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Je Ne Suis Pas Encore Devenu Celui Que Je Veux Êtr

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Summary

Je ne sais pas encore où je vais, j’ai 18 ans. À cet âge beaucoup de gens commencent seulement à se demander ce qu’ils veulent faire de leur vie. Moi j’ai parfois l’impression d’avoir déjà vécu plusieurs vies dans ma tête. Un jour je me vois Entrepreneur le lendemain informaticien. Parfois je me vois officier, loin de chez moi, dans un pays dont je ne connaissais presque rien quelques années auparavant d’autre fois, je me vois Simplement assis dans mon bureau, regardant une entreprise que j’aurais construite à partir de presque rien. Je veux beaucoup de choses peut-être même trop Je veux réussir, je veux aider ma famille, je veux construire quelque chose qui porte mon nom. Je vais être utile à mon pays, je veux apprendre, voyager, découvrir, devenir plus fort. Mais derrière toutes ces ambitions, il y a une question à laquelle je n’ai pas encore de réponse : Qui vais-je devenir ? En tout cas l’objectif est clair et c’est justement pour cette raison que j’écris ce livre. Je ne l’écris pas parce que j’ai déjà réussi, je ne l’écris pas parce que ma vie est extraordinaire, je l’écris parce que je suis encore en train de la construire. Aujourd’hui, je suis simplement un jeune homme de 18 ans qui regarde devant lui et qui essaie de comprendre quel chemin prendre.

Status
9h ago
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

Le Garçon Que J’étais

J’ai toujours été cet enfant timide qui, même lorsqu’on lui marchait dessus, ne disait rien. À cette époque de ma vie, je riais de tout et de n’importe quoi et avec tout le monde. Je n’arrivais pas à distinguer le vrai du faux, l’ironie à la sagesse, sans doute l’innocence qu’a naturellement chaque enfant. Je me souviens qu’auparavant dans le quartier où nous étions ma famille et moi il y avait une femme assez âgée qui vendait les épices et des petits articles. Elle n’avait pas exactement de boutiques mais vendait à sa porte qui faisait face à la rue principale, ce qui lui donnait un avantage, parce que les passants pouvaient mieux remarquer ses articles. Lorsque j’allais acheter auprès d’elle, elle me posait beaucoup de questions de toutes sortes pour me soutirer des informations.

— Qui est-ce qui est venu chez vous aujourd’hui ?

— C’est mon oncle qui est venu, celui qui était en …

— Et qu’est-ce qu’il est venu faire ici ?

— Je crois qu’il est venu pour parler à mon père.

J’étais tellement naïf, je ne savais pas que derrière ce sourire forcé se cachera une envie démesurée de connaître tout sur la vie des autres. Et je n’étais pas la seule victime, elle faisait de même avec les autres, notre naïveté enfantine nous jouait défaut. Tellement que beaucoup la connaissait des fois certains se renseignaient auprès d’elle, lorsqu’ils avaient besoin de renseignements. Cela va sûrement vous faire rire, mais j’ai la qualifierais de caméras de surveillance, elle voyait et elle entendait tout.

Toutefois, elle nous a quand même aidé à retrouver l’une de nos brebis égaré. C’était la première fois pour nous d’envoyer un de nos moutons en pâturage et cette dernière s’était égarée.

Il y avait un peulh dans notre quartier qui se chargeait de se promener avec les bétails et en contrepartie d’une certaine somme chaque mois. La somme dépendait du nombre de bétail qu’on lui confiait.

Mes parents aimaient l’élevage, mon père, lui, aimait plutôt les moutons, même si son travail ne lui permettait pas de veiller sur eux quotidiennement, il les achetait quand même et au final c’était nous qui en prenions soin en son absence. Mon père est un militaire, il passait la plupart de l’année en service. Raison pour laquelle nous nous retrouvions la moitié de l’année sans Papa. Mais il réussissait toujours à rattraper le temps perdu.

Ma mère, elle, aimait particulièrement les volailles. Elle aimait prendre soin des poussins les élever jusqu’à l’âge adulte et ensuite soit les consommer soit les vendre et recommencer le cycle. Comme vous vous en doutez j’ai passé la quasi totalité de ma vie à côté de ma mère, elle a d’abord été dans le contrôle des impôts, une carrière qui n’a finalement pas duré longtemps. Ensuite grâce à la fonction publique elle a été enseignante en maths physique, je dirais que c’est peut-être grâce à ça qu’elle arrivait à nous gérer mes sœurs et moi. Elle nous a donné une éducation très stricte. La loi fondamentale qu’elle nous a inculqué était le respect des personnes âgées et aussi le respect à l’égard des aînés. Chez nous le plus petit devait respect et bienveillance au plus grand, étant donné que moi je suis le benjamin de la famille, je n’avais presque pas mon mot à dire. Je dois l’avouer aussi que je n’avais pas non plus besoin de trop parler, mes sœurs s’occupaient de presque tout. Elles faisaient constamment en sorte que moi je sois épargné de beaucoup de choses. Elles sont quatre, mes sœurs.

