Chapter 1
Norman Dubois, était un vieil homme mystérieux, il avait toujours vécu seul et malgré sa réputation de physicien de génie, il refusait continuellement d’être médiatisé.
Sa modeste maison, était à l’image de son propriétaire, chaleureuse et intelligemment décorée.
Il vivait dans cette maison depuis près de 20 ans, car elle était proche de son lieu de travail et de toutes commodités.
Depuis environ deux ans, il avait décidé d’adopter un chien, un bouvier bernois âgé de 5 ans.
Il l’appela Happy, car c’était selon lui, son rayon de bonheur quotidien, et il était devenu sa moitié, ils étaient inséparables.
Mais ce jour là, durant un chaude nuit d’été, Norman Dubois quitta notre monde, des suites d’une crise cardiaque. Son corps fût retrouvé au petit matin, aux cotés de son chien Happy, qui fixait le mur sans bouger et dans un silence religieux.
Les secouristes qui firent cette macabre découverte, furent émus par l’émotion que dégageait ce chien, qui semblait attendre le réveil de son maître, même si cela devait prendre une éternité.
Il donnait l’impression de sourire, comme si Norman Dubois était dans la pièce se préparant à lui mettre la laisse pour sortir jouer dehors.
Monsieur Dubois, n’avait pas de famille, son entourage se limitait à son fidèle animal de compagnie, et à son collègue physicien, Henri Delamotte.
Lorsqu’Henri, apprit la tragique nouvelle, il fût ravagé par une peine immense et ne pu se résigner à remettre Happy à la SPA, il l’adopta donc officiellement.
Les semaines qui suivirent l’enterrement, furent longues et monotones, comme si le temps avait cessé d’avancer.
Au bout de trois mois d’absence, un collègue d’Henri vînt lui rendre visite, afin de lui remonter le moral, autant que faire se peut, en espérant le voir reprendre le travail, comme à son habitude.
Il découvrit, avec stupeur, un homme amaigri et affaibli, mais dont le moral semblait aller en s’améliorant; il décida donc de savoir à quoi s’occupait Monsieur Dubois pendant ses journées.
C’est alors qu’Henri se lança dans une explication étrange sur la vie et la lumière, il avait apparemment fait une découverte qui pouvait remettre en question de nombreuses choses.
Il commença par expliquer ce qui lui avait donner l’idée de ces recherches, et tout avait commencé grâce à Happy et à son étrange comportement.
En effet, depuis la mort de son maître, Happy semblait fixer le vide de temps en temps, comme rêvant les yeux ouverts, mais avec un air apaisé et calme.
Dans un premier temps, Henri s'inquiéta et emmena, le chien chez le vétérinaire, qui confirma, qu’il se portait très bien.
Plus les jours passaient, plus Henri commença à se demander si l’animal ne voyait pas quelque chose d’invisible.
Henri étant un homme de science, il ne pouvait pas imaginer l’éventualité de la présence du fantôme de son ami, même si le doute l’envahi un instant, il était physiquement impossible que ces entités existent.
Puis l’homme de science repris le dessus, et commença à se documenter sur les chiens et ses étranges comportements, c’est alors qu’il découvrit que certains animaux avaient des sens bien plus développés que les hommes, ce qui leur permettaient de voir et d’entendre des choses qui semblaient hors de portés de nos sens.
Il fit alors quelques tests simples pour vérifier ces théories, et effectivement, Happy entendait très bien des sons très faibles et voyait parfaitement dans le noir total.
Soudain, une idée farfelue, traversa l’esprit de notre scientifique, et si le chien voyait bien son ancien maître au delà de la mort ?
Ce n’est pas parce que nous pouvons pas voir un élément, qu’il ne peut exister, nous devons concevoir le fait, qu’il peut ou non exister jusqu’à preuve du contraire.
Cette idée devint une obsession, il envisagea toutes les théories pour expliquer cette idée, mais une seule retint son attention : la lumière.
En effet, notre oeil voit le lumière, dite “visible”, qui est un ensemble de couleurs perceptibles du rouge au violet, mais il existe aussi des couleurs au delà, l’infrarouge et l’ultraviolet.
Ces deux dernières couleurs, sont imperceptibles à l’œil humain, car il est incapable de les décomposer, mais elle existe tout de même, et sont visibles grâce à des appareils électroniques.
En analysant les lumières infrarouge et ultraviolet prêt de Happy lorsqu’il avait ses “absences”, Henri ne vit rien.
Il commença à se demander pourquoi il faisait ça, et s’il ne ferait pas mieux de reprendre le cours de sa vie comme l’aurait souhaité son ami.
Plusieurs jours après avoir arrêté ses recherches, il rangea la caméra permettant de filmer les lumières infra-rouges, et lu sur le carton d’emballage que l’appareil ne captait que la lumière dont la longueur d’onde était situé entre 780 et 1000 nano mètres.
Henri compris alors un point important, notre vision, même amélioré par l’électronique, est limitée et a des failles dues à la précisions des appareils.
La véritable recherche commença à ce moment précis, Henri entrepris de rendre visible au delà de nos technologies actuelles.
