Chapitre 1: Rudhiya
Une ville en ruine dévastée par les flammes, des bâtiments transformés en débris et rongés par le feu, des cris de détresse qui envahissent cette cité dévastée... Devant ce paysage tragique, on observe, dans une ruelle sombre dont les seules sources d'éclairage sont les lueurs qui envahissent les tas de ruines, la silhouette d'un jeune homme, un sabre à la main et des habits en piteux état. Il cherche à fuir cette cité transformée en fournaise.
Puis, pendant qu'il marche, l'individu entend quelqu'un marcher derrière lui. Il se retourne donc et, à l'instant même où il se retourne, il voit une flèche s'élancer à toute vitesse vers lui. D'un geste rapide et de justesse, il transperce la flèche à l'aide de son sabre avant que celle-ci ne le touche, bien qu'elle n'ait été qu'à quelques millimètres. L'homme, incapable à cause de l'obscurité de voir exactement qui a lancé ce projectile, se rapproche peu à peu : c'est là qu'il découvre une personne vêtue modestement, blessée gravement, assise sur un rocher, tenant une arbalète et respirant fortement.
Une fois que l'individu eut reconnu son visage, son expression faciale changea aussitôt, passant de la curiosité à la colère. En effet, les deux semblent se connaître.
_《Tu te sens affranchi, n'est-ce pas ? Keuf... Keuf (il tousse). Hahaha. Sache que tes crimes passés te suivront partout où tu iras. Tu ne pourras jamais fuir ton passé. Hahahaha... 》
Sachant qu'il s'agit là de ses dernières paroles, l'individu continue son chemin en le laissant ricaner. Mais sur son visage, une seule expression fait surface : la colère.
Au cœur du paysage désertique de Hamaless, un vaste continent à majeure partie désertique, se trouve un groupe de personnes voyageant à cheval et en chariot. Ils voyagent depuis une semaine en direction de Rudhiya. Il s'agit d'un vaste royaume faisant partie des plus riches de Hamaless.
Le groupe de personnes est en fait constitué de rescapés de différents conflits et de batailles se déroulant ailleurs ; ils sont à la recherche d'une vie meilleure à Rudhiya, qui est un pays assez accueillant. Parmi eux se trouvent des soldats, d'anciens mercenaires de guerre, etc. On observe également parmi eux quelques individus blessés.
À l'intérieur d'un des chariots se trouve un jeune homme noir, à la corpulence assez développée et de grande taille, en train de dormir.
Après des semaines de voyage, ils aperçoivent au loin le vaste et magnifique royaume de Rudhiya. En l'apercevant, les voyageurs se mettent à rire de joie.
_《Ahhaha, ENFIIIIN NOUS Y SOMMES, MESSIEURS ! 》 crie l'un des voyageurs.
Tous les autres se mettent à rire et certains à pleurer de joie, car enfin ils vont pouvoir vivre une vie meilleure après les atrocités subies.
_《Eeh, réveillez l'autre. Il doit se préparer. 》
_《Ah non, viens le réveiller toi-même, car ce gars ne m'inspire pas confiance. 》
En effet, le mystérieux jeune homme qui dort à l'intérieur du chariot n'est pas spécialement un des leurs, mais un voyageur inconnu qui s'est incrusté. L'autre individu s'approche du chariot pour aller réveiller notre mystérieux personnage. En ouvrant le rideau du chariot, il l'aperçoit bel et bien en train de dormir.
《C'est vraiment incroyable, il dort depuis ce matin. 》
_《Réveille-le alors, Hassan. 》
_《C'est ce que je suis en train de faire... Hey ! Harad ! Réveille-toi ! 》 dit-il.
Notre individu se réveille ensuite de son sommeil et tente de se lever mais, grand comme il est, il se cogne au toit du chariot.
_《Aah... 》
《Aïe. Faut faire attention, haha. 》
_《Tu dis que nous sommes déjà arrivés ? 》 dit le jeune homme d'un air curieux et impatient.
