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Quand fleurissent les lycoris tome 1 les ailes sans ciel

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Summary

Dans un monde où les ailes séparent les animaux, Lewis est un jeune chat qui n’aurait jamais dû naître avec les siennes. Pourtant, ses petites ailes blanches cachent bien plus qu’une simple différence. Alors que Lewis grandit, d’étranges histoires commencent à le conduire vers un endroit interdit, au-delà des ronces, là où fleurissent les Lycolis. On raconte qu’un mystérieux renard y apparaît parfois. Mais personne ne sait vraiment qui il est… ni ce qu’il cherche. Et si les ailes de Lewis n’étaient pas un hasard ?

Genre
Fantasy
Author
Doberfang
Status
9d ago
Chapters
4
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1 l'oiseau parmi les fauves

C’était l’aube. Les premiers rayons du soleil commençaient à briller entre les branches de lierre qui dissimulaient l’entrée d’une petite tanière, nichée entre les racines d’un saule pleureur.

À l’intérieur se trouvait une chatte rousse aux yeux brun doré. Elle était allongée sur une couche de mousse, le souffle court, tandis que la lumière naissante venait doucement éclairer son pelage. Quelques minutes plus tard, un petit chat roux clair bougeait légèrement auprès d’elle.

Mais ce qu’elle redoutait était arrivé. Elle retint sa respiration quelques secondes. Dans le dos du petit chaton au pelage roux crème se trouvaient deux petites ailes blanches, encore pleines de duvet. Une grande silhouette blanche se mit à bouger et s’approcha de la tanière.

La chatte enroula rapidement sa queue autour du chaton afin de dissimuler ses ailes. Le lierre se souleva doucement et un grand chat blanc aux yeux jaunes entra dans la tanière.

— Alors, combien sont-ils ? demanda celui-ci d’un air intéressé.

— Il n’y en a qu’un, répondit-elle avec un petit sourire. Il s’approcha doucement.

— Je peux le voir ?

Elle retira doucement sa queue, juste assez pour lui laisser voir son visage. Le chat sourit, puis repartit.

— Je vais vous laisser vous reposer, dit-il en sortant de la tanière. Une fois seule, elle retira entièrement sa queue et observa le chaton et ses petites ailes, pensive.

Elle ne pourrait pas les cacher éternellement. Elle finit par s’endormir, roulée en boule autour de son fils. Un léger sourire apparut malgré son inquiétude. Ses paupières se fermèrent, et une larme coula lentement sur sa joue. Le lendemain, alors que les premiers rayons du soleil entraient dans la tanière, elle fut réveillée par l’arrivée d’un chat. Elle cacha son petit par réflexe.

— C’est toi, Hyōga ?Le grand chat blanc hocha la tête avec un petit sourire.

— Je suis venu voir comment va mon fils.

— Il va bien. Hyōga la regarda d’un air quelque peu perplexe.

Elle baissa les yeux.

— J’ai... quelque chose d’important à t’avouer.

Elle releva délicatement sa queue, encore un peu hésitante. Hyōga fronça les sourcils. Ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’il aperçut les petites ailes du chaton. Il recula d’un pas, presque instinctivement.

— C’est... un ailé ?!Elle hocha la tête. Elle s’attendait à cette réaction. Malgré tout, cela lui fit mal de le voir réagir ainsi.

Les pattes d’Hyōga se raidirent au petit hochement de tête de sa compagne. Ses griffes se plantèrent légèrement dans le sol terreux de la tanière.

— Un ailé... chez les non-ailés, murmura-t-il, comme pour vérifier l’information.

Le pelage de la jeune chatte se hérissa légèrement à ces mots. Un frisson la parcourut tandis que les pensées fusaient dans sa tête. Il regarda le petit avec mépris malgré lui, partagé entre l’image de son fils, encore minuscule devant lui, et tous les préjugés avec lesquels il avait grandi. Il secoua la tête, comme pour chasser ses pensées, puis partit sans un mot.