La plus grande, celle qui joue le rôle de deuxième maman, a été mariée très tôt lorsque j’étais petit et a été contrainte de s’installer à environ 300 km de nous. Mais cela ne l’a pas empêché de prendre soin de moi.

La deuxième, celle qui nous défend même si on a tort. Elle est la plus généreuse de nous tous, capable même de donner ses chaussures à un inconnu et marcher pieds nus.

La troisième, la plus forte, la plus autoritaire, celle qui n’hésite pas à dire ce qu’elle pense. Elle m’a remis tellement de fois sur le droit chemin.

La dernière, ma meilleure amie, celle avec qui j’ai vécu. Avec elle, tout était facile. Un regard suffisait pour qu’on comprenne.

J’étais celui que tout le monde voulait protéger. Et c’est particulièrement grâce à ça que j’ai eu une enfance normale et facile. Pendant toute mon enfance, j’avais cette innocence et cette naïveté en moi qui m’empêchait de voir réellement ce qui pouvait se cacher derrière un simple sourire ou un conseil venant des propres membres de ma famille.

Nous étions dans une grande famille « Douba » étant donné que mon père était le premier fils de mon grand-père, il a hérité de la maison familiale. Des fois je me demande si c’était une bonne chose pour lui et pour nous. Ici nos traditions obligent celui qui hérite de la maison familiale à y rester coûte que coûte. C’est pour cela que nous nous sommes retrouvés dans une grande famille.

Il y a eu une époque où tellement qu’il y avait beaucoup d’enfants chez nous, ma mère ne pouvait même pas nous acheter des bonbons sans qu’elle ne soit critiquer par mes tantes c’est à dire les petites sœurs de mon père. Alors que tout ce que ma mère gagnait comme salaire partait dans les dépenses de la grande famille et elles, mes tantes en bénéficiaient. J’étais enfant mais il y a certaines choses qu’un enfant remarque et qu’il n’oubliera jamais. Je me dis que la vie est vraiment étrange, on se met à couper des arbres qui nous ont toujours nourris.


Lorsque j’étais au second cycle, ma cote de popularité était un peu trop élevé à mon goût aussi bien auprès des élèves qu’aux professeurs. Je me disais que c’était sûrement à cause de ma mère parce que tout le monde se disait que j’étais le fils de la prof de math mais je dois l’avouer aussi que j’étais du genre sérieux et timide, je travaillais bien à l’école aussi vu que j’ai fait tout le secondaire étant premier de la classe. Dans notre classe j’étais comme le garçon parfait, travailleur, timide, gentil, … mais en vrai avec ma mère à l’école je ne pouvais pas me permettre certaines choses. Je me disais que l’honneur de ma mère était en jeu.

Un jour, notre professeur de physique-chimie qui devait entrer le soir a eu un empêchement, et vu que le fleuve était proche de notre école, certains de mes camarades en ont profité pour aller s’amuser là-bas, mais moi je ne suis pas allé, pas parce que j’avais peur, ni que je ne voulais pas y aller, mais je me disais qu’il était plus logique que le fils d’une des professeurs reste en classe pour faire des exercices. Je sais, vous allez-vous dire que j’allais rater beaucoup de choses mais c’était mieux ainsi. Certaines choses n’en valent pas la peine de risquer autant.