Cela signifiait qu’il devait créer un dispositif lui permettant de filmer à des fréquences très élevés ou très basses, et s’est ce qu’il réalisa en se basant sur de nombreux travaux existant sur le sujet.
Ne pouvant pas filmer les particules vibrant à des vitesses si élevées, il créa une plateforme qui ciblait certaines fréquences pour les moduler à des fréquences visibles.
Cet appareil ressemblait à une plateforme rectangulaire et était reliée à un générateur, une fois en marche, l’air semblait bourdonner et le son dans la pièces se mettait à résonner.
Après toutes ces explications, le collègue de Monsieur Delamotte, eut une réaction assez naturelle, qui consistait à balancer entre deux idées : soit Henri était définitivement devenu fou, soit il avait un appareil aux propriétés phénoménales.
La première idée semblait la plus logique, mais Henri lu sur le visage de son collègue cette idée et décida de montrer l’appareil.
Ils allèrent dans le salon, où il trouvèrent Happy en train de fixer le mur.
Henri déploya rapidement son appareil, et le lança; un bourdonnement commença, et Happy qui prestement la pièce incommodé par ce bruit.
Puis une lumière intense se forma, à l’endroit exacte où le chien regardait; dès que les yeux des deux scientifiques se firent à ce changement de luminosité, ils découvrirent une silhouette humaine d’un blanc incomparable.
La silhouette semblait les fixer, mais les contours du visages et du corps étaient bien trop estompées pour en être sûr.
Henri laissa échapper une larme, tandis que son collègue, était encore sous le choc de cette image, qu’il ne comprenait pas vraiment, puis il demanda : “Est-ce un fantôme que nous voyons ?”
Monsieur Delamotte, sourit, puis lança : “Ne le reconnaissez vous pas ? C’est notre amis Norman”
Comment cela pouvait être possible se demanda l’invité, Norman Dubois était décédé et son corps avait été enterré.
Monsieur Delamotte expliqua alors sa théorie : “Voyez vous depuis notre naissance, nos cellules vibrent à une fréquence très élevés, bien plus élevées que les ondes radios connues.
Nous ne devrions pas être visible, mais lorsque notre cœur commence à battre, son rythme ralenti la vibration de nos cellules, nous rendant tangible et visible.
Ainsi, tant que notre cœur bat, nous vivons dans le monde visible, mais dès que celui ci s’arrête, nos cellules reprennent leur rythme infernal et se désolidarise de notre enveloppe charnelle.
C’est pour cela que des personnes, expérimentant un phénomène de mort imminente, raconte avoir vu des proches, leur cœur s’étant arrêté ils quittent temporairement leur corps et passe dans cette dimension invisible.
Ma machine permet donc d’amener dans le monde visible, ces énergies vagabondes, à conditions de les localiser.”
L’invité, demande alors : “Pourquoi la silhouette nous apparaît elle si blanche et si silencieuse ?”
Henri répondit : “durant mes expériences, j’ai découvert deux couleurs, l’ultra blanc et l’ultra rouge. L’ultra blanc correspond à une fréquence très élevé et relativement constante et stable, contrairement à l’ultra rouge qui est une fréquence très basse et très instable.
Je pense que ces deux couleurs ont déjà été observées par des humains car elles correspondent au mythe des anges et des démons.
Pour ce qui est du son, ce sont des formes de pure particules vibrantes, et il n’y a aucun son audible autre que ce bourdonnement.”
“Alors comment savez vous que cette forme est notre amie Norman Dubois ?”, s’interrogea l’invité.
“Je n’ai pas de preuve exacte, mais je le ressens au plus profond de moi et Happy a toujours été calme en sa présence, comme il le fait avec cette entité, je lui fais donc confiance, c’est Norman”
Encore sous le choc de cette expérience, l’invité pris congés, sans un mot, presque dans un état second.
Henri, referma la porte, et en se retournant, vit dans le salon la silhouette immobile.
Il marqua un temps, puis se rendit devant son appareil.
Le doute l’envahi soudain : “est-ce vraiment Norman ? Est-ce vraiment un être pensant ? Est-ce que tout ceci va rendre ma vie plus simple ?”
La réponse était évidente et implacable, si cet appareil révélait que nos proches décédés vivaient encore près de nous, la mort ne serait plus une issue tragique.
Mais sans cette finalité, notre vie n’aurait plus d’intérêt, ni d’importance.
Est ce que le jeu en valait la chandelle ? Non bien sur.
Le lendemain, Henri détruisit sa machine et ses recherches, alla fleurir la tombe de son ami, puis rentra.
En ouvrant la porte, il vit Happy, sa laisse dans la gueule.
Henri eut un temps de réflexion et réalisa, qu’Happy semblait avoir compris lui aussi que la vie continue, quelques soit la suite de l’aventure, et que nos proches disparus continuent de vivre dans nos esprits et dans nos cœurs et pourquoi pas juste à coté de nous, qui sait ?
Monsieur Delamotte, pris la laisse, l’attacha au collier d’Happy et rouvrit la porte.
Une lumière blanche, inondait la porte d’entrée, puis une fois que les yeux des deux amis se firent à la luminosité de cette journée ensoleillée, il sortirent d’un pas confiant comme pour reconquérir leur vie.








