La saga des Dornwell Will et Augustine

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Résumé

"Tome 2" William deuxième fils de la famille Dornwell. Pas sûr de lui et souvent trop gentil, lui a valu bien des problèmes dans sa vie sentimentale. La première femme de sa vie est Nathy, sa petite fille de deux ans. Mais pour être sûr d'en avoir la garde exclusive, son avocat lui propose de se marier. Après Carla la mère de la petite fille, il n'a plus fréquenté sérieusement de femme. Augustine sa nouvelle secrétaire, accepterait-elle de jouer la comédie en restant mariée avec lui pendant deux ans ?

Genre :
Romance
Auteur :
Mireille Defretin
Statut :
Terminé
Chapitres :
48
Rating
4.8 38 avis
Classification par âge :
16+

Monsieur Dornwell

Will

Depuis une semaine, nous étions à Saint-Tropez, sur la Côte d'Azur. C'était un endroit charmant, je pourrais revenir régulièrement ici, juste pour le plaisir. Avant de partir, j'ai loué une jolie propriété typique du coin : ici, ils appellent ça un mas provençal. C'était une grande maison ancienne sur deux étages, la façade était en pierres apparentes et le toit était recouvert de tuiles romanes. Une grande partie du terrain, qui l'entourait, était occupée par des vignes. Plus près de la maison, une pelouse bien verte offrait un bon terrain de jeu pour ma fille. Je ne pouvais pas enfermer Nathy dans un appartement, elle avait l'habitude des grands espaces de notre ranch familial près de Houston au Texas.

Nous étions arrivés à quatre, Nathy et sa nounou, et... Non pas de femme, mon oncle Ethan. Il ne sera avec moi que pour quelques jours, le temps pour moi de trouver une assistante de direction bilingue. Mon oncle parlait plutôt bien le français et j'avoue que ça m'aidait beaucoup, car j'étais loin de son niveau.

Aujourd'hui était le premier jour de travail et j'avais des entretiens pour embaucher une assistante de direction. Ethan était avec moi, je voulais une assistante d'allure correcte pour me représenter et surtout qui ne chercherait pas à m'allumer. Les femmes et moi, ne nous rencontrions généralement que pour une chose, le sexe. Et le lendemain, bye, bye. Depuis Carla, la mère de Nathy, j'étais devenu un salop, ce n'était tellement pas moi. Cette femme m'avait détruit et continuait à en rajouter.

Ethan et moi partîmes pour le bureau, nos locaux se trouvaient un peu à l'écart dans ce qu'on pourrait appeler le quartier des affaires.

Augustine

Ce matin, j'avais un entretien d'embauche auprès d'une société américaine, pour un poste d'assistante de direction bilingue. Cette société possédait des hôtels de luxe aux États-Unis et avait le projet d'en construire un aux abords de Saint-Tropez. Le PDG lui-même recevrait les candidates, c'était un peu stressant de se trouver directement devant le boss. Mais au moins, je saurais tout de suite à quoi m'en tenir : après avoir encore dû démissionner, j'avais besoin d'un travail.

Je me préparais pour mon entretien devant un miroir sur pied. L'image qu'il me renvoyait était celle d'un corps parfaitement ciselé par le sport. C'était le résultat d'années de sport en salle et j'en étais assez fière, même si ça m'avait valu quelques problèmes. Adolescente, j'étais très timide, c'est un peu pour ça que je m'étais mise au sport, pour me donner un peu plus d'assurance, et ça a marché. Cela faisait six mois que j'étais rentrée sur le marché du travail, et j'avais déjà perdu deux emplois. Les deux fois, j'ai dû démissionner à cause de supérieurs un peu trop familiers et surtout trop tactiles.

J'enfilai un chemisier blanc opaque et large, pour ne rien montrer de mon corps, et une jupe grise qui descendait sous le genou. Je me maquillais habituellement très peu, mais cette fois-ci, je ne mis rien sur mon visage. Je mis une paire de lunettes marron à verres neutres sur mon nez, derrière lesquelles on pouvait voir mes yeux noisette. Puis j'attachai mes cheveux longs, bruns et bouclés, en chignon strict. La glace me retourna le reflet parfait de la petite secrétaire ringarde, exactement ce que je voulais. Pour parfaire le tout, j'enfilais des chaussures noires à talons moyens, pris mon sac et partis pour mon entretien d'embauche.