— Attends ! lui dit la jeune chatte. C’est ton fils, tout de même !Il tourna à peine la tête.

— Je sais.

Sans rien ajouter, il quitta la tanière. Une fois à l’extérieur, il observa l’entrée, pensif, avant de repartir. Il passa à côté d’un vieux félin qui l’interpella, mais ne l’entendit même pas. Il alla s’asseoir en hauteur, sur la branche d’un vieux frêne, pour observer les animaux qui passaient et discutaient tranquillement dans la clairière. Une légère brise faisait doucement bouger son long pelage blanc. Il observa l’horizon, en direction de la frontière de roses rouges. De là, il ne pouvait pas la voir.

Pour l’atteindre, les animaux devaient d’abord traverser une immense forêt, de plus en plus sombre à chaque pas. Pourtant, il existait un chemin. Il n’avait jamais compris pourquoi il y avait un chemin jusqu’à la frontière si on ne devait pas s’en approcher. Après tout, les deux peuples s’étaient-ils vraiment toujours détestés ? Ou bien quelque chose les avait-il séparés ?Il secoua la tête. Non... voyons. Je m’égare, pensa-t-il. Je suis l’un des meilleurs soldats du peuple sans ailes, pensa-t-il avec amertume. Comment vais-je pouvoir expliquer qu’il y ait un ailé dans ma famille ?

Un petit grognement lui échappa.Il descendit du frêne, les pattes trépignantes, puis se mit à parcourir le village.Lorsqu’il passa devant la tanière, il fronça les sourcils et détourna presque automatiquement les yeux.Ou bien... et s’ils ne l’apprenaient jamais ?Mais non, voyons, je déraille. Comment vais-je faire ? Ma réputation va s’effondrer. Des dizaines de parents ont fait disparaître leurs enfants...Mais non. Non, je ne peux pas.Sans compter que... sans compter qu’Umi s’en rendrait compte.Il posa ses pattes sur sa tête et se plaqua au sol, l’esprit tourmenté par ces sombres pensées.Soudain, une grosse patte massive se posa délicatement sur son épaule.

— Hyōga, tu te sens bien ? demanda une voix derrière lui.Hyōga sursauta et tourna brusquement la tête, surpris.

— Kuma ? Euh... oui, ça va très bien, dit-il avec un sourire forcé.La panthère des neiges reposa sa patte au sol et fronça les sourcils.

— Tu es sûr ? Tu n’avais vraiment pas l’air bien. Tu veux boire de l’eau fraîche du ruisseau ?

— Non, non, ça va, je te dis !Surpris par le ton sec de son collègue, Kuma hocha la tête et commença à partir. Mais il tourna une dernière fois la tête.

— Ah, au fait, félicitations ! Tu as un fils maintenant, c’est bien ça ?Hyōga, j’avais vraiment pas besoin d’entendre ça, pensa-t-il amèrement.Il hocha la tête.

— Oui, s’efforça-t-il de répondre normalement pour ne pas éveiller les soupçons de son collègue.Kuma sourit.

— Bon, je te laisse, dit-il avant de se retourner et de s’éloigner vers le ruisseau.Hyōga se dirigea finalement vers le petit ruisseau où était parti Kuma, mais une voix l’interpella depuis la tanière de son fils.Il tourna la tête, hésitant. Finalement, il alla voir.Il passa la tête à travers le lierre qui dissimulait l’entrée.

— Umi ? Qu’y a-t-il ?La jeune chatte posa sur lui un regard mélancolique.

— Je sais que tu n’aimes pas les ailés, mais fais un effort... pour ton fils.Son expression changea. Il fronça les sourcils et se retournapour partir.

— Shiro... s’il te plaît...Il l’ignora et partit.