_《Oui, haha. Viens voir. 》
Tous les deux sortent du chariot et observent le vaste royaume de Rudhiya. L'individu en question se nomme Harad Bayra. Un ancien soldat, selon ses dires. Il est habillé modestement : un pantalon en cuir, une chemise et une ceinture à double fourreau contenant un sabre chacun. Il regarde avec attention le royaume de Rudhiya, avec émerveillement et un large sourire.
_《Comment allons-nous y entrer et aussi, comment allons-nous... 》
_《... Ne t'inquiète pas, Harad. On a tout prévu. Rudhiya n'est pas un royaume très sévère avec les migrants comme nous. Une source sûre m'a déjà informé de leur système d'introduction des migrants. Avançons ! Je vais t'expliquer en chemin. 》
La petite équipe de voyageurs avance donc en compagnie de Harad vers leur futur pays. En marchant, Hassan Irdayn explique alors le système utilisé par le royaume de Rudhiya.
_《Ce qui fait l'incroyable prestige de Rudhiya, c'est que c'est un royaume d'une générosité sans pareil. Ils accueillent tout le monde. De toute façon, ils ont encore un très vaste territoire pas encore exploité. Il y a trois ans, le roi a déclaré que tout migrant fuyant la guerre ou la misère de son pays d'origine pouvait s'intégrer dans la société de Rudhiya et même être l'un des leurs. Cela veut dire qu'il peut se considérer comme un habitant pur de Rudhiya. C'est pas exceptionnel, ça ? 》
_《Euh... oui, ça l'est 》, répond Harad d'un air curieux. En effet, il écoute attentivement ce que lui dit son camarade.
_《Donc, c'est là qu'ils ont installé cette condition pour les migrants. Chaque migrant devra signer un contrat comme quoi, dès lors qu'il s'installe, il devra être reconnu comme habitant de Rudhiya et exercer une fonction professionnelle (un métier). 》
_《Je vois. C'est assez ingénieux. Comme ça, le migrant pourra s'assurer de vivre convenablement en fonction du salaire qu'il obtiendra grâce à son métier. 》
《Et voilà, tu comprends tout, jeune homme, haha ! Ils sont vraiment généreux, n'est-ce pas ? 》 dit-il à Harad en lui faisant une accolade.
_《Oui, et aussi très rusés 》, lui répond ensuite Harad.
_《Hein ?? Comment ça ? 》
_《Ce système est bien beau. Mais ils en tirent aussi un assez bon avantage. Car avec ça, ils pourront s'attirer tous les talents des différents métiers (artisans, forgerons, etc.) pour ensuite développer leur économie en détenant, dans leur commerce mondial, presque tous les produits du continent. 》
_《Rooh, tu es trop analyste, toi. Tu exagères un peu quand même, haha. Et même si c'est le cas, eh bien on s'en fout tant que tout le monde est gagnant, non ? 》
_《Non, le problème n'est pas là. Le souci, c'est que si ce système ne reposait que sur cet avantage, eh bien le jour où ils constateraient un désavantage, ils pourraient décider d'arrêter. 》
Hassan, d'un air aigri et moqueur, lui répond :
_《C'est incroyable, ton imagination ! 》
En arrivant à proximité du grand portail, ils aperçoivent également beaucoup d'autres migrants qui s'apprêtent à y entrer. Une horde de soldats garde l'entrée fermement et, parmi eux, il y a des contrôleurs qui assurent l'accueil des migrants. Le groupe de Harad s'avance donc pour aller rejoindre l'immense file d'attente que forment les migrants devant l'immense portail.
Harad, un peu mal à l'aise, n'a pas d'autre choix que de suivre la cadence. Il se met en rang et observe avec désolation ce cortège de gens nécessiteux affichant des visages à la fois tristes et pleins d'espoir.
Le grand portail s'ouvre et les nombreuses personnes font leur entrée à l'intérieur du royaume sous la direction des soldats. Ces derniers sont vêtus de chemises et de pantalons en sôub (une substance très résistante que l'on peut trouver dans les mines du désert de Hamaless). Après avoir franchi le portail, Harad observe un paysage magnifique de plaines et de prairies, entouré d'animaux (vaches, troupeaux de moutons, etc.) et, un peu au loin, un mur cachant une infinité de bâtiments. En effet, Rudhiya est protégée par une double muraille entourant son vaste territoire. Harad reste stupéfait d'apercevoir un tel endroit.