Le rendez-vous était à dix heures dans le quartier des affaires de Sainte-Maxime. Je me présentai à l'accueil et demandai à quel étage se trouvaient les bureaux de la société Dornwell. La réceptionniste m'indiqua l'étage en me détaillant de la tête aux pieds, ce qui me fit sourire intérieurement. Quand la porte de l'ascenseur s'ouvrit à l'étage auquel se trouvaient les bureaux de la société, une quinzaine de jeunes femmes attendaient pour l'entretien. Certaines étaient trop maquillées ou d'autres trop décolletées, et même quelquefois les deux. Seules, deux ou trois avaient une allure qu'on pourrait qualifier de normale.

Une femme plus âgée qui tenait un classeur, regardait les candidates, d'un air atterré.

-Crachez votre chewing-gum. Demanda-t-elle à une des jeunes femmes.

Je m'approchai d'elle et me présentai comme candidate pour l'emploi d'assistante de direction. Elle me détailla et soupira en me souriant.

-Asseyez-vous là, vous êtes la dernière à passer. Monsieur Dornwell a des critères bien précis, ça va aller vite.

-Merci, madame. Lui répondis-je en m'asseyant.

Après une heure d'attente, ce fut à mon tour. Je tapai à la porte du bureau et attendis en respirant profondément pour me donner du courage. Un homme immense, d'une cinquantaine d'années, m'ouvrit la porte. Il était brun avec un peu de gris sur les tempes et avait des yeux rieurs de couleur marron. Lui aussi me détailla avant de m'adresser un large sourire et de me faire signe d'entrer.

Derrière le bureau, était assis un homme plus jeune. Il se tenait la tête dans les mains et soupira.

-Okay, so what do we have this time ? (Bon, qu'avons-nous cette fois-ci ?)

Il leva les yeux vers moi et leva les sourcils en s’appuyant nonchalamment au dossier de son fauteuil. Lui aussi devait faire du sport, car il était très musclé. Son fauteuil semblait trop petit pour sa carrure. Il avait les cheveux courts, bruns et les yeux marron. Sa bouche bien dessinée me sourit. Le mot « beau » avait dû être inventé pour cet homme, tout comme pour l'homme qui m'avait ouvert d'ailleurs. En jetant un coup d'œil rapide, je vis qu'en fait, ils se ressemblaient énormément. Celui qui devrait être mon patron, me sourit de nouveau, je me sentis rougir et me donnai une contenance en remontant mes lunettes. Il me fit signe de m’asseoir.

Il regarda l’autre homme, l'air content. Puis revint vers moi.

-Euh... Bonjour, mademoiselle,... je suis William Dornwell... Puis-je avoir votre nom ? Me demanda-t-il, avec un fort accent américain.

-Bonjour monsieur, je m'appelle Augustine Duval.

-Do you have any qualifications for this job ? (Avez-vous des qualifications pour ce travail ?)

-Oui, monsieur, j’ai une licence d’anglais et un BTS d’attaché de direction.

Il hocha la tête.

-Avez-vous déjà travaillé dans ce domaine ? Me demanda l'autre homme en un très bon français.

Je lui souris.

-Oui, monsieur.

-Vous pouvez commencer quand ? Me demanda le patron.

-Dès que vous me le demanderez, monsieur.

Monsieur Dornwell réfléchit.

-Demain matin à sept heures trente... Pour prendre vos marques. Then (ensuite),... Vous commencerez à huit heures... Trente. It's good for you ? (C'est bon pour vous ?)

-Très bien, monsieur.

-Well, see you tomorrow. (Bien, on se voit demain.)

Quand il se leva, il était aussi grand que l'autre homme. Le plus âgé dut voir que je les comparais souvent. Il me sourit et me dit en m'ouvrant la porte.

-Oui, nous sommes de la même famille, je suis l'oncle de William. Ethan Dornwell.

-Oh, je suis désolée, si je me suis montrée trop...

Je venais de rentrer en collision avec l'armoire à glace, qu'était mon patron. Complètement déséquilibrée, j'allais tomber quand je sentis une main me retenir par la taille. Presque assommée par le choc, je clignais des yeux et m'aperçus que je n'avais plus mes lunettes. L'oncle de monsieur Dornwell les ramassa et me les tendit.