Malgré tout, une chose l’avait touché : c’était la première fois qu’elle l’appelait par son prénom.Jour après jour, le jeune chat grandissait.Umi lui avait donné le nom de Lewis. Quant à Hyōga, il venait rarement lui rendre visite.Mais bientôt, le chaton allait sortir de la tanière pour la première fois de sa vie.Et Hyōga redoutait ce moment depuis la naissance de son fils.Tout le monde dans le village allait bientôt découvrir la vérité sur l’enfant.Quand enfin vint ce jour, ce fut le matin, à l’aube, alors que tous les habitants du peuple des non-ailés dormaient encore à poings fermés.Qu’Hyōga entra dans la tanière.Umi ouvrit les yeux. Elle non plus n’arrivait pas à dormir, mais elle fut surprise par l’entrée soudaine du chat blanc.

— Hyōga, que fais-tu debout à une heure pareille ?

— Il faut qu’on parle, répondit-il d’un ton sérieux, presque militaire.

— L’armée sans ailes te monte à la tête, ma parole ! Tu ne vois pas qu’il dort ? Tu vas le réveiller, dit-elle en désignant son fils du museau.

— Je sais. C’est justement de lui que je veux te parler.Elle laissa échapper un petit grognement et le suivit à regret, laissant sa queue glisser doucement sur son fils en quittant la tanière.À peine furent-ils sortis qu’Hyōga lança :

— On ne peut pas laisser les autres voir ses ailes.

— C’est pour ça que tu es venu me voir ? Je sais bien que c’est un problème dans cette société, mais on ne peut rien y faire.

— Je sais... mais il va se faire tuer. C’est comme lâcher une colombe dans une meute de loups !Elle baissa les yeux.Les souvenirs des rares ailés parmi les non-ailés lui revinrent en flash.Elle releva la tête et croisa les yeux jaunes d’Hyōga.

— Dans ce cas, nous le protégerons... Je refuse de l’abandonner comme tous les autres.Puis elle retourna dans la tanière sans un mot de plus, mettant fin à la conversation.Le silence retomba peu à peu dans la clairière encore endormie.Quelques minutes plus tard, le soleil commença à se lever doucement à l’horizon. C’est à ce moment-là que, dans la tanière, un petit bruit se fit entendre dans le lit de mousse et de feuilles sèches sur lequel dormaient Lewis et sa mère.Le jeune chat ouvrit les yeux, réveillé par les rayons du soleil filtrant à travers le lierre retombant à l’entrée de la tanière.Il se rappela soudain quel jour nous étions.Encore inconscient de ce qui se passait en dehors de la tanière, il bondit sur ses petites pattes, puis cria à sa mère :

— Maman ! Maman ! Je fête mes deux mois ! Je vais enfin sortir de la tanière !!Sa mère ouvrit lentement les paupières. Elle avait très peu dormi et était encore fatiguée, mais elle se rappela quel jour nous étions en voyant son fils bondir devant elle.Elle se redressa rapidement, un peu paniquée.

— Attends-moi ! Ne sors pas trop vite, il faut tout de même rester prudent.Le jeune chaton s’arrêta devant l’entrée et tourna la tête en direction de sa mère, un sourcil levé.

— Oui, oui, d’accord, maman.Umi eut à peine le temps d’arriver à côté de l’entrée que son fils s’élança dehors.Son sang ne fit qu’un tour. Elle se figea un instant avant de bondir à son tour pour le rattraper.

— Lewis ! Je t’ai dit de m’attendre !Instinctivement, elle se mit en position de défense, son fils sous ses quatre pattes, prête à le protéger.Lewis leva la tête vers sa mère, un peu moins sûr de lui.

— Maman, qu’est-ce que tu fais ?Elle fixa les grands yeux verts du chaton, puis lui répondit plus calmement :

— Tu sais, Lewis, la forêt n’est pas toujours un lieu sûr. J’aimerais que tu restes près de moi, d’accord ? Ne t’éloigne pas trop.Il hocha la tête avant de faire quelques pas en avant.Lewis commença à explorer les lieux, chassant les feuilles mortes qui bougeaient légèrement sous la brise matinale.La clairière était pratiquement vide et la plupart des animaux étaient partis à la chasse. Malgré tout, la jeune mère sentait quelques regards sur eux.Soudain, une voix criarde et accusatrice traversa la clairière.Un serval haut sur pattes bondit d’un petit buisson de buis.

