Undercover Love t1

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Summary

Brooke, une jeune française de 17 ans, se voit contrainte d'emménager aux Etats-Unis avec sa famille. Loin d'être ravie par ce changement de paysage brutal, elle tente malgré tout de s'adapter à sa nouvelle vie mais cela s'avère plus compliqué que prévu lorsqu'elle fait la connaissance de Brandon. À la fois agaçant et étrangement fascinant, il éveille en elle des sentiments qu'elle refuse d'admettre, d'autant plus qu'il est le meilleur ami de son frère... et qu'il semble cacher des secrets pour le moins inquiétants

Status
Complete
Chapters
37
Rating
4.8 10 reviews
Age Rating
16+

Chapitre 1 : Bienvenue à Santa Monica

_Brooke ? On est bientôt arrivés ?

_Non, pas encore.

_Mais ça fait hyper trop méga longtemps qu’on est partis, gémit mon petit frère.

Je jette un coup d’œil à Jaden, mon aîné, espérant qu’il m’aide à occuper Lucas, le benjamin de la fratrie, mais il a mis ses écouteurs, signe qu’il veut être tranquille. Je soupire, c’est encore à moi que reviens la longue et pénible tâche de distraire Lucas. J’avais naïvement pensé qu’il profiterait de la vue aérienne ou qu’il serait obnubilé par l’écran en face de lui mais cela n’a pas suffi à le calmer.

_On arrive dans combien de temps ? Me demande Lucas.

_Il reste encore dix heures d’avion.

_Et ça fait combien de temps qu’on est partis ?

_Deux heures.

_Il sera quelle heure aux États-Unis ?

_Quatorze heures, je lui réponds un peu exaspérée.

_Et il sera quelle heure à l’ancienne maison ?

_Vingt-trois heures.

Ma patience est alors récompensée par quelques minutes de silence de la part de Lucas qui paraît perdu dans ses pensées.

Mon frère n’est pas le seul à être excité et inquiet. Je le suis également et Jaden aussi, bien qu’il ne l’avouerait pour rien au monde. Nous sommes tous les trois dans un avion en direction de Santa Monica, aux États-Unis, laissant derrière nous Paris, nos amis, notre bel appartement et la tombe de notre mère.

Mes pensées dérivent alors sur mon père. Que fait-il en ce moment ? Se rend-t-il compte qu’il nous enlève tous nos repères ? Pourquoi a-t-il décidé de déménager aux États-Unis alors que notre vie est à Paris ? Je comprends très bien qu’il souffre de la mort de ma mère mais cela fait quatre ans qu’elle a succombé à cet accident alors pourquoi tout changer maintenant ?

Je soupire doucement mais cela sort mon frère de sa torpeur.

_Brooke, tu sais à quoi ressemble la nouvelle maison ?

_Non, on la découvrira tous dans quelques heures.

_Je pourrais avoir une télévision dans ma chambre ?

_C’est hors de question.

_Même pas une toute petite, insiste mon frère en me regardant avec des yeux adorables.

_Non.

_Une minuscule alors.

_J’ai dit : « non ».

_S’il te plaît...

Heureusement pour moi, une hôtesse de l’air fait alors une annonce, empêchant mon frère de continuer à me supplier.

Je profite de ce court moment de répit pour sortir mon téléphone de mon sac. Je sais pertinemment qu’il est en mode avion et que je ne peux donc pas communiquer avec mes amis, mais l’avoir dans la main me donne la sensation que l’on ne m’a pas oubliée. Pas encore du moins. Depuis que je suis petite, je suis amie avec les mêmes personnes : Lana, Enzo, Chloé, Jules et Fabien. Nos parents étaient amis de longue date et nous avons donc été quasiment élevés ensemble. Nous étions inséparables mais, lors de notre entrée au collège, nous avons commencé à nous éloigner. La mort de ma mère n’a fait que creuser encore plus le gouffre qui nous séparait. En seconde, nous traînions toujours ensemble à cause du lien entre nos parents mais ce n’était plus pareil. Finalement, ce n’est peut-être pas plus mal que je parte, la gêne qu’il y avait entre nous commençait sérieusement à me taper sur le système.

Bref, j’espère que je me ferais rapidement des amis à Santa Monica et que l’année se passera bien. J’aimerais aussi avoir un petit boulot, ça pourrait me faire rencontrer des personnes du lycée et gagner de l’argent. Mais pas un travail du genre baby-sitter. S’occuper d’enfants qui pleurent et hurlent à longueur de journée, très peu pour moi. Je pense plus à travail calme comme vendeuse dans une boutique de vêtements.

_Brooke, à quoi tu penses ? Me demande Lucas

_Elle est en train de se dire qu’on va te laisser dans l’avion si tu continues à parler autant, intervient enfin Jaden.

Je lui lance un regard remplit de gratitude, soulagée qu’il m’aide avec Lucas.

_Non, je sais que c’est pas vrai, hein Brooke ? M’interroge mon petit frère avec une voix pas très rassurée. Vous ne pouvez pas me laisser dans l’avion, on est d’accord ?

_T’inquiète pas, je le rassure, on ne va pas te laisser dans l’avion.

_Ouf, soupire Lucas, parce que j’aurais fait comment pour manger ? C’est toi qui as les gâteaux dans ton sac.

Jaden éclate de rire, tandis que je fusille du regard mon cadet. Mais le rire de mon idiot de frère est contagieux, si bien que Lucas et moi suivons rapidement son exemple, sous le regard agacé ou intrigué des autres passagers de l’avion. Le reste du trajet ne va pas si mal se passer en fin de compte.

