplie de garçons, habillée comme eux, entraînée comme eux et surtout… en train de me faire passer pour l’un d’entre eux.
Le plus incroyable ? Ça marche, enfin… jusqu’à maintenant.
Alors comment est-ce que j’en suis arrivée là ? Est-ce que j’avais prévu de me travestir ? Non, bsolument pas.
Est-ce que j’avais prévu de passer mes journées à courir, faire des pompes et me faire insulter par un instructeur qui semble avoir déclaré la guerre à mon existence ? Encore moins.
Pourtant, c’est exactement là que je me retrouve aujourd’hui. À devoir cacher qui je suis, à répondre à un prénom qui n’est pas le mien et à prier pour que personne ne remarque le moindre détail capable de faire tomber mon mensonge.
Mais avant de vous expliquer comment j’ai pu en arriver là, il faut remonter un peu en arrière.
Parce que tout a commencé bien avant cette barre de musculation.
Laissez-moi vous raconter.









Trop contente de ton retour Flore