Là où tout à commencé...
AZILIZ FORESTIER
Avant propos :
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est parfaitement fortuite et n'est en aucun cas une volonté de l'auteur.
Prologue
J’enfonçai mon arme plus profond encore dans les plis du T-shirt. Le sang coula, et l’asiatique d’une trentaine d’années hurla. Se recroquevillant à terre, il me supplia en gémissant "d’arrêter". Cet imbécile se doutait pourtant bien que je ne stopperai cette mascarade que quand j’en aurai reçu l’ordre. Derrière moi, une voix grave tonna.
« Il ne nous dira rien de plus, il ne nous n'est plus d'aucune utilité. Finissez-en. »
Je retirai mon couteau et l'essuyai sur mon jean. Je pris mon revolver dans la poche intérieure de mon blouson. J'enclenchai le chien et visai. La balle se logea dans le crâne du pauvre type qui avait eu la malchance de ne pas satisfaire mon employeur. Je rangeai mon arme et me tournai vers ce dernier. Il avait, en plus d'un imposant ventre d'obèse que contenait à peine son costume blanc bon marché, un teint jaune cireux particulièrement sale. Accompagné d’un petit roquet qu’il tenait à amener où qu’il aille, le « chef » me tendit une liasse de billets tenus par un élastique en caoutchouc qui avait connu des jours meilleurs. Je fourrai ma paye dans mon blouson. Je quittai le sous-sol qui servait de salle d’exécution d’un pas ferme, et remontai l’escalier menant à la planque de la bande, une maison crasseuse qui sentait le tabac froid. Arrivée dans la cuisine, je demandais à Lina, la bonne à tout faire, de me sortir une bière du frigo. S’exécutant, elle alla d'un pas traînant me chercher une mousse à bas prix que je bus plus par réflexe que par envie . Après lui avoir rendu la bouteille vide, j’ouvris la porte de l’entrée en lui lançant un « merci » à peine audible et quittai cette baraque de pourris. Une fois dehors, j’allai à ma Harley. Vérifiant l’état de l’antivol , je remarquai de nouvelles traces de tentatives d’effraction. Encore un gars qui aurait bien pris ma bécane. Ah, les quartiers chauds…J’y avait déjà perdu ma première moto, une Honda à laquelle je tenais particulièrement. J'enfourchai l'assise en cuir et mis le contact. Après quelques slaloms dans des rues étroites, j'arrivai sur un grand axe routier. Une fois à l’arrêt dans les bouchons, je posai le pied à terre, et me mis à rêver en regardant les nuages à travers la visière de mon casque. Je me fis salement insulter par l’automobiliste juste derrière moi. En effet, le feu déglingué venait de passer au vert et le chauffeur avait vu rouge voyant que je ne réagissais pas…J’ouvris les yeux, lui fit un geste obscène de la main gauche (celle où il y avait ma chevalière de confirmation) et démarrai dans un vrombissement réconfortant. Je traçai la route en direction de la campagne et acquis une certaine popularité chez les policiers qui essayèrent de m’arrêter.
Une fois seule au milieu des rizières, je coupai le contact, mis la béquille et enlevai mon casque, que je posai sur le réservoir. Les yeux dans le vague face au paysage, je me demandai : Comment en étais-je arrivée là ?