***

Le vol est plus rapide que ce que je ne l’aurais pensé. Une fois à l’aéroport, il faut attendre un certain moment afin de récupérer toutes nos valises et appeler un taxi. Contrairement au trajet dans l’avion, mes frères et moi restons silencieux. Lucas regarde la route défiler et semble pensif tandis que Jaden envoie des messages à sa copine restée à Paris. Quant à moi, je regarde avec appréhension notre nouvelle ville. Ce qui me surprend en regardant Santa Monica, c’est le beau temps. À Paris, le soleil n’est pas souvent au rendez-vous alors qu’ici mes yeux peinent à le supporter.

Le taxi s’immobilise soudain devant une grande maison blanche. Elle est moderne et semble immense.

_Waouh, s’exclame Lucas, elle est trop belle !

Même Jaden semble impressionné.

Nous payons le taxi et nous dirigeons devant le portail. Lucas se précipite pour sonner à l’interphone. Le portail s’ouvre alors et je m’aperçois avec stupeur qu’il y a une piscine et que le jardin est bien plus grand que ce que l’on ne le croyait.

_Putain, s’exclame Jaden, c’est une baraque de ouf !

La porte d’entrée s’ouvre alors sur notre père, vêtu d’un de ses habituels costard-cravate.

_Les enfants, sourit-il en s’approchant, vous avez fait bon voyage ?

Je hoche la tête pendant que Lucas se précipite dans ses bras. Mon père vient ensuite me prendre dans ses bras et je crois voir une pointe d’étonnement dans son regard, comme si j’avais changé depuis la dernière fois qu’il m’avait vu. Ce qui est d’ailleurs possible étant donné qu’il n’est quasiment jamais là.

Je remarque alors que mon père ignore totalement Jaden, qui ne semble pas affecté par cela. Étrange. Il faudra que je le questionne plus tard.

_Vous venez voir l’intérieur, nous demande mon père.

_Oui, s’exclame Lucas en se précipitant à l’intérieur.

Nous le suivons et découvrons un grand salon, qui aurait pu regrouper à lui seul la moitié de mon ancien appartement. La visite se poursuit sur une cuisine, deux salles à manger, une salle de sport et une chambre parentale avec dressing et salle de bain ainsi qu’une chambre d’amis. Notre nouvelle maison est démesurée. Notre appartement à Paris parait minuscule à côté de cette gigantesque demeure. Nous passons ensuite à l’étage, composé de trois parties : une pour Lucas, une pour Jaden et la dernière pour moi. Celle de Lucas comporte une chambre, une salle de bain, et une immense salle de jeux et celle de Jaden est quasiment identique, seule les couleurs et les affaires changent.

Je laisse mes frères et mon père s’extasier sur leurs chambre-suites et me dirige vers la mienne avec impatience. La mienne est très différente de celles de mes frères. Elle a une chambre, une salle de bain, un dressing et un balcon qui donne sur le jardin et la piscine.

_C’est pas juste.

Je sursaute et remarque la présence du reste de ma famille.

_Pourquoi tu as un balcon et pas moi, poursuit Lucas en bougonnant.

_Parce que Brooke a une suite plus petite que les vôtres, intervient mon père.

Donc il ne s’agit pas de chambres mais bien de suites.

_La maison vous plaît ? Nous demande mon père.

_Oh oui, elle est super trop cool ! S’exclame Lucas.

Même Jaden acquiesce avec conviction. Suis-je donc la seule à me sentir étrangère à cette maison ? Mais mes frères et mon père semblent si contents que je hoche la tête à mon tour.

_Oui elle est géniale.

Mes efforts sont récompensés par un sourire sincère de la part de mon père et je me dis que, rien que pour ça, cela en fallait le coup.

_Jaden, tu veux bien jouer avec moi à FIFA ?

_D’accord, mais tu vas perdre, Lucas.

Mes frères sortent de ma chambre en chahutant tandis que mon père nous prévient qu’il va se reposer dans la sienne.

***

Ma nouvelle maison me semble trop vaste, trop impersonnelle, pas assez chaleureuse avec ses murs blancs. Je ne m’y sens pas chez moi et j’ai la sensation d’être chez un inconnu. D’ici quelques jours voire semaines, je m’y sentirais sans aucun doute parfaitement à ma place mais pour l’instant, ce n’est pas le cas et cela me perturbe.

Pour combler ma gêne, je prends mon téléphone et consulte les stories Instagram de mes amis restés en France, mais le silence n’en reste pas moins pesant. Je suis habituée à un petit espace chaleureux, où résonne les cris de mes frères, le tic-tac incessant de l’horloge ou encore le bruit de fond de la télévision. Le silence m’oppresse tellement que je décide d’aller courir afin de m’éloigner de cette morosité ambiante.

Je fouille pendant une dizaine de minutes dans les cartons pour trouver mes vêtements de sports qui, bien évidemment, sont au fond du dernier carton. Je m’habille en vitesse et descend dans l’entrée.

_Je vais courir, j’annonce à mon père.

Un vague « OK » me parvient de sa chambre et je sors.

Le quartier n’est pas très animé, mais il y déjà plus de bruit et de vie que dans la maison. Je mets mes écouteurs, indispensables pour que je puisse courir, et ma playlist « Sport » démarre. Je fais le vide dans ma tête et je me concentre uniquement sur la musique.

Je commence à courir à petites foulées régulières, laissant à ma respiration le temps de s’adapter. Les chansons défilent et résonnent dans mes oreilles et j’ai la sensation que, à ce moment, rien ne pourrait me contrarier.

À peine ai-je pensé ça que je me retrouve projetée au sol, mes écouteurs tombants non loin de moi.