J’étais timide, mais n’empêche j’étais vraiment doué à l’écrit. Je m’exprimais mieux sur les lignes qu’à l’oral. J’écrivais déjà mes premiers poèmes à ce moment-là. Je me souviens qu’un jour lors de l’une de nos compositions de trimestre, on nous avait demandé de faire le portrait d’une personne chère à nos cœurs. À ce moment-là, je n’avais qu’une seule personne en tête, ma mère. Alors je me suis mis à la décrire aussi bien de près que de loin, son élégance et sa bienveillance, sa beauté naturelle qui faisait taire plusieurs bouches, sa générosité un peu trop excessive à mon goût, son courage et sa détermination à toute épreuve. Telle la lune qui illumine le ciel rempli d’étoiles, tel le soleil qui éclaire le jour. Ce jour là, j’avais beaucoup de choses à écrire comme si mon coeur avait obtenu un point de sortie ou que mes poumons découvraient pour la première fois le souffle d’air frais de ce bas monde. Tellement que notre professeur a été émue par mon récit qu’elle décida de montrer ma copie à toute l’administration de l’école. J’ai reçu les compliments de tous les professeurs et ma mère en voyant son portrait était restée bouche bée. Je voyais dans ses yeux cette fierté naturelle que les mères ressentent pour leurs enfants. Elle m’a serré très fort dans ses bras. Elle était vraiment émue et fière.

Plus le temps passait, plus nous nous rapprochions de l’examen de fin d’année qui nous permettra d’accéder aux lycées une fois validé. La pression de l’examen commençait à prendre place mais moi j’avais une autre pression de plus. Lorsqu’on est premier de la classe, les gens attendent beaucoup de nous, certains se disent même que j’avais déjà validé l’examen. Et ça me mettait encore plus la pression, je me disais que rien n’était gagné d’avance, tout pouvait arriver. Je ne faisais qu’imaginer le pire des scénarios, le premier de la classe qui échoue à l’examen de fin d’année. Cela allait ruiner la réputation de mon école et aussi la mienne.

Le jour tant attendu arriva, notre pression s’est arrêtée au premier jour seulement. À vrai dire les matières nous ont paru faciles à part quelques unes, cela était dû au fait que nos professeurs pour nous préparer avaient augmenté la difficulté de nos trimestres donc l’examen était assez moyen pour nous. Nous n’avons pas eu beaucoup de difficultés mais même avec tout ça je voyais certains se plaindre de la difficulté. Je me dis que quel que soit le niveau de difficulté ou de facilité de la vie, il y aurait toujours des personnes pour se plaindre.

Après les trois jours d’examen, suivirent une longue période d’attente avant les résultats. J’avais imaginé tous les scénarios possibles, je commençais même à douter de tout ce que je pensais avoir trouvé. Et comme si ce n’était pas assez il y avait tout le temps des rumeurs sur la date de proclamation des résultats. C’était chaque jour une nouvelle date, par fini j’ai tout remis à Dieu ainsi ma conscience était plus tranquille.

Un beau jour, lorsque j’étais en train de jouer au Babyfoot avec mes amis mon père m’appela pour juste me dire « Félicitations » à ce moment là je ne m’étais pas rendu compte qu’il s’agissait de l’examen alors je lui ai demandé « Mais Papa félicitations pour quoi ? » et il m’a répondu « Tu as été admis à l’examen » je ne sais plus ce que mon père m’a dit après ça mais après avoir entendu ça j’ai couru partout en criant et on me demandait ce que j’avais et je criais de joie que j’avais été admis à l’examen. Après ça, on a commencé à chercher les résultats de mes amis et heureusement que tous mes amis qui étaient présents ce jour avaient tous validé l’examen. On a pu manifester notre joie tous ensemble sinon on n’allait pas pouvoir se réjouir alors que certains de nos amis avaient échoué. Ce jour là j’ai reçu beaucoup d’appels de félicitations, je ne sais même pas comment certains avaient eu mon numéro et jusqu’à présent je l’ignore parce qu’aucun d’entre eux ne savait ou ne m’a souhaité bonne chance pour l’examen. Faut croire que c’est après la réussite que viennent les encouragements. Les gens ne se rendent pas compte de l’importance de l’encouragement, il se peut qu’une personne de votre entourage qui depuis longtemps s’est donné à une activité qui ne marche pas très bien et le jour où il décide d’arrêter, vous l’envoyez juste un petit message « Je sais ce que tu fais et ce que tu endures mais n’abandonne pas, ça viendra avec le temps. Courage » je vous assure que la personne en voyant ça va réfléchir deux fois avant de prendre une décision. Ce sont des petites choses que nous pouvons faire facilement et qui resteront gravées dans les cœurs. Mais nous ne le faisons pas.

C’est ainsi que commencèrent mes années de lycée. Je ne me doutais pas que ce que je m’apprêtais à commencer était plus difficile qu’il en a l’air. Pour moi c’était juste la continuité de la 9 ème, le niveau allait simplement augmenter d’un cran c’est ce qu’on se disait à l’école mais et lasse la réalité est en tout autre.