-Pardon, mademoiselle Duval.

-Oh, non, c'est moi qui dois m'excuser, je ne regardais pas où j'allais.

Il me sourit.

-Ok, nous sommes tous les deux,... En faute. I don’t blame you. (Je ne vous en tiens pas rigueur.)

Je hochai la tête.

-À demain, monsieur.

Je me précipitai vers l’ascenseur, qui s’ouvrit aussitôt et me mis dans le fond. Le front contre le mur, je reprenai mes esprits. J'avais réussi mon entretien et commençai demain.

-Yes, dis-je doucement.

Puis, en me retournant pour appuyer sur le bouton du parking, je rentrai encore une fois dans mon patron que je n’avais pas entendu entrer dans l'ascenseur, avec son oncle. Je devins rouge comme une pivoine et baissai la tête.

-Désolée, monsieur.

Il porta un doigt à sa bouche, semblant chercher ses mots.

-Faut-il que je prévoie des protections,... Vous avez l’air de bien aimer me faire... Du rentre-dedans ?

Seigneur, qu'allait-il s'imaginer ?

-Non, monsieur, je n’oserai pas. Répondis-je, la tête baissée.

Son oncle le reprit avec de l'amusement dans les yeux.

-Tu viens de dire à mademoiselle Duval qu’elle te courtise.

-Oh no, sorry ! S'exclama-t-il en se tournant vers moi, l’air horrifié. Je voulais dire que... Nous nous frappions tout le temps,... C’est mieux.

Je soupirai et lui souris.

-Je sais que vous parlez anglais. Mais je veux apprendre le français. Si ce n’est pas bon, il faut me le dire.

-Entendu, monsieur Dornwell.

La porte de l’ascenseur s’ouvrit, il me fit signe de passer, je le remerciai d’un hochement de tête et me précipitai vers ma voiture. Installée à l’intérieur, j'allumai la radio à fond et me mis à danser. Lorsque j'allai démarrer, ma portière s'ouvrit. Je sursautai et vis l'oncle de mon patron qui me faisait signe de baisser le son avec un sourire moqueur.

J'écarquillai les yeux devant son intrusion.

-Je suis désolé, j'ai tapé, mais vous ne m'avez pas entendu. Votre pneu arrière est crevé.

Je sortis et ne pus que constater qu’en effet, mon pneu était complètement à plat. Je me portai la main au front.

-We are tree men (nous sommes trois hommes), nous allons... change it. Me proposa mon patron.

-Non, monsieur, vous devez avoir mieux à faire. Je vais appeler un dépanneur.

-No way. (Pas question.) Insista-t-il.

Un homme, qui apparemment était leur chauffeur, avait déjà enlevé sa veste et remontait ses manches. Tout comme mon patron et son oncle. Je me mordis la lèvre.

-Je suis désolée de vous déranger.

-Non, je prends plaisir.

Je ne pus me retenir de sourire.

Lui-même me fit un sourire en coin.

-Was I wrong again ? (Me suis-je encore trompé ?)

Je le rassurai en ouvrant mon coffre.

-Ce n'est pas grave, monsieur, j'ai compris ce que vous vouliez me dire.

-Ok, changeons cette roue.

En quelques minutes, la roue fut remplacée. Ils se nettoyèrent tous les mains avec les lingettes que je leur proposai et j'appris à ce moment-là que le chauffeur s'appelait Guilbert.

-Merci beaucoup, vous m'avez rendu un service énorme.

-Avec plaisir. C'est bien dit ? Me demanda Monsieur Dornwell.

-Oui, monsieur.

Guilbert me salua, il devait avoir à peu près une quarantaine d’années. Blond aux yeux bleus et un gentil sourire, les Américains sont-ils tous beaux ou nous ont-ils envoyé leur meilleur échantillon. Je lui souris en retour et le remerciai encore. Monsieur Dornwell était déjà dans la voiture, regardant sa montre. J'espérai ne pas les avoir mis en retard.

En fin d'après-midi, je regardais la télévision, allongée sur le canapé avec un paquet de chips, quand sa colocataire Valentine rentra.

