7 mots
Ben marchait dans la rue d'un pas pressé. Il avait rendez-vous avec un potentiel futur client pour son entreprise. Il épousta son costard bleu marine pour se débarrasser des poussières. Costar qu'il avait enfilé en vitesse en sortant de chez sa mère. Ses pensées l'emmenèrent à la conversation qu'il avait eu avec cette dernière.
"Ben, il faut que je te parle de quelque chose. Avait elle annoncé, le visage fermé.
- De quoi s'agit-il maman ? Avait demandé le fils en s'agenouillant devant sa mère assise sur une chaise de la terrasse.
- Je vais te demander de rester calme, même avec le choc. Ne m’en veux pas s’il te plaît, mais tu as un frère.
- Quoi ! S'était écrié Ben en se relevant d'un bond.
- Il y a 23 ans, je suis tombée enceinte de jumeaux : toi et Gaël. Mais je ne pouvais pas vous garder tout les deux, je n'avais pas assez de sous. J'ai dû faire un choix et j'ai abandonné Gaël."
Suite à cela, Ben était sortit de la maison. "Tu as un frère." Cette phrase résonnait en boucle dans sa tête. "Tu as un frère."
Gaël était assis sur un banc. Il regardait les passants. Toutes ces personnes avaient leur propre vie, leurs propres joies, leurs propres problèmes. Certaines étaient seules, d'autres avec des amis. Certaines étaient pressées, d'autres flannaient. "Tu as été adopté." Gaël ferma les yeux. Il revit la scène.
"Mon fils, assieds-toi, je dois t'annoncer quelque chose.
- De quoi veux tu me parler ?
- Tout d’abord, sache que tu resteras toujours notre fils, et que nous t’aimerons toujours. Je sais que tu vas être surpris et certainement en colère. Mais essaye tout de même de nous comprendre. Voilà, tu as été adopté."
Telle une claque, cette phrase l'avait laissé sans voix. "Tu as été adopté." Gaël rouvrit les yeux. "Tu as été adopté." Il avala une gorgée du café présent dans le verre en carton qu'il tenait entre ses mains. "Tu as été adopté...et tu as un frère." Un frère. Les mains de Gaël se mirent à trembler. Il reprit une gorgée de café.
Pour ce calmer, il se livra à son passe temps favori : observer les passants.
Il en pris un en repert. Un vieil homme avançant à l'aide d'une canne. Ses rides témoignaient de son âge. Il devait avoir vécu beaucoup d'épreuves, mais aussi beaucoup de joies, de surprises. De quoi avait il été témoin ? Avait il une sœur ? Un frère ?
Le vieil homme disparu au coin de la rue et Gaël fixa son attention sur quelqu'un d'autre.
Un couple marchait bras dessus bras dessous. Jeunes, ils avaient l'air insouciants. Ils semblaient découvrir la ville. Émerveillés, chacun montrait du doigt quelque chose à l'autre. Bientôt, ils rentrèrent dans un magasin et disparurent du champ de vision de Gaël.
Un autre duo apparu. Deux jeunes filles. Des sœurs au vu de leur ressemblance. "Tu as un frère." Elles avaient des sacs de cours sur le dos. Elles discutaient ensemble en rigolant.
Comment aurait été la relation avec son frère ? Auraient-ils été complémentaire ? Où vivait il ? Était il en couple ? Faisait il des études ?
Trop de questions assaïrent Gaël, qui se consentra sur une autre personne.
Son attention fut attirée par une jeune femme blonde avec un air pressé. Un sac à main pendait à son épaule. Mais soudain, quelque chose tomba de sa poche.
Ben s'était perdu dans ses pensées. Il pensait à son jumeau.
À quoi ressemblait il ? Avait il réussit sa vie, comme lui ? Était il intelligent ou totalement idiot ? Votait il Droite ou Gauche ? Et surtout, lui ressemblait il ? Physiquement et mentalement.
Ben vit quelque chose tomber de la poche d'une femme à quelque mètres de lui. Il vit aussi la femme continuer sa route sans s'en rendre compte. Néanmoins, ce que Ben ne vit pas, c'est qu'un jeune homme assis sur un banc s'était levé rapidement pour s'emparer de l'objet, un porte-feuille, dans le but de le rendre à sa propriétaire. Il ne le vit pas non plus jouer des épaules pour avancer dans la foule. Il ne le vit pas et lui rentra dedans.
Il ne vit pas le café que le jeune homme tenait dans la main se renverser sur lui. Non, ça il ne le vit pas, mais il sentit la boisson chaude se répendre sur son costard impeccable. Il sentit la brûlure et l'agacement monter en lui. Puis il s'entendit s'exclamer.
"Tu ne pouvais pas faire attention, connard !"
Et il s'éloigna d'un pas énervé.