Après les orientations j’ai atterri dans un lycée technique, apparemment c’est lorsqu’on a eu une bonne note en maths qu’il nous oriente vers là bas. Mais je me demande si cette hypothèse est vraie puisque je voyais des camarades qui n’avaient jamais eu la moyenne en maths orientés vers ce lycée c’était sans doute des erreurs administratives. Ce que je n’ai pas un peu aimé est le fait que mon meilleur ami, celui avec qui je faisais tout, avait été orienté vers un autre lycée. Cela faisait 9 ans que nous suivions le même parcours. Puis que nos maisons n’étaient pas loin l’une de l’autre, nous passions la plupart de notre temps ensemble. Il avait été orienté vers un lycée qui n’avait pas très bonne réputation comme c’était un lycée privé il pouvait faire un transfert vers n’importe quel autre lycée. Je lui ai proposé de venir avec moi au lycée technique pour qu’on puisse rester ensemble et il avait pensé à la même chose. Malheureusement ses parents n’étaient pas du même avis alors il rejoignit un autre lycée privé plus connu. Bien sûr nous n’allions pas être séparés complètement puis que nos maisons étaient à 10 mètres l’une de l’autre mais n’empêche ça n’allait plus être comme avant. Nos heures de cours allaient être différentes. Mais je me dis que cette étape était sans doute nécessaire pour nous. Nous allions tous deux prendre des chemins différents pour la première fois.

Ma première année de lycée commençait bien. Je découvrais de nouvelles horizons, des nouvelles matières. Je faisais des nouvelles rencontres et je voyais même certains de mes camarades de longue date. Je m’en sortais plutôt bien. Nos professeurs étaient vraiment sérieux et ne perdez pas de temps, mais nous arrivions toujours à souffler un peu avec certains profs. Nous avions besoin de ces moments-là aussi parce que nous venions tout juste de quitter le second-cycle. Nous ne savions pas encore que nous avions mis les pieds dans la cour des grands. Mais il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre.

Un jour, notre professeur de maths nous avait donné un exercice à domicile. Beaucoup n’y avait pas prêté attention. Le jour où le prof a décidé de vérifier les cahiers, il n’y avait que trois personnes qui l’avaient faites, l’exercice. En voyant ça, il décida de mettre tous les autres à la porte. Ce qui m’a sauvé est le fait que je n’aime pas laisser à demain ce que je peux faire aujourd’hui. J’avais déjà fait l’exercice depuis la veille. Heureusement qu’après ce cours tout a été réglé. Il a finalement pardonné les autres.

L’année poursuivait son cours, nous nous adaptions petit à petit. Nous enchaînions devoirs sur devoirs, trimestre sur trimestre et c’était pareil à la maison aussi. Mon père avait eu une promotion, il était devenu commandant. Ce qui lui a permis de gagner plus financièrement. Il m’avait même promis que pendant les vacances qu’il allait me payer des cours pour apprendre à parler anglais. Cela me permettra d’avoir de bonnes notes en anglais et aussi dans la vie professionnelle. Je lui avais demandé aussi si on pouvait faire un tour dans notre village natal, je n’y avais jamais mis les pieds. Il accepta sans poser de problème.

À ce moment là, tout allait bien dans notre vie. C’était comme dans un conte de fées. Mais ce bonheur ne dura pas longtemps…


Un jour, lorsque nous étions en classe. Là où j’étais assis, je pouvais facilement voir à travers la fenêtre. Et en regardant à travers celle-ci, j’aperçois une silhouette familière depuis l’admiration. C’était mon meilleur ami mais je me disais que ça ne pouvait pas être lui puisqu’il devait être à l’école et il m’aurait prévenu aussi s’il allait venir me voir. Et puis notre classe était un peu éloigné de l’administration donc c’était sans doute une erreur.

Je continuai à suivre le cours jusqu’à ce que le surveillant rentre dans notre classe avec une mine un peu triste. Il regarda la classe comme s’il cherchait quelqu’un ensuite il se rapprocha du prof pour lui expliquer qu’il avait besoin d’un élève. À ma grande surprise c’était moi qu’il appela. Je me suis levé pour sortir mais il m’arrêta pour me dire de prendre aussi mes affaires avec moi. J’étais étonné, je ne savais pas ce que j’avais fait. J’ai commencé à réfléchir sur ce que j’avais fait et comment j’allais m’en sortir.

En sortant de la classe, j’ai aperçu mon cousin.

À cet instant, une étrange inquiétude m’a envahi.

