Istya, la genèse
Le bar n’avait pas changé depuis son arrivée il y a cinq ans. Cinq ans qu’elle était entrée en ce lieu alors inconnu niché au milieu des pavés brulants sous la canicule de l’été. Entre les odeurs d’égouts fumants et les toits parisiens aux ardoises éclaboussées de feu sacré, elle était entrée avec pour seul bagage la peur au ventre et de l’espoir plein le cœur.
Passé la grande porte d’acier , c’était le jour et la nuit. L’intérieur sombre et frais contrastait si violemment avec l’enfer lumineux du dehors qu’elle en fut déstabilisée. Elle suivit ce qui lui semblait être un signe de vie humaine au loin et après le couloir de l’entrée elle tomba dans les bras dans immense bar aux courbures boisées, aux tapisseries de velours et aux étagères chargées. Des bouteilles, beaucoup, des verres, des lumières, des vases et autres vasques en tous genre. Elle avait l’impression d’avoir traversé un mini vortex qui l’aurait portée à un autre endroit à une autre époque.
Elle était à présent assise là dans son costume pailleté, se contentant d’apprécier ce moment avant d’être confrontée aux regards alléchés, aux sourires convoiteurs et aux mains baladeuses qu’elle arriverait à éviter en toute subtilité comme elle avait si bien appris à le faire depuis toutes ces années. Elle était assise là et se demandait comment sa vie avait pu prendre un tel chemin. L’avait-elle vraiment choisie ? Ou avait-elle été choisie ?