_《Magnifique, n'est-ce pas ? 》 dit brusquement le brave Hassan à son ami Harad.
_《Oui. 》
_《Rudhiya a encore de l'espace pour son agriculture, pour son accroissement de population ou encore pour son bétail 》, rajoute Hassan.
Il y a cependant un petit district, de la taille d'un village, près de leur entrée. Il s'agit d'une base militaire ; précisément, le centre de contrôle des migrants. Harad et les autres sont conduits vers ce district, là où ils seront orientés. Parmi eux se trouvent des hommes jeunes et âgés, des femmes et des enfants.
Une fois tous arrivés au district, des soldats apportent plusieurs paniers contenant de la nourriture et des rafraîchissements (eau, viande, boissons, etc.). Harad est stupéfait d'un tel accueil. En effet, l'endroit où ils se trouvent est assez bien entretenu et bien aéré.
Ensuite, une fois que tout le monde eut fini de manger, un homme qui semble être le chef du district monte sur un échafaudage et commence à parler :
_《Bonjour, braves gens. Comme convenu, aujourd'hui est un jour spécial. En effet, une fois par mois, notre Royaume de Rudhiya se montre prêt à accueillir chaleureusement des personnes et des familles ayant fui les misères et les conflits qui se déroulent malheureusement un peu partout sur notre cher continent. C'est ainsi qu'avec notre compassion, nous acceptons de vous ouvrir nos portes, qui que vous soyez et d'où que vous veniez, pour vous assurer une vie plus paisible 》,
dit-il sous les applaudissements de la foule de migrants.
_《Je vais maintenant vous communiquer les détails de votre orientation. Car il faut que vous sachiez que malgré tout, vous serez introduits à Rudhiya, mais d'une manière sélective. Rudhiya est principalement constituée de cinq zones : quatre zones réparties selon les points cardinaux et une zone centrale qui constitue le quartier central. Puis, en dehors de ces cinq zones, se trouvent les lieux de labour, les champs. Chacun d'entre vous sera orienté dans l'une de ces zones selon sa fonction professionnelle. L'objectif de ce district est de vous répartir selon les capacités professionnelles que vous avez. On va faire trois files d'attente derrière ces trois guichets suivants, et chacun devra donner sa profession et répondre aux quelques questions qu'on vous posera. Donc, une fois que vous aurez fixé votre profession, on se chargera de votre orientation. Et dès demain matin, vous serez emmenés vers votre lieu de vie. Avant de passer à la file d'attente, si vous avez des questions, je vous écoute ! 》
Puis quelques mains se lèvent, et la première personne désignée est une vieille femme.
_《Pourrons-nous changer de quartier plus tard si, par hasard, l'envie nous vient ? 》
_《Bien entendu, si vous respectez toutes les conditions de la loi. 》
Puis les questions se poursuivent pendant que Harad réfléchit au métier qu'il souhaite faire. Il avance en réfléchissant (en tirant sur sa petite barbiche) à ce qu'il pourrait faire selon ses capacités. Étant un ancien soldat qui désire une vie paisible, éloignée de ses vieux souvenirs, il chercherait un métier qui demanderait ses capacités de sabreur, sans être extrêmement violent ou le plonger à nouveau dans l'atmosphère de la guerre.
En marchant, ayant les oreilles aiguisées, il entend sans le vouloir quelques soldats parler entre eux.
