Le palais de Monaco
Chapitre 1 — Le palais de Monaco
Élèna Rodrigues avait appris très jeune que les grandes maisons pouvaient être aussi froides que les prisons.
La villa de sa famille dominait la mer Méditerranée depuis les hauteurs de Monaco. Ses murs blancs brillaient sous le soleil, ses immenses fenêtres reflétaient l’eau bleue et ses jardins étaient toujours parfaitement entretenus.
Tout semblait magnifique.
Pourtant, Élèna ne s’y sentait pas chez elle.
Elle avait grandi entourée de domestiques, de gardes du corps et de personnes qui souriaient toujours devant son père. Mais aucun de ces gens ne connaissait vraiment la jeune fille.
Ils savaient seulement qu’elle était la fille unique d’Alejandro Rodrigues, un homme extrêmement riche et influent.
Ils savaient qu’elle avait perdu sa mère à l’âge de sept ans.
Ils savaient qu’il ne fallait jamais poser de questions à ce sujet.
Élèna, elle, se souvenait de très peu de choses.
Elle se souvenait d’un parfum doux, semblable à celui des roses.
Elle se souvenait d’une voix qui lui chantait une chanson avant de dormir.
Elle se souvenait de mains chaudes qui lui caressaient les cheveux.
Et surtout, elle se souvenait d’un pendentif en forme de lune que sa mère lui avait donné quelques jours avant sa mort.
Depuis ce jour, Élèna ne l’avait jamais quitté.
Elle le portait autour du cou, caché sous ses vêtements.
Chaque matin, elle se réveillait avant tout le monde.
À six heures précises, elle quittait sa chambre et descendait dans la salle d’entraînement située au sous-sol de la villa.
Son père croyait qu’elle y faisait du sport pour rester en forme.
En réalité, Élèna s’y préparait à une vie dangereuse.
Elle s’entraînait au combat, à la rapidité et à l’observation. Elle apprenait à repérer les sorties d’une pièce, à remarquer les personnes qui la surveillaient et à garder son calme dans les situations difficiles.
Son entraîneur, un ancien militaire nommé Victor, lui répétait souvent :
— La force ne vient pas seulement des muscles, Élèna. Elle vient de la discipline.
Élèna ne répondait jamais.
Elle voulait devenir une assassine professionnelle.
Cette pensée ne lui faisait pas peur.
Au contraire, elle lui donnait l’impression d’avoir un but.
Elle ne rêvait pas d’argent ni de célébrité. Elle voulait devenir assez forte pour ne plus jamais être abandonnée par la vie.
Elle voulait comprendre pourquoi sa mère était morte.
Et elle voulait punir ceux qui avaient détruit sa famille.
Ce matin-là, après deux heures d’entraînement, Élèna remonta dans sa chambre. Elle prit une douche rapide, enfila une chemise blanche et un pantalon noir, puis attacha ses longs cheveux bruns.
Dans le miroir, elle observa son visage.
Ses yeux verts ressemblaient à ceux de sa mère.
C’était ce que son père lui disait parfois lorsqu’il était triste.
Mais il ne parlait jamais davantage.
Élèna prit son pendentif entre ses doigts.
— Maman, murmura-t-elle, je découvrirai la vérité.
Une voix retentit soudain derrière la porte.
— Tu parles toute seule maintenant ?
Élèna se retourna.
Gabriel se tenait dans l’encadrement de la porte.
Il avait vingt-deux ans, les cheveux châtains et un sourire toujours un peu moqueur. Même s’ils n’avaient pas la même mère, ils étaient très proches.
Gabriel était le fils d’Alejandro et de sa première épouse. Après le divorce de leurs parents, il avait continué à vivre auprès de son père.
Lorsque la mère d’Élèna était morte, Gabriel avait été la seule personne à rester près d’elle pendant des semaines.
Il l’avait aidée à dormir.
Il lui avait préparé ses repas.
Il lui avait raconté des histoires lorsque les cauchemars devenaient trop nombreux.
Pour Élèna, il était plus qu’un demi-frère.
Il était sa famille.
— Tu devrais apprendre à frapper, répondit-elle.
— Je l’ai fait. Tu étais trop occupée à parler à un fantôme.
Le sourire de Gabriel disparut lorsqu’il vit l’expression d’Élèna






![Fated to My Ex- Best Friend [Moving to Galatea]](https://cdn-gcs.inkitt.com/vertical_storycovers/ipad_49edb1dbf9a28b50b9c4d68d8598359b.jpg)