Pourquoi était-il là ?

Moi j’étais toujours confus, qu’est-ce que mon cousin me voulait en plein jour d’école jusqu’à me faire sortir de classe. Arrivé à l’administration, je vois mon cousin. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas.

— Ta mère m’a appelé. Elle veut qu’on fasse une commission ensemble.

— Une commission ? Mais elle ne m’a rien dit…

Je décidai quand même de le suivre. Mais comme lui il était venu à voiture et moi j’avais déjà ma moto garé au parking alors je lui ai dit de partir que j’allais le retrouver à la maison. C’est là qu’il me dit qu’il n’est pas venu seul. Il était venu avec mon meilleur ami. Donc la silhouette que j’avais aperçu était vraiment lui.

Je me dirigeai alors vers le parking et je le vois avec un air déprimé. Je lui ai demandé de m’expliquer ce qui se passait. Là il me sourit mais je savais bien que ce sourire était forcé puis me dit de me calmer qu’on l’a juste appelé pour qu’il vienne chercher ma moto. Après ça, j’ai commencé à penser à tout et à travers. Qu’est-ce que tout ça pouvait bien cacher ? J’essayais de me rassurer. Mais au fond de moi, une petite voix me disait que ce n’était pas quelque chose de normal.

Lorsqu’on était en route vers la maison, je reçois un appel venant du mari de l’une de mes sœurs. Il me demanda si j’étais au courant d’un quelconque décès. Je lui ai dit que je n’étais au courant de rien. Ensuite il m’expliqua que c’était ma mère qui l’avait appelé pour l’informer sur le décès de quelqu’un mais qu’il n’avait pas bien entendu et qu’elle ne décrochait plus. Avant même de lui dire que moi même j’étais en route pour rentrer, mon cousin me demanda de laisser mon téléphone alors j’ai raccroché sans poser problème. C’est là que je me suis dit que quelqu’un était décédé mais je ne voulais toujours pas y croire. Faut croire que mon cerveau ne voulait pas voir la réalité en face ou qu’il ne voulait pas croire ce qu’il ne voulait pas.

Une fois rentré à la maison, j’aperçois du monde mais je n’arrivais pas à reconnaître quelqu’un jusqu’à ce que j’aperçoive l’une de mes sœurs qui pleurait. Elle me dit que quelqu’un était décédé mais avec ses pleurs je n’arrivais pas à comprendre ce qu’elle disait ni de qui elle parlait. Alors je me dirigeai rapidement vers le salon et là j’aperçois ma mère assis. J’ai eu un premier soulagement parce qu’au moins c’était pas ma mère. Autour d’elle je voyais des femmes certainement nos voisines. Je me suis approché d’elle.

— Maman… qu’est-ce qui s’est passé ?

Elle ne répondait pas.

Ses yeux étaient remplis de larmes.

Je me souviens encore de ce moment. Je voulais comprendre, mais une partie de moi avait déjà peur de connaître la réponse.

Puis je lui ai posé la question que je n’aurais jamais voulu poser :

— Qui est mort ?

Elle m’a regardé.

Et, avec les larmes aux yeux, elle m’a dit :

— Ton père.

Je suis resté immobile.


Pendant quelques secondes, je n’ai rien compris.


Ou peut-être que je refusais simplement de comprendre.


Mon père venait de mourir.


L’homme que je pensais encore revoir.


L’homme dont je pensais entendre encore la voix.


L’homme qui faisait partie de ma vie depuis toujours.


Il n’était plus là.


À ce moment là, c’était comme si le temps s’était arrêté, comme si mon coeur avait cessé de battre et que mon esprit refusait d’accepter ce qui venait de se passer.

Je suis resté perdu dans mes pensées une longue minute. Dans ma tête c’était impossible, je ne pouvais pas y croire. C’est là que je me suis souvenu qu’on s’était écrit mon père et moi la veille mais il n’avait pas répondu à mon dernier message.

Je demandai à Maman ce qui s’était passé, elle m’expliqua que c’était dû à une courte maladie. Je me suis dit qu’il a vraiment dû se passer quelque chose de grave parce que mon père était du genre à faire attention à sa santé. Mais on ne peut rien n’y faire, la mort ne regarde pas la santé.

Ce jour là, on a perdu plus qu’un père, on a perdu notre protecteur, notre meilleur ami, celui qui nous faisait aimer la vie, celui qui nous faisait nous sentir important. La perte de mon père a complètement changé nos vies, mais nous ne savions pas encore ce qui nous attendait..

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