_《Tsss. Regardez-moi ces pouilleux. C'est vraiment une catastrophe pour notre pays que nous soyons obligés d'accepter ces misérables au sein de nos terres. 》
《C'est clair, sur ce coup-là, Sa Majesté ne nous a pas du tout aidés. Ces moins-que-rien ne feront qu'abaisser l'image de notre pays. 》
_《Regarde-les avec leur accoutrement de vagabonds. L'image de notre chère Rudhiya va prendre cher ! 》
_《Tout à fait. Si Sa Majesté voulait les "aider" comme il le dit, il fallait construire un district spécial pour eux en dehors du pays, au lieu de nous imposer la cohabitation avec eux. 》
Harad a bien sûr tout entendu et, dans un silence macabre, continue sa route. Il vient en effet de découvrir ce qu'il redoutait le plus : il était persuadé que la plupart des habitants de Rudhiya ressentiraient une certaine répulsion à leur égard.
Soudain, une énorme banderole est abaissée, affichant une liste contenant plusieurs métiers. Harad, comme plein d'autres individus dubitatifs, se précipite vers la liste.
_《Cette liste contient les métiers les plus importants dans notre société et qui ont toujours besoin de recrutement. 》
En cherchant celui qui lui conviendrait le mieux, Harad observe un métier inscrit : "Force de police". Sans vraiment connaître la signification exacte de ce métier, il a malgré tout le pressentiment que ce serait celui qui lui conviendrait le mieux. Il demande ensuite aux autres individus aux alentours ce qu'ils pensent de ce métier, mais aucun parmi les migrants ne sait lui répondre.
Il lève ensuite la main pour interroger le chef du district.
_《Oui ? 》
_《Excusez-moi, monsieur. J'aimerais connaître la signification du métier "Force de police" 》, demande-t-il.
Le chef, un peu étonné, lui répond :
_《La force de police fait partie des métiers les plus essentiels dans la société de Rudhiya. Il s'agit en fait d'une sorte d'armée interne. Leur but est de protéger les habitants des criminels, d'assurer la sécurité, ainsi que de rétablir l'ordre interne de Rudhiya. 》
Après avoir entendu cela, ce fut comme un éclair qui frappa la conscience de Harad. En effet, il vient de trouver le métier idéal pour lui, en tant qu'ancien soldat cherchant une profession plus paisible mais qui demanderait ses capacités de combattant. Harad, le sourire aux lèvres, semble avoir enfin trouvé ce qu'il va pouvoir faire dans la société de Rudhiya.
_《C'est pas mal comme métier, je pense 》, dit une voix émanant de derrière Harad. Il s'agit d'un individu portant une cape noire qui s'étend jusqu'à couvrir une partie de son visage. Il lève ensuite le bras pour poser une question.
《Je suppose qu'il doit y avoir une certaine hiérarchie dans cette armée, non ? 》 demande-t-il.
_《Oui, il existe quatre rangs spécifiques dans la force de police 》, lui répond le chef.
L'individu enlève ensuite sa cape et laisse apparaître un visage balafré, l'œil gauche fermé par une cicatrice.
_《Je ferai tout pour atteindre le plus haut niveau de cette armée. Mon choix est fait, j'intégrerai cette "Force de police". 》
Harad, de son côté, le regarde avec méfiance.
Vient ensuite la file devant les guichets où les migrants, une fois fixés, donnent le métier qu'ils pourront exercer dans la société de Rudhiya. Il s'agit d'une longue file malgré la répartition en trois colonnes, ce qui est normal car ils sont plus de 200 migrants.
Une fois devant le guichet, Harad se prépare à donner le nom de son métier devant une dame un peu aigrie.
_《Tenez, écrivez votre nom, jeune homme. 》
Harad saisit la feuille des mains de la dame et écrit son nom avant de lui rendre la feuille et la plume.
_《Âge ? 》
_《19 ans. 》
_《Métier ? 》
_《Euh... Force de police. 》
Harad, un peu nerveux, voit la dame continuer à écrire sur la feuille.
_《D'où venez-vous ? 》 demande-t-elle.
Harad, un peu hésitant, met un petit peu de temps à répondre, puis il lâche :
_《Je viens de Zahan. 》
_《Mm'h, je vois. 》
Après quelques minutes, la dame lui donne une feuille.
_《Tenez. Cette feuille contient toutes les coordonnées que vous m'avez données, ainsi que votre numéro. Dans quelques heures, on va appeler votre numéro et votre lieu de résidence. Et dès demain matin, un bateau viendra vous prendre par la rivière de Lazira pour vous conduire à votre quartier. Compris ? 》
_《Euh... oui, madame 》, répond Harad d'un air confus.
_《Maintenant partez, il y a du monde qui attend. 》
Harad se décale alors pour laisser la place aux personnes derrière lui et va se réfugier dans un petit coin pour s'asseoir. Tout seul, il jette un œil à sa feuille et voit son numéro marqué : 147.
"S'ils appellent par ordre, je ne suis pas prêt de sortir", se dit-il dans sa tête.
Soudain, un homme vient s'asseoir à côté de lui. Il s'agit de l'individu mystérieux de tout à l'heure. Il a dans la main un gobelet contenant un liquide dégageant de la fumée. "Sûrement du thé", se dit Harad. Son visage cicatrisé dégage un air de sauvagerie et de terreur. Harad le fixe d'un air à la fois curieux et inquiet.
_《C'est toi, le gamin qui souhaite devenir policier ? 》
_《Oui 》, répond Harad avec fermeté.
_《Mh, mh, je vois... 》 dit-il en lâchant un petit ricanement.
《Étant un ancien combattant et ayant affronté des milliers d'individus, je sais reconnaître un combattant rien qu'en observant le physique ou encore l'attitude d'une personne. Je peux te dire que tu es pas mal du tout. À en juger par ta dégaine, tu as déjà combattu pas mal de fois et tu as ainsi acquis une certaine expérience au combat 》, dit-il avec un sourire sinistre.
Harad, quant à lui, le trouve de plus en plus bizarre.
_《L'homme est ingrat et profiteur par nature. Tu n'as pas l'air naïf, je suis sûr que tu as déjà compris ce que cache cette mascarade de "générosité". Tout cela n'est que profit. La plupart d'entre nous n'ont pas de métier spécifique, et tu sais vers où ils sont envoyés ? Vers les champs, à cultiver et à labourer. Ceci n'est qu'une sorte d'esclavage déguisé. Si après, ils constatent qu'un individu ne peut plus leur être bénéfique, ils se débarrasseront de lui, soit en le renvoyant vers des métiers de bas niveau, soit en le virant. Nous sommes ici pour servir les intérêts de ce pays "généreux". 》
_《Tu as peut-être raison. De la même manière que tu peux te tromper 》, affirme Harad.
_《Hahahahaha ! Je crois avoir déjà tout cerné chez toi. À voir ton attitude, il n'y a pas de doute : tu as été un ancien soldat. Un homme, non, un gamin dont la vie n'a été caractérisée que par le combat et l'obéissance aux ordres. Aujourd'hui, tu as l'opportunité de vivre une certaine liberté et tu as choisi de venir à Rudhiya afin d'espérer vivre une vie meilleure par rapport à ton passé. Mais ne connaissant pas grand-chose d'autre que le combat, tu as eu des difficultés à trouver un métier. Et c'est là que tu découvres les forces de police. Voilà pourquoi tu as posé la question tout à l'heure. Hahaha ! Tu as désormais trouvé un métier qui pourrait t'apporter une vie loin des guerres et des meurtres, hahahaha. Nous sommes pareils en fait, hahaha ! À la différence que moi, je cherche un peu de défi, alors que toi, tu cherches juste le confort. Sache que cette force de police n'est pas aussi paisible que tu le crois, mais bon, peut-être que tu t'y plairas. 》
Il se lève ensuite et s'apprête à s'en aller.
_《J'ai un dernier conseil à te donner. À prendre ou à laisser. Quoi qu'il arrive, essaie de faire profil bas. Je te l'ai dit, ce ne sont que des profiteurs. S'ils remarquent un potentiel en toi, ils essaieront de te ramener vers les forces armées. Et donc, tu seras amené à être envoyé dans leurs missions de colonisation ou de guerre ailleurs, hahahaha. Car ce pays n'est pas aussi généreux que tu le crois. À plus, gamin. On se reverra peut-être, hahaha. 》
Dit-il en s'en allant, laissant Harad dans le doute et la confusion.