-Pouh, quelle journée. Souffla-t-elle en s’affalant sur le canapé.

J'eus juste le temps de retirer mes jambes, avant qu'elle ne s'assoie dessus.

-Alors l’entretien ?

-J’ai le job. Déclarai-je, fièrement.

-Dis-moi que tu ne t’es pas habillée comme tu avais prévu.

-Si, et ils ont apprécié. Je crois même que c’est grâce à ça que j’ai été engagée. Lui répondis-je fièrement.

Elle écarquilla les yeux.

-Mais, non. Les autres femmes étaient des thons ou quoi ?

-D'après la personne qui nous enregistrait, mon patron a des critères bien à lui et je crois que certaines étaient un peu trop voyantes, si je peux dire.

Valentine se laissa retomber contre le dossier.

-Pff, je ne comprends plus rien aux hommes.

Je haussai les épaules.

-Si, ça peut me permettre de garder un travail, sans être harcelée. Cela me va très bien.

Elle prit des chips dans le sachet.

-Samedi soir, nous allons dans un nouveau bar à la mode avec des copines du bureau, tu veux venir ?

-J’y penserai. Répondis-je, vaguement.

-Gus, tu ne sors jamais. Tu vas te faner avant d’avoir rencontré l’homme de ta vie. Tiens, en parlant d'homme, il est comment ton patron.

-Comme un patron.

-Allez. S'écria-t-elle en me donnant un coup d'épaule. Il est mignon, sympa ?

En réfléchissant, je me tournai vers Valentine.

-Je crois que je pourrai dire... Que je m’en moque. C’est mon patron et j’ai besoin de gagner ma vie pour ne pas avoir à retourner chez mes parents.

Valentine se jeta sur moi et me chatouilla jusqu’à ce que j'avoue.

-Dis-moi ! Cria-t-elle.

-Ça va, ça va. Val, arrête, je te raconte.

Mon amie s’assit en tailleur en face de moi pour m’écouter.

-Il n’est pas beau,... Lui dévoilai-je, C’est carrément une bombe atomique, m'écriai-je, en me jetant sur elle à mon tour.

Elle fit la moue.

-Nooon, tu en as de la chance. Le mien est gentil, mais il est moche.

-Après, tu sais, je vais faire mon boulot et attendre ma paie à la fin du mois.

-C’est sûr qu’en t’habillant comme une vieille, tu ne risques rien.

Je lui tirai la langue et repris des chips.

Le lendemain, à sept heures trente, j'étais à mon poste. Je repérai où se trouvait tout ce dont je pouvais avoir besoin, me familiarisai avec l'imprimante et la machine à café. Puis je m’installai derrière mon bureau et rangeai mon sac. Alors que je venais d'allumer mon ordinateur, deux coups à la porte me firent sursauter. En levant les yeux, je découvris mon patron qui se tenait dans l’entrée de mon bureau. Cet homme avait le don d’arriver en silence. Je me levai, honteuse d'avoir encore été surprise, et lui dis.

-Bonjour, monsieur.

-Bonjour, mademoiselle Duval. First day of collaboration ? (Premier jour de collaboration ?)

-Oui, monsieur. Lui répondis-je, en souriant.

-Venez dans dix minutes, nous avons... Une réunion. You will take notes for the report. (Vous prendrez les notes pour le rapport.)

-Bien, monsieur. Dois-je amener du café pour tout le monde ?

-Yes, bonne idée, take one for yourself too (prenez-en un pour vous également). Il en faudra cinq with yours (avec le vôtre).

-Bien, monsieur.

Après avoir préparé mes affaires, j'allais mettre en route la cafetière.

Quelques minutes après, le rendez-vous arriva, je les conduisis vers le bureau de mon patron qui les reçut aimablement. Puis j'apportai les cafés avant de m’asseoir dans un coin avec mon ordinateur portable. Monsieur Dornwell me détailla et me sourit.

-Je vous présente mon assistante, mademoiselle Duval.

Je leur souris et me concentrai pour faire correctement mon travail. Dès qu'ils partirent, je retournai dans mon bureau pour m'atteler à la rédaction du rapport.

Vers midi, alors que je finissais de trier le courrier et de répondre aux E-mails, il y eut un grand bruit dans le bureau de monsieur Dornwell.