Prologue: L'écho des profondeurs et des étoiles
L’océan gronde, ses vagues sombres s’écrasent avec une fureur implacable contre les falaises de pierre, propulsant des embruns glacés qui se mêlent à la brume nocturne. Au loin, sous la voûte céleste d’un noir d’encre, une lueur astrale singulière transperce les nuages, pulsant d’une énergie mystique qui semble attirer irrésistiblement les marées. Rafayel contemple l’horizon depuis le rivage, les pieds frôlés par l’écume écumante, une lueur dorée et mélancolique dans le regard. Son pinceau suspendu tremble légèrement au-dessus de sa toile, capturant les nuances tumultueuses de la mer et le souvenir brûlant d’un abîme oublié.
- Tu continues à regarder ce ciel comme si tu allais y trouver les réponses à tes vieux tourments, mais l’océan sait toujours tout ramener à la surface, tôt ou tard.
À quelques pas de là, Xavier émerge silencieusement des ombres de la nuit, son regard perçant fixé sur la même étoile lointaine qui guide son errance temporelle. Une poussière stellaire danse imperceptiblement autour de lui, rappelant la fragilité d’un monde qu’il protège dans l’ombre depuis des éons.
- Les étoiles ne se soucient pas des secrets que tu essaies de noyer dans tes toiles, Rafayel. Certaines vérités finissent toujours par tomber, lourdes et inévitables, exactement comme la pluie.
Leurs regards se croisent un instant dans le silence lourd de la tempête, un équilibre précaire entre le feu glacé du cosmos et la fureur salvatrice des profondeurs. Entre l’astre et l’écume, le destin vient de sceller une collision inévitable, prête à réécrire le temps et les marées. Une violente bourrasque s’engouffre soudain entre eux, soulevant les mèches argentées de Xavier et faisant voltiger des éclaboussures salées sur les toiles fraîches de Rafayel. Le fracas des vagues redouble d’intensité, comme si l’océan lui-même retenait son souffle face à la tension palpable qui s’installe sur le rivage. L’espace d’une seconde, la lumière de l’astre lointain semble se fracturer, projetant des éclats de nébuleuse jusque dans l’écume blanche qui lèche leurs chevilles.
- Alors laisse la pluie emporter ce qu’elle veut, tant qu’elle n’efface pas ce qui a déjà été gravé dans le sang et le sel.
- Rien ne s’efface vraiment, Rafayel. Nous ne faisons que repousser le moment où le passé viendra enfin réclamer son dû.
Le murmure des flots s’éteint progressivement dans un silence suspendu, balayé par une éclipse soudaine où le ciel et la mer ne font plus qu’un. Leurs destins, prisonniers d’une boucle éternelle entre les abysses et le firmament, viennent de franchir le seuil d’un nouveau chapitre dont personne ne connait l’issue.