_《Hey, Harad !! 》 crie une voix derrière lui.
Harad se retourne et voit Hassan arriver.
_《Hey Hassan, alors ? Tu fais quel métier ? 》
_《Haha. Quel autre métier veux-tu que je fasse, à part menuisier ? C'est ma nature propre, hahahaha 》, dit-il avec un large sourire.
《C'est comme un rêve qui va se réaliser. Je vais enfin vivre une vie paisible. Ah, je donnerais tout pour ce pays. Si gentil, si généreux 》, dit-il, les yeux pleins d'espoir.
Harad, quant à lui, a le cœur plein de doutes. Entre les murmures qu'il a entendus tout à l'heure et ce que vient de lui dire l'individu mystérieux, il se méfie un peu de Rudhiya et de ce qui l'attend une fois intégré.
_《Tiens, je t'ai ramené ça. Il y a des petits stands qui vendent, non plutôt qui offrent de la bonne nourriture et des boissons comme du jus, du thé, du café, etc. Et comme j'étais sûr que tu n'y étais pas allé, je t'ai pris un bol de riz et du thé. 》
_《Ah, merci beaucoup 》, dit Harad en prenant le bol et la tasse en fer.
Les deux discutent jusqu'à ce que l'horloge du district affiche minuit. Soudain, une cloche retentit, réveillant la plupart de ceux qui dormaient. Le chef du district, accompagné de ses hommes dont la dame du guichet, se met sur l'échafaudage et commence à parler :
_《Votre attention s'il vous plaît. Je vais à présent donner à chacun d'entre vous le lieu où il sera emmené afin de s'installer. Comme je vous l'ai dit, nous vous orienterons dans les quatre différents quartiers de Rudhiya ; le cinquième, qui est le quartier central, ne sera pas accessible. Je vais citer chaque métier et répartir chaque individu à partir de son numéro. Ensuite, plusieurs petites embarcations viendront à partir de nos lacs afin de vous conduire vers vos quartiers respectifs. 》
En effet, les plaines de Rudhiya sont également traversées par des lacs, facilitant le maintien des labours, les récoltes, etc. Ces différents lacs sont aussi exploités de manière à servir de routes pour de petites embarcations afin de faciliter les déplacements sur de longues distances.
_《Métier de menuisier. Il y a en tout 27 personnes l'ayant choisi, je vais donc commencer par appeler les numéros et donner leur lieu de résidence. Numéro 108, Hassan Irdayn, quartier Nord. 》
_《Tu as entendu ?? On m'a appelé, je suis au quartier Nord, haha ! Mon rêve va bientôt se réaliser, Harad 》, dit-il tout enthousiaste en tenant les épaules de Harad.
《Oui, oui, ça va, ça va, calme-toi 》, répond Harad, qui ne put s'empêcher de sourire.
_《Maintenant, il ne reste que toi. J'espère qu'on sera dans le même quartier. 》
_《Ouais, moi aussi 》, dit Harad avec un léger sourire. Car en effet, Hassan était désormais devenu plus proche de lui que jamais.
Après avoir cité presque tous les métiers, le chef du district en vient ensuite au métier de Harad :
_《À présent, nous voici au métier des Forces de police, qui a suscité le moins de choix avec seulement 9 individus 》, dit-il sous l'étonnement de la foule.
《Numéro 113, Shuayb Zahar, quartier Ouest 》, dit-il sous le sourire de l'individu mystérieux.
Harad, ayant remarqué son sourire, comprit aussitôt qu'il s'agissait de lui. "C'est donc comme ça qu'il se nomme.
_《Numéro 125, Roud Ibn Sahir, quartier Est 》, dit-il sous la réaction d'un homme barbu d'une trentaine d'années, à la corpulence musclée et couvert de cicatrices.
Harad, quant à lui, reste impatient de connaître son quartier.
_《Numéro 138, Hidan Gin, quartier Sud 》, dit-il sous la réaction d'un homme noir tout sourire.
_《Numéro 147, Harad Bayra... 》 dit-il sous le regard fixe de Harad.
《Quartier Est. 》