— Que fait un oiseau chez les non-ailés ? maugréa l’animal en levant un sourcil d’un air méprisant.Umi se hérissa et se posta devant son fils.Un petit sourire en coin apparut sur le visage du félin.

— Umi ? Ne me dis pas que cette chose est le fils de Shiro ! lança-t-il d’un ton méprisant en tournant autour de l’enfant.Lewis se recroquevilla légèrement et replia ses ailes, ne comprenant absolument pas pourquoi ce fauve lui parlait comme ça.

— Les moineaux comme lui n’ont rien à faire ici, cracha-t-il, sa longue queue battant lentement l’air d’un air supérieur.

— Je t’interdis de t’approcher de lui ! feula la jeune mère, le pelage encore plus hérissé.Le serval leva un sourcil, amusé.

— Eh eh... C’est quoi, ça ? Qu’est-ce que tu nous fais, Umi ? Tu te prends pour une lionne, maintenant ?S’en était trop pour elle. Elle poussa délicatement Lewis pour lui faire signe de rester derrière, puis bondit sur le serval.Le félin esquiva avec rapidité, laissant Umi passer par-dessus lui et tomber avec panache.Il éclata de rire et profita du court moment d’inattention de la chatte pour attraper Lewis par la peau du cou.Celui-ci, surpris de se retrouver soudainement soulevé du sol, se mit à gigoter en battant des ailes.

— Au secours ! Au secours !Le serval observa la réaction de sa mère avec amusement.

— Keishi ! Lâche-le immédiatement ! lança une voix sèche depuis la forêt.C’était Shiro, qui revenait de la chasse.Le serval fut d’abord surpris, mais en voyant le chat blanc, son sourire revint.

— Tiens, quand on parle du loup...Il lâcha Lewis et le laissa tomber de toute sa hauteur.

— Oooups ! Je pensais qu’il savait voler, dit-il avec un sourire moqueur.Lewis heurta le sol tandis que sa mère courait auprès de lui.Hyōga se mit à grogner en fixant le serval.Le félin se tourna vers lui avec un sourire arrogant.

— Bah, qu’est-ce qu’il y a, Shiro ? Tu t’inquiètes pour les ailés maintenant ?... Mais rappelle-moi, combien tu en as tués ? lança-t-il avec une lueur de folie dans le regard.Hyōga eut un mouvement de recul.

Ses pupilles se rétractèrent immédiatement.Son regard passa de Lewis à Umi, puis au serval.Ses griffes se plantèrent dans le sol.Dans un excès de fureur, il fléchit les pattes arrière puis bondit en fonçant vers Keishi à toute vitesse.Il lui sauta sur le dos et planta ses griffes dans son échine avant de lui mordre la nuque.Le serval se cabra sur ses pattes arrière, puis roula sur le dos pour se dégager.Il donna ensuite un coup de patte arrière à Hyōga, qui fut projeté contre un arbre.Keishi se releva et s’ébroua pour enlever la poussière et les morceaux de feuilles accrochés à son pelage, avant de lancer à Hyōga un regard assassin et de s’enfuir en courant.Les trois chats restèrent silencieux quelques minutes, seuls dans la clairière.

Lewis tremblait, recroquevillé derrière Umi. Il n’avait rien compris à la situation et était complètement perplexe face à ce combat soudain.Umi regarda Hyōga et lui fit un petit signe de tête pour le remercier d’avoir protégé son fils. Celui-ci se releva et partit sans un mot.Umi le regarda partir d’un air mélancolique, puis prit son fils dans la gueule pour le ramener à l’abri, dans leur tanière.Elle le déposa sur son lit de mousse et se roula en boule autour de lui pour calmer ses tremblements. Elle finit par fermer les yeux, malgré la peur et l’inquiétude qui continuaient de l’